Start-up : un secteur qui crée de plus en plus d’emploi

« Quand les start-up grandissent, elles font de la recherche, elles se développent et donc elles créent des emplois. C’est ça, le but ultime, c’est pour cela que l’on veut des licornes, pour l’emploi ! », s’enthousiasme Pascal Cagni, président de Business France. A elles seules, les 120 jeunes pousses des indices Next 40 et FT 120 ont créé 10 000 emplois nets en 2020 et elles prévoient d’en créer au moins autant en 2021. Et pas n’importe quels emplois !

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« Le numérique est une économie de l’immatériel dont la principale valeur est l’humain. Chaque levée de fonds se traduit en création d’emplois, qui sont à 90 % des CDI. D’ailleurs, en 2021, un CDI sur dix signés en France le sera dans une start-up », estime Nicolas Brien, directeur général de France Digitale. Les start-up ne sont plus ces petites sociétés que l’on regardait avec curiosité. Elles sont devenues des acteurs à part entière du secteur du numérique. Selon Syntec Numérique, le secteur emploie 530 000 personnes en France, dont 80 % de cadres et 93 % de CDI.

Boosté par le travail à distance

La crise économique due à la pandémie de Covid-19 n’a pas systématiquement nui aux start-up. Au contraire, elle accélère la transformation numérique des entreprises de tous les secteurs et a poussé au télétravail des centaines de milliers d’employés et de cadres qui s’adonnent à la visioconférence, au travail collaboratif à distance et au partage de documents dématérialisés. Ils ont besoin pour cela des outils et des services développés précisément par certaines start-up.

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La jeune pousse rennaise Klaxoon, qui figure pour la deuxième année dans l’indice Next 40 de la French Tech, en sait quelque chose. Ses solutions logicielles de travail en équipe et de visio-collaboration sont très demandées, à tel point qu’elle prévoit de recruter 100 personnes en 2021 pour épauler son effectif actuel de 260 salariés, et de multiplier par 10 le nombre d’alternants dans ses rangs.

Avec le Covid-19, déjeuner devant son ordi redevient légal

De nombreux salariés l’ignorent, mais prendre son repas à son bureau est illégal. Même si, depuis des mois que les restaurants sont fermés, il n’est pas rare de voir dans les open spaces quelques collaborateurs ouvrir un bento ou une « lunchbox » devant leur ordinateur à l’heure du repas, l’article R4228-19 du code du travail est formel : « Il est interdit de laisser les travailleurs prendre leur repas dans les locaux affectés au travail. » Le décret 2021-156 publié ce dimanche 14 février au Journal officiel vient de changer la donne « temporairement », à l’initiative de la ministre du travail, Elisabeth Borne, pour la période de l’état d’urgence sanitaire augmentée de six mois.

« L’augmentation des règles de distanciation de 1 à 2 mètres entre deux personnes ne portant pas de masque posait un problème pour la restauration d’entreprise, qui nécessitait un assouplissement du code du travail », explique la Direction générale du travail (DGT). Avec cette nouvelle contrainte de distanciation, les « cantines » doivent donc accueillir deux fois moins de personnes pour respecter les conditions de sécurité sanitaire.

Taux de bactéries

Ce sont des impératifs d’hygiène qui avaient conduit l’exécutif à légiférer. C’est le nouveau protocole de sécurité sanitaire en entreprise qui a décidé le ministère du travail à faire ce changement. « Le décret de 2008 répondait à un problème de mauvaises conditions sanitaires. Des enquêtes avaient révélé que le taux de bactéries sur certains espaces de travail était supérieur à celui qu’on enregistrait dans les toilettes. Même si ce ne sont pas les mêmes bactéries et que la fréquence d’entretien n’est pas la même, rappelle Régis Bac, responsable du service relations et conditions de travail de la DGT. C’était aussi le pendant logique à l’obligation faite aux employeurs de mettre en place des espaces de restauration en entreprise. »

Avant le décret de 2008, l’interdiction de manger à son poste figurait d’ailleurs déjà dans de nombreux règlements intérieurs d’entreprise, pour limiter la fréquence de nettoyage des bureaux. Mais le Covid s’est chargé de renforcer les mesures d’entretien des bureaux. « Les protocoles dans les espaces de travail sont aujourd’hui beaucoup plus rigoureux et garantissent le nettoyage avec des produits virucides », précise M. Bac. Avec moins de place accessible au restaurant d’entreprise et des bureaux nettoyés plus souvent, les salariés vont désormais pouvoir bruncher devant leur ordinateur en toute légalité.

