Les Jeux olympiques de Paris 2024 pourraient créer jusqu’à 150 000 emplois

Chantier de construction du village olympique, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 8 avril 2021.

A trois ans des Jeux olympiques (JO) de Paris en 2024, la plate-forme d’emplois destinée à rapprocher recruteurs et candidats vient d’être lancée. Ouverte mercredi 29 septembre, elle propose à ce jour environ 12 000 postes, principalement dans les métiers du bâtiment et de la construction. Un chiffre encore modeste, mais un avant-goût du gisement d’emplois que représente, à terme, l’événement sportif : selon les études prospectives, environ 150 000 postes devraient être créés autour des JO.

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Les principaux contributeurs seront, dans l’ordre, l’événementiel (78 300 emplois annoncés), le tourisme (environ 60 000) et le secteur de la construction (11 700 postes sur les chantiers). En ce qui concerne le calendrier, les offres à pourvoir se concentrent pour l’heure sur le bâtiment et la construction, puisque les 62 infrastructures sont en train de sortir de terre. Les métiers liés à l’organisation, à l’événementiel, à la restauration, à la sécurité privée ou au spectacle vivant prendront le relais dans un second temps.

Les retombées des Jeux olympiques et paralympiques sonneront sans doute comme une bouffée d’oxygène pour les secteurs particulièrement touchés par la crise liée au Covid-19 que sont l’événementiel et le tourisme. Mais pour les métiers de la construction, de la restauration ou de la sécurité privée, c’est une autre affaire.

Se pencher sur la rémunération et les horaires de travail

« Il se trouve que les emplois dont nous avons besoin pour les Jeux se situent pour une bonne part dans des filières professionnelles dites aujourd’hui “en tension” », a rappelé Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT et membre du Comité d’organisation des JO, où il est particulièrement chargé de la « charte sociale ». Et de lancer un « appel à ce qu’un certain nombre de choses changent dans certaines branches professionnelles sur le plan social ». Parmi les pistes de solutions proposées par M. Thibault, celle de « se pencher sur les conditions sociales dans lesquelles ces métiers sont exercés », et notamment la rémunération et les horaires de travail.

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De fait, la difficulté à pourvoir à certaines offres n’a pas échappé aux organisateurs des JO 2024. Le Conseil régional d’Ile-de-France propose 11 000 formations par an, destinées aux publics demandeurs d’emplois sur les métiers en tension. Un dispositif assorti de primes de 1 000 euros (2 000 euros pour les personnes en situation de handicap) pour les candidats entrant effectivement en formation.

Le département de la Seine-Saint-Denis, lui, compte notamment s’appuyer sur les réseaux associatifs. L’association Voisin Malin, par exemple, fera du porte-à-porte dans le département pour informer les habitants des possibilités d’emplois et les renseigner sur les processus de recrutement.

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Yolanda Diaz, la ministre communiste du travail, figure montante en Espagne

Yolanda Diaz, ministre du travail espagnole, à Madrid, mardi 28 septembre.

Les mesures de chômage partiel, qui devaient prendre fin jeudi 30 septembre en Espagne, ont été finalement prolongées jusqu’au 31 octobre telles qu’elles existent actuellement, et jusqu’au 28 février, à condition de former les salariés concernés. Ils sont près de 250 000 dans le pays.

La mesure – fruit d’un accord entre le patronat, les syndicats et le gouvernement – a été approuvée in extremis en conseil des ministres, mardi 28 septembre, en même temps qu’une augmentation de 1,7 % du salaire minimum, le portant, dès le mois de septembre, à 965 euros par mois sur quatorze mois. « Il s’agit d’un pas de plus vers une reprise juste », a commenté la ministre du travail et deuxième vice-présidente de l’exécutif, la communiste Yolanda Diaz.

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Pour cette figure montante et électron libre du gouvernement de gauche, c’est une nouvelle victoire à accrocher à son palmarès. Depuis qu’elle a pris ses fonctions, en janvier 2020, cette ministre âgée de 50 ans a fait aboutir onze négociations incluant à la fois patronat et syndicats, se plaît-elle à rappeler régulièrement, tout en insistant sur l’importance d’approfondir le « dialogue social » dans un climat de forte crispation politique.

Charismatique

Parmi ces grands accords figurent l’augmentation du salaire minimum (SMI) de 5,5 % en 2020, annoncée deux semaines à peine après son arrivée à la tête du ministère ; les différents mécanismes de chômage partiel approuvés à la suite de la pandémie de Covid-19 ; mais aussi la loi de télétravail, qui oblige les entreprises à prendre en charge les coûts induits par celui-ci et impose un droit à la déconnexion ; ou la loi « Riders », qui contraint les plates-formes numériques à salarier les livreurs et à offrir plus de transparence sur le fonctionnement des algorithmes et leur incidence sur les conditions de travail. Les leaders syndicaux ne tarissent pas d’éloges sur sa personne. Le patronat reconnaît sa capacité à orchestrer les négociations et sa volonté de trouver des consensus.

