Permis de conduire et formation de langue : les restrictions budgétaires coupent les ailes du CPF

Jeudi 19 février, le Conseil constitutionnel a validé le budget de l’Etat 2026, y compris l’interdiction faite désormais aux salariés en poste d’utiliser leur compte personnel de formation (CPF) pour financer leur permis de conduire, sauf à bénéficier d’un abondement, et le plafond imposé aux formations de langue.

Contestés par les partis d’opposition et les organismes de formation professionnelle, ces points s’inscrivent dans une réforme plus vaste du CPF que le gouvernement entend resserrer pour des raisons de coût, et ce dès la parution des décrets attendue dans les prochaines semaines.

Utilisé en 2024 par 1,4 million de personnes, le CPF contribue en effet indirectement au déficit public, car la cotisation versée par les employeurs pour le financer demeure insuffisante pour couvrir le coût des stages suivis dans ce cadre. L’Etat doit donc remettre au pot par le biais de France Compétences, l’organisme chargé de gérer les fonds mutualisés de la formation professionnelle. « Dès son lancement, on savait que ce dispositif était insuffisamment financé. Mais plutôt que de fixer des priorités claires, l’Etat n’a cessé depuis de procéder par des coups de rabot tous azimuts pas forcément pertinents », observe Bertrand Martinot, expert associé à l’Institut Montaigne sur les questions de travail.

S’il épargne les formations débouchant sur des métiers bien identifiés, le tour de vis annoncé cible celles qui développent des compétences transversales (langues, relation clientèle, bureautique, secourisme sur le lieu de travail, etc.). Pour les formations en langues étrangères, le montant mobilisable à partir du CPF serait plafonné à 1 500 euros, même si le travailleur dispose de davantage d’argent sur son compte.

D’autres conséquences négatives

Or, ces formations transversales sont très demandées. Et elles requièrent du temps et de la régularité, d’où un coût plus important : « 70 % de mes apprenants mobilisent ce dispositif. Si l’on plafonne leur dépense CPF à 1 500 euros, ils ne pourront pas prendre suffisamment d’heures pour progresser, notamment à l’oral. Cela risque de les démotiver, tout comme les formateurs », s’inquiète Cécile Bertrand, fondatrice de l’organisme de formation linguistique Mundi Linguae.

Il vous reste 58.14% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

L’emploi dans la fonction publique est soutenu par le recrutement de contractuels

Le ministre délégué chargé de la fonction publique, David Amiel, à Paris, le 5 janvier 2026.

Depuis une dizaine d’années, la plupart des gouvernements ont beau parler, au nom de la rigueur budgétaire, du gel des embauches dans la fonction publique, l’emploi continue de progresser, mais moins vite. De 2012 à 2024, l’Insee enregistre deux années de baisse globale des effectifs, dans les trois fonctions publiques confondues, pour douze années de hausse. En 2024, les effectifs France hors Mayotte s’inscrivent dans cette dernière tendance : 5,9 millions d’agents travaillent dans la fonction publique, soit + 0,6 % sur un an, contre 1,1 % en 2023, révèle l’étude « Insee Première » publiée le 10 février. La progression concerne surtout l’Etat (+ 0,8 %), notamment la défense et la justice, reflétant indirectement les priorités gouvernementales. En revanche, dans la fonction publique hospitalière, l’emploi ralentit nettement (+ 0,5 % contre + 1,9 %), tout comme les collectivités locales (+ 0,3 % contre + 0,9 %).

Le nombre d’agents titulaires demeure quasiment stable en 2024 (– 0,1 %), mais celui des contractuels augmente sensiblement : + 2,6 %, après + 4,9 % en 2023. Ils représentent désormais 24 % des effectifs totaux de la fonction publique, contre 16 % en 2014. Les 35 900 contractuels supplémentaires sont la principale composante de la hausse de l’emploi public en 2024.

Il vous reste 68.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Argentine : la réforme du travail de Javier Milei adoptée à l’Assemblée malgré une journée de grève générale

Manifestation contre la réforme du travail voulue par le président argentin Javier Milei, à Buenos Aires, le 19 février 2026.

Les députés argentins ont adopté, dans la nuit de jeudi à vendredi 20 février, la loi sur la réforme de la législation du travail voulue par le président ultralibéral Javier Milei. Amendée par la chambre basse, qui l’a adoptée par 135 voix contre 115 après presque onze heures de débats, la loi dite de « modernisation du travail » doit désormais retourner au Sénat pour approbation définitive, étape que le gouvernement espère franchir la semaine prochaine. Le président Milei s’est félicité sur X du résultat du vote des députés, affirmant que la réforme « est destinée à en finir avec plus de 70 ans de retard dans les relations du travail des Argentins ».

Toute la journée de jeudi, l’Argentine a été paralysée par une quatrième grève générale en un peu plus de deux ans de mandat de M. Milei. Comme la semaine dernière, une manifestation largement pacifique a rassemblé plusieurs milliers de personnes aux abords du Parlement, avant de dégénérer en accrochages entre quelques dizaines de personnes et la police. Bouteilles et pierres ont volé en direction des forces de l’ordre, qui de leur côté ont fait usage de lacrymogènes, canons à eau et balles en caoutchouc, avant finalement d’avancer en force pour dégager la place, a constaté l’Agence France-Presse (AFP). Une dizaine de personnes ont été interpellées.

La grève de 24 heures a eu un suivi « très important », a affirmé Jorge Sola, codirigeant de la CGT (pro-péroniste, centre-gauche), principale centrale, revendiquant une activité arrêtée « à 90 % ». Le mouvement a été largement suivi dans les transports aériens et ferroviaires, ainsi que par les bus. A Buenos Aires, les aéroports et les gares étaient vides, a constaté l’AFP. La compagnie aérienne nationale Aerolineas Argentinas avait annoncé plus de 250 vols annulés.

La capitale a offert un visage contrasté : trafic de voitures plus dense qu’à l’accoutumée mais des arrêts de bus, d’habitude bondés, vidés. Et une grande majorité de commerces ouverts, bien que certains privés d’employés, retenus faute de transport. Dans l’air flottaient des relents d’ordures amoncelées dans la chaleur de l’été austral, faute de ramassage depuis 24 heures.

Regain de tension sociale

Le chef de cabinet des ministres (sorte de premier ministre) Manuel Adorni a fustigé une grève « perverse », une « extorsion », car « pour autant que les gens aient envie de travailler, si on leur coupe le transport, ils ne peuvent pas ».

La grève illustre un regain de tension sociale, quatre mois après le succès de Javier Milei aux législatives de mi-mandat. Projet-clé de la seconde moitié du mandat de M. Milei, la réforme facilite les licenciements, réduit le barème d’indemnités, rend possible l’extension de la journée de travail jusqu’à 12 heures, étend les services dits « essentiels » en cas de grève et autorise le fractionnement des congés.

Pour l’exécutif, ce texte va permettre de doper l’embauche dans une économie qui compte plus de 40 % d’emploi informel. Notamment en freinant ce que le gouvernement dénonce comme « l’industrie des procès », une judiciarisation à outrance du monde du travail. « Pas une modernisation, une précarisation », rétorque la CGT, qui dénonce un texte « régressif et anticonstitutionnel ».

M. Milei compte boucler sa réforme totem d’ici le 1ᵉʳ mars, pour son discours annuel au Parlement. En attendant, loin de la grève et des tensions, il assistait jeudi à Washington au « Conseil de paix » de son allié Donald Trump. Au pouvoir depuis décembre 2023, il a enregistré un succès macro-économique majeur face à l’inflation, ramenée de plus de 150 % à 32 % en interannuel. Mais aux prix d’une austérité budgétaire et de coupes dans l’emploi public qui ont anémié consommation et activité. En deux ans, près de 300 000 emplois ont été perdus, public et privé confondus.

Le Monde avec AFP

« Faire face aux risques psychosociaux » : un plaidoyer pour la prévention

Burn-out, stress chronique, crise suicidaire… Si la connaissance des risques psychosociaux a progressé ces dernières années dans le milieu professionnel, de nombreux décideurs n’utilisent pas les leviers dont ils disposent pour les prévenir.

Présenté comme un guide pratique, l’ouvrage Faire face aux risques psychosociaux (Eyrolles, 2025) se propose de décrypter l’origine des dégradations de la santé mentale en entreprise, afin de combattre ces affections « à la source ». Porté par Jean-Claude Delgènes, président fondateur du cabinet Technologia, spécialiste de la prévention des risques psychosociaux liés au travail, et Françoise Maréchal-Thieullent, avocate et médiatrice, il offre une réflexion à deux niveaux sur ces leviers d’action.

Les auteurs donnent en premier lieu des conseils pour limiter les risques en interne, au plus près du terrain. Cela passe tout d’abord par une fine connaissance des mécanismes psychiques. Comprendre, par exemple, que lorsqu’on laisse les blagues salaces fuser à longueur de journée dans un bureau, cela peut avoir des conséquences douloureuses sur certains salariés, quand bien même ils ne seraient pas directement visés.

M. Delgènes et Mme Maréchal-Thieullent détaillent les grands axes des politiques de prévention qui peuvent être menées, par exemple face aux risques de harcèlement sexuel (sensibilisation, formation, mise en place de mécanismes d’alerte comme la création d’une boîte e-mail spécifique ou un référent harcèlement…).

Ils soulignent aussi des facteurs de risques sur lesquels les décideurs doivent s’impliquer, en particulier le développement du télétravail, et avec lui du travail hybride, ou l’avancée de l’intelligence artificielle (IA) au cœur des entreprises. Un déploiement qui « génère stress et insécurité chez les salariés », notent les auteurs qui expliquent que s’il « ne sert (…) à rien de s’opposer à l’IA », des mesures doivent être prises pour encadrer son essor : « Une gouvernance humaine pour valider les décisions prises par l’IA, des audits réguliers pour détecter et corriger les biais, la formation des employés pour réduire la peur de l’inconnu et favoriser l’adaptation aux nouveaux métiers… »

Il vous reste 43.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

En Côte-d’Or, trois générations de syndicalistes racontent leurs luttes : « Aujourd’hui, on est plus dans des batailles de résistance que dans des offensives »

L’engagement syndical a coloré l’enfance de Morgane Lahlou-Manière. Suivre sa mère en manif, l’aider à tracter ou l’accompagner après l’école aux réunions à la mairie de Dole (Jura) faisaient partie de son quotidien. Elle se souvient des dessins « On ne touche pas à l’hôpital » qu’elle préparait à 13 ans pour habiller la voiture en tête de cortège, des pancartes qu’elle aimait tenir, des discussions autour de barbecues pendant les AG, du muguet qu’elle ramassait la veille du 1er-Mai pour la manif du lendemain, ou de ces repas de famille au cours desquels les questions politiques étaient naturellement « mises sur la table ». Mais aujourd’hui, encartée à la Confédération générale du travail (CGT), elle se retrouve à 25 ans confrontée à la question de revendiquer ou non son militantisme sur son lieu de travail.

Pourtant, depuis trois générations, le syndicalisme est une évidence dans la famille Manière. Chez Raphaëlle, la mère de Morgane, « c’est venu culturellement », résultant en partie des souvenirs familiaux autour de ses grands-parents résistants. Dès le milieu des années 1980, elle milite au lycée auprès de la Jeunesse communiste, suivant les traces de ses parents, également encartés au Parti communiste français (PCF).

