Les fonctionnaires réclament également des revalorisations salariales

Manifestation du personnel de l’hôpital Robert-Debré, à Paris, le 11 juin 2020.

Le 8 septembre, le premier ministre, Jean Castex, a demandé aux entreprises d’augmenter les salaires. Mais l’Etat, lui, donnera-t-il l’exemple ? « Il serait paradoxal que le gouvernement enjoigne au privé d’ouvrir des négociations salariales et que lui s’en exonère… », souligne Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’Union fédérale des syndicats de l’Etat de la CGT.

Or, le 21 septembre, la ministre de la transformation et de la fonction publiques doit précisément lancer des discussions avec les partenaires sociaux sur la question de la rémunération. En l’annonçant, le 6 juillet, Amélie de Montchalin a précisé que cette « conférence sur les perspectives salariales », qui doit se dérouler jusqu’en février, aurait pour objectif de « repenser le système des carrières et des rémunérations », lequel est « à bout de souffle ».

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L’idée est de discuter des « enjeux structurels » et de « formuler collectivement des propositions », mais pas de lancer une négociation salariale. Aujourd’hui, cependant, l’entourage de la ministre ne ferme aucune porte. « Tout est ouvert », assure l’un de ses conseillers. Car « ça va ensemble, justifie-t-il : ce qui ne va plus dans le système est lié au niveau de rémunération. La conférence part d’un constat clair : le système de rémunération et de progression est à bout de souffle. Donc il faut en tirer les conséquences, en ayant une réflexion très opérationnelle pour que le travail paye davantage dans la fonction publique, que la progression soit plus rapide… »

Augmentations catégorielles

La CGT, pourtant, n’attend pas grand-chose de cette conférence. Sans cacher sa « grande circonspection », Jean-Marc Canon mettra la question du niveau des salaires sur la table. « Alors que, depuis des mois, le discours est louangeur vis-à-vis des services publics dans le traitement de la crise sanitaire, s’agace le responsable syndical, en matière de pouvoir d’achat, on est loin du compte. » Après dix années de gel du point d’indice, mis à part le coup de pouce de 1,2 % décidé par François Hollande en 2016, la rémunération des agents publics s’est érodée. Selon l’Insee, de 2009 à 2019, elle a diminué de 0,7 % quand celle du privé a augmenté de 4,8 %.

Les syndicats réclament toujours que le point d’indice soit dégelé. Le gouvernement ne veut pas en entendre parler. Le 6 juillet, Mme de Montchalin avait évoqué « une rupture assumée avec les augmentations générales du point d’indice », mesures « assez inéquitables et très coûteuses ».

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