Les scénaristes, ces « premières lignes » du cinéma ballottées par la crise due au Covid-19

Devant le cinéma UGC Gobelins, dans le 13e arrondissement de Paris, le 29 décembre 2020.

Six fois nominé aux Golden Globes, le film Mank de David Fincher, diffusé sur Netflix, rappelle opportunément les misères qui perturbaient déjà les scénaristes les plus talentueux d’Hollywood dans les années 1940. Après un grave accident de voiture, Herman Mankiewicz passe deux mois la jambe dans le plâtre, isolé dans un ranch californien − loin de tout alcool, dont on veut le sevrer −, entre une ravissante dactylo et une infirmière faussement acariâtre.

Il écrit jour et nuit le scénario de Citizen Kane pour le jeune et tyrannique réalisateur Orson Wells à qui la RKO a donné carte blanche. Herman Mankiewicz estime avoir écrit une petite merveille et contrairement à leur accord initial, impose à Orson Wells d’avoir son nom au générique. S’en suit une engueulade mémorable. Et l’Oscar du meilleur scénario en 1941 sera finalement attribué à… Orson Wells, qui n’en a pas écrit un seul mot, et à Herman Mankiewicz.

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En ces temps troublés par la pandémie de Covid-19, le sort des scénaristes français devient plus instable que jamais. Depuis plusieurs semaines, ils rendent publiques leurs turpitudes dans « Paroles de scénaristes » sur Facebook. Une litanie de complaintes anonymes amorcée par Sabrina B. Karine, qui a notamment travaillé sur Les Innocentes d’Anne Fontaine en 2016, détaillant par le menu des abus de pouvoirs des producteurs, des injustices, des trahisons, des usurpations, des non-paiements et des oublis au générique…

Un « statut mal reconnu »

« On y voit le symptôme d’une souffrance », explique Agnès de Sacy, scénariste chevronnée qui a cosigné les derniers longs-métrages de Pascal Bonitzer et de Valeria Bruni-Tedeschi. « Notre statut est mal reconnu, autant économiquement que symboliquement », dit-elle. Les pratiques à l’égard de ce petit monde − environ 900 professionnels qui écrivent pour le cinéma, la télévision et les plates-formes − ne sont pas toujours élégantes. Mais la parole se libère, parfois longtemps après les faits.

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Dans la chaîne de fabrication d’un film, les scénaristes interviennent les premiers. Or, en raison de la pandémie, environ 140 longs-métrages français terminés attendent − puisque les cinémas sont fermés − une date de diffusion en salle, parfois reportée en 2022. Cet embouteillage historique a épuisé les finances des distributeurs et des producteurs. Ces derniers hésitent à lancer de nouveaux projets.

La scénariste Vanessa Lépinard note que la pandémie a modifié les attentes des producteurs, enclins à « passer définitivement à la comédie »

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Une plate-forme pour signaler les comportements discriminants mise en ligne par le gouvernement

Il s’agit de la deuxième « brique » de « l’agenda égalité des chances » du chef de l’Etat. C’est ainsi que l’Elysée présente la plate-forme antidiscriminations qui devrait être officiellement lancée par Emmanuel Macron, vendredi 12 février. Après une première série de mesures consacrées à la politique de la ville, le 29 janvier, la promotion de la diversité dans la haute fonction publique et la lutte contre les discriminations veulent à leur tour répondre à la « promesse d’émancipation au cœur du projet du président depuis 2017 », assure-t-on à l’Elysée.

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L’objectif de cette plate-forme Internet et du numéro d’appel unique, le 3928, est de permettre aux victimes de comportements discriminants – qu’ils visent le handicap, le genre, les origines ou le lieu de résidence, qu’ils aient lieu dans le cadre d’une recherche de logement ou d’emploi, du travail ou d’un échange avec les forces de l’ordre – de les signaler plus facilement, de bénéficier d’une véritable écoute, d’une garantie d’un suivi du dossier et d’une « vraie prise en charge ». Six écoutants formés en droit ont déjà été engagés. Quinze juristes spécialisés, dont cinq référents territoriaux, sont en cours de recrutement. Une application Web permettra également aux plaignants de discuter en direct avec eux.