« On croyait faire partie de cette famille » : dans la Somme, les « petites mains » d’Airbus sont les premières victimes de la crise de l’aéronautique

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Publié hier à 13h00, mis à jour à 08h54

Ce sont des fratries, des couples, des pères et des fils, des copains. Des gosses du coin qui ont grandi avec la croyance que « l’aéro » leur offrirait toujours du boulot à deux pas de chez eux, et la confiance des banques pour leurs crédits.

Lorsqu’il a obtenu son diplôme d’ajusteur-monteur en cellule d’aéronefs au lycée Henry-Potez de Stelia Aerospace, à Albert-Méaulte (Somme), puis signé son contrat à durée indéterminée (CDI) chez le sous-traitant Assistance aéronautique et aérospatiale (AAA), Jordan*, 33 ans, en a « pleuré de joie ». Lui qui avait lâché l’école à 14 ans et triait des endives à l’usine allait avoir droit à « une vraie carrière ». Entré compagnon (ouvrier), il était passé contrôleur puis surveillant qualité – « col blanc », il insiste.

Comme 567 salariés du sous-traitant AAA en France – un tiers des effectifs –, Jordan, surveillant qualité de 33 ans, vient d’être licencié.

« Un pied dans l’aéro, c’était l’avenir tout tracé », se souvient Mickaël Bayle, 35 ans, heureux lui aussi lorsqu’il avait décroché son premier emploi chez Simra (groupe Segula technologies), un autre sous-traitant d’Airbus, avec son seul BEP de tourneur-fraiseur :

« Ils embauchaient les intérimaires dix par dix. Tu commençais direct. »

Ouvrière qualiticienne chez AAA, Tiphanie*, 29 ans, avait suivi le mouvement de ses frères et de Teddy*, son conjoint : « Quand t’as pas fait de grandes études, c’est là que ça recrute et que ça paye le mieux. Et c’est plus valorisant de fabriquer des avions que des brouettes. »

Une fierté que d’appartenir à ce fleuron, dans ce coin de l’est de la Somme bordé par les champs de betteraves, où la filière fait travailler des générations depuis un siècle. C’est ici que l’on détient l’exclusivité de la fabrication des pointes avant d’Airbus. Une quarantaine de sous-traitants gravitent autour d’un seul donneur d’ordres : Stelia Aerospace, filiale du géant.

« On croyait faire partie de cette famille… D’un coup, on vient te rappeler qu’en tant que petit sous-traitant t’es qu’un joker, une roue de secours », lâche Jordan. Sur la toile cirée de chez ses parents, où il est retourné vivre faute de pouvoir garder sa maison, le trentenaire, mèche gominée, déplie sa lettre de licenciement pour motif économique. Ils sont 128 sur 150 à l’avoir reçue chez AAA. Et des centaines à l’attendre chez d’autres sous-traitants.

En 1924, est fondée à Méaulte la plus importante usine industrielle. La filière détient l’exclusivité de la fabrication des pointes avant d’Airbus.
Le Musée de l’épopée de l’industrie et de l’aéronautique d’Albert, le 10 février. La filière ne s’était pas préparée à une secousse aussi brutale.

« Purge chez les sous-traitants »

Qui aurait pu prédire un tel effondrement après une décennie à plein régime ? Face à la chute brutale des cadences et de son chiffre d’affaires, Stelia a récupéré la charge qu’elle sous-traitait jusqu’alors et remercié ses 130 intérimaires. Les sociétés prestataires ont pris le bouillon. Depuis, les plans sociaux s’enchaînent, en dépit des 20 millions d’euros d’aides de l’Etat versés à la filière. Si Stelia supprime aussi des postes, les licenciements secs ont toutefois pu être évités. « Au prix d’une purge chez les sous-traitants », grincent certains.