La Confédération espagnole des organisations entrepreneuriales (CEOE) n’a quitté la table des discussions qu’à l’occasion de la dernière augmentation du salaire minimum, considérant que le chemin tracé, avec de nouvelles hausses du SMI plus importantes prévues les deux prochaines années, risquait de mettre en danger les petites entreprises. « Une démocratie solide est incompatible avec des salaires bas, a insisté Mme Diaz. Un pays moderne, le pays auquel nous aspirons, est celui où les gens vivent avec dignité grâce à des emplois décents. »

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La surqualification guette une partie des travailleurs selon l’Organisation internationale du travail

«  Dans les pays à revenu élevé, c’est la question de la surqualification qui se pose. Ainsi, 20,7 % des travailleurs y occupent des emplois pour lesquels ils se révèlent surdiplômés. »

Alors que les candidats manquent à l’appel dans les secteurs en tension, une étude publiée par l’Organisation internationale du travail (OIT) apporte un éclairage intéressant sur la question de la surqualification et, plus largement, sur l’adéquation des compétences d’une partie des travailleurs avec le marché du travail local (« La moitié seulement des travailleurs dans le monde occupent un emploi correspondant à leur niveau d’éducation », OIT, 17 septembre 2021).

« Au fil des ans, des efforts considérables ont été investis dans l’amélioration du niveau d’éducation des populations du monde entier, pose en introduction la statisticienne Valentina Stoevska, autrice de l’étude. Cependant, les énormes progrès réalisés dans l’élévation des niveaux d’éducation, en particulier chez les femmes et les filles, ne se sont pas traduits par des améliorations correspondantes des résultats sur le marché du travail ».

S’appuyant sur des données recueillies sur le profil des travailleurs employés dans plus de 130 pays (la France n’en fait pas partie), l’étude conclut que seule la moitié de ces travailleurs environ occupent un emploi correspondant à leur niveau d’éducation. Dans les pays à faible revenu et où l’économie informelle demeure importante, la majorité (69,5 %) des travailleurs se révèlent sous-qualifiés par rapport au poste qu’ils occupent : parce qu’ils n’ont pas toujours les compétences nécessaires, mais aussi parce que l’apprentissage se fait souvent « sur le tas » et que l’acquisition des compétences se voit moins formalisée par un diplôme.

Lire notre décryptage : Logistique, hôtellerie, bâtiment… A travers l’Europe, la grande pénurie de main-d’œuvre

En revanche, dans les pays à revenu élevé, c’est la question de la surqualification qui se pose. Ainsi, 20,7 % des travailleurs y occupent des emplois pour lesquels ils se révèlent surdiplômés. Au Canada, le fossé est massif : plus de 70 % des actifs peuvent se prévaloir d’un haut niveau d’éducation, mais seulement un peu plus de 40 % occupent un poste très qualifié. En Corée du Sud, le pays compte un peu plus de 50 % de travailleurs hautement qualifiés contre 40 % d’emplois correspondants. L’écart est également significatif dans des pays aussi divers que l’Albanie, la Colombie, la Mongolie et le Botswana, sans que l’étude avance d’explications à ce phénomène.

Davantage de femmes surqualifiées

Dans les pays à revenu élevé, le taux de « suréducation » est plus élevé pour les femmes que pour les hommes : « A mesure qu’un pays se développe, de nombreuses femmes bien éduquées se retrouveront dans des emplois inférieurs à leur niveau d’éducation », constate Valentina Stoevska. Selon la statisticienne, une partie de ces femmes recherchent un emploi moins qualifié que ce à quoi elles pourraient prétendre, car celui-ci est davantage compatible avec une vie de famille.

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Election présidentielle 2022 : la hausse des salaires et du pouvoir d’achat au cœur de la campagne

Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise (LFI) et candidat à l’élection présidentielle, à Paris, le 24 septembre 2021.

« Vivre dignement de son travail. » Revendication longtemps portée par les « gilets jaunes », notamment aux prémices du mouvement, à l’automne 2018, cette ambition figure désormais en bonne place des discours et des propositions des candidats à l’élection présidentielle.

La question de la hausse des salaires et du pouvoir d’achat revient en effet dans le débat en cette rentrée marquée par une reprise économique plus forte qu’anticipé, mais aussi par une inflation et des prix de l’énergie (gaz, électricité…) en nette hausse, grevant le budget des ménages.

« La question sociale a été éclipsée depuis deux ans »

Pour de nombreux candidats, il est donc temps que les salariés profitent du retour de la croissance après un an et demi de crise sanitaire qui a mis en lumière les « premiers de corvée », ces métiers indispensables dans la santé, le social ou l’éducation, tout en étant précaires et mal rémunérés. Une volonté affichée également par le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, qui a réclamé, fin août, « une meilleure rémunération pour ceux qui ont les revenus les plus faibles ». « La croissance doit profiter à tout le monde, même les moins qualifiés », a-t-il prévenu à destination des chefs d’entreprise.