Rattachée à la Défenseure des droits – qui traite déjà 5 000 dossiers chaque année –, Claire Hédon, cette plate-forme avait été annoncée en décembre par Emmanuel Macron, lors d’une interview au média en ligne Brut, dans laquelle il évoquait les violences policières : « C’est vrai qu’aujourd’hui, quand on a une couleur de peau qui n’est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé (…), le seul moyen de bouger, c’est de faire ce qu’on a su faire sur d’autres violences, c’est de mettre en place une plate-forme commune pour que les gens puissent dénoncer de manière très simple, unique et nationale. » La mise à disposition d’un « nouveau dispositif d’accès au droit » devrait ainsi produire un « effet de levier sur le nombre de saisines », espère l’Elysée.

La jeunesse, « son cœur de cible »

Disposant d’un budget de fonctionnement de 3,5 millions d’euros pour l’année 2021, la plate-forme sera également connectée aux plates-formes déjà existantes et vers lesquelles les juristes redirigeront les victimes si nécessaire. Ainsi celles mises en place par l’inspection générale de la police nationale et par l’inspection générale de la gendarmerie nationale, et celle consacrée aux violences sexistes et sexuelles, Arrêtons les violences.

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Touché par le Covid-19, le marché de la bière s’émousse

Logo d’Heineken sur la façade d’un bar d’Amsterdam (Pays-Bas) fermé en raison de la crise liée au Covid-19, le 7 février 2021.

Une période de frugalité. Dolf van den Brink, patron du brasseur néerlandais Heineken, annonçait la couleur à l’automne 2020, suggérant un tour de vis à venir. Le couperet est tombé, mercredi 10 février, lors de la publication des résultats annuels du groupe, connu pour ses marques Heineken, Desperados, Affligem ou Fischer. Il s’apprête à supprimer 8 000 emplois dans le monde, soit près de 10 % de ses effectifs. La France n’est pas épargnée, puisque 85 postes devraient aussi disparaître.

M. van den Brink a repris les rênes du numéro deux mondial de la bière en juin 2020, en pleine crise due au Covid-19. Depuis mars 2020, le brasseur est secoué par les fermetures des bars et restaurants, mais aussi par les suppressions des festivals, l’annulation des événements sportifs et une activité touristique moindre – lieux et moments où la boisson fermentée coule à flots. Au point que ses comptes ont viré au rouge au premier semestre.

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Il n’est pas seul à être pénalisé par la pandémie. Son concurrent, le Danois Carlsberg, propriétaire de Kronenbourg en France, a annoncé, il y a une semaine, un repli de son chiffre d’affaires de 11 % pour son exercice fiscal 2020. Mais son bénéfice net n’a reculé que de 8 %, à 6 milliards de couronnes (environ 807 millions d’euros), quand celui du Néerlandais chutait de 49 %, à 1,154 milliard d’euros, avant la prise en compte des éléments exceptionnels. En tenant compte des dépréciations d’actifs, par exemple la marque Lagunitas, Heineken affiche une perte de 204 millions d’euros. Son chiffre d’affaires décroît, lui, de 11,9 % à taux de change et périmètre constants, pour atteindre 19,79 milliards d’euros.

Heineken est beaucoup plus dépendant des cafés et restaurants, canaux de distribution très lucratifs. Le cas du marché français l’illustre parfaitement. Dans l’Hexagone, il possède une filiale baptisée France Boissons, chargée de distribuer bouteilles et fûts dans la restauration. Elle pèse près de la moitié de son chiffre d’affaires, et plus encore en termes de profit. Globalement, selon Brasseurs de France, 65 % des volumes de bière sont écoulés en grande distribution et 20 % dans les bars et restaurants, le solde irriguant les concerts et autres événements.

Restructurer l’activité

Même si les ventes en grande distribution ont progressé de 8 % à 9 % en 2020, les « apéros zoom » des confinés n’ont pas permis de compenser le reflux de près de la moitié des demis consommés au « zinc ». La rentabilité s’est dégradée. D’autant que, comme le met en exergue Heineken, « la déflation structurelle d’année en année en grande distribution et l’augmentation significative des coûts impactent fortement les marges ».

