« Les guides-conférenciers réclament des pouvoirs publics reconnaissance et protection »

Tribune. Nous guidons avec passion, accueillons avec respect, transmettons avec sérieux. Nous œuvrons au rayonnement de la culture française auprès de millions de visiteurs venant de France et du monde entier. Nous valorisons le patrimoine culturel et historique français par notre apport humain. Nous parlons toutes les langues. Nous nous adaptons à tous les publics et à tous les besoins d’un marché sensible et fluctuant. Chaque guide est unique, offrant un regard singulier sur le patrimoine. Mais tous partagent le même objectif : enrichir la compréhension entre les cultures, toucher la sensibilité et compléter la culture de chaque visiteur.

Maillon essentiel du secteur du tourisme qui représente entre 7 % et 9 % du produit intérieur brut (PIB), nous sommes assez souples pour nous adapter à un monde en perpétuelle transformation. Presque partout dans le monde, le tourisme de masse s’est installé. Les guides de tous pays s’organisent car ils savent qu’ils sont des acteurs irremplaçables de cette industrie. En France, ils désirent s’inscrire dans un tourisme plus humain, écologique et respectueux des cultures. Les dirigeants de la première destination touristique au monde semblent ne pas l’entendre.

Notre expertise est assurée par une formation méconnue. Savez-vous à quoi ressemble la carte professionnelle de guide-conférencier remise par les ministères de la culture et du tourisme, sanctionnant une solide formation d’histoire et histoire de l’art, attestant notre maîtrise des langues, vous garantissant nos savoirs et représentant l’excellence française en matière de patrimoine ? A un bout de carton.

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Un bout de carton à l’image d’une dévalorisation vertigineuse de notre métier depuis des années, soutenue par l’Etat qui nous demande pourtant de promouvoir le patrimoine français avec l’exigence du meilleur. La profession se sent abandonnée alors qu’elle a accompagné le développement du tourisme au cours des dernières décennies par son élasticité horaire et sa mobilité intellectuelle et territoriale. Chacun d’entre nous a adapté son mode de vie aux besoins d’un marché très spécifique.

Diversité des statuts

Dans cette crise du Covid-19, le président de la République a déclaré qu’il ne laisserait personne sur le bord de la route. C’est raté. Nous sommes les oubliés des 18 milliards d’euros du plan de relance du tourisme. Lors de chaque crise, le tourisme est le premier impacté. Chaque fois, nous nous sommes relevés. Pourtant, nombre d’entre nous ne se relèveront pas de la crise violente entraînée par la pandémie. Aujourd’hui, 45 % des guides prévoient de changer d’activité. La profession ne pourra pas tenir sans aide et reconnaissance de l’Etat.

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