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Remplacer Ford par Amazon ? A Blanquefort, la pilule ne passe pas

C’est un peu une parabole de la transformation de nos économies qui se joue en Gironde. Le géant Amazon pourrait-il s’installer près de Bordeaux sur le site de 80 hectares de l’ancienne usine Ford de Blanquefort ? Un site symbolique de la métropole, qui a fermé ses portes le 1er octobre 2019 après de longues années de négociations, entraînant le reclassement de certains de ses 852 salariés. Désormais vidé de ses occupants, la question de l’avenir du terrain se pose. Parmi les dossiers à l’étude par le constructeur américain, celui d’Amazon, vivement intéressé à l’idée de s’implanter dans le Sud-Ouest, zone où ses plates-formes logistiques ne sont pas présentes aujourd’hui.

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« Amazon est venu me rencontrer, m’a montré une carte sur laquelle il y a un grand désert entre Nantes et Toulouse », explique Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole, au Monde. Une zone où l’entreprise américaine aimerait installer l’une de ses plates-formes de logistique. « Ce que je comprends », ajoute l’élu. Amazon se borne à indiquer être « bien desservi sur un axe nord-sud mais il y a des zones où les capacités sont encore limitées à l’ouest et à l’est. » Le géant américain ajoute que ce type d’implantation permettrait d’augmenter la flexibilité de ses réseaux et d’optimiser les flux et processus de distribution.

S’il salue la démarche de l’entreprise de s’être présentée à lui, M. Anziani refuse catégoriquement son implantation à cet endroit. « Il y a une discussion qui se poursuit – elle avait débuté bien avant mon arrivée [en juillet 2020] – pour trouver une solution industrielle qui remplace une solution industrielle », explique le président de Bordeaux Métropole.

L’édile se défend d’avoir « une posture idéologique envers Amazon », il appuie la démarche engagée par la mandature précédente, de discussions entre Bordeaux Métropole et le constructeur américain, et plaide en faveur d’une solution rapide. Mais il rappelle que la métropole fera appel à son droit de préemption en cas de besoin. Du côté de Ford, Fabrice Devanlay, directeur des relations publiques du constructeur, se limite à expliquer que le groupe en est « à la phase du démantèlement et de la vente des terrains, différents repreneurs étant possibles ».

« Ford vend à qui il veut, mais la métropole peut aussi faire valoir son droit de préemption », Véronique Ferreira, maire de Blanquefort

Ce refus d’une installation d’Amazon, Alain Anziani n’est pas le seul à le porter. « Ford vend à qui il veut, mais la métropole peut aussi faire valoir son droit de préemption », a ainsi souligné la maire de Blanquefort, Véronique Ferreira lors des vœux à la presse du président de la métropole, en janvier. « En fermant, Ford nous a fait perdre du savoir-faire industriel », a-t-elle affirmé. « Amazon, de son côté, nous propose un très grand bâtiment, avec très peu d’emplois à l’intérieur, peu qualifiés et peu payés, et avec un certain nombre d’allers-retours de camions sur un espace qui n’est pas prêt à les recevoir… Tout cela conforte notre décision prise il y a plusieurs mois, qu’Amazon, à cet endroit-là, ce n’est pas une bonne idée. »

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Clauses de conscience au magazine « Rustica »

Quand tailler ses arbustes, et comment ? A cette question, le magazine Rustica apporte généralement les réponses qu’en attendent les 146 398 acheteurs de l’hebdomadaire (diffusion France payée 2020, en baisse de 4,08 % par rapport à 2019, selon l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias). En cette fin d’hiver, la crainte de ses journalistes est de devoir bientôt vanter, en plus, les mérites du sécateur avec lequel opérer la coupe.