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Grâce à la crise, la formation professionnelle apparaît plus utile aux salariés

« Pour 88 % des actifs interrogés, la formation est une nécessité pour conserver son employabilité tandis que 49 % envisagent de changer d’emploi. »

« La crise a profondément modifié le regard des actifs sur la formation, avec un regard accru sur son utilité » : telle est la conclusion de Julie Gaillot, directrice du pôle Society chez CSA, l’institut de sondage qui a réalisé la deuxième édition du Baromètre de la formation et de l’emploi pour Centre Inffo publié mercredi 10 février.

Pour cette enquête de l’association sous tutelle du ministère chargé de la formation professionnelle, 1 626 actifs français (en emploi ou chômeurs ayant déjà travaillé) ont été interrogés du 14 au 21 janvier.

Le contexte d’incertitude du marché du travail a érodé la confiance des actifs dans leur avenir professionnel : 68 % des personnes interrogées affirment avoir confiance en leur avenir, contre 75 % début 2020.

Quête de sens

L’instabilité les incite à se former : « On remarque une réelle importance de l’agilité et de l’acquisition de nouvelles compétences », indique Julie Gaillot. Près d’un actif sur deux souhaite suivre une formation dans les douze prochains mois, dont 62 % ont une idée précise de la formation qu’ils souhaitent suivre ; 48 % projettent de se former en 2021, pour pallier l’évolution de leurs métiers.

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Pour 88 % d’entre eux, la formation est une nécessité pour conserver son employabilité tandis que 49 % envisagent de changer d’emploi, et ce chiffre est d’autant plus fort chez les femmes et les jeunes. « Ils ont compris que les métiers changeaient vite, donc ils cherchent à s’enrichir par la formation », souligne Bruno Lucas, le délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle au ministère du travail. Ainsi, 47 % des actifs préparent ou envisagent une reconversion, et un sondé sur cinq en prépare une actuellement.

La crise nourrit également la quête de sens. « La première motivation de reconversion professionnelle est de faire un métier plus proche de ses valeurs », note Julie Gaillot. Les jeunes « n’hésitent pas à changer de métier quand ils ne sont pas satisfaits de ce qu’ils font », renchérit Patrice Guézou, directeur général de Centre Inffo : 86 % des personnes tentées par la reconversion veulent exercer un métier plus proche de leurs valeurs, c’est bien plus que ceux qui souhaitent améliorer leur employabilité et leur rémunération (57 %).

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La responsabilité individuelle introduite en 2015 par le compte personnel de formation (CPF) est désormais bien intégrée : 78 % des personnes interrogées se sentent « responsables » de leur propre parcours de formation continue. « C’était un des enjeux de la loi du 5 septembre 2018 » : Bruno Lucas se félicite que les individus se saisissent de leur parcours professionnel. « On leur a donné les clés, et ils savent que c’est à eux que revient cette responsabilité de se former tout au long de leur vie. Mais il y a un besoin d’être accompagné ! », note Julie Gaillot.

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A bout de souffle, les accompagnants d’élèves en situation de handicap se mobilisent

« Nous sommes les pions invisibles de l’éducation nationale », enrage Elisabeth Garnica, présidente du collectif AESH France. Ecartés de la revalorisation salariale pour les enseignants et personnels annoncée par le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, en novembre 2020, les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) veulent se faire entendre du gouvernement. Après une première journée de manifestation locale organisée à Bobibny, mardi 9 février, à l’initiative du SNES-93, les AESH se mobilisent à nouveau jeudi 11 février à l’appel de la CGT Educ’action, à l’occasion des 16 ans de la loi sur le handicap.

Tous les AESH que Le Monde a interrogés ont le même mot à la bouche : les PIAL. Ces « pôles inclusifs d’accompagnement localisés » constituent un point de crispation majeur depuis leur mise en place en 2019. L’objectif initial, explique la chercheuse en éducation inclusive à l’Institut catholique de Paris, Fabienne Serina-Karsky : apporter un dispositif qui puisse regrouper les professionnels qui travaillent autour de l’école inclusive. Mais dans les faits, la mise en place s’avère compliquée. Selon elle, « l’idée est bonne mais ça complexifie beaucoup les choses d’un point de vue administratif ».

