Formation : Les entreprises intègrent doucement le CPF à leur stratégie de développement des compétences

« Au 1er décembre 2020, selon les chiffres de la CDC, 120 000 entreprises étaient habilitées à se connecter à l’application dédiée et 1 500 d’entre elles ont abondé les CPF de quelque 2 700 salariés. »

Les entreprises peuvent verser directement de l’argent sur le compte personnel de formation (CPF) de leurs salariés. Une rallonge, un abondement, pour les inciter à se former ou pour les aider à compléter le financement de leur projet. « Cette nouvelle possibilité permet d’offrir un équilibre entre l’autonomie du salarié dans le choix de ses formations et le rôle de l’entreprise dans la montée en compétences de ses collaborateurs », résume Michel Yahiel, directeur des retraites et de la solidarité à la Caisse des dépôts (CDC), l’organisme qui pilote le dispositif. Nadège Riehl, directrice du développement des talents de Schneider Electric France, y voit « une opportunité pour développer une culture dynamique de l’apprentissage. L’entreprise se doit d’être incitative pour donner envie aux salariés d’utiliser leur CPF ».

Au 1er décembre 2020, selon les chiffres de la CDC, 120 000 entreprises étaient habilitées à se connecter à l’application et 1 500 d’entre elles ont abondé les CPF de quelque 2 700 salariés, le tout pour un montant global de 7 millions d’euros. « Le démarrage est modeste en apparence, reconnaît Michel Yahiel, mais on part de zéro. »

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« L’abondement employeur est effectif [depuis le 3 septembre], mais il est très peu utilisé, confirme Pierre Monclos, DRH et expert Digital Learning chez Unow, organisme de formation en ligne. La dotation volontaire fait un peu peur aux entreprises, car une politique de CPF coconstruit n’est pas toujours simple à mettre en place. » Celle-ci passe, notamment, par l’information et l’accompagnement des salariés ou encore par la signature d’un accord d’entreprise.

Une offre décourageante

Pourtant l’intérêt des entreprises est là. « Il y a une vraie curiosité et beaucoup de questionnements sur cette nouvelle possibilité, explique Sylvain Humeau, président du Groupement des acteurs et responsables de la formation (GARF), mais les responsables formation sont très mobilisés sur d’autres sujets en cette période de crise. »

Certaines entreprises sont passées à l’action. C’est le cas de Unow, qui a signé un accord d’entreprise en juillet 2020. Les salariés peuvent suivre une formation sur le temps de travail durant deux jours et bénéficier d’un abondement de 200 euros. Chez Festo, une entreprise d’automatismes industriels qui compte 160 salariés en France, une vingtaine de CPF ont été abondés en 2020. « La prise en charge est de 20 % TTC du coût de la formation avec un plafond de 360 euros », explique Hervé Brunet, responsable formation et innovation de la société.

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Contrecoups du télétravail sur le marché de l’emploi

Carnet de bureau. Couvre-feu à 18 heures dans toute la France ! Une raison de plus pour rester en télétravail encore quelques semaines. Mais l’installation dans la durée du travail à distance n’est pas sans répercussions sur le marché de l’emploi : recrutement éloigné, nouveaux métiers et… rémunérations différenciées. Les employeurs ont étendu leur périmètre de prospection. Après plus de neuf mois de Covid-19, les entretiens d’embauche à distance sont désormais bien rodés. Et « les entreprises ne craignent plus de sortir de leur bassin d’emploi pour donner la priorité au “bon profil” », reconnaît Axèle Lofficial, directrice Talents et développement chez BPI Group.

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De nouvelles qualifications émergent : le « flex officer » a ainsi fait son apparition dans les équipes supports. Chargé de faciliter le travail hybride (présentiel-à distance), il accompagne les salariés tant pour leur matériel que pour leur formation. « Gestion et check des salles de réunions et espaces flex [office] », précise Securinfor dans une offre d’emploi.

Les entreprises repensent en effet la part du distanciel dans chaque projet. Ce qui pourrait aussi affecter les salaires. Aux Etats-Unis, les choses bougent vite : beaucoup de petites annonces proposent déjà deux lieux de travail possibles : le siège ou le télétravail. Et on se souvient qu’en mai 2020, lorsque Facebook a annoncé vouloir jouer les précurseurs sur le télétravail, les salaires devaient être ajustés en fonction du lieu de résidence.