Au moins sept personnes sur les 25 que compte le magazine de jardinage sont sur le départ, auxquelles il faut ajouter les quatre salariés sur sept de Système D, le titre consacré au bricolage édité par la filiale de Rustica SA, PGV Maison. La plupart font valoir leur clause de conscience, ainsi que la direction le leur a suggéré après avoir mesuré l’émoi provoqué par la présentation, fin novembre 2020, des « orientations stratégiques » pour la période 2021-2023. Outre l’urgence de la transformation digitale et la nécessité de préserver la solidité du magazine, le document affirme un désir d’impliquer les équipes dans la monétisation des contenus et un rapprochement avec les annonceurs.

« Des journaux sans journalistes »

« On n’est peut-être pas un journal d’investigation, mais on informe nos lecteurs avec honnêteté », proteste David Fouillé, chef de service chez Rustica. « Des contenus publicitaires, on en produit depuis des années, reconnaît un salarié de Système D. Mais ils ont toujours été absolument distincts de l’activité rédactionnelle. On craint qu’il n’en soit plus de même demain. »

« Dès le départ, il y a eu une incompréhension, plaide Caroline Thomas, la directrice générale, regrettant le « bruit négatif » généré en dehors du groupe par cette crise. « Il n’est absolument pas question d’impacter la qualité éditoriale de nos titres. Quant aux départs, ils seront remplacés. Il y aura des recrutements, avec des missions ou des postes qui seront reformatés ». 

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Une promesse que les équipes traduisent par une volonté de faire « des journaux sans journalistes ». La comparaison avec le groupe Reworld Media (Marie-France, Auto-Moto, etc.) est dans toutes les têtes. D’autant plus que Caroline Thomas y a exercé les fonctions de directrice générale adjointe de pôle. « Si au moins notre mouvement pouvait sensibiliser le ministère de la culture sur ce qui se passe dans la presse, y compris spécialisée », souffle un journaliste. Les conclusions d’une mission de réflexion sur le conditionnement des aides à la presse à la présence de journalistes dans les rédactions, voulue par Roselyne Bachelot, sont justement attendues pour mars.

Bridgestone : direction et syndicats trouvent un compromis sur le plan social

Des employés de Bridgestone manifestent devant l’usine de Béthune (Pas-de-Calais) contre la fermeture annoncée du site, qui emploie 863 personnes, le 27 novembre 2020.

Cinq mois après l’annonce de la fermeture de l’usine de Béthune (Pas-de-Calais) afin de « sauvegarder la compétitivité du groupe », la direction et les sept syndicats de Bridgestone France ont signé, vendredi 12 février en début de soirée, « un accord unanime sur le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) », selon un communiqué. Pour Philippe Burnage, président de Bridgestone France, « c’est l’aboutissement d’un processus de négociation qui a duré quatre mois. Nous sommes parvenus, avec les organisations syndicales, à un accord permettant d’offrir aux salariés un accompagnement personnalisé ».

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Syndicats, direction et personnalités politiques sont désormais tournés vers la réinsertion des employés du fabricant de pneus. A ce titre, le gouvernement a lancé, mi-décembre 2020, la plate-forme « Action pour l’emploi ». Environ 450 offres y sont recensées dans divers secteurs, dont la moitié en CDI. En visite à Béthune, mardi 2 février, la ministre du travail, Elisabeth Borne, a déclaré que la plate-forme accompagnait environ 250 des 863 salariés. Une soixantaine d’entre eux ont déjà retrouvé un CDI.

Une reprise totale de l’usine de Béthune « peu probable »

L’avenir des salariés pourrait aussi passer par un repreneur, que cherche Bridgestone en vertu de la loi Florange de 2014. Mardi 9 février, la direction a annoncé que la reprise totale de l’usine était « peu probable », mais que plusieurs sociétés avaient manifesté leur intérêt pour la création d’un « parc industriel multiactivités », représentant « un potentiel de 335 à 485 emplois ». Une nouvelle réunion est prévue, lundi 15 février, pour évoquer ces différents projets de reprise.