Création massive de postes

Le fonctionnement des PIAL correspond à une stratégie gouvernementale de mutualisation des professionnels qui consiste à répartir les AESH sur les établissements d’un même secteur. Une démarche particulièrement contestée par le personnel : « Nous devons faire preuve d’une forte capacité d’adaptation avec des emplois du temps qui changent du jour au lendemain », explique Perrine Crinquette, AESH dans un lycée de Lomme, dans le Nord.

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Sans cesse transférés d’un établissement à l’autre, les AESH déplorent un accompagnement qui ne peut être individualisé. « Certains AESH doivent parfois jongler entre sept ou huit élèves par semaine, raconte Elisabeth Garnica. C’est l’horreur, les enfants ont besoin de repères. » Cette gestion des AESH a également un impact néfaste sur la scolarisation des enfants. « C’est le monde à l’envers. Nos enfants n’ont pas assez d’heures notifiées auprès d’accompagnants, alors que sur les réseaux sociaux, nous voyons que beaucoup d’AESH sont en recherche d’un poste », remarque Adeline Drapeau, mère d’un enfant reconnu en situation de handicap il y a un an.

Les besoins sont là. Jean-Michel Blanquer a même annoncé, en septembre 2020, la création massive de 4 000 nouveaux postes d’AESH, dans le cadre du projet de loi de finances 2021, qui s’ajouteraient aux 8 000 postes déjà annoncés pour répondre à des besoins croissants de scolarisation des élèves en situation de handicap. Une annonce qui ne satisfait pas les personnels mobilisés : « Déjà faudrait-il faire quelque chose pour les postes existants et précarisés », souligne Sébastien Cazaubon, AESH depuis janvier 2019 dans les Landes et membre de la CGT Educ’action.

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La crise sanitaire a élargi les compétences des directeurs de la sécurité en entreprise

« Les directeurs de la sécurité dans les entreprises ont dû gérer les conséquences d’une pandémie d’une ampleur inédite. »

Habituellement, ils préfèrent œuvrer dans l’ombre. La crise les a mis sur le devant de la scène. En plus d’une hausse rampante de la cybercriminalité et d’un risque terroriste qui reste d’actualité, les directeurs de la sécurité dans les entreprises ont dû gérer les conséquences d’une pandémie d’une ampleur inédite.

Devant la complexification des menaces pesant sur les entreprises et leurs salariés, les responsables sécurité se doivent d’avoir des compétences de plus en plus transverses. Le Club des directeurs de sécurité en entreprise (CDSE) a tenté de présenter un tableau de la filière de la sécurité-sûreté en entreprise, dont la deuxième partie est publiée ce 11 février.

Une filière difficile à appréhender, tant la profession se révèle protéiforme. Selon l’activité de l’entreprise et son organisation, les prérogatives des directeurs de la sécurité peuvent varier du tout au tout. « Sur les plates-formes pétrolières, qui sont souvent dans des pays à haut risque, la sécurité des personnes prédomine. Dans le secteur bancaire, ce sont plutôt les enjeux de cybersécurité. Les OIV [opérateurs d’importance vitale] doivent par exemple s’assurer que les communications avec le SAMU fonctionnent en cas de crise, et faire passer les messages gouvernementaux », témoigne un spécialiste, sous le couvert de l’anonymat. La culture du secret prédomine chez ces professionnels, qui sont peu enclins à discourir sur leur métier.

Assurer la sécurité à l’international

Lors du premier confinement, notre spécialiste anonyme a assisté au branle-bas de combat des responsables sécurité dans sa société. Tandis que les pays fermaient leurs frontières et que l’affolement général gagnait les populations, il a fallu assurer la sécurité des collaborateurs à l’international.