Auprès de ses parents impliqués politiquement et syndicalement, Raphaëlle, 54 ans, se souvient de « moments de militantisme très joyeux » incarnés par les « grosses manifestations » à Paris organisées par le Mouvement pour la paix, la « vente de L’Huma » le dimanche matin devant la boulangerie et les réunions où elle accompagnait sa mère, trésorière de la section du PCF, récolter les timbres des cotisations.

Il vous reste 84.59% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Le secteur de la défense recrute à tour de bras

Lors de la mise à l’eau du premier patrouilleur hauturier « Trolley de Prévaux », nouveau navire de la marine nationale française, sorti des chantiers Piriou, en coopération avec les entreprises Naval Group, CMN et Socarenam. A Concarneau (Finistère), le 5 février 2026.

« Une force spéciale d’experts pour répondre aux besoins de l’industrie de la défense. » C’est ce que lancera, le 23 avril, France Travail, en compagnie du ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, lors d’un événement de recrutement à Toulon. Après des mois de partenariat avec la direction générale de l’armement et les 4 000 entreprises qui composent la base industrielle et technologique de défense (BITD), l’opérateur public mettra à disposition une structure nationale consacrée à la défense, avec des conseillers spécialisés, sous la direction d’un général.

Alors que le budget de la défense est en hausse, les carnets de commandes offrent aux industriels du secteur une grande visibilité, avec, à la clé, des offres en CDI, et ce depuis déjà plusieurs années. « Entre 2022 et 2024, l’emploi a augmenté de 15 % dans nos entreprises, illustre Delphine Sampic, porte-parole du Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres (Gicat), qui représente 55 000 salariés. En janvier 2025, 40 % des entreprises de la BITD déclaraient un manque d’effectifs pour répondre à leur carnet de commandes à l’instant T. »

Il vous reste 78.07% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

La présidente de la librairie L’Ecume des pages démissionne après des désaccords avec Vivendi

La présidente démissionnaire de la librairie parisienne L’Ecume des pages, Félicité Herzog.

Félicité Herzog, qui fut de septembre 2019 à juin 2025 directrice de la stratégie de l’innovation de Vivendi, quitte définitivement le groupe de Vincent Bolloré : elle a démissionné de ses fonctions de PDG de la librairie parisienne L’Ecume des pages. Dans une lettre datée du vendredi 13 février à Yannick Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi, et à François Laroze, directeur financier du groupe, que Le Monde a pu consulter, elle informe de sa décision, qui prend effet le jour même. Elle part parce que « le respect, l’indépendance et la capacité de délibération sont mis à mal ». Pour elle, « le mélange des genres entre influence politique et conduite des affaires constitue un motif d’alerte majeur ».

Véritable institution du boulevard Saint-Germain, dans le 6e arrondissement de Paris, cette librairie était entrée dans le giron de Vivendi fin 2023, quand le groupe avait surenchéri, à hauteur de 4,5 millions d’euros, pour acheter le fonds de commerce aux quatre héritiers de la famille Besançon.

Félicité Herzog avait alors signé avec Vivendi une charte d’indépendance pour « défendre l’intégrité de la libraire », écrit-elle. « Je suis notamment parvenue à neutraliser certaines interventions extérieures susceptibles de porter atteinte à cette indépendance, qu’il s’agisse de demandes de Vincent Bolloré visant le lancement de l’ouvrage de [la journaliste russe] Xenia Fedorova, ancienne responsable de Russia Today – média interdit dans toute l’Union européenne pour faits de propagande – ou de sollicitations tendant à une mise en avant privilégiée d’ouvrages politiquement marqués chez Fayard, alors même que la librairie en assurait déjà la présentation dans le respect de son pluralisme », décrit-elle.

Il vous reste 44.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Comment les syndicats ébauchent l’encadrement de l’usage de l’IA

Dans les bureaux d’Illogic Studios, à Montpellier, le 12 décembre 2025.

A l’heure où le gouvernement déroule son plan national Osez l’IA et où les enjeux de souveraineté agitent les esprits, les risques encourus pour l’emploi et les conditions de travail ne semblent pas la préoccupation première des acteurs économiques français. Mais l’annonce, ces dernières semaines, par la Société générale et Capgemini, de licenciements assumés en lien avec l’essor de l’intelligence artificielle (IA) semble avoir relancé l’alerte, d’abord du côté des syndicats. « Plus le temps passe, plus il y a urgence à inclure le déploiement de l’IA en entreprise dans le dialogue social », insiste Luc Mathieu, secrétaire national CFDT responsable des questions liées au numérique, en se faisant l’écho d’un message répété par les autres confédérations. « A ce stade, il y a quelques accords collectifs. Mais il y en a peu », précise-t-il, alors qu’AXA, BPCE et Metlife ont été parmi les premiers groupes, en 2025, à explorer cette voie.

« Aujourd’hui, nous planchons sur un accord type pour éviter une trop grande hétérogénéité sur les situations en entreprise », dévoile Matthieu Trubert, coanimateur du collectif numérique de l’Ugict-CGT, en précisant que toutes les organisations non patronales adhèrent à ce projet. Pour elles, l’intérêt d’un accord national interprofessionnel serait de fixer un cadre général qui permettrait des accords sectoriels pouvant ensuite être retranscrits et affinés dans les entreprises.

Il vous reste 75.7% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Le travail empêché se répand dans la fonction publique

Carnet de bureau. « Il faut faire attention à ne pas priver le service public de l’emploi des moyens nécessaires de faire le job », alertait Thibaut Guilluy, auditionné le 11 février par la commission des affaires sociales du Sénat. Si le directeur général de France Travail estime que la baisse d’effectifs annoncée par le gouvernement ne va pas « empêcher » l’opérateur public de « poursuivre la dynamique des progrès engagés », le risque est bien réel en revanche d’empêcher les agents de faire leur métier.

Charge de travail accrue, inscription de demandeurs d’emploi à la chaîne, les salariés de l’opérateur public parlent de « perte de sens ». Tout ce que l’on n’arrive pas à faire et qui fait qu’on ne se reconnaît pas dans son travail, c’est ce qui définit « la qualité empêchée » théorisée par le psychologue du travail Yves Clot (Le Travail à cœur, La Découverte, 2010), et qui se diffuse actuellement dans la fonction publique sous la pression des restrictions budgétaires.

Réduction de 515 équivalents temps plein pour France Travail, ralentissement de l’emploi dans la fonction publique hospitalière, augmentation de contractuels à l’éducation nationale, d’un bout à l’autre du secteur, des agents témoignent de la difficulté grandissante de bien faire leur travail. « On assiste à une forme de désespérance. Nous sommes au service des usagers, mais avec la pression du chiffre, le traitement de masse, le contrôle… Tout cela mis bout à bout représente une perte de sens », constatait fin janvier Guillaume Bourdic, représentant syndical CGT au comité social et économique central de France Travail interrogé par l’agence d’informations AEF.

Risque de désengagement

A l’hôpital aussi, depuis des mois, Marie (qui témoigne sous le couvert de l’anonymat) se dit empêchée de bien faire son métier. Elle reste bloquée entre deux postes par les restrictions budgétaires dans la santé publique. Fraîchement requalifiée en « pratiques avancées », la reconnaissance de son nouveau diplôme par l’hôpital a été mise en attente pour raisons budgétaires. « Le premier poste d’économie des hôpitaux, c’est le paramédical », commente-t-elle. Marie cumule donc sa fonction initiale d’infirmière psychiatrique et la pratique de son nouveau métier à domicile. Elle s’explique : « Pour mon nouveau travail que je n’exerce pas, je continue à bosser les week-ends : mises à jour des réglementations, fiches, PowerPoint de présentation pour les collègues. »

Il vous reste 23.33% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.