Les offres devront parvenir à l’entreprise avant la tenue du Comité social et économique (CSE) final du 26 février, lorsque le PSE devrait être définitivement validé, avant d’être envoyé à la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi, pour une validation à la mi-mars.

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L’usine fermera définitivement ses portes le 2 mai, si toutefois le processus n’est pas bloqué par la justice. Emmenés par l’avocat Fiodor Rilov, une cinquantaine de salariés ont attaqué leur entreprise devant le tribunal administratif de Lille. Regroupés sous le nom des « Affranchis de Bridgestone », ils tentent de prouver que la rupture de contrat entre Bridgestone France et sa maison mère européenne est abusive. Si la décision prévue le 23 février leur donne raison, l’usine pourrait demeurer ouverte. « Je n’ai pas de rapport avec les Affranchis puisqu’ils ne représentent qu’eux-mêmes, pas les syndicats », lance l’avocat de l’intersyndicale Stéphane Ducrocq, qui pense que ce recours n’aboutira pas.

Pour les « promotions Covid », la crainte de diplômes au rabais

Un étudiant à l’université de Rennes 1. AFP / Damien MEYER

Léa devait partir pour un an au Mexique afin d’y étudier les représentations et les pratiques sanitaires. Mais en raison de la pandémie, l’étudiante en master d’anthropologie à l’université de Bordeaux a dû revoir ses plans. Pas question d’aller rencontrer des médecins sur le terrain. « Comme la plupart de mes camarades, je fais tous mes entretiens depuis mon salon, par Zoom ou WhatsApp », explique-t-elle. Une pratique moins enrichissante personnellement que si elle avait pu mener ces entretiens sur place… Elle craint d’en payer le prix dans les mois à venir pour trouver un stage, accéder au doctorat ou décrocher un poste. « Sans une réelle enquête de terrain à mon actif, ce sera difficile de se distinguer… », souffle-t-elle.

Les résultats exceptionnels obtenus par
les étudiants en 2020 peuvent semer
le doute

Avec la généralisation des cours en visioconférence, l’aménagement des modalités d’examen en raison de la crise sanitaire et la suppression de certains stages, les diplômes de l’enseignement supérieur vont-ils perdre de leur valeur sur le marché du travail ?

Les résultats exceptionnels obtenus par les étudiants en 2020 peuvent semer le doute. A l’université de Pau et des Pays de l’Adour, 68 % des étudiants inscrits en première année des licences scientifiques (maths, sciences de la vie, physique, chimie…) en 2019-2020 ont été admis en deuxième année contre 58 % l’année précédente. Le bond est encore plus fort dans les filières sciences sociales et humanités : 59 % d’admis en deuxième année parmi la dernière promotion contre à peine 42 % un an plus tôt.

Soupçons de fraude aux évaluations

A l’université de Bordeaux, le taux de réussite des inscrits en première année de licence est passé de 47 % en 2019 à 60 % en 2020. Même tendance à l’université de Caen-Normandie, où le taux de passage en deuxième année a bondi de 43 % à 53 %. Pour son président, Lamri Adoui, le succès des étudiants néo-entrants dans l’enseignement supérieur s’explique principalement « par une orientation plus adaptée à leur projet d’études et par la mise en œuvre de modalités d’accueil particulières en faveur des publics identifiés comme fragiles ». Difficile cependant de ne faire aucun lien avec les circonstances particulières de la crise sanitaire, reconnaît-il.

« Nous devrons prouver deux fois plus que nos aînés que nous avons notre place ». Katell, en licence professionnelle métiers du notariat

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Travail au noir dans le privé : jusqu’à 7 milliards d’euros de perte pour la Sécurité sociale

Le « travail au noir » coûte très cher à notre Etat-providence : dans le secteur privé, le préjudice oscillerait entre 5,7 milliards et 7,1 milliards d’euros, selon la dernière estimation diffusée récemment par le Haut Conseil du financement de la protection sociale (HCFIPS). Cette recherche confirme « les évaluations antérieures » qui avaient été rendues publiques durant l’été 2019. Elle offre par ailleurs de nouveaux éclairages, en particulier sur l’impact des fraudes commises par des actifs non salariés.

