Dans l’Aveyron, mobilisation pour sauver la fonderie automobile SAM

Des employés de la SAM, lors d’une manifestation, à Decazeville, dans l’Aveyron, le 10 mars 2021.

Dans l’ancien bassin houiller de Decazeville, dans l’Aveyron, sur le site de Viviez, la SAM, qui produit des pièces sous pression en aluminium pour l’automobile, a cessé la production depuis le 14 avril, et les salariés ne reprendront pas le travail, « sans aucune piste concrète ». Mardi 21 avril, près de 2 000 personnes, dont des élus locaux de tous bords politiques, étaient rassemblées en fin d’après midi sur le site pour maintenir la pression sur l’Etat et le groupe Renault – son principal donneur d’ordre.

Le site est placé en redressement judiciaire depuis décembre 2019, et le groupe espagnol CIE Automotive s’est positionné, le 8 mars, pour reprendre 150 emplois sur les 357 salariés actuels, sur une base de 30 millions d’euros de chiffres d’affaires octroyés par an par Renault. Depuis, les fortes mobilisations en février et en mars ainsi que les tables rondes successives ont permis à ce que Renault assure 10 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires et soutienne aussi l’activité d’assemblage de petites pièces dont CIE voulait se séparer, permettant de reprendre 50 employés en plus.

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Mais salariés et syndicats jugent la position du groupe espagnol bancale et soulignent le manque de transparence : « C’est 150 emplois, sinon rien. Ils ne souhaitent pas non plus accepter de subventions de la région ou de l’Etat. Ils ne disent pas combien ils vont investir, sur quelle durée, ils disent que cela ne nous regarde pas, qu’il faut accepter et qu’après, on verra », regrette Sébastien Lallier, secrétaire du comité social et économique (CSE) et représentant des salariés au tribunal de commerce.

« Les investissements promis ne sont jamais arrivés »

L’Etat était pourtant prêt à accorder une enveloppe de 800 000 euros dans le cadre du plan de relance, et la région Occitanie, plusieurs centaines de milliers d’euros.

Le blocage est tel que CIE Automotive a retiré son offre le 8 avril, tout en laissant la porte ouverte si les salariés acceptaient leur position.

Mais, pour ces derniers, impossible de céder. Il faut dire qu’ils ont déjà connu des projets de reprise et leurs lots d’incertitudes. En décembre 2017, le groupe chinois Jingjiang rachète SAM, avant, finalement, de jeter l’éponge deux ans plus tard.  « Les investissements promis ne sont jamais arrivés. Beaucoup disent ici que c’était calculé. Ils ont racheté les bâtiments pour 1 million d’euros, puis sont repartis en demandant 4 millions. On avait trente machines, il n’y en a plus que quinze, ils ont tout revendu, alors qu’ils auraient pu les entretenir », raconte, amer, Sébastien Segond, salarié depuis trente ans.

« On a acté entre nous le sacrifice de 107 familles »

« Un grand groupe chinois n’a pas investi dans la SAM, alors qu’il en avait les moyens financiers. Nous sommes donc frileux quand on voit un groupe espagnol qui vient avec de telles annonces, cela nous laisse craindre le pire », confie David Gistau, secrétaire départemental de la CGT. Les salariés souhaiteraient surtout qu’on leur offre des pistes de diversification : « On peut aussi fabriquer des pièces pour l’aéronautique, le médical, des bouchons de parfum, il y a une multitude de possibilités en fonderie. »

Dans un discours, Ghislaine Gistau, secrétaire du syndicat CGT et déléguée syndicale, ne cache pas non plus son amertume : « Nous avons décidé en assemblée générale que 250 salariés devaient être repris. On a acté entre nous le sacrifice de 107 familles qui se retrouveraient sans travail. On n’ira pas en dessous », a-t-elle fustigé, applaudie par la foule.