« Pénalité de revenu »

En France, les grandes organisations n’en sont pas là. Elles renégocient le nombre de jours de télétravail, sans savoir encore quelle part de l’effectif cela représentera à terme. « Elles sont dans l’attentisme quant aux stratégies à en tirer. Mais quelques start-up ont déjà amorcé des politiques de rémunérations différenciées pour les collaborateurs qui travailleraient en dehors de l’Ile-de France, avec deux grilles de salaires distinctes », témoigne Raphaële Nicaud, spécialiste gestion des talents chez Mercer France.

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Une étude de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur le sujet, publiée le 13 janvier (« Le travail à domicile. De l’invisibilité au travail décent ») vient de révéler que les travailleurs à domicile – principalement associés aux télétravailleurs dans les pays à revenu élevé – gagnent moins que ceux qui sont à l’extérieur, avec un écart significatif de 13 % au Royaume-Uni, 22 % aux Etats-Unis, 25 % en Afrique du Sud et près de 50 % en Argentine, en Inde et au Mexique.

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Emploi à domicile : attention, certains services ne donnent plus droit au crédit d’impôt

L’accompagnement des enfants sur le parcours école/domicile ou sur le lieu d’une activité périscolaire était éligible à l’avantage fiscal « dans le cadre d’une offre globale de services effectuée à son domicile ».

L’emploi d’une ou de plusieurs personnes à votre domicile vous permet de bénéficier d’un crédit d’impôt, égal à la moitié des sommes versées. Ce crédit d’impôt est accordé aussi bien pour l’emploi d’un salarié en direct qu’en cas de recours à une entreprise ou un organisme de services à la personne. Cependant, contrairement à une idée encore très largement répandue, ce coup de pouce fiscal ne joue pas que pour les travaux ménagers et la garde des enfants à domicile.

Tout une palette de « services à la personne » y ouvre également droit : petits travaux de jardinage et de bricolage, soutien scolaire, livraison de repas à domicile, assistance aux personnes âgées et handicapées, assistance administrative, cours particuliers (musique, sport…), etc.

Dans ses commentaires publiés au Bulletin officiel des impôts (Bofip), l’administration fiscale a étendu le bénéfice de cet avantage à certains services rendus à l’extérieur du domicile dès lors qu’ils sont compris dans une offre globale de services incluant des activités effectuées à domicile.

Accompagnement des enfants

Elle cite ainsi comme ouvrant droit au crédit d’impôt « l’accompagnement des enfants sur le parcours école-domicile ou sur le lieu d’une activité périscolaire (gymnase, ludothèque, visite du zoo, etc.) (…), dès lors qu’il est lié à la garde d’enfants à domicile ». Autre exemple : celui de l’accompagnement des personnes âgées ou handicapées ayant des difficultés à se déplacer en dehors de leur domicile. Elle considère que la prestation de transport est éligible à l’avantage fiscal dès lors qu’elle est proposée « dans le cadre d’une offre globale de services effectuée à son domicile ».

Sauf que… dans une décision récente, le Conseil d’Etat vient de juger que seuls les services rendus au domicile des particuliers permettaient de bénéficier du crédit d’impôt. Il annule donc le paragraphe du Bofip qui fait référence aux services rendus hors du domicile. En conséquence, il n’est plus possible de bénéficier du crédit d’impôt pour ce type de prestation d’accompagnement en dehors du domicile.

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Compte tenu de la date à laquelle cette décision est intervenue (30 novembre 2020) et du fait générateur de l’impôt sur le revenu (31 décembre 2020), cet avantage ne peut plus jouer dès l’imposition des revenus de 2020. En clair, si vous avez engagé de telles dépenses l’année dernière, vous ne pourrez pas vous en prévaloir lorsque vous remplirez votre déclaration de revenus, au printemps prochain.