Le chiffrage avancé par le HCFIPS porte sur le « manque-à-gagner » subi par les Urssaf et par le régime d’assurance-chômage. Il s’agit, en l’occurrence, de cotisations sociales « éludées », c’est-à-dire qui n’ont pas été payées par les employeurs alors qu’elles auraient dû l’être. Les pratiques des patrons qui grugent recouvrent des formes variées : heures de travail non déclarées (voire qui n’ont pas été payées au salarié), omission du signalement d’une embauche…

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Quand de telles infractions sont identifiées, les Urssaf procèdent à des « redressements » : l’entreprise se voit alors sommer de régulariser sa situation en réglant les sommes dues, assorties d’une majoration. La proportion de sociétés rattrapées à la suite d’« irrégularités » ou de « fraudes » peut être significative dans les secteurs ayant « fait l’objet de contrôles spécifiques » : 21,3 % dans les cafés-restaurants et 23,6 % dans le transport routier, selon le HCFIPS. Par comparaison, ces taux sont nettement plus faibles quand les manquements ont été décelés à la suite d’une campagne « générale » de vérifications « aléatoires » (6,2 %).

« Marge d’incertitude »

Pour la première fois, le HCFIPS livre une évaluation des contributions éludées par les travailleurs indépendants : elles seraient de l’ordre de 250 millions d’euros. Un chiffrage à manier avec prudence, puisqu’il « ne couvre pas l’ensemble du manque-à-gagner », précise l’étude : le résultat a été obtenu à partir d’un échantillon de « contrôles partiels sur pièces » qui sont moins poussés que ceux « réalisés sur place ».

S’agissant des micro-entrepreneurs, la perte de recettes serait encore plus importante : environ un milliard d’euros, ce qui équivaut à « un tiers des cotisations déclarées ». Cet ordre de grandeur doit, là encore, être lu avec prudence, car il repose sur une « extrapolation en première analyse », qui sera affinée à la faveur de travaux déjà en cours. Quant à la part des micro-entrepreneurs visés par un redressement après un contrôle, elle s’avère particulièrement haute : 40,4 %. Autant de constats qui plaident pour qu’une « attention » soit accordée « à une plus grande sincérité des déclarations » faites par les indépendants, considère le HCFIPS.

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Le travail à distance nourrit le désengagement

Le contexte Covid n’est pas la seule cause de la morosité ambiante. Le travail à distance installé depuis de longs mois déjà nourrit également le désengagement des salariés. C’est le résultat d’une étude réalisée par l’IFOP pour le cabinet de conseils en transformation des entreprises Julhiet Sterwen et publiée ce vendredi 12 février. L’institut de sondage a interrogé plus de 1 000 salariés dont un tiers de manageurs, du 27 octobre au 9 novembre 2020.

Plus d’un manageur sur deux (57 %) pense que les salariés se désengagent du collectif. Le travail à distance est pointé du doigt, comme la cause de ce désengagement. Ainsi, 55 % des salariés estiment qu’il affecte le sentiment d’appartenance à l’entreprise et que ce niveau de désengagement est croissant. « Nous avons en effet la population des « décrocheurs », dont le désengagement préexistant s’est naturellement renforcé et accéléré face aux obstacles rencontrés (difficultés de coordination, absence de vie collective, effet d’isolement, risques accrus de stress, sentiment de délaissement…). D’autre part, les « surengagés » d’un temps, qui peuvent, sur la durée, souffrir d’une forme d’épuisement, mais aussi de frustrations face à l’absence de reconnaissance de l’effort consenti », commente l’IFOP.