Si la mobilisation reste encore forte dans cette ancienne cité minière de 5 000 âmes, qui, en quarante ans, a perdu les deux tiers de ses habitants, c’est que les restructurations se succèdent. A 40 kilomètres de là, l’usine Bosch de Rodez a annoncé, début mars, la suppression de 700 emplois. Jean-Christophe, originaire de la région, a fait le trajet depuis le Pays basque : « Ma mère a travaillé ici, ma sœur, mes amis d’enfance, c’est important de se soutenir. »

Aurore Cros

Le Monde

« C’est un carnage ces offres de reprise » : l’avenir des 1 500 salariés d’Office Depot France repoussé au 25 mai

Une enseigne Office Depot à Parthenay, en Nouvelle Aquitaine, le 25 aoüt 2020.

Ils sont venus de la région parisienne, de Strasbourg, du Loiret ou du Pas-de-Calais et sont repartis sans réponse. Une centaine de salariés d’Office Depot, spécialiste américain de la fourniture de bureau, ont fait le déplacement mardi 20 avril devant le tribunal de commerce de Lille Métropole, à Tourcoing, pour connaître le nom du repreneur de leur entreprise placée en redressement judiciaire le 5 février dernier.

Après plusieurs heures d’attente, ils ont eu la confirmation de la décision d’un renvoi au 25 mai, après une audience d’étape prévue le 11 mai pour lever les conditions suspensives avec l’actionnaire. « C’est une bonne nouvelle, car ça va nous laisser plus de temps pour améliorer les offres », a confié Sébastien Fournier, secrétaire du CSEC (comité social et économique central) et délégué UNSA, à la sortie du tribunal. Autre annonce : la vente, lundi, du siège de l’entreprise, à Senlis, dans l’Oise, qui va permettre à la trésorerie de tenir jusqu’à fin mai.

Avec 60 magasins, 22 plates-formes, un site administratif à Villepinte (Seine-Saint-Denis) et trois entrepôts à Senlis, Meung-sur-Loire (Loiret) et Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône), l’enseigne Office Depot a attiré 13 repreneurs parmi lesquels Fiducial, Monoprix, Rougier & Plé, Lidl ou Bureau Vallée. Mais aucune des offres annoncées n’a convaincu l’administrateur judiciaire et les représentants du personnel.

« Faire monter les offres »

L’une d’elles a toutefois suscité de nombreux commentaires de la part des salariés, celle de Guillaume de Feydeau. Le président actuel d’Office Depot France a proposé de conserver 875 salariés sur 1 500, loin devant les autres offres qui proposent le maintien de 5 à 380 salariés au maximum, mais cela reste insuffisant pour les syndicats.

« C’est un carnage ces offres de reprise, a lancé Sébastien Fournier à ses collègues, juste avant l’audience. On a rencontré quatre repreneurs potentiels, il faut désormais faire monter les offres. On ne soutient pas Guillaume de Feydeau, on soutient le mieux-disant, donc si quelqu’un demain propose mieux en gardant l’entité comme elle est, on le soutiendra. »

L’homme d’affaires Guillaume de Feydeau a été nommé manageur de transition par le fonds d’investissement allemand Aurelius en mars 2019. Ancien directeur général de la compagnie maritime SNCM, où il a piloté une restructuration opérationnelle et financière, il a ensuite mené un plan de redressement opérationnel et financier du groupe de chaussures JB Martin avant de rejoindre la société de gestion d’actifs spécialisée dans les marchés de crédit et de financement Chenavari Investment Managers.

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En Amérique du Nord, les cols bleus face à la révolution du véhicule électrique

« Je suis excitée », s’exclame Karen Weldon, 58 ans, dont l’usine sera bientôt convertie au montage de véhicules électriques. La responsable de la santé et de la sécurité du site de General Motors d’Ingersoll en Ontario, au Canada a récemment passé quelques jours de formation dans le Michigan, pour comprendre comment allait être assemblée la fourgonnette électrique EV600, qui succédera au modèle Equinox. « C’est incroyable, s’enthousiasme-t-elle. Le véhicule fait plus de 7 mètres de long et le bloc-batterie est énorme. Pour travailler dessus, il faudra utiliser des leviers et accéder par le haut, nous qui avions l’habitude de nous glisser sous les voitures. »

Le pilote d’assemblage Jeff Roberts, qui, à 48 ans, fait lui aussi partie des vingt salariés sélectionnés pour aller se former aux Etats-Unis, anticipe de grands changements. « Il faudra apprendre la haute tension et revoir l’ergonomie des postes de travail, détaille-t-il. Je suis un peu inquiet mais j’ai confiance. Nous allons faire cette révolution, plutôt que de lui courir après. » La mutation de l’automobile vers l’électrique transforme l’organisation du travail et les besoins en compétences.

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Les syndicats essaient d’y préparer les salariés. Jeff Roberts, qui a vingt-sept ans d’usine derrière lui, se veut prudemment optimiste. Ça n’a pas toujours été le cas. « Lorsqu’en août 2020, nous avons entamé des négociations collectives, nous avons compris qu’aucun investissement dans les voitures électriques n’était prévu au Canada, se souvient Dino Chiodo, directeur auto du syndicat Unifor. Beaucoup d’usines allaient fermer et le Covid accélérait le mouvement. C’est pourquoi nous avons consciemment décidé de nous inscrire dès le début dans la stratégie électrique. »

« Besoins différents en personnels »

Les syndicalistes ont dorénavant un rendez-vous technologique trimestriel avec les constructeurs, General Motors, Ford et Stellantis. Ils visent ainsi la préservation d’un maximum d’emplois « décents » pour leurs 44 000 adhérents chez les constructeurs et les équipementiers canadiens.

La tâche n’est pas aisée. Les experts de l’industrie ont tous noté l’intérêt croissant des grandes marques pour ce qu’on appelle les EV (Electric Vehicles). General Motors s’est récemment fixé pour objectif de passer au tout-électrique d’ici à 2035. A la même époque, la Californie a promis de bannir les nouveaux véhicules à essence. Et le président américain Joe Biden a évoqué la construction de 500 000 stations de recharge.

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Et pour quelques vélos de fonction de plus

Carnet de bureau. « J’avais remplacé le métro par le vélo pendant la grève des transports de 2019. Eviter la foule pendant le Covid a été une raison de plus pour adopter le vélo de fonction, pour 20 euros par mois. Qu’il pleuve, qu’il vente, malgré les remarques parfois inquiètes de mon entourage, chaque matin, je passe la porte avec mon vélo et le gare au fond de la cour, juste à l’entrée du bureau », témoigne Selma Khaled, 25 ans, salariée d’une petite entreprise au cœur de Paris.

Si tout le monde n’est pas fan de bicyclette, les « bobos » n’en ont plus le monopole. La petite reine répond aux besoins d’une population croissante en zone urbaine. Avec une distance médiane du trajet domicile-travail de 5,2 kilomètres dans les principales agglomérations françaises, il a séduit une première échappée de salariés.

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Le vélo de fonction vient ainsi de franchir sa première étape, confirmée le 13 avril lors de la publication des résultats du baromètre forfait mobilités durables, lancé en février par le gouvernement pour évaluer l’implication des employeurs sur ce dispositif. Un peu plus de 1 000 entreprises dont L’Oréal, Michelin, Norauto, Atos, LCL et Arte, ont participé à l’état des lieux réalisé par le ministère de la transition écologique, celui du transport et l’Agence de la transition écologique (Ademe). Même si le forfait mobilités durables (FMD) n’est pas la priorité des DRH, 20 % des entreprises interrogées l’ont mis en place. Pour neuf entreprises sur dix, le recours à ce dispositif profite au vélo.

« Remplacé tous les trois ans »

Entré en vigueur le 11 mai 2020 à l’occasion du premier déconfinement, le forfait mobilités durables est accessible à tous les salariés – CDI, CDD, intérimaires, temps partiels, apprentis, stagiaires. Il permet la prise en charge de tout ou partie des frais de mobilité par l’employeur, qu’il choisisse d’acquérir une flotte de vélos mis à disposition des salariés ou de cofinancer la location d’un vélo individuel, exonéré dans la limite de 500 euros par salarié et par an à partir de 2021. Un avantage financier qui, cumulé aux frais de l’équipement de télétravail déductibles des revenus jusqu’à 550 euros, peut faire économiser plus de 1 000 euros par an au salarié.

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De nombreux prestataires de flottes de vélos mécaniques et électriques ont rapidement pris le bon wagon en investissant ce nouveau marché : Starbolt, Tim Sports, 2R Aventure, Bee.Cycle, Azfalte, ID Movnig, etc.. « J’étais en contact avec Tim Sports avant le confinement pour introduire l’activité sportive dans l’entreprise, raconte Jérôme Malaize, le directeur de la technologie de la société de doublage Dubbing Brothers. Le Covid nous a donné l’opportunité d’éviter aux salariés de prendre les transports en commun jusqu’à la Plaine-Saint-Denis. On prend en charge 70 % du coût du vélo qui est révisé tous les six mois et remplacé tous les trois ans. C’est un véritable avantage et ça permet d’avoir des salariés qui arrivent à l’heure. Tous nos salariés qui sont à moins de 15 kilomètres ont été intéressés ».

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Une France (qui reste) ouvrière

Chronique. Au-delà des stigmates de la crise sanitaire, la « photographie du marché du travail en 2020 », publiée récemment par l’Insee, a été très commentée pour ce qui représente pour certains un cap historique. « Pour la première fois, la part des cadres [et professions libérales] dans l’emploi total dépasse celle des ouvriers : elle atteint 20,4 %, contre 19,2 % pour les ouvriers. Au début des années 1980, les ouvriers étaient près de quatre fois plus nombreux que les cadres. » Ce constat est toutefois trompeur.

D’une part, les cadres ne sont pas la catégorie dominante, ni chez les femmes, ni chez les hommes. La définition des catégories « ouvriers et employés » obéit, en partie, à une division sexuée des activités économiques, parfois cocasse. Ainsi, une conductrice de taxi salariée est classée comme ouvrière car c’est un métier masculin ; en revanche, un conducteur d’un taxi-ambulance est un employé car lié à la santé, une activité « par essence » féminine. Résultat : les femmes sont ultra-majoritaires parmi les employés et 80 % des ouvriers sont des hommes. Les employées pèsent près de la moitié de l’emploi féminin, alors qu’une femme sur six, soit un peu plus de 17 %, est cadre. Du côté masculin, les ouvriers sont toujours les plus nombreux, près de 30 %, contre 23 % pour les cadres.

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On pourrait rétorquer que ce n’est qu’une question de temps puisque le différentiel entre ouvriers et cadres masculins était de trente points il y a quarante ans. La poursuite des tendances n’est cependant pas si évidente. Du côté de l’offre de travail, la stagnation du niveau d’éducation des entrants depuis plusieurs années risque de se muer en dégradation avec la crise éducative née il y a un an. Du côté de la demande, le développement de l’économie des plates-formes s’accompagne d’une forte croissance d’activités comme celle de livreur ou coursier à vélo.

Contrôle permanent

Un livreur de repas à domicile, par exemple, s’il est salarié, est considéré comme ouvrier. Mais la plupart de ces nouveaux livreurs ont aujourd’hui le statut d’autoentrepreneur et sont donc classés comme artisans. Le basculement vers un modèle de salariat, volontaire ou forcé par l’évolution du droit reconnaissant le caractère fictif de l’indépendance, donnerait une photographie plus réaliste de ce pan croissant des ouvriers. Les plans d’infrastructure et de transition énergétique nationaux ou européens constituent une mécanique potentiellement plus massive : ils porteront des activités locales intensives en ouvriers (et ouvrières), notamment dans le bâtiment et les industries associées (fenêtres, etc.).

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PSE, plan de départ volontaire, liquidation… Ce que veulent dire les mots des plans sociaux

“A la bonne table”, restaurant qui emploie dix salariés à Clermont-Ferrand.

Le mouvement des « gilets jaunes », fin 2018-début 2019, a particulièrement fragilisé le restaurant de Mattea Jublin, situé dans le centre-ville de Clermont-Ferrand. Chaque samedi, les manifestants défilaient et les clients étaient aux abonnés absents. En grave difficulté financière, la chef d’entreprise a alors cherché à tout prix à éviter la cessation de paiements (lorsqu’une entreprise n’est plus en capacité de payer ses différentes dettes, comme les salaires, les emprunts financiers, les fournisseurs…) et les licenciements.

Elle a pour cela fait, en avril 2019, une demande de procédure de sauvegarde auprès du tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, qui a été acceptée par le juge au vu de la situation. Cette procédure, qui doit durer au maximum six mois (et peut être prolongée jusqu’à dix-huit mois), vise à donner du temps à une entreprise, comme celle de Mmme Jublin, pour qu’elle se réorganise, afin qu’elle maintienne son activité, qu’elle conserve les emplois et qu’elle apure ses dettes. L’ouverture de cette procédure de sauvegarde permet également la suspension automatique des poursuites individuelles contre l’employeur en difficulté et la suspension des échéances des dettes.

Durant cette période, Mmme Jublin a dû effectuer un bilan économique et social de son restaurant en difficulté et un inventaire des biens a également été lancé. Par ailleurs, la restauratrice a remis à l’administrateur judiciaire et au mandataire judiciaireredressement judiciaire ou en liquidation judiciaire.

L’entreprise se porte bien, donc M. Labaigs ne peut pas ouvrir un plan de départs volontaires ou un plan de sauvegarde de l’emploi qui doivent être justifiés par des difficultés économiques. Il choisit alors l’option de la rupture conventionnelle collective (RCC). Ce dispositif ne correspond pas à un licenciement car il ne peut être imposé de force à un employé. Il doit en effet se faire d’un commun accord entre l’employeur et les employés qui y ont recours. 

Pour ouvrir cette RCC, M. Labaigs doit d’abord conclure un accord collectif dit « majoritaire », c’est-à-dire avec des syndicats ayant recueilli au moins 50 % des voix lors des dernières élections professionnelles. Dans cet accord, l’employeur doit mentionner le nombre maximal de départs souhaités, les types d’activités et les postes sur lesquels les départs sont envisagés. Il doit également préciser les conditions que doit remplir un salarié pour avoir recours à cette procédure. Celles-ci doivent être objectives – type de poste occupé, ancienneté dans l’entreprise, service dans lequel l’employé se trouve… -, et non-discriminatoires. Il est par exemple impossible de mentionner l’âge comme critère pour avoir accès au dispositif. 

Pour avoir accès à une RCC, le salarié doit remplir une condition : avoir un projet pour la suite de sa carrière – proposition d’un CDI ou un CDD de longue durée dans une autre société, projet de reconversion, de création d’entreprise, etc… Lorsqu’un employé accepte d’en bénéficier, il signe avec son employeur une rupture conventionnelle individuelle et peut bénéficier d’indemnités plus intéressantes qu’une rupture conventionnelle classique car l’accord signé avec les organisations syndicales comporte en général des dispositions avantageuses afin d’inciter les salariés à partir.

Pour vous, la pause-café en entreprise est indispensable ? Témoignez

Serré ou allongé ? Avec ou sans sucre ? Et vous, vous le prenez comment votre café ? Peu importe la façon dont on la consomme, cette boisson est omniprésente en entreprise. A tel point que la pause-café est pour de nombreuses personnes un moment-clé, voire un véritable rituel social, qui rythme leur journée de travail. C’est votre cas ? Racontez-nous.

Que vous apportent vos pauses-café ? Comment percevez-vous ces moments ? S’agit-il d’un temps d’échange et de discussion entre collègues. Si oui, de quoi parlez-vous ?

Est-ce un réel temps de « pause » dans le travail, un moment où vous vous videz la tête ? Ou bien, au contraire, profitez-vous de ce moment pour aborder des questions de travail de façon plus informelle avec vos collègues ?

Vous arrive-t-il de faire des pauses-café avec vos supérieurs hiérarchiques ?

Vous arrive-t-il de faire une pause-café uniquement pour le lien social et de consommer un café par « réflexe », sans en avoir réellement envie ? Ou bien consommez-vous d’abord cette boisson pour le coup de fouet que la caféine apporte et/ou pour le plaisir gustatif ?

Avec la pandémie de Covid-19 et la généralisation du télétravail, les pauses-café entre collègues vous manquent-elles ? Avez-vous le sentiment d’y avoir perdu en cohésion de groupe ? Avez-vous trouvé des alternatives pour maintenir ce lien entre collègues ?

Votre témoignage, que nous lirons avec attention, pourra être utilisé dans le cadre d’un article à paraître dans Le Monde sur ce sujet. N’oubliez pas de mentionner un numéro de téléphone ainsi qu’une adresse électronique : nous pourrions être amenés à vous contacter pour des précisions. Votre anonymat pourra être préservé si vous en faites la demande.

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Une réforme de l’assurance-chômage chaotique

L’aveu a de quoi laisser songeur. Le gouvernement vient de reconnaître que la réforme de l’assurance-chômage, applicable à partir du 1er juillet, engendre des « effets non voulus », susceptibles de pénaliser plusieurs catégories d’actifs, parmi lesquelles les femmes en congé maternité et les salariés au chômage partiel. « Ce n’était pas du tout l’objectif », a assuré, le 15 avril sur CNews, la ministre du travail, Elisabeth Borne.

Le plus intrigant dans ce mea culpa tient au moment où la ministre du travail dit avoir découvert ces incidences indésirables : c’était « quelques jours » avant la publication du décret du 30 mars sur les nouvelles règles relatives à l’indemnisation des demandeurs d’emploi. Les syndicats de salariés, eux, soutiennent, avec des preuves à l’appui, qu’ils avaient alerté beaucoup plus tôt Mme Borne. Peu importe. Quand l’Etat transforme un dispositif de protection sociale, c’est à lui d’anticiper les impacts. S’il n’y parvient pas, ses contradicteurs ont alors beau jeu d’instruire un procès en incompétence, ce dont Laurent Berger ne s’est pas privé : le numéro un de la CFDT a déclaré que le gouvernement avait « fait n’importe quoi » sur ce dossier.

Douche glacée

Selon toute vraisemblance, ce « couac » va conduire l’exécutif à élaborer un nouveau décret pour amender celui du 30 mars. Un texte de plus, en somme, pour une réforme qui a déjà été beaucoup réécrite et qui n’a plus grand-chose à voir avec les promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Il n’avait pris que deux engagements : ouvrir l’assurance-chômage aux indépendants et aux salariés démissionnaires qui ont un projet professionnel ; combattre la précarité sur le marché du travail à l’aide d’un bonus-malus qui diminue les cotisations des entreprises où les effectifs sont stables et qui, à l’inverse, majore les prélèvements pour les employeurs abusant des contrats courts.

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Mais le pouvoir en place est finalement allé plus loin. Il a voulu contribuer à la résorption de la dette du régime (environ 34 milliards d’euros au début du quinquennat) et répondre aux attentes des patrons, qui se plaignaient de ne pas trouver de main-d’œuvre alors qu’il y avait plus de 3,5 millions d’inscrits à Pôle emploi. C’est ainsi qu’une première version de la réforme a vu le jour avec un décret de juillet 2019. Un texte synonyme de douche glacée pour les personnes privées d’activité : durcissement des conditions pour avoir droit à une indemnisation, dégressivité des prestations pour les demandeurs d’emplois de moins de 57 ans disposant des plus hauts revenus, changement du mode de calcul qui a pour effet de diminuer le montant mensuel de l’allocation versée aux précaires alternant petits boulots et période d’inactivité. Le but était d’inciter les chômeurs à accepter des postes durables.

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Des livreurs à vélo ubérisés reprennent leur destin en main

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Publié aujourd’hui à 00h43

Il y a une vie après Uber Eats ou Deliveroo. On le comprend vite en pénétrant chez Olvo, une coopérative de livraison à vélo cargo créée par d’anciens livreurs des plates-formes numériques. Dans son local animé de 1 000 m2, à Paris, on passe d’un lieu de stockage des commandes à un autre, réfrigéré, avant d’arriver dans les rayons d’une épicerie en ligne. Plus loin, il y a l’atelier de réparation des vélos-cargos, qu’Olvo assemble sur place et vend aussi, et encore d’autres espaces, sous-loués à des entreprises. La coopérative emploie trente-quatre salariés, dont vingt sont sociétaires.

De son bureau, Jeremy s’occupe de la régulation des livreurs, à Paris, le 19 avril.

Parallèlement à l’essor des ventes de la petite reine et de la livraison à domicile, provoqué par la crise sanitaire, des coopératives de cyclo-logistique fleurissent un peu partout. « C’est un modèle encore en construction, dans lequel nous insistons sur la qualité de l’emploi, qui n’existe pas dans les plates-formes numériques » recourant à des microentrepreneurs, souligne Fatima Bellaredj, déléguée générale de la Confédération générale des sociétés coopératives et participatives – les SCOP –, qui accompagne les porteurs de projets. Pour les aider, cette organisation a créé, cette année, CoopVenture, un fonds d’investissement destiné aux coopératives, notamment numériques, doté, pour le moment, de 4,5 millions d’euros.

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Ces projets sont presque tous lancés par d’anciens livreurs « ubérisés », désireux de reprendre, collectivement, la main sur leur travail, de se salarier et de participer à la prise des décisions, selon la règle « un homme, une voix ». « L’objectif est de lutter contre la précarisation du métier, de sauver des livreurs de l’ubérisation », explique Paul Roudaut, ancien livreur chez Take Eat Easy, la plate-forme belge qui a fait faillite en juillet 2016, et cogérant élu d’Olvo avec Leeroyd Levi, le cofondateur, qui est, lui, un ancien du britannique Deliveroo.

D’autoentrepreneur à salarié

Pour le moment, le nombre de ces SCOP reste modeste. Elles sont une douzaine en France. « Une dizaine de porteurs de projets par trimestre viennent frapper aux portes des unions régionales des SCOP pour être accompagnés, précise Mme Bellaredj. Et une trentaine de structures sont en train de passer du statut d’association à celui de coopérative. Il y a un véritable élan. »

Un livreur ajuste son vélo à côté d’employés en pause, à Paris, le 19 avril.

Pour commencer, certains collectifs créent, en effet, une association de préfiguration, où les livreurs passent progressivement d’autoentrepreneurs à salariés, comme chez Naofood, à Nantes. Née en novembre 2018, elle réunit 12 livreurs de repas de restaurants sélectionnés. « On se prépare au passage en coopérative, explique Guillaume Blanchet, cofondateur de Naofood. Travailler ensemble, se faire confiance, cela s’apprend. » Aujourd’hui, l’association a un salarié et compte en avoir « huit ou neuf en mai ».

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L’indemnisation des chômeurs en fin de droits prolongée jusqu’à fin mai

Alors ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne sort d’un conseil des ministres, à l’Elysée, le 24 juin 2020.

Face au prolongement de la crise sanitaire, les mesures de soutien sont reconduites. Les chômeurs en fin de droits verront leur indemnisation à nouveau prolongée jusqu’à la fin mai, a annoncé, lundi 19 avril, la ministre du travail, Elisabeth Borne.

« Depuis fin octobre, on prolonge les droits des demandeurs d’emploi qui sont arrivés en fin de droits. Je vous annonce aujourd’hui qu’on va à nouveau prolonger les droits de ces demandeurs d’emploi jusqu’à la fin mai », a déclaré la ministre sur France Inter.

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700 000 demandeurs d’emploi concernés

Cette prolongation concerne les chômeurs arrivés en fin de droits (allocation de retour à l’emploi ou allocation de solidarité spécifique) depuis le 30 octobre. Depuis cette date, « c’est près de 700 000 demandeurs d’emploi » qui ont bénéficié de cette mesure pour un coût « de 2,5 milliards d’euros », a-t-elle ajouté.

Le décret sur la réforme de l’assurance-chômage du 31 mars a en principe déjà acté cette prolongation jusqu’à la fin du mois de juin mais la ministre la confirme oralement de mois en mois au vu de l’évolution de la crise.

Cette prolongation pourra être interrompue le cas échéant fin mai, par arrêté, en cas d’amélioration de la situation. La prolongation exceptionnelle des droits à l’assurance-chômage avait déjà été adoptée pendant le premier confinement, qui avait duré trois mois, du 17 mars au 10 mai.

Les intermittents du spectacle ont eux bénéficié de la prolongation spécifique de leurs droits jusqu’au 31 août 2021.

Lire l’entretien : « Les demandeurs d’emploi concernés vont avoir un lourd sentiment d’injustice »

Le Monde avec AFP