Les Etats-Unis créent 4,8 millions d’emplois en juin

Visite de Donald Trump dans une usine automobile Ford, à Ypsilanti (Michigan), le 21 mai 2020.

La reprise de l’économie s’est accélérée en juin aux Etats-Unis, le pays ayant créé le mois dernier 4,8 millions d’emplois. C’est mieux que les 2,5 millions de mai, qui avaient provoqué la surprise et qui ont même été révisés à la hausse (2,7 millions). De fait, le taux de chômage est tombé à 11 % en juin, après avoir atteint un plus haut de 14,7 % en avril, selon les chiffres très attendus publiés jeudi 2 juillet par le ministère fédéral du travail. Immédiatement, Donald Trump a convoqué une conférence de presse à la Maison Blanche pour saluer une hausse « historique » tandis que la Bourse américaine a ouvert en hausse de 1,5 % pour cette dernière journée avant le long week-end de l’Independance Day.

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Si ces chiffres attestent d’un fort rebond, supérieur aux attentes, les dégâts causés par le Covid-19 sont loin d’être effacés. L’Amérique est au tiers du parcours : avec 142 millions d’emplois en juin, elle a récréé 8,8 millions de jobs depuis le plus bas touché en avril, mais elle se trouve toujours 15 millions d’emplois en deçà du niveau de février. Le taux de chômage, qui avait atteint les plus bas historiques de la fin des années 1960, a triplé.

Restauration et tourisme

Surtout, l’enquête du ministère du travail a été réalisée mi-juin. Son bon chiffre ne prend pas en compte les emplois sans doute perdus depuis une dizaine de jours, alors que de nombreux Etats frappés par l’épidémie du Covid-19, tels le Texas, la Californie, l’Arizona et la Floride, ont dû refermer leur économie qu’ils avaient trop vite déconfinée. Le nombre de nouveaux cas a dépassé pour la première fois les 50 000 mercredi 1er juillet.

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Comme en mai, l’emploi a été recréé notamment dans la restauration et le tourisme au sens large, qui après avoir perdu la moitié de ses effectifs rouvre progressivement ses portes (2,1 millions d’emplois créés en juin), mais accuse encore un recul de 30 % de ses emplois.

Le rebond est net dans l’industrie manufacturière, qui a récupéré la moitié du terrain perdu (500 000 emplois recréés en juin, soit un recul réduit à 6 % des effectifs). Ce segment est politiquement très important pour l’élection de novembre : les ouvriers firent en 2016 l’élection de Donald Trump dans les Etats dits de la « ceinture de la rouille ». En revanche, le pire est encore à venir pour les compagnies aériennes, qui disent avoir 20 000 salariés de trop.

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Le débat sur les chiffres du chômage est perturbé par les enjeux électoraux, les détracteurs de Donald Trump acceptant mal qu’un bon chiffre macroéconomique puisse être publié tandis que le soutien du Congrès à l’économie, inédit et massif (2 700 milliards de dollars, soit 13 points de PIB), va à l’encontre des préjugés sur le non-interventionnisme américain.

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