Mais si l’objectif est partagé par tous, les solutions divergent chez les postulants à l’Elysée : baisse des charges salariales pour Valérie Pécresse, hausse des salaires, notamment chez les enseignants, pour Anne Hidalgo, ou encore augmentation substantielle du smic pour Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon…

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« La question sociale a été éclipsée du débat depuis deux ans. Ce n’est pas maintenant que les gens ont des difficultés, tient à rappeler Clémence Guetté, coordinatrice du programme de La France insoumise (LFI). On sait que huit millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire, dont beaucoup de femmes et d’enfants, donc, si la question sociale peut être remise au centre du débat, évidemment, nous, on a des propositions. »

Jean-Luc Mélenchon est le candidat qui a le programme le plus détaillé dans ce domaine à ce stade : passage du smic de 1 258 euros net à 1 400 euros, allocation d’autonomie de trois ans pour les 18-25 ans ou encore limitation de l’écart de salaires dans les entreprises dans une fourchette de un à vingt… Il défend également une « loi d’urgence sociale » à adopter dans la foulée de la présidentielle. « Il faut un choc de consommation populaire, poursuit Mme Guetté. Les gens qui ont un petit salaire se privent parfois de repas. Alors, si on les augmente, ils vont consommer davantage et on espère mieux. »

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La réforme de l’assurance-chômage, un symbole politique pour Emmanuel Macron

Emmanuel Macron au palais de l'Elysée, le 24 septembre 2021.

C’est une réforme économique et sociale qu’Emmanuel Macron entend ériger comme un vrai objet politique à un peu plus de six mois de l’élection présidentielle de 2022.

Alors que la mise en œuvre de la réforme de l’assurance-chômage est prévue pour vendredi 1er octobre, le chef de l’Etat veut en faire un vrai marqueur de son bilan. Après avoir défendu cette mesure phare de son quinquennat, en février 2018, comme un élément de sécurité face à la précarité du marché de l’emploi – en contrepartie à la flexibilité offerte par les ordonnances travail –, le locataire de l’Elysée la présente désormais comme une manière d’inciter les chômeurs à la reprise du travail. Avec les valeurs du « mérite » et de « l’effort » intronisées comme un axe phare de son discours.

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Cette réforme, qui durcit les règles de calcul de l’allocation-chômage, repose sur « une volonté simple », avait-il expliqué, le 12 juillet : « En France, on doit toujours bien mieux gagner sa vie en travaillant qu’en restant chez soi, ce qui n’est actuellement pas toujours le cas. » Une tirade, dans laquelle le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, avait décelé « un petit brin de populisme ».

« C’est un combat culturel »

Mais loin d’adoucir ses propos, M. Macron a ensuite réaffirmé sa conviction pour défendre la mise en œuvre de cette réforme. « Il faut s’assurer qu’il n’est jamais plus rentable de ne pas travailler que de travailler », a-t-il lancé, le 16 septembre, lors d’un discours devant la principale organisation des indépendants – artisans, commerçants, professions libérales – à la Maison de la mutualité. Avant de poursuivre : « Nous devons réengager la nation tout entière dans cette culture du travail et du mérite, c’est un combat culturel. »

Une manière d’envoyer un signal à l’opinion, surtout sa frange la plus conservatrice, particulièrement sensible au thème de la lutte contre « l’assistanat ». « Il y a une arrière-pensée électorale de la part d’Emmanuel Macron, qui s’inscrit dans sa stratégie plus générale de capter l’électorat de droite, analyse Jérôme Fourquet, directeur du département opinion à l’IFOP. Avec cette mesure, il parle avant tout aux petits et aux moyens entrepreneurs, qui sont pour la plupart confrontés à une pénurie de main-d’œuvre, alors même que dans cette période de sortie de crise, le taux de chômage reste élevé, autour de 8 % [de la population active]. »

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Une « situation paradoxale » aux yeux de la ministre du travail, Elisabeth Borne, consistant à avoir des entreprises « qui ne parviennent pas à recruter » et « des chômeurs qui ne parviennent pas à retrouver un emploi », qui justifie, selon elle, la mise en œuvre de la réforme de l’assurance-chômage.

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Ubérisation : une mission sénatoriale souligne le rôle obscur des algorithmes

Un livreur de Deliveroo, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le 6 mai 2021.

Ubérisation de la société, plateformisation de l’économie : ces néologismes, incarnés par Deliveroo et autres Uber, sont entrés dans la vie des citoyens. Mais ce phénomène, en pleine expansion, doit être encadré pour qu’il ne devienne pas « le Far West du travail externalisé », a prévenu Pascal Savoldelli, sénateur communiste du Val-de-Marne, le 29 septembre, en présentant le rapport de la mission d’information sénatoriale baptisée « Ubérisation de la société : quel impact des plates-formes numériques sur les métiers et l’emploi ? ». Le document ouvre plusieurs chantiers de régulation, tout en évitant soigneusement celui du salariat, un statut dont le gouvernement ne veut pas.

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Au-delà du constat que ces plates-formes tendent à « remettre en cause notre modèle social et économique », la mission, présidée par Martine Berthet, sénatrice LR de la Savoie, et ayant pour rapporteur M. Savoldelli, formule dix-huit recommandations, notamment pour améliorer les conditions de travail et favoriser le dialogue social. « