Anthony Smith, l’inspecteur qui faisait trop bien son travail

Anthony Smith, à Châlons-en-Champagne, le 19 septembre 2022.

Le caillou dans la chaussure du ministère du travail depuis plus de deux ans est un fonctionnaire aux airs de M. Tout-le-Monde, aimable et grisonnant. L’inspecteur du travail Anthony Smith a été suspendu mi-avril 2020, puis muté d’office, pour avoir saisi la justice face à un employeur qui ne protégeait pas assez ses salariées contre le Covid-19. « Ubuesque », « digne d’un polar de seconde zone », assène-t-il aujourd’hui.

Echaudé par son bras de fer avec sa tutelle, l’agent, 47 ans, précise qu’il s’exprime au titre de responsable syndical CGT au ministère du travail, mandat qui lui procure une certaine liberté de parole. Précaution utile, car le dossier est hautement politique : l’affaire a débuté lorsque Muriel Pénicaud était à la tête du ministère, mais la sanction s’est abattue après qu’Elisabeth Borne, actuelle première ministre, lui a succédé.

La Rue de Grenelle a vite rétropédalé, allégeant sa sanction pour tenter d’enterrer le dossier. Mais l’opposition ne cesse de le lui rappeler. Le 28 septembre, Anthony Smith demandera au tribunal administratif de Nancy d’effacer sa peine. Son comité de soutien, coprésidé par deux députés La France insoumise, Mathilde Panot et Thomas Portes, fait déjà monter la pression sur les réseaux sociaux. Des élus de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) ont prévu de l’accompagner à l’audience, comme les chercheurs, les militants syndicaux ou associatifs qui font bloc autour de lui : depuis 2020, Anthony Smith opère l’union de la gauche à lui tout seul. Ses partisans voient en lui l’incarnation d’une inspection du travail malmenée par les impératifs économiques.

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Entré dans le métier en 2005, Anthony Smith explique son choix de carrière par le parcours de ses parents. Son père, ouvrier, et sa mère, institutrice, lui ont transmis l’idée que « le travail est la seule façon de s’élever socialement ». Mais leur exemple l’a aussi structuré politiquement, à gauche. « J’ai vu ce qu’était le travail d’un ouvrier, cela m’a construit. » Il découvre que l’entreprise est un lieu de rapports de force qui appelle des contre-pouvoirs. L’inspection du travail en est un. Anthony Smith aime à rappeler que la loi qui l’a créée, en 1892, a interdit le labeur des enfants de moins de 13 ans et celui des femmes dans les mines.

Au service du code du travail

Après quelques années comme professeur d’économie, il devient un « observateur privilégié » autorisé à entrer dans les entreprises pour y faire appliquer le code du travail et ses « grandes conquêtes sociales ». Dans la Marne, où il est affecté, le gros du boulot est administratif : « échanges, observations, demandes de mise en conformité ». La coercition – procès-verbaux, arrêts d’activité en cas de danger grave et imminent… – vient en dernier recours. Le métier n’en reste pas moins politique. « Etre le bras gauche de l’Etat », « servir le code », il l’assume et en fait sa fierté. Comme d’être syndiqué depuis ses 18 ans, à l’UNEF, le syndicat étudiant, puis à la CGT, même s’il assure « dissocier [s]on travail de [s]on action militante ».

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Vos dépenses de nounou ou de ménage ont baissé ? Vous avez jusqu’à mi-décembre pour le signaler

Depuis la mise en place du prélèvement à la source, un mécanisme d’avance a été mis en place pour les crédits et les réductions d’impôt dit « récurrents » : par exemple, le crédit d’impôt accordé en contrepartie de l’emploi d’un salarié à domicile (pour le ménage, le repassage, le jardinage, etc.) ou d’une personne pour garder les enfants. Ou encore la réduction d’impôt pour dons aux œuvres, et les différentes réductions d’impôt prévues en faveur de l’investissement locatif (comme le dispositif Pinel).