« Le Nouvel Horizon de la productivité » : chasser le surtravail

« Le Nouvel horizon de la productivité. En finir avec le surtravail » , Olivier Tirmarche (Odile Jacob, 2020, 256 pages, 24,90 euros)

Le livre. « L’âge de l’informatique est partout, sauf dans les statistiques de la productivité », affirmait le Prix Nobel d’économie 1987 Robert Solow. Mystérieuse époque que celle-ci : aucune vague d’innovation technologique n’a permis d’inverser la baisse continue des gains de productivité depuis la fin des années 1960, dans toutes les économies avancées.

Au quotidien, nous courons de plus en plus vite, nous manquons de temps, nous sommes emportés par un processus d’intensification du travail que les économistes et les statisticiens s’efforcent de documenter. « Ainsi, nous travaillerions davantage sans produire davantage, ou plutôt sans gagner davantage. Il semblerait que nous dépensions une partie de notre temps pour rien », tranche Olivier Tirmarche dans Le Nouvel Horizon de la productivité (Odile Jacob).

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Aux yeux des directions, nous devons accélérer, multiplier les projets, élever les objectifs pour assurer le développement de l’entreprise, pour assurer sa survie même. « Au bout du compte, on en vient toujours au même argument : c’est la faute à la concurrence ! », résume le docteur en sociologie.

Le postulat selon lequel la quantité de travail est déterminée par les contraintes extérieures est le siège de notre sentiment d’impuissance. Mais ce postulat est-il fondé ? Les forces du marché, que nous considérons comme hors de portée, nous privent-elles de marges de manœuvre ? Sont-elles même hors de portée ?

Nécessaire relâchement

L’essai explore les mécanismes à l’origine du « surtravail », celui qui manque d’utilité ou donne naissance à un produit facilement remplaçable. Il identifie ses sources et les leviers d’action permettant de le réduire, qui sont de plusieurs ordres. Stratégique d’abord : la consommation de temps et d’énergie commence à se jouer dès que l’entreprise détermine son positionnement de marché. De l’ordre de l’organisation ensuite : le travail dérive aussi des choix de structure tels que les découpages de fonction, les règles, les outils de gestion, les méthodes de travail, etc.

L’ambition d’économie de temps et des efforts a motivé ou motive des méthodes parmi les plus célèbres et les plus répandues : la rationalisation taylorienne, le « lean manufacturing », ou plus récemment les méthodes « agiles ». Mais le terrain d’application de ces dernières est limité aux grands projets.

Alors que les partisans de la rationalisation taylorienne et du « lean manufacturing » partagent une aversion pour les temps morts et une méfiance envers le relâchement, l’auteur croit au contraire que le relâchement est une nécessité. « Je dirais que je suis partisan du moindre effort. A vrai dire, je le suis depuis l’âge de 14 ans, depuis qu’un professeur de lycée m’a dit : “C’est bien d’être paresseux, ça force à être intelligent.” »

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FedEx annonce la suppression de plus de 5 500 emplois en Europe

Le spécialiste américain de la livraison de colis FedEx a annoncé, mardi 19 janvier, son intention de supprimer entre 5 500 et 6 300 emplois en Europe ; une décision qui survient à la suite du rachat en 2016 du groupe néerlandais TNT. L’entreprise de logistique affirme avoir commencé mardi à négocier avec les instances représentatives du personnel sur ces coupes dans ses effectifs.

FedEx souhaite discuter des mesures de soutien aux salariés concernés, qui différeront selon les pays et pourraient inclure des départs volontaires, des réaffectations ou des candidatures prioritaires sur de nouveaux postes. Ce processus devrait prendre dix-huit mois.

L’aéroport de Liège particulièrement touché

Le groupe prévoit notamment de fusionner les réseaux aériens de FedEx Express et TNT et de faire de l’aéroport francilien Roissy – Charles-de-Gaulle son principal centre d’activité. Ce centre de tri, situé dans le Val-d’Oise, est actuellement le plus gros site de la société en dehors des Etats-Unis.

