Coronavirus : FedEx sommé de protéger les salariés de son centre de tri de Roissy, le plus gros en Europe

Le centre de tri FedEx de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, dans le Val-d’Oise, en août 2018.
Le centre de tri FedEx de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, dans le Val-d’Oise, en août 2018. JOEL SAGET / AFP

Le ton monte entre l’Etat et l’entreprise américaine de transport et de fret FedEx. Vendredi 3 avril, les services du ministère du travail ont mis en demeure la société de « faire cesser [la] situation dangereuse » pour la santé des travailleurs au sein de son centre de tri de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle (CDG), dans le Val-d’Oise, le plus gros site de la société en dehors des Etats-Unis. FedEx devait prendre les mesures nécessaires avant lundi 6 avril, en particulier la fourniture à chaque travailleur de deux combinaisons jetables, quatre paires de gants et quatre masques par vacation pour se prémunir du Covid-19.

Cette sommation intervient alors qu’un intérimaire est décédé du nouveau coronavirus le 24 mars et qu’à plusieurs reprises, des cas suspects ont contraint l’entreprise à évacuer des zones et renvoyer des employés à leur domicile. La CGT évoque un « cluster ». Quelque 2 500 salariés et environ 400 intérimaires ou sous-traitants travaillent chez FedEx Roissy-CDG. Chaque jour, 1 200 tonnes de fret y sont chargées, déchargées, scannées, triées, de l’enveloppe de quelques grammes au moteur d’avion Boeing. Une vraie fourmilière dans laquelle les colis passent de main en main avant d’être distribués dans le monde, par camions ou avions.

Comme ailleurs, l’inquiétude vis-à-vis du Covid-19 a mis du temps à émerger. « Tout a commencé au CSE [comité social et économique] de fin janvier, se souvient Sukru Kurak, le délégué CGT de l’entreprise. On demandait si le virus pouvait se trouver sur des colis en provenance de Chine. » A l’époque, le Covid-19 n’est pas encore considéré comme la nouvelle peste noire. C’est donc l’esprit serein qu’une vingtaine de salariés et leurs familles partent au ski, le 15 février, à l’occasion d’un voyage organisé par le comité d’entreprise dans le Piémont, en Italie. Alors que le pays est devenu en quelques jours un épicentre de la propagation du virus, le retour au travail des vacanciers, le 24 février, suscite des interrogations.

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« Flou »

Lors du CSE du 25 février, le sujet est évoqué. « On était dans le flou, rapporte Halim Faid, agent de tri et élu CGT du CSE, qui a été du voyage en Italie. Quand ça a été mis sur la table, moi je me sentais bien, je ne connaissais pas les périodes d’incubation. Même pour la médecine du travail, c’était quelque chose de nouveau. La direction n’avait pas les réponses à nos questions. Ils ont dit qu’ils allaient revenir vers nous. »