La prochaine avance sera versée mi-janvier 2023. Elle concernera les réductions et les crédits d’impôt auxquelles vous pouvez prétendre pour les dépenses réalisées en 2022. Sauf que… l’administration fiscale ne peut pas connaître le montant des dépenses que vous avez réellement engagées tant que vous n’avez pas rempli votre déclaration de revenus de 2022 !

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Pour calculer le montant de l’avance, le fisc part donc du principe que vous supportez les mêmes dépenses en 2022 qu’en 2021, et vous verse donc, en avance, 60 % des crédits et des réductions d’impôt dont vous avez bénéficié au titre de vos revenus de 2021. Leur montant figure sur l’avis d’imposition que vous avez reçu cet été.

Les 40 % restants vous seront versés dans le courant de l’été 2023, sur la base, cette fois, des sommes réellement dépensées en 2022.

Pas d’obligation

Conséquence : si vos dépenses ont diminué en 2022, par rapport à 2021, il se peut que vous ayez à rembourser tout ou partie de l’avance que vous allez recevoir en janvier prochain. Si vous ne voulez pas vous retrouver dans cette situation, vous avez la possibilité de demander à ne pas recevoir l’avance, ou à recevoir une somme moins importante.

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Mais ce n’est pas une obligation. Vous pouvez parfaitement utiliser cette avance comme un prêt personnel « gratuit », sachant que vous devrez la rembourser à l’administration fiscale dans le courant de l’été 2023.

Comment s’y prendre ? Pour modifier le montant de l’avance, ou la supprimer purement et simplement, il faut en faire la demande à partir de votre espace personnel sur le site Impots.gouv.fr. Vous avez jusqu’au 14 décembre pour effectuer cette démarche.

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Une précision importante : si vous avez demandé à bénéficier cette année de l’avance immédiate du crédit d’impôt « service à la personne », avec le dispositif CESU ou Pajemploi, le montant du crédit d’impôt immédiat (encore appelé « crédit d’impôt instantané ») que vous avez perçu cette année sera automatiquement déduit du montant de l’avance versée en janvier prochain. Autrement dit, si vous êtes dans cette situation, vous n’avez aucune démarche à accomplir pour ajuster le montant de votre avance.

Le Covid long, maladie méconnue dans les entreprises

« La maladie peut prendre de multiples formes d’une intensité variable : fatigue extrême, troubles digestifs, perte d’attention, troubles neurologiques, problème de vue… Au total, 203 symptômes ont été recensés. »

Il décrit cette ronde infernale comme « un manège ». Extrême fatigue, problèmes de concentration, de mémorisation, courbatures, essoufflement… Au total, Gérard (le prénom a été modifié), cadre dans une société spécialisée dans les ressources humaines, a recensé quarante-trois symptômes. Depuis la fin 2020, il est touché par une forme grave de Covid long – un terme qui désigne la persistance de séquelles plusieurs semaines voire mois après avoir contracté le virus – et voit les souffrances s’enchaîner d’un jour à l’autre, de manière aléatoire.

Après dix-sept mois d’arrêt, il a repris le travail début mai, en mi-temps thérapeutique. « La situation est compliquée au bureau », résume-t-il. En premier lieu parce que « [sa] maladie ne se voit pas : c’est un handicap invisible ». Il raconte le regard suspicieux d’un collègue, l’incrédulité de sa responsable hiérarchique, pour qui une reprise à temps plein aurait été préférable. « Elle ne s’intéresse pas à mes problèmes de santé et croit que je suis dans un état dépressif. » Gérard estime aujourd’hui avoir été « placardisé ». « Mon mi-temps ne me permettant pas de réaliser des procédures de recrutement complètes, on m’a confié des tâches administratives que je réalisais au début de ma carrière », déplore-t-il.