Le centre de tri FedEx-TNT de l’aéroport de Liège, lui, est appelé à devenir un centre secondaire. Il emploie actuellement plus de 1 800 personnes (y compris les salariés à temps partiel) et « environ 40 % » des effectifs sont menacés, selon un porte-parole de l’aéroport joint par l’Agence France-Presse (AFP). La Wallonie, la région qui englobe Liège, a évoqué la perspective de 671 suppressions d’emplois, tandis que 861 autres salariés verraient leurs horaires et charge de travail modifiés. « C’est un coup très dur », a commenté dans un communiqué l’exécutif de cette région belge déjà frappée par la désindustrialisation, dans le sud francophone du pays. Le gouvernement wallon a exigé de rencontrer « sans délai » la direction de FedEx.

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Le Monde avec AFP

EDF : nouvelle journée de grève très suivie contre le projet Hercule

A la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire), à Avoine, en juillet 2020.

Le projet de réorganisation d’EDF n’est pas encore engagé, mais la mobilisation syndicale reste forte. Mardi 19 janvier, près d’un agent sur quatre (23 %, selon la direction) était en grève à la mi-journée. Une mobilisation en légère baisse comparée aux dernières journées de grève à l’automne 2020 (autour de 30 % fin novembre et début décembre, 28 % à la mi-décembre), mais qui reste à un niveau élevé dans la maison EDF.

Les syndicats demandent de manière unanime le retrait du projet Hercule, qui vise à une réorganisation complète d’EDF. Dans une lettre adressée au président de la République, Emmanuel Macron, début janvier, les dirigeants des confédérations CGT, CFDT, CGC et FO ont demandé la fin d’un projet « qui ne répond en rien aux exigences de notre époque et à l’avenir de nouvelles générations ».

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Hercule est un chantier qui vise à refondre totalement l’architecture d’EDF, en le séparant en trois entités : EDF Bleu, entreprise publique, comprendrait principalement les activités liées au nucléaire ; EDF Vert, dont le capital serait ouvert au privé, rassemblerait les activités de fourniture et de distribution d’électricité, ainsi que les énergies renouvelables ; enfin, EDF Azur aurait un statut particulier et serait chargé de la gestion des barrages hydroélectriques.

Trouver un modèle financier plus soutenable

Ce découpage répond d’abord à la volonté d’EDF de trouver un modèle financier plus soutenable qu’aujourd’hui. Le groupe, qui a l’appui du gouvernement, estime que les règles qui régissent la manière dont il revend l’électricité produite par les centrales nucléaires à ses concurrents sont inéquitables. Ce dispositif, appelé « Accès régulé à l’électricité nucléaire historique » (Arenh) a été mise en place en 2011 pour rassurer la Commission européenne sur la bonne volonté des Français d’ouvrir le marché de l’électricité. Le gouvernement négocie depuis des mois à Bruxelles un nouveau dispositif, plus favorable à EDF. Le projet Hercule est en quelque sorte une contrepartie à cette réforme de l’Arenh.

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Les syndicats considèrent qu’il s’agit d’un « démantèlement » du groupe, mais la direction et le gouvernement promettent qu’ils peuvent maintenir « l’intégrité du groupe », tout en obtenant de Bruxelles une meilleure rémunération du nucléaire français.

Des actions ont été menées toute la journée dans plusieurs villes. A Paris, la CGT a déversé des dizaines de compteurs Linky devant le siège de La République en marche. Aux côtés des militants présents, le sénateur communiste de Seine-Saint-Denis Fabien Gay a dénoncé une « spoliation du bien commun ».

Le gouvernement temporise

Plusieurs députés ont invité, mercredi, les représentants syndicaux d’EDF à l’Assemblée pour échanger autour d’Hercule. Depuis plusieurs semaines, de nombreux élus de l’opposition, des Insoumis aux Républicains, en passant par les communistes, ont fait part de leur opposition au projet. Valérie Rabault, la présidente du groupe socialiste, a livré son intention de déposer une proposition de référendum d’initiative partagée (RIP) contre le projet. « On ne peut pas, comme le fait Emmanuel Macron, tenir un discours sur la souveraineté et démanteler un fleuron industriel. Hors de question d’y toucher », martèle la députée du Tarn-et-Garonne.