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D’autre part, 19 % des répondants estiment que les liens entre les équipes se sont renforcés. C’est 8 points de plus qu’il y a deux ans. Mais du point de vue des salariés, les entreprises se sont surtout appuyées sur les qualités personnelles des collaborateurs pour affronter la crise : 44 % sur leur capacité d’adaptation, 37 % sur leur engagement et 31 % sur leur autonomie. Les manageurs ont découvert qu’ils pouvaient faire confiance à leurs équipes et les télétravailleurs ont apprécié leur autonomie, tant et si bien qu’ils se détachent de l’entreprise. Ainsi, 53 % des manageurs estiment avoir moins d’impact et d’influence sur leurs collaborateurs.

Pour la poursuite du télétravail

« Les accords de télétravail en cours de (re) négociation au sein des organisations soulèvent donc bon nombre d’interrogations au-delà des seules conditions d’exercice au quotidien, comme le maintien de la performance collaborative quelle que soit la situation de travail », analyse l’IFOP. Le deuxième enseignement de cette étude est le nouveau regard porté sur l’environnement de travail. Si l’open space n’a pas toujours eu bonne presse aux yeux des salariés, notamment à cause du bruit ou du manque de confidentialité, le Covid ne l’a pas rendu plus populaire, cette fois au nom de la sécurité sanitaire. Les salariés ne sont plus que 7 % à envisager leur travail en open space.

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Des aides à domicile en grève dans le Loir-et-Cher : « On est prises pour des riens du tout alors que notre travail est essentiel »

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Publié aujourd’hui à 02h14

« C’est grâce au Covid tout ça, lance Ana, emmitouflée dans sa parka. On a pris conscience qu’on était méprisées et prises pour des riens du tout alors que notre travail est essentiel. » Pendant le confinement, comme tous les aides à domicile de France, elle et ses collègues n’ont jamais cessé de travailler. Manquant de masque et de blouse pour se protéger, mais là pour accompagner au quotidien leurs « papys et mamys » comme elles disent avec tendresse. Pour cela elles ont reçu une prime, certes. Mais elles continuent de gagner une misère.

Ana, responsable CGT à Blois (Loir-et-Cher), le 10 février.

C’est pour mettre ce scandale sur la place publique que dans le Loir-et-Cher, quinze d’entre elles ont entrepris ce qu’aucune autre n’avait osé auparavant : une grève illimitée. Le mouvement entrera lundi 15 février dans sa neuvième semaine. Le piquet de grève est installé ce matin-là devant l’ADMR-41 (Aide à domicile en milieu rural), à Blois, leur employeur, antenne d’une des principales fédérations de structures d’aides à domicile en France.

« On a été exploitées depuis des années ! Aujourd’hui on demande notre dû !, explose Cécile, 42 ans, dans le froid glacial de février. On veut pouvoir vivre de notre métier qu’on adore. Mais comment on fait avec 900 euros par mois ? » Dire cela enfin à haute voix semble déjà la libérer d’un poids. « C’est national, hein, votre journal, vérifie Sylvie, 55 ans, derrière elle. Parce que faut que ça paraisse nationalement, c’est toutes les aides à domicile qui sont concernées ! »

Cécile.

Elles voudraient bien en effet « ouvrir la brèche » pour que d’autres se soulèvent contre le fonctionnement de ce service à la personne, financé par l’argent public, qui produit des travailleurs pauvres. Travailleuses devrait-on dire, car ce métier est principalement exercé par des femmes.

Rémunération, temps partiels non choisis, plannings…

Celles-ci parlent parfois toutes en même temps, comme pour sortir le trop-plein de couleuvres avalé toutes ces années. Il y a d’abord leur rémunération. La plupart sont payées au smic horaire (10,25 euros) ou quelques centimes au dessus, même avec plus de dix ans d’ancienneté. C’est qu’on part de loin : dans la convention collective de la branche des aides à domicile, les dix premières années sont carrément sous le salaire minimum.

Il y a aussi ces temps partiels qu’elles n’ont pas choisis. Seule Christine, 42 ans, est à plein temps. En 2020, Sylvie, Cécile, Lucie, Delphine, Ana, ou Carole ont travaillé entre 21 et 30 heures par semaine. Cela donne de tout petits salaires, parfois moins de 1 000 euros net par mois.

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