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La question sanitaire relevant habituellement des ressources humaines, les responsables sécurité ont dû œuvrer main dans la main avec les autres services : « On a travaillé avec un médecin rattaché aux ressources humaines pour publier des fiches sanitaires sur le site Intranet et on a pu mettre en lien des salariés avec le centre de crise du ministère des affaires étrangères, qui organisait les rapatriements. »

« La crise a renforcé le côté stratégique de cette fonction », tente de faire valoir Fabienne Louvet, présidente de la commission carrière, emploi et formation du CDSE. D’après l’étude du Club des directeurs de sécurité en entreprise, 45 % de ses membres ont eu la charge de piloter la gestion de crise sanitaire dans leur organisation.

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Amazon prévoit 3 000 embauches en CDI en France en 2021

Ce n’est pas une surprise, le géant américain du commerce en ligne Amazon ne craint pas la crise économique actuelle. Au contraire, l’entreprise poursuit son développement en France et prévoit de recruter 3 000 personnes en contrat à durée indéterminée (CDI) sur l’année 2021, portant ses effectifs totaux à 14 500 salariés en CDI d’ici à la fin de l’année, selon un communiqué diffusé mercredi 10 février.

Ces nouveaux salariés seront « préparateurs de commandes mais aussi ingénieurs, jeunes diplômés, chargés de ressources humaines, informaticiens, spécialistes de la santé et de la sécurité », explique l’entreprise, qui précise que « les recrutements réalisés au sein du réseau logistique d’Amazon s’inscriront dans le cadre d’une convention nationale avec Pôle emploi ».

Au début de novembre, le directeur général d’Amazon France, Frédéric Duval, revendiquait « 9 300 employés directs » en France, auxquels s’ajoutent 2 200 postes en CDI créés en 2020 et 3 000 en 2021, selon une annonce mercredi. D’où un total de 14 500 salariés en CDI à la fin de 2021.

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Une dizaine de nouveaux sites cette année

Les régions où les recrutements seront les plus importants sont, par ordre d’importance, l’Ile-de-France, les Hauts-de-France, le Centre-Val-de-Loire, l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand-Est, précise l’entreprise, qui « réitère son engagement en faveur de la diversité et de l’égalité des chances dans le recrutement, notamment pour contribuer à l’insertion des jeunes des quartiers prioritaires ».

Interrogé par l’Agence France-Presse (AFP) sur ces créations d’emplois, Laurent Degousée, codélégué de la fédération SUD-Commerce, première organisation syndicale chez Amazon, s’est dit « plutôt heureux ». « Chez Amazon, il y a beaucoup trop d’intérimaires, c’est une hérésie, alors que la norme de l’emploi, ça reste le CDI », a-t-il réagi, imaginant « qu’ils vont donner la priorité aux anciens intérimaires ».

Amazon, qui revendique 5,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France en 2019, prévoit en outre l’ouverture d’une dizaine de sites dans le pays en 2021, notamment un projet de centre de distribution – site d’environ 50 000 m2 au sol – « du côté de Metz ». Des implantations de moindre taille sont envisagées à Rivesaltes, près de Perpignan, Briec près de Quimper, ou encore en Normandie.

Lire le reportage : « Ce n’est pas dégradant de bosser pour Amazon » : à Lauwin-Planque, les salariés amers contre les critiques visant le géant américain

Le Monde avec AFP

Le PDG du studio de jeux vidéo Riot Games attaqué pour harcèlement sexuel par une ancienne employée

Sharon O’Donnell, ancienne employée de Riot Games, attaque en justice le studio de jeux vidéo et Nicolas Laurent, son président-directeur général. L’ex-assistante de direction reproche à ce dernier des faits de harcèlement sexuel et de discrimination dans une plainte déposée devant la cour de Los Angeles, le 7 janvier 2021 – le siège de Riot Games se situant dans la ville californienne.

Dans le document, publié sur le site d’information Vice le 9 février, les avocats de la plaignante rapportent des comportements et des remarques sexistes attribués à Nicolas Laurent. L’ancienne employée a détaillé une série de phrases inappropriées que le PDG de Riot Games lui aurait adressées. Par exemple, un commentaire à propos de ses employées qui devraient « gérer le stress de l’épidémie de Covid-19 en faisant des enfants », des allusions aux dimensions « extra-larges » de ses propres sous-vêtements ou l’utilisation du verbe « jouir » (cum, en anglais) à la place du mot « venir » (come) lors d’une invitation à venir travailler à son domicile.