Le gouvernement temporise, en assurant que les discussions avec Bruxelles sont loin d’être terminées. « Nous ne sommes qu’au début du chantier. A ce stade, nous ne sommes pas encore parvenus à un accord global avec la Commission européenne, et les échanges se poursuivent. Cela prend du temps, mais c’est aussi parce que le gouvernement tient bon sur les points essentiels du projet et parce qu’on veut qu’il soit solide », a ainsi expliqué la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, lors d’un débat au Sénat, début janvier. Mme Pompili s’est engagée à ce que les parlementaires puissent discuter du projet, une demande formulée notamment par des élus de la majorité.

« Non, nous n’allons pas dépecer EDF (…). Non, nous n’allons pas non plus démanteler le groupe. Et oui, évidemment, nous préserverons le statut des salariés », a assuré Barbara Pompili. Le projet a également été défendu par Bruno Le Maire lors de ses vœux. « Aujourd’hui, EDF va dans le mur, si nous ne sommes pas capables de lui donner les moyens d’investir », a-t-il souligné. Des arguments qui se veulent rassurants, mais qui, pour l’heure, n’ont pas convaincu les syndicats d’EDF. Ils prévoient d’ores et déjà de nouvelles journées de mobilisation.

L’Etat retoque le plan de sauvegarde de l’emploi de Repetto

Des ballerines Repetto contrôlées par un employé dans l’usine de Saint-Médard- d’Excideuil (Dordogne), en janvier 2012.

Repetto doit revoir sa copie. La Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) a refusé l’homologation du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) que le fabricant français de chaussures a présenté à l’automne 2020, a annoncé la CFDT, mardi 19 janvier.

Le PSE porte sur 51 postes au sein de l’entreprise, qui emploie 240 personnes en France. La société souhaite supprimer 31 postes dans son usine située à Saint-Médard-d’Excideuil (Dordogne), qui compte près de 140 salariés chargés de la production de chaussons, de pointes et de l’assemblage de chaussures à partir de tiges fabriquées au Maroc.

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Une vingtaine de postes seront, par ailleurs, supprimés dans sa structure d’exploitation de 20 boutiques. Confronté à la fermeture de ses points de vente pendant les périodes de confinement en vigueur dans de nombreux pays au cours de l’année 2020, Repetto a également été touché par la baisse importante du nombre de touristes, qui constituent une grosse part de sa clientèle.

Société déficitaire

La CFDT, syndicat majoritaire au sein des instances représentatives du personnel, s’est opposée au plan de la direction, en dénonçant « un PSE au rabais », en novembre 2020. Les élus jugeaient que les conditions de départ et de reclassement du personnel promis au licenciement, dont « les mesures d’accompagnement dédiées aux formations d’adaptation », n’étaient pas suffisantes.

Le 23 novembre, Jean-Marc Gaucher, PDG et propriétaire de Repetto, avait déclaré avoir proposé « 800 000 euros pour 50 personnes » dans un entretien au journal Sud Ouest. Il rappelait aussi avoir « sauvé Repetto et développé la société » depuis sa reprise en 1999, soulignant que bien « d’autres pays, comme le Portugal (…) seraient ravis d’accueillir » la production de Repetto. Reste que sur ces trois dernières années, la société a été déficitaire.

Le dossier du PSE a été pris en charge par l’Etat le 28 décembre 2020, après l’échec des six semaines de négociations entre les élus du personnel et la direction de la marque. La Direccte d’Ile-de-France a « donné raison » aux observations des élus, avance la CFDT, en précisant que l’organisme avait rappelé que « le groupe [bénéficiait] d’une trésorerie permettant des mesures plus ambitieuses et adéquates pour l’accompagnement des salariés qui se trouvent en partie dans un bassin d’emploi restreint ». Pour le syndicat, « le groupe Repetto doit maintenant revoir sa copie et réviser à la hausse les montants des budgets pour l’accompagnement des salariés. »

A Montrichard, l’usine de Boiron fermera définitivement ses portes le 31 décembre

Au siège de Boiron, à Messimy (Rhône), le 5 février 2019.

« Si l’homéopathie n’était qu’un placébo, je n’y aurais pas sacrifié toutes ces années », soupire Maryse Munne, 57 ans, salariée de l’usine Boiron de Montrichard (Loir-et-Cher) depuis presque quarante ans. Cette responsable du « secteur gouttes », à la tête d’une équipe de dix-huit techniciens, est entrée chez Boiron comme opératrice intérimaire, affairée au « vignettage » des produits homéopathiques qui, entre le milieu des années 1980 et 2003, étaient encore remboursés à 65 % par la Sécurité sociale.

Jeudi 15 janvier, la direction du groupe a annoncé aux quatre-vingts salariés du site l’échec des recherches d’un repreneur et la confirmation d’une fermeture pour la fin de l’année 2021. Cet événement, dramatique pour une commune de 3 100 habitants, est la conséquence de l’annonce du déremboursement des médicaments homéopathiques, le 9 juillet 2019, par la ministre de la santé de l’époque, Agnès Buzyn.

« Dénigrement permanent »

Suivant l’avis de la Haute Autorité de santé (HAS), elle expliquait : « Je comprends l’attachement des Français à ce type de traitements. Mais ils n’ont ni prouvé leur intérêt en santé publique ni dans le soin des pathologies courantes. » Depuis le 1er janvier 2021, l’Assurance-maladie ne prend donc plus en charge leur remboursement, confiant cette responsabilité aux seules complémentaires santé.

« A la suite d’une tribune de 124 médecins, en 2018, puis de cette annonce de la ministre, il y a eu des attaques perpétuelles dans les médias, un dénigrement permanent de l’homéopathie », explique Carine Jaubertie, la responsable de l’usine. « Des gens se sont donc, petit à petit, éloignés de l’homéopathie. Les ventes de Boiron ont baissé de 20 % entre 2018 et 2019, et de 15 % rien que l’an dernier… Voilà pourquoi nous avons ce plan social », insiste-t-elle.

Installée sur une colline boisée dominant la cité médiévale, à deux pas d’un lotissement résidentiel, cette usine discrète ne fabrique pourtant pas les fameux granules blancs, produit phare du groupe Boiron. Elle conditionne des solutions buvables pour enfants et adultes, qui étaient, elles aussi, soumises à remboursement jusqu’au 1er janvier. Elle met aussi en flacon des teintures mères, issues de la macération de plantes fraîches, vendues cette fois comme compléments alimentaires en France et en Italie. En mars, quelques jours à peine après l’annonce de la fermeture et du lancement d’un appel à repreneur, le site de Montrichard se lançait dans la fabrication de gel hydroalcoolique, pour répondre à la demande des pharmaciens régionaux.

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Une nouvelle aide pour les anciens étudiants boursiers du supérieur en recherche d’emploi

« Ne laisser aucun jeune sur le bord de la route » : le gouvernement multiple les mesures pour tenir cette promesse. En plus de l’extension de la garantie jeunes à 100 000 précaires supplémentaires, annoncée le 26 novembre 2020, les anciens étudiants boursiers du supérieur qui peinent à trouver un emploi pourront demander une aide dès lundi 18 janvier.

Cette catégorie de jeunes était jusqu’à présent dans l’angle mort des dispositifs de soutien, qui ciblent avant tout les peu qualifiés. Pourtant, les anciens boursiers diplômés de l’enseignement supérieur, qui ne peuvent pas bénéficier de l’appui financier de leurs parents et n’ont pas suffisamment travaillé pour toucher le revenu de solidarité active (RSA) ou les allocations-chômage, se retrouvent dans une situation très précaire.

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Afin de « combler les trous de la raquette » des dispositifs de soutien aux jeunes, le gouvernement a mis en place une allocation qui leur est consacrée. Le décret 2020-1789 du 30 décembre 2020 institue ainsi une aide financière exceptionnelle à destination des jeunes diplômés en recherche d’emploi anciennement boursiers de l’enseignement supérieur, qui entre en vigueur aujourd’hui.

Majoration de 100 euros

Mais tous les ex-boursiers ne sont pas concernés. Le dispositif s’adresse uniquement aux demandeurs d’emploi de niveau bac + 5 ou plus, de moins de 30 ans, venant d’achever leurs études, qui étaient boursiers l’année dernière ou le seront cette année. L’aide est de 70 % du montant mensuel de la bourse versée pendant la dernière année d’étude, majorée de 100 euros si l’ex-étudiant n’est plus domicilié chez ses parents. Elle est renouvelable pendant quatre mois.

Le demandeur doit être inscrit à Pôle emploi et devra avoir récemment obtenu son diplôme de niveau bac + 5 ou plus (master, doctorat…), en 2020 ou cette année. Il lui faut avoir obtenu une aide financière de l’Etat ou des collectivités locales au cours de sa dernière année d’étude. Les bourses de stage ou d’études à l’étranger entrent donc en compte.

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Comme le fait remarquer le spécialiste de l’économie sociale Michel Abhervé sur son blog, cette nouvelle aide est une version allégée de l’aide à la recherche d’un premier emploi (ARPE), mise en place en 2016 par le gouvernement Valls. Cette allocation, qui revenait à maintenir la bourse des étudiants pendant quelques mois lors de leur entrée dans la vie active, a été supprimée sous la présidence Macron.

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« Malgré mon bac +5, je suis payée au Smic » : pour les jeunes diplômés, la crainte du déclassement

Une mosaïque de visages apparaît sur l’écran de l’ordinateur. Ce lundi d’hiver, ils sont 11 participants à rejoindre l’atelier virtuel de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) animé par la consultante Florence Sequalino. Tous ont obtenu leur diplôme en 2020 et cherchent maintenant un premier emploi… en pleine tempête économique due à la crise sanitaire. « Il y a très peu d’offres, et quand il y en a, souvent les recruteurs demandent au moins cinq ans d’expérience, s’agace Julie, une participante. En revanche, il y a de plus en plus d’offres de stages. »

En deux heures, l’atelier vise à rassurer les participants en les aidant à identifier des axes afin de valoriser leur candidature : grille de questions pour préparer un entretien, révision des actions déjà menées, présentation des outils de l’APEC, des attentes des recruteurs, réflexion sur la prétention salariale, les modules s’enchaînent. Tout comme les bons conseils : travailler les mots-clés de son CV pour ressortir dans les logiciels, identifier ses compétences professionnelles, mais aussi personnelles, en lien avec le poste visé, se positionner sur les réseaux sociaux, rejoindre des groupes de discussion professionnels, partager des contenus pertinents, obtenir des lettres de recommandation… Mais aussi réfléchir aux alternatives à son projet initial. Chaque participant sera ensuite suivi individuellement sur son « plan d’action ». Lancés en septembre par l’APEC, les ateliers « Objectif premier emploi » doivent accompagner 50 000 jeunes bac + 3 ou plus dans leur insertion professionnelle d’ici à l’été 2021. Soit deux fois plus qu’habituellement.

De nouvelles aides

Ces diplômés en quête d’un poste peuvent aussi compter sur de nouvelles aides de l’Etat – et dont les décrets entrent en vigueur le 18 janvier 2021. Deux dispositifs existent. Une aide est réservée aux jeunes de moins de 26 ans inscrits à Pôle Emploi ou à l’APEC (cette aide peut aller jusqu’à 497 euros par mois, avec un plafond à 1491 euros sur une période de six mois). Une autre est destinée aux anciens boursiers de l’enseignement supérieur, égale à 70 % du montant de la bourse anciennement perçue. Une prime mensuelle de 100 euros est ajoutée pour ceux qui ne résident pas chez leurs parents.

Une béquille utile, car même si leur niveau de diplôme les protège plus que les autres, les bac + 5 sont également frappés par la crise. Ainsi, le nombre de diplômés bac+3 ou plus inscrits à Pôle Emploi a augmenté de 25% en novembre 2020, par rapport au même mois en 2019. De son côté, l’Apec constate une chute importante du nombre d’offres destinées aux jeunes diplômés. « Même durant la crise économique de 2008-2009, nous n’avions pas eu un impact aussi important, appuie François Cousin, responsable opérationnel du centre APEC République, à Paris. En ce moment, si elles doivent absolument recruter, les entreprises privilégient des jeunes cadres avec trois à cinq ans d’expérience, car ils vont s’intégrer plus vite tout en coûtant moins cher que ceux qui ont plus de dix ans d’expérience. »

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