« Les prédictions pessimistes sur les conséquences de l’automatisation par l’IA sur le marché du travail ne sont pas nouvelles »

Cela fait presque dix ans que, dans un discours resté célèbre, Geoffrey Hinton, un des pères de l’intelligence artificielle (IA) moderne et Prix Nobel de physique 2024 pour ses travaux dans ce domaine, déclarait qu’il était urgent de ne plus former de radiologues. Vu les progrès fulgurants de l’IA dans la reconnaissance d’image, il était, selon lui, « parfaitement évident » qu’elle dépasserait dans les cinq ans les capacités humaines dans ce domaine et rendrait les radiologues obsolètes.

Aujourd’hui, motivés par la volonté d’entretenir la frénésie actuelle d’investissements dans ce secteur, les dirigeants des nouveaux géants de l’IA sont aussi friands de prophéties fracassantes. En janvier, Dario Amodei, PDG d’Anthropic, à l’origine du chatbot Claude, dont l’entreprise est actuellement valorisée à 350 milliards de dollars (environ 300 milliards d’euros), a publié un long texte dans lequel il prédit que l’IA remplacera la moitié des emplois de cols blancs débutants à un horizon de cinq ans. Plus fort, Mustafa Suleyman, directeur de l’IA à Microsoft, affirmait, début février, que l’IA remplacerait, d’ici à dix-huit mois, la plupart des tâches des cols blancs.

S’il est trop tôt pour savoir si ces deux derniers auront raison, il est clair que la prédiction de Geoffrey Hinton sur les radiologues a mal vieilli. Ces médecins n’ont pas disparu, mais sont aujourd’hui aux Etats-Unis, pays où les hôpitaux utilisent le plus l’IA, la troisième spécialité médicale la mieux rémunérée. Depuis dix ans, leur nombre a même augmenté de plus de 17 %, ce qui n’a pas suffi à combler une forte demande. En témoigne un article, publié en mars 2025 par l’Association de radiologie nord-américaine, s’intitulant : « La pénurie croissante de radiologues : défis et possibilités ».

Chômage technologique

Les prédictions pessimistes sur les conséquences du progrès technologique et de l’automatisation sur le marché du travail ne sont pas nouvelles. Certains des plus grands économistes de leur temps, de David Ricardo, au XIXe siècle, observant la première révolution industrielle, jusqu’à Wassily Leontief, au XXe siècle, face à l’informatique, ont également douté des bienfaits du progrès technologique pour les travailleurs. Leontief avait d’ailleurs bien conscience que deux siècles de progrès technologiques n’avaient pas jusqu’alors entraîné de chômage technologique massif.

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Les dessous du baby-sitting étudiant : précarité, exploitation et violences

Une journée entière de baby-sitting, huit heures de travail, 50 euros. Macha (tous les jeunes interrogés dans le cadre de cet article ont souhaité garder l’anonymat) n’en revient toujours pas. Cette Parisienne de 24 ans a appris à ses dépens que le baby-sitting étudiant peut rimer avec exploitation. « La famille en question était pourtant très aisée et possédait un château. J’ai décliné la fois suivante, et ils ont fini par embaucher une dame philippine », relate Macha. L’étudiante en école de commerce, qui garde des enfants depuis l’âge de 13 ans, apprécie pourtant cette activité qui lui permet, en même temps, de « réviser les cours » et de gagner de l’argent, entre 500 euros et 1 000 euros par mois en travaillant « au noir » pour plusieurs familles.

Le baby-sitting est plébiscité par les jeunes – sur les 40 % des étudiants qui travaillent, 18 % font du baby-sitting, selon une enquête menée en 2020 par l’Observatoire national de la vie étudiante. Et notamment par les jeunes femmes, souligne Hélène Malarmey, chercheuse en sociologie au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) : « Les petites filles sont éduquées pour s’occuper des autres, puis poussées à faire du baby-sitting quand elles cherchent un petit job. » Mais la profession reste mal encadrée : le travail non déclaré et les abus sont monnaie courante. Selon la loi, les familles ont l’obligation de déclarer les services d’aide à domicile et de les rémunérer au minimum au smic horaire. En réalité, constate Elise Tenret, sociologue à l’université Paris-Dauphine, « c’est dans le baby-sitting qu’on retrouve le plus d’étudiants sans contrat de travail ».

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Les députés votent la suspension des allocations chômage en cas de suspicion de fraude

Jean-Pierre Farandou, ministre du travail, à l’Assemblée nationale, le 25 février 2026.

L’examen du texte a été suspendu, mais les députés ont adopté l’une de ses mesures les plus controversées : l’arrêt provisoire du versement des allocations-chômage en cas de suspicion de tricherie. Dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 février, vers minuit, l’Assemblée nationale a interrompu ses travaux sur le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. Elle les reprendra à une date qui n’est pas encore connue, les élus du Palais-Bourbon étant appelés à siéger à nouveau à partir du 23 mars, après la coupure liée aux élections municipales.

L’article incriminé avait été introduit lors de la première lecture du texte au Sénat, en octobre 2025. Il renforce les attributions et élargit les capacités d’action de France Travail, l’établissement qui est chargé de l’indemnisation des demandeurs d’emploi. Ses agents seront désormais autorisés « à traiter les données de connexion et de traçabilité » contenues dans le « système d’information » de l’opérateur public. Ils auront également la possibilité d’interroger les services du ministère des affaires étrangères qui tiennent « le registre des Français établis hors de France ».

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Contre la précarité de l’emploi, le CESE adopte vingt préconisations

Sur la chaîne de production du fabricant français de poêles et casseroles Cristel, à Fesches-le-Chatel (Doubs), le 23 mai 2024.

Sur 45,9 millions de contrats signés en 2024 en France métropolitaine dans le secteur privé, seuls 4,2 millions avaient été signés en CDI, du fait du recours croissant aux CDD et à l’intérim, indique l’Insee. Quand bien même les emplois stables avec un contrat durable (CDI + fonctionnaires) concernent 73 % des salariés, cette proportion a légèrement diminué. On assiste à une augmentation du nombre de travailleurs indépendants ou à temps partiel, dont une part importante subit plus qu’elle ne choisit ces statuts : ainsi, en 2023, 24,4 % des personnes à temps partiel souhaitaient travailler davantage, selon la direction de recherche d’études et de statistiques du ministère du travail.

La précarité professionnelle progresse sur l’ensemble des territoires, dans la majorité des secteurs d’activité, qu’ils soient privés ou publics, estiment les membres du Conseil économique social et environnemental (CESE) Jean-Marc Boivin, du groupe Associations, et Saïd Hammouche, du groupe Agir autrement pour l’innovation sociale et environnementale, tous deux rapporteurs d’un avis pour le CESE. Une précarité qui pousse à s’interroger, sachant que les gouvernements de tout bord n’ont cessé, ces dernières décennies, d’empiler des mesures censées favoriser l’emploi des plus fragiles.

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Block licencie 40 % de ses effectifs après le déploiement en interne de l’intelligence artificielle

Le PDG de Block, Jack Dorsey, lors d’une conférence à Miami (Floride), le 4 juin 2021.

« Aujourd’hui, nous prenons l’une des décisions les plus difficiles de l’histoire de notre entreprise : nous réduisons nos effectifs de près de moitié, passant de plus de 10 000 à un peu moins de 6 000 personnes », a annoncé, jeudi 26 février, le patron du spécialiste des systèmes de paiement Block, Jack Dorsey, sur son compte X. Plus de 4 000 employés sont visés par cette restructuration soit 40 % de ses effectifs, il a justifié cette décision par le déploiement en interne de l’intelligence artificielle (IA).

« J’avais deux options : procéder à des réductions d’effectifs progressives sur plusieurs mois ou années, au fur et à mesure de cette évolution, ou faire preuve de transparence et agir dès maintenant », a-t-il poursuivi sur la plate-forme.

Cofondée en 2009 par M. Dorsey, co-créateur et ancien patron de Twitter, Block (nommée Square jusqu’en 2021) est une société technologique dédiée aux transactions financières, allant du paiement chez les commerçants aux versements entre particuliers. Surfant sur les nouveaux usages en matière de paiements électroniques, Block, qui possède notamment l’application mobile Cash App, a connu une croissance effrénée, au point de dépasser largement les 100 milliards de dollars de valorisation boursière en 2021.

La capitalisation de Block avait fondu depuis 2022, mais elle restait supérieure à 33 milliards de dollars. Dans les échanges postérieurs à la clôture de Wall Street, son action prenait plus de 20 %.

L’entreprise redéfinie par l’IA

Block va se séparer de « plus de 4 000 » employés sur les 10 000 qu’il emploie aujourd’hui, a affirmé Jack Dorsey dans une lettre publiée sur le site du groupe, en marge de l’annonce des résultats financiers. « La thèse centrale est simple », a écrit le patron charismatique. « Les outils d’intelligence artificielle ont changé ce que signifie bâtir et gérer une entreprise.

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« Nous le voyons déjà en interne », a-t-il poursuivi. « Une équipe plus petite peut faire davantage et mieux » qu’auparavant avec un nombre plus important d’employés « en utilisant les outils que nous mettons en place. »

L’industrie de la tech promet une révolution au secteur tertiaire avec l’émergence des agents IA, capables de réaliser, sur demande en langage courant, une série de tâches de façon autonome. Si le déploiement des agents n’est encore que limité à l’échelle de l’économie, beaucoup prédisent qu’il va avoir des conséquences majeures sur l’emploi dans les services.

« Je ne pense pas que nous soyons en avance en faisant ce constat », a fait valoir Jack Dorsey, estimant que « beaucoup d’entreprises sont en retard ». « Je crois que dans l’année qui vient, la majorité des sociétés vont parvenir à la même conclusion et effectuer des changements similaires », a-t-il prévenu. « Je préfère y arriver de façon honnête, en faisant nos propres choix, plutôt que d’être contraint de réagir. »

Le Monde avec AFP

Différences salariales femmes-hommes dans le privé : l’écart s’est réduit en 2024 pour atteindre 21,8 %

A la ferme des Ty Breizh, à Merillac (Côtes-d’Armor), le 13 février 2026.

L’écart de revenu salarial entre les femmes et les hommes dans le secteur privé s’est établi à 21,8 % et s’est réduit de 0,4 point en 2024, contre 0,9 point par an en moyenne de 2019 à 2023, a rapporté l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), jeudi 26 février.

Au rythme de 2024, il faudrait ainsi 54,5 années avant que cet écart moyen, dû en grande partie aux métiers moins rémunérateurs et aux temps partiels davantage exercés par les femmes, soit entièrement résorbé. Entre 1995 et 2001, le revenu salarial des femmes était encore inférieur d’environ 34 % à celui des hommes.

Ce revenu, qui prend en compte la rémunération nette tirée de l’ensemble des activités salariées, s’élève pour l’année 2024 à 22 060 euros pour les femmes, contre 28 220 euros pour les hommes, soit un écart de plus 6 000 euros, selon l’étude de l’Insee.

A temps de travail identique, l’écart au détriment des femmes est de 14 %. Il était de 22,1 % en 1995. Le volume de travail annuel des femmes restait inférieur de 9,1 % à celui des hommes en 2024, contre 14,9 % en 1995.

L’écart de salaire net en équivalent temps plein « à emploi comparable » estimé à 3,6 %

L’Insee constate que les inégalités de salaires entre les deux sexes augmentent avec l’âge : l’écart à temps de travail identique n’est que de 3,2 % chez les salariés de moins de 25 ans, contre 24,1 % chez les 60 ans et plus. En nombre d’heures, à l’inverse, les femmes de moins de 25 ans travaillent 15,8 % moins que les hommes, un écart qui n’est plus que de 7,9 % chez les 60 ans et plus. « Cela s’explique notamment par une insertion un peu plus tardive sur le marché du travail des femmes, car elles sont en moyenne plus diplômées que les hommes », selon l’étude.

Par catégories socioprofessionnelles, à quantité de travail égale, les femmes employées sont payées 1,3 % de moins que leurs collègues masculins, contre un écart de 20 % chez les ouvriers, 9,8 % chez les professions intermédiaires et 4,3 % chez les cadres. Par taille d’entreprises, l’écart est le moins élevé dans celles de moins de dix salariés (5,4 %), contre 13,2 % dans les grands groupes de plus de 5 000 salariés.

L’écart de salaire s’explique aussi en grande partie par la « ségrégation professionnelle » qui fait que les femmes exercent souvent des métiers moins rémunérateurs que les hommes, explique encore l’Insee. L’écart de salaire net en équivalent temps plein « à emploi comparable » est ainsi estimé par l’institut à 3,6 %.

Le Monde avec AFP

Conjoncture molle et concurrence chinoise pèsent sur l’emploi industriel en ce début d’année

Dans l’usine Verallia de Châteaubernard (Charente), le 10 septembre 2024.

L’année 2026 a mal démarré pour l’emploi industriel en France. Depuis janvier, les annonces de suppressions de postes s’accumulent : 135 chez LISI, un fabricant de pièces automobiles, 350 chez le constructeur de volets roulants et de domotique Somfy, une centaine chez Hager, fabricant d’appareils électriques, une soixantaine chez le verrier Verallia… Une liste non exhaustive, à laquelle est venue se greffer, mercredi 25 février, l’annonce d’une restructuration chez le fabricant d’électroménager SEB, qui devrait affecter 500 emplois en France. Sans oublier la liquidation ou le dépôt de bilan retentissants intervenus entre fin 2025 et début 2026, ceux du fabricant d’électroménager Brandt, qui emploie 700 personnes à Orléans, et du verrier Arc, qui fait travailler 3 500 personnes dans le Pas-de-Calais. Le sort de cette usine historique sera scellé le 10 mars – mais on ne compte pour l’heure qu’une seule offre de reprise sur la table, prévoyant le maintien de 2 700 emplois.

Pour certaines entreprises, ces réductions d’effectifs traduisent avant tout une dégradation de l’activité, voire une « anticipation d’une croissance plus faible que celle attendue », comme le souligne David Cousquer, gérant du cabinet Trendeo, spécialisé sur le suivi de l’emploi et l’investissement en France. C’est le cas de Somfy : ce groupe familial pâtit de la mauvaise santé de la construction en Europe, son principal marché, et cherche désormais des relais de croissance sur d’autres continents. C’est aussi le cas de Verallia, spécialisé dans les emballages, qui subit notamment le contrecoup de la baisse de la consommation de vin. Plusieurs grands groupes confrontés à un trou d’air de la demande « sont allés chercher de la croissance ailleurs », signale l’économiste Anthony Morlet-Lavidalie, du cabinet Rexecode. Une démarche plus difficile pour les entreprises de petite taille, qui souffrent davantage.

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« Pourquoi ne discute-t-on jamais du confort autorisé par 1 151 euros mensuels ? »

On a cherché dans le dictionnaire une expression plus élégante qu’« à côté de la plaque ». Il nous a proposé « hors sujet », « aux fraises », « aberrant ». Rien qui permette de décrire ce sentiment que le débat public sur le monde du travail semble souvent éloigné de la réalité du terrain, des faits, des chiffres.

Prenons la question récurrente de l’assurance-chômage, qui préoccupe de nouveau le gouvernement, alors que trois réformes ont déjà eu lieu en 2019, 2023 et 2025. A chaque fois, pour durcir les droits à l’indemnisation, réduire leur durée et leur montant. Comme si le système était trop confortable pour inciter les demandeurs d’emploi à rechercher du travail.

Mais que disent les chiffres, publiés annuellement par France Travail et actualisés le 11 février ? Qu’à la fin mars 2025, seuls 46 % des inscrits à France Travail (des principales catégories, A, B ou C) ont effectivement perçu une indemnité. Et que, parmi eux, un sur deux a touché une allocation inférieure à 1 151 euros par mois (trois sur quatre moins de 1 512 euros), alors que le smic sur la période s’élevait à 1 426 euros net. Pourquoi ne discute-t-on jamais du confort autorisé par 1 151 euros mensuels ?

Le même type de raccourci pollue le lancinant débat des « tensions de recrutement » et des « offres non pourvues », qu’Emmanuel Macron a ancré dans les mémoires par sa réplique à un jeune horticulteur en 2018 : « Du travail ? Je traverse la rue, je vous en trouve. » Réduisant le problème à un enjeu de motivation des candidats. A-t-on jamais vu un employeur dans le besoin se voir répondre qu’il n’a qu’à traverser la route pour trouver un chômeur ? Ils sont pourtant 3,3 millions, selon France Travail. Or, tous ceux qui se sont sérieusement penchés sur la question savent que le nœud principal est ailleurs.

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Ludovic Petitdemange, astrophysicien, malvoyant : « Les mathématiques sont mes yeux »

Ludovic Petitdemange, à l’Observatoire de Paris, en novembre 2025.

Sur le toit de l’Observatoire de Paris, la coupole blanche surplombe la ville, dans le vent froid de novembre. Au cœur de ce sanctuaire scientifique, datant de Louis XIV, l’immense télescope pointe vers le ciel. L’astrophysicien Ludovic Petitdemange, 42 ans, guide sans hésitation, avec rapidité et agilité, malgré la neuropathie optique de Leber, maladie génétique dont il est atteint. Altérant le fonctionnement du nerf optique et la transmission des informations de l’œil au cerveau, elle le prive d’une vision centrale précise qui rend difficile la lecture, mais lui laisse encore une vision périphérique lui permettant de se déplacer en terrain connu.

Elle lui vaut une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Pour exercer sa profession, ses outils sont les « algorithmes » : « Les mathématiques sont mes yeux pour comprendre les étoiles et les planètes », explique ce chercheur au Laboratoire d’instrumentation et de recherche en astrophysique (LIRA), une unité du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Il doit son aisance à sa parfaite connaissance des lieux, maintes fois arpentés depuis son arrivée, en 2011.

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