La plainte donne aussi des exemples d’attitudes sexistes que le PDG aurait eu envers son employée. « Ce comportement (…) a créé un climat de travail intimidant et hostile en raison du sexe et du genre » de Sharon O’Donnell, explique le texte. Les faits décrits se seraient déroulés à partir de son embauche, en octobre 2017, jusqu’à son licenciement, en juillet 2020. L’entreprise Riot Games Inc. est également attaquée au motif de « son échec à anticiper et sanctionner le harcèlement et la discrimination » ainsi que pour des défauts de paiement d’heures supplémentaires.

Contactée par Le Monde, Riot Games a réagi dans un communiqué en déclarant « prendre les accusations de harcèlement et de discrimination très au sérieux ». Une enquête interne relative à ces accusations, menée par un organisme extérieur, est en cours. Nicolas Laurent, qui poursuit ses fonctions à la tête du studio, « a assuré sa pleine coopération » à cette procédure, poursuit Riot Games dans son communiqué. Sollicitée par Le Monde, l’entreprise a précisé que Nicolas Laurent ne s’exprimerait pas publiquement sur le sujet pour le moment. Le Français, qui a rejoint l’entreprise en 2009, en avait été promu président-directeur général en 2017.

Une « culture du sexisme » déjà dénoncée

Le géant du jeu en ligne, qui développe notamment League of Legends, Valorant et Teamfight Tactics, s’est déjà vu reprocher une « culture du sexisme » dans une enquête du site spécialisé Kotaku. En 2019, une centaine d’employés avaient aussi manifesté pour dénoncer la gestion des situations de harcèlement par Riot Games.

Dans une tribune publiée en juillet 2020 sur le site Gamesindustry, Nicolas Laurent s’était excusé auprès des salariés qui avaient souffert de comportements sexistes ou de discriminations. Il décrivait également ses efforts pour « changer de culture » au sein de l’entreprise tout en ajoutant que « cela doit être réparé plus largement au sein de l’industrie [du jeu vidéo]. »

« Historiquement, Riot est une entreprise dont les dirigeants ne sont redevables de personne », peut-on lire sur une déclaration publiée le 10 février, après la révélation de la plainte de Sharon O’Donnell, par un compte Twitter qui se présente comme un collectif d’employés du studio.

En réponse, Riot Games a déclaré, dans son communiqué sur cette affaire, que la culture d’entreprise « était l’une de ses premières priorités depuis plusieurs années » et qu’elle se montre soucieuse « de la confiance des Rioters [surnom donné aux employés] dans son action pour la transformer ».

En dépit de la crise, un RSA élargi aux jeunes soulève toujours les réticences

A 18 ans, Lisa Saez, étudiante en première année de licence de biologie à Montpellier, vit encore chez ses parents. Ceux-ci habitant dans un petit village à plusieurs heures de transport de la métropole héraultaise, elle est régulièrement hébergée chez des amis afin d’économiser un loyer.

« Ce n’est pas exactement ce dont je rêvais pour l’année de mes 20 ans », confie-t-elle. Pour garder le moral malgré tout, Manon, qui n’a pas souhaité donner son nom, ne se connecte plus aux réseaux sociaux et marche beaucoup, pour se « vider la tête ». En novembre 2020, quelques mois après la fin de son BTS tourisme, elle devait entamer un CDD dans un hôtel des Alpes. « Mais, avec le Covid19, tout est tombé à l’eau. » A défaut de la mettre au chômage partiel, l’employeur a promis de l’embaucher dès que les stations rouvriront. En attendant, Manon loge chez son grand frère, en région lyonnaise. « Je n’ai pas le choix : comme je n’ai pas travaillé assez et que je ne suis plus étudiante, je n’ai droit à rien. »

Comme elle, des milliers de jeunes sans emploi, sortis du système éducatif avec ou sans diplôme, se retrouvent aujourd’hui en difficulté en raison de la pandémie, avec un accès limité aux aides sociales. « Et pour cause : il n’existe pas, en France, de filet de sécurité universel pour les moins de 25 ans, alors qu’il y en a un au-delà, avec le revenu de solidarité active [RSA] », souligne Guillaume Allègre, de l’Observatoire français des conjonctures économiques.