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Si elle est peu évoquée en entreprise, la maladie concerne pourtant « une part importante de la population française », indique Santé publique France. Son étude, publiée au printemps, précise ainsi que 2,06 millions de personnes de plus de 18 ans étaient atteintes d’une affection post-Covid-19 début avril, en se fondant sur les critères de l’Organisation mondiale de la santé (symptômes présents au moins trois mois après l’infection).

Les personnes touchées en conviennent : le Covid long est une maladie largement méconnue en entreprise. Cela peut entraîner, parfois, des tensions, comme dans la société de Gérard. Plus généralement, cette ignorance n’incite pas à la discussion, et place fréquemment les malades en situation d’isolement.

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Ils pâtissent du manque de recul sur le Covid long, mais aussi de sa complexité, la maladie pouvant prendre de multiples formes d’une intensité variable (fatigue extrême, troubles digestifs, perte d’attention, troubles neurologiques, problème de vue…). Au total, 203 symptômes ont été recensés. Un collectif de malades, l’association ApresJ20, déplore en outre un manque de communication des pouvoirs publics sur la question.

Des situations très diverses

Le sujet n’est donc pas de ceux qui animent les équipes RH. « Je n’ai pas de remontées et de questionnement des directeurs des ressources humaines à ce propos, je n’en ai pas entendu parler », résume Benoît Serre, vice-président de l’association nationale des DRH. « La question n’est vraiment pas prise en main par les entreprises », abonde le cadre supérieur d’un grand groupe.

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Olivier Dussopt prêt à durcir l’accès à l’indemnisation du chômage en cas d’abandon de poste

Olivier Dussopt, ministre du travail, du plein-emploi et de l’insertion, à la deuxième journée d’université d’été du Medef, le 30 août 2022.

« Il y a une faille : un salarié qui procède à un abandon de poste a accès à des conditions d’indemnisation plus favorables qu’un salarié qui démissionne. » Devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée, qui examine le projet de loi sur l’assurance-chômage, le ministre du travail, Olivier Dussopt, s’est dit prêt, mardi 27 septembre, à durcir l’accès à l’indemnisation du chômage dans le cas d’abandon de poste. Cette situation intervient lorsqu’un salarié ne vient plus travailler sans justification et finit par être licencié par son employeur.

« Nous sommes ouverts à ce que ces conditions soient alignées » sur celles des démissions, a-t-il ajouté, alors qu’un amendement des Républicains (LR) a été déposé dans ce sens, tout en veillant « à ce que les salariés qui abandonnent leur poste pour des raisons de sécurité ne soient pas pénalisés ».

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Peu d’exceptions permettant aux démissionnaires d’être indemnisés

Une poignée seulement d’exceptions permettent aux démissionnaires de toucher le chômage. Parmi elles, le fait de suivre un conjoint a concerné 14 000 cas en 2021, selon l’Union nationale pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (Unédic). Depuis 2019, la possibilité est également ouverte une fois tous les cinq ans à ceux qui ont un projet professionnel (12 000 cas en 2021).

Pour quitter son emploi en étant indemnisé, le salarié peut demander une rupture conventionnelle à son employeur, mais ce dernier n’est pas contraint de la lui donner. En l’absence d’obtention de cette rupture, certains salariés choisissaient donc l’abandon de poste, qui constitue un licenciement pour faute et ne le prive donc pas de son droit à bénéficier de l’assurance-chômage.

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S’il n’existe aucune statistique sur ces abandons de poste, les députés LR affirment dans leur amendement que « c’est un phénomène de plus en palpable par les milieux professionnels ». « Le salarié qui veut quitter son emploi (…) pour se retirer du marché du travail tout en ayant pour objectif de conserver un revenu ne va pas démissionner mais simplement ne plus revenir au travail afin que l’employeur, de guerre lasse, procède à son licenciement », avancent-ils. « Alors que le démissionnaire est tenu par un préavis qui permet à l’employeur de s’organiser, l’employé fantôme, en abandonnant son poste du jour au lendemain, perturbe le bon fonctionnement de l’entreprise », ajoutent-ils.

Pour lutter contre les tensions de recrutement, M. Dussopt s’est, en revanche, montré plus réservé sur la volonté de certains députés de durcir l’accès au chômage pour un CDD refusant un CDI. Le ministre a rappelé que lorsqu’un salarié refuse un CDI proposé dans les mêmes conditions que son CDD, alors la prime de précarité de 10 % n’est pas due par l’employeur, une disposition méconnue selon lui.

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Le Monde avec AFP

A la veille de l’examen d’un plan de continuation, l’appel à l’Etat de Camaïeu fait chou blanc

Une boutique Camaïeu, à Lille, en mai 2020.

Michel Ohayon a frappé à la porte de Bercy. En vain. L’actionnaire de Camaïeu « a demandé une avance de l’État » pour boucler son plan de relance du géant nordiste de prêt-à-porter féminin, en redressement judiciaire, a indiqué lundi 26 septembre la direction à lAFP, une demande refusée par Bercy.

« Il s’agirait d’une intervention de l’État sous avance remboursable », a précisé à l’AFP Wilhelm Hubner, président d’Hermione People and Brands (HPB), la division distribution de la Financière immobilière bordelaise (FIB) menée par l’homme d’affaires bordelais Michel Ohayon, qui a repris Camaïeu en 2020.

L’État ne peut « en aucun cas se substituer aux actionnaires privés » – le CIRI

Joint par Le Monde, Bercy a jugé que cette demande « en catastrophe » n’était pas « réaliste ». Dimanche dans la soirée, les représentants de M. Ohayon ont contacté les services du Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI) pour obtenir 48 millions d’euros de l’Etat. D’après les services du CIRI, l’actionnaire de Camaïeu promet d’apporter « 5 millions d’euros » et d’obtenir « 14 millions d’euros de la vente d’actifs immobiliers à Roubaix », siège de l’entreprise, pour financer son plan de relance. Ces actifs seraient rachetés par FIB, pour 14 millions d’euros en vu de « sa valorisation » puis de sa revente, censée rapporter selon M. Hubner « de 55 à 63 millions d’euros », d’après l’AFP.

Une douche froide

L’État ne peut « en aucun cas se substituer aux actionnaires privés », objecte Bercy. Or, de sources proches du dossier, l’entreprise a déjà bénéficié de 40 millions d’euros d’aides publiques, lors du versement de 20 millions d’euros de subventions de coûts fixes accordés aux entreprises fragilisées par les mesures de confinement et de 20 millions d’effacement de dettes publiques.

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Le tribunal de commerce de Lille doit examiner ce mercredi le plan de continuation de Camaïeu. Il prévoit la fermeture de 208 magasins et la suppression de quelque 500 emplois sur environ 2 600. « Tout le monde sait qu’il y a urgence » pour sauver l’enseigne, ce qu’HPB « est le seul » à pouvoir faire, après le retrait de divers candidats à la reprise, dont le fonds américain Gordon Brothers, a souligné M. Hubner auprès de l’agence de presse.

En cas de rejet du plan de relance par le tribunal de commerce, au terme duquel Camaïeu « se séparerait de 208 magasins structurellement non rentables », en garderait 308 et préserverait « 80 % des 2 600 emplois », l’entreprise risque la liquidation judiciaire, rappelle M. Hubner à l’agence de presse.

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Economie française : « l’emploi se porte-t-il bien parce qu’il est sous perfusion ? »

L’épaisseur du code du travail aux oubliettes, les difficultés de recrutement sont la nouvelle boussole des réformes, désignées comme le frein ultime au plein-emploi alors même qu’elles en sont un symptôme qui ne peut qu’empirer à l’approche du Graal. Quel que soit l’indicateur, barrières à l’embauche, pénuries, tensions, emplois vacants, la difficulté à recruter atteint en effet des niveaux inégalés depuis très longtemps. Le ministère du travail les attribue à de multiples causes : principalement le rythme très élevé des embauches, un déficit d’actifs, de compétences, l’inadéquation géographique en offres et demandes, la qualité des emplois, etc.

Cette complexité un peu ennuyeuse à analyser est éclipsée par des explications plus imaginatives : c’est la faute de l’époque, de la crise sanitaire, d’une prise de conscience existentielle, en particulier chez les jeunes dont l’engagement professionnel serait plus utilitariste que celui de leurs aînés, etc. dont même la loi sur la « réforme du travail » fait son miel : « les actifs modifient leurs aspirations professionnelles et changent davantage d’entreprise, voire de métier. Les entreprises connaissent de ce fait des difficultés de recrutement bien plus importantes qu’avant la crise ».

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Une occasion bienvenue de faire un sort à tout ce qui est susceptible de favoriser la très française « préférence pour le chômage ». L’assurance-chômage fait office de coupable idéal : les contrôles de Pôle emploi et les droits rognés ne suffisant pas, les chômeurs indemnisés continueraient de préférer le confort des allocations-chômage à la reprise d’emploi. C’est aller un peu vite : d’une part les chômeurs indemnisés sont une minorité, d’autre part leur nombre diminue très vite, alors que celui des demandeurs d’emploi inscrits mais non indemnisés est inerte.

« Grande démission » ou « grand licenciement »

Au-delà d’anecdotes évoquant des fraudes, les faits ne montrent pas que les règles d’assurance-chômage stimulent les difficultés de recrutement actuelles. En théorie, ce lien est possible, mais avant de l’invoquer il faut résoudre une énigme bien plus épaisse encore : pourquoi des chômeurs non-indemnisés n’acceptent-ils pas ces emplois vacants ? On l’ignore.

En outre, une règle d’assurance (chômage ou autre) optimale ne doit pas être définie par rapport aux comportements des fraudeurs, car elle serait sous-optimale pour l’immense majorité des autres assurés, qui ne fraudent pas. Le dossier de presse des chantiers du gouvernement pour le plein-emploi ne dit pas autre chose : 160 emplois vacants pour 1 000 chômeurs, cela ne laisse-t-il pas 840 chômeurs sans opportunité d’emploi ? Baisser les allocations de ceux qui sont indemnisés, y compris au motif de la conjoncture, n’y changerait rien.

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L’effet boomerang d’une gestion individualisée des performances

Gouvernance. Les données sur l’emploi mettent clairement en évidence le phénomène de « grande démission » (« La France vit-elle une “grande démission” ? », Dares, août 2022). Comme ailleurs dans le monde, notre marché du travail connaît, depuis la fin de l’année 2021, un accroissement exceptionnel des démissions de salariés comparable à celui des années 2008 et 1974.

Un tel mouvement présage de fortes turbulences économiques et sociales, comme le suggèrent ses précédents historiques. Les démissions touchent aujourd’hui tous les secteurs et créent dans les entreprises de fortes tensions pour recruter (Insee, note de conjoncture, septembre 2022).

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L’analyse macroéconomique interprète la « grande démission » comme un effet d’aubaine : les salariés profitent de la reprise post-Covid pour mettre les employeurs en concurrence. Il en résulte un intense débauchage interentreprises qui favorise l’augmentation des rémunérations et… encourage les démissions. Malgré un chômage de 7 %, il n’y a pas « d’armée de réserve de chômeurs » pour calmer le jeu, car toutes les compétences sont concernées par la tentation de jouer sur l’opportunité de gagner davantage.

Affaiblissement de la dimension communautaire

Une analyse microéconomique s’impose néanmoins si on veut comprendre pourquoi les collaborateurs ne préfèrent pas rester dans leur entreprise, quitte à y négocier des avantages puisque, finalement, ceux-ci devraient être accordés à ceux qui les remplaceraient. Pourquoi ce phénomène de démission ?

Un élément de réponse peut être suggéré par l’affaiblissement de la dimension communautaire de l’entreprise. Comme les analyses de terrain l’ont montré (L’Entreprise comme communauté, par Florence Palpacuer, Laurent Taskin et al., Nouvelle Cité, 256 pages, 20 euros), les bonnes conditions de travail ne se réduisent pas à des avantages financiers.

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La qualité des relations humaines et hiérarchiques favorise ou non l’existence de collectifs qui procurent à chaque collaborateur des ressources précieuses en matière d’entraide et de solidarité. S’inscrire dans des collectifs chaleureux allège le poids des efforts, si bien que, à revenus comparables, les conditions de travail paraissent bien meilleures.

Or, ces collectifs ont été malmenés durant les dernières décennies par une gestion individualisée des performances : on a encouragé les compétences et l’excellence personnelles, la fluidité des emplois et des changements de métier. Même les politiques dites « de qualité de vie au travail » ont visé l’individu, son bien-être voire son « bonheur ».

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Budget 2023 : 6,7 milliards en plus pour atteindre le plein-emploi

Emmanuel Macron en a fait son objectif pour le second quinquennat : atteindre le plein-emploi d’ici à 2027. C’est donc sans surprise que cette ambition se retrouve au premier plan du projet de loi de finances pour 2023. Le budget du ministère du travail, du plein-emploi et de l’insertion va ainsi être augmenté de 6,7 milliards d’euros (pour un budget d’un peu plus de 30 milliards dont près de 10 milliards de « taxes affectées »).

Les principales hausses de crédits par rapport à 2022 (hors plan de relance) concernent les aides en faveur du développement de l’alternance, la dotation à France Compétences, ainsi que la poursuite des pactes régionaux du plan d’investissement dans les compétences, financés pour moitié par des crédits budgétaires en 2023. Pour atteindre son objectif de 1 million de contrats d’apprentissage signés, le gouvernement met notamment sur la table 3,5 milliards d’euros pour les aides à l’embauche d’alternants.

Le budget 2023 permettra également de démarrer des actions visant à accompagner la préfiguration, commencée le 12 septembre, de France Travail, futur guichet unique pour les demandeurs d’emploi. Une réforme qui sera mise en place en même temps que celle du revenu de solidarité active afin « d’améliorer l’accompagnement des chômeurs les plus éloignés de l’emploi ». Toujours dans l’optique du plein-emploi, Pôle emploi, qui a mis en place un plan visant à recenser les chômeurs susceptibles de travailler dans les secteurs en tensions, conservera le renfort d’effectifs obtenu en 2022, avec 969 équivalents temps plein.

Les éléments du projet de loi de finances 2023

Le projet de loi de finances 2023 devait être présenté, lundi 26 septembre en conseil des ministres, en même temps qu’une nouvelle loi de programmation des finances publiques fixant une trajectoire budgétaire sur cinq ans.

A Toulouse, les ambitions du sous-traitant aéronautique Mecachrome

Les annonces se succèdent et se ressemblent pour Mecachrome. Lundi 19 septembre, le fabricant de pièces de structures et de moteurs d’avion déclarait prendre une participation majoritaire dans le capital de Rossi Aero, une PME toulousaine spécialisée dans la production à la demande de pièces et équipements en petites et moyennes séries. Cette manœuvre s’inscrit dans le cadre d’une stratégie industrielle.

« Cette entreprise est capable de produire des pièces en cycle court et donc très vite, estime Christian Cornille, président de Mecachrome. Son apport est significatif pour nous, car il permet de compléter notre offre de services. » Cette opération de consolidation n’est pas la première de l’équipementier, dont le siège se trouve à Blagnac (Haute-Garonne), à proximité d’Airbus, son principal client. Le 29 août, le sous-traitant frappait fort en officialisant son mariage avec Weare, un groupe sis à Montauban, né en 2016 du rachat de plusieurs entreprises pour produire des pièces mécaniques.

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C’est la conjonction de plusieurs facteurs qui a poussé Pascal Farella, président de Weare, à accepter cette union. « L’entreprise familiale avait atteint ses limites par sa taille, explique celui qui a été désigné directeur général délégué de la nouvelle entité. Et la quatrième génération de la famille n’était pas capable de prendre la suite. Pour pérenniser notre activité, nous devions évoluer et libérer le capital. Aujourd’hui, nous adressons tous les volumes et l’ensemble du spectre technologique recherché dans la pièce élémentaire. »

Consolidation du secteur

Ce poids lourd industriel, avec ses 3 700 salariés et 20 usines, se targue d’être l’un des cinq grands fabricants européens de pièces capables de s’adapter aux commandes croissantes de ses clients avionneurs et motoristes. En s’appuyant sur ses usines, qu’il souhaite spécialisées et automatisées, Mecachrome entend partir à la conquête du marché aéronautique américain, tout en diversifiant son activité dans l’automobile et la défense. Cette restructuration n’est pas une surprise : déjà, à l’été 2021, le groupe avait annoncé la couleur en rachetant Hitim (axes de trains d’atterrissage et arbres de moteurs d’avion).

En immobilisant les avions au sol, le Covid-19 a coupé les ailes de l’aéronautique, le poumon économique de la région Occitanie

« Elle fait partie de notre feuille de route, précise M. Cornille, ex-numéro 2 d’Airbus Helicopters, nommé en juin 2019 à la tête du sous-traitant, alors dans le rouge, pour mener cette transformation. Les donneurs d’ordre parlent depuis longtemps de la consolidation du secteur. Il fallait franchir le pas. » C’est la pandémie qui accélère le mouvement. En immobilisant les avions au sol, le Covid-19 coupe les ailes de l’aéronautique, le poumon économique de la région Occitanie. Les fournisseurs, qui vivent principalement au rythme d’Airbus, accusent le coup : 6 200 salariés ont perdu leur emploi en 2020.

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Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée, annonce une formation en management pour les députés

Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale et députée de la majorité, lors des journées parlementaires du parti Renaissance, à Louan-Villegruis-Fontaine, le 6 septembre 2022

La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet annonce, dans Le Parisien, lundi 26 septembre, le lancement d’une formation en management pour les parlementaires dans le but de mieux appréhender la relation avec leurs collaborateurs.

Interrogée par des lecteurs sur l’efficacité de la cellule d’écoute anti-harcèlement mise en place à l’Assemblée, Mme Braun-Pivet admet qu’« un député peut avoir parfois des exigences vis-à-vis de ses collaborateurs qui vont au-delà de ce qui est raisonnable ». Pour elle, « les parlementaires n’ont pas forcément l’habitude de gérer une équipe de collaborateurs, ils n’anticipent pas forcément que leur mission est aussi soumise à beaucoup de tensions politiques, psychologiques, avec des horaires de travail parfois compliqués ».

Cette formation sera complétée par l’aide d’un coach, que le député pourra librement solliciter s’il juge avoir besoin de conseils dans son management, précise la présidente de l’Assemblée.

« Responsabilité personnelle »

Concernant les accusations de violences physiques et psychologiques qui visent respectivement Adrien Quatennens et Julien Bayou, – deux députés de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) –, Mme Braun-Pivet en appelle à la responsabilité personnelle.

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« C’est aux députés concernés de juger s’ils peuvent exercer leur mandat et représenter dignement les citoyens », dit-elle, tout en ajoutant que « les groupes politiques peuvent aussi décider s’ils n’acceptent pas en leur sein un député accusé de tels comportements ».

Reconnaissant avoir « giflé » son épouse, Adrien Quatennens a abandonné sa fonction de coordinateur de La France insoumise, mais reste pour l’instant député du Nord. De son côté, Julien Bayou, accusé de harcèlement moral par une ex-compagne, a été mis en retrait de la coprésidence du groupe écologiste à l’Assemblée, mais siège toujours en tant que député de Paris.

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Le Monde