JO 2024 : face au manque d’agents de sécurité privée, le ministère de l’intérieur veut faciliter les recrutements

Au Stade de France à Saint-Denis, le 3 juin 2022.

La sécurité sera l’un des gros défis lors des Jeux olympiques en 2024 à Paris. Le fiasco des forces de l’ordre lors de la finale de la Ligue des champions de football au Stade de France le 28 mai est venu jeter le doute sur la capacité des autorités françaises à prendre en charge un événement qui attirera encore plus de public. Surtout, la France doit faire face à un manque criant de main-d’œuvre dans ce secteur alors que la sécurité durant les Jeux olympiques devra être partagée entre forces de l’ordre et sociétés privées.

« Il faut environ 25 000 agents de sécurité privée en plus pour les JO », soit « 20 % du total de la profession, qui compte 130 000 personnes », a expliqué le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, dans un entretien aux Echos, jeudi 22 septembre.

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Pour préparer au mieux cette échéance des JO, M. Darmanin annonce qu’une « direction des entreprises » va être créée au ministère de l’intérieur pour faire notamment « l’interface avec les sociétés de la sécurité privée ».

Il explique que des discussions sont en cours avec le comité d’organisation des JO « pour accroître l’attractivité économique des marchés » à venir pour les sociétés de sécurité privée, « en tenant notamment mieux compte de l’inflation ». « Pour fidéliser les agents de sécurité, il faut que la filière puisse proposer des salaires plus élevés », avance-t-il.

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Le ministre veut également créer un « titre spécifique provisoire », à destination des étudiants notamment. « Nombre d’entre eux veulent travailler pendant l’événement et, moyennant une formation, il n’y a pas de raison qu’ils ne puissent pas devenir agents privés de sécurité », détaille le ministre. « Pour assurer la sécurité d’un stade, certains postes » sont « plus accessibles », assure-t-il, estimant par exemple que « gérer une épreuve de water-polo, ce n’est pas la même chose qu’une finale de la Ligue des champions ».

Gérald Darmanin dit avoir aussi « demandé aux préfectures, en lien avec Pôle emploi, d’appeler les dizaines de milliers de personnes en France qui ont une carte professionnelle mais sont inscrites au chômage pour les motiver à venir retravailler dans le secteur ».

L’Etat va, par ailleurs, financer, pour un coût de 13 millions d’euros, la formation continue « de 64 000 agents » dans les deux ans à venir, alors qu’il leur reste une « marche à gravir » dans la « montée en compétences », assure le ministre, évoquant notamment la nécessité de « parler anglais ».

« Les chantiers sont dans les temps », selon le comité d’organisation

Le calendrier des chantiers des Jeux olympiques de Paris 2024, dont le coup d’envoi officiel sera donné dans 673 jours (le 26 juillet 2024) est tenu. C’est ce qu’a assuré, jeudi 22 septembre, Tony Estanguet, le président du comité d’organisation des Jeux. « Les chantiers sont dans les temps. C’est le défi capital pour tenir le budget de maintenir les délais de travaux. Et on peut annoncer ce matin que les travaux sont toujours dans les temps », a-t-il déclaré au micro de France Info.

Les principaux chantiers figurent en Seine-Saint-Denis : le village olympique/paralympique, entre Saint-Ouen, Saint-Denis et l’Ile-Saint-Denis, le village des médias, à Dugny, ou encore le centre aquatique olympique à Saint-Denis. Paris a aussi son chantier avec l’Arena porte de la Chapelle.

Nicolas Ferrand, le directeur général de la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) avait déclaré fin juillet que « l’engagement pris auprès de Paris-2024 est de tout livrer le 31 décembre 2023 », sauf l’Arena, qui devrait être livrée avant, et le Centre aquatique, qui sera prêt en avril 2024.

Le Monde avec AFP