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Certes, quelques milliers de jeunes peuvent malgré tout accéder au RSA, à des conditions strictes – s’ils ont déjà travaillé durant deux ans ou s’ils sont déjà parents. Certes, encore, ceux qui sont en emploi peuvent toucher les allocations logement et la prime d’activité, et 100 000 jeunes en difficulté bénéficient de la garantie jeunes (497 euros par mois), versée dans le cadre d’un accompagnement vers l’emploi.

« Les divers dispositifs forment un mille-feuille peu efficace »

Mais cela reste peu au regard des 963 000 personnes de 16 à 25 ans ni en études, ni en emploi, ni en formation recensées en France (les « NEET » en anglais, « not in education, employment or training »), et à qui la garantie jeunes est destinée. « Les divers dispositifs français forment un mille-feuille peu efficace, et la crise rappelle avec brutalité que des milliers de jeunes n’y ont pas droit », explique Elise Huillery, professeure à Paris-Dauphine et membre du Comité d’évaluation de la stratégie nationale contre la pauvreté. Elle rappelle que la garantie jeunes ne dure que douze à dix-huit mois, que seul un tiers des étudiants touchent une bourse de 60 à 500 euros par mois, et que le salaire moyen des moins de 25 ans qui travaillent est de 7 500 euros par an. « Ce sont littéralement des travailleurs pauvres. »

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Sur les réseaux sociaux ou au pied des immeubles, repérer et accompagner les jeunes « invisibles »

On les appelle les « invisibles ». Ou les NEET, comme Not in Education, Employment or Training, selon la définition d’Eurostat. Il y a deux ans, en France, on recensait 963 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans qui n’étaient ni en études, ni en emploi, ni en formation. Un chiffre en baisse depuis quelques années – ils étaient 1 025 000 en 2015 – mais la crise sanitaire risque de regonfler ces statistiques d’autant qu’il n’y a pas de profil type au sein de cette jeunesse difficile à identifier. Mais plutôt « des réalités très diverses allant de l’extrême précarité à des situations de transition ponctuelle, voire de vacances », explique Quentin Francou, auteur d’une étude sur les NEET pour l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep).

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Depuis 2015, dans les Hauts-de-France, un appel à projets à été lancé, avec le soutien de fonds européens, pour repérer et accompagner ces jeunes. Comme d’autres structures d’insertion, le centre de formation d’apprentis régional Jean-Bosco a répondu présent. « On a créé un dispositif à partir d’une page blanche, explique Jean-François Desbonnet, directeur de l’établissement basé à Villeneuve-d’Ascq. Le plus dur, c’était de les trouver car, souvent, ils se recroquevillent sur eux-mêmes et le groupe leur fait peur. » En 2020, 217 jeunes sont entrés dans ce dispositif. Parmi eux, 69 ont signé un contrat d’apprentissage, dix un CDD, trois un CDI et une vingtaine ont repris le chemin de l’école ou d’une formation.

Bouche-à-oreille et réseaux sociaux

En plus du bouche-à-oreille, les associations de quartier, les missions locales, les établissements scolaires et les associations sportives aident à repérer ces jeunes. Chez Essteam, un groupement d’associations solidaires, le dispositif financé par les fonds européens et régionaux a permis la création d’un poste d’« animateur de captation ». Sa mission ? Aller dans les quartiers prioritaires, au pied des immeubles, dans les lieux culturels ou même dans les kebabs, pour donner envie aux jeunes de reprendre une activité.

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« Il y a eu une période de creux lors du premier confinement », note Julien Dubois, directeur du développement d’Essteam, basé à Tourcoing. Environ 150 jeunes ont été accompagnés en 2020 contre 192 en 2019. La faute à la crise sanitaire. « Il ne faut pas attendre qu’ils franchissent le pas de la porte, surtout en ce moment. C’est pourquoi on s’est tournés vers les réseaux sociaux pour entrer en contact avec eux. » Une community manager a fait appel à des influenceurs, dont deux rappeurs locaux, pour promouvoir les aides proposées par Essteam sur Snapchat, Instagram et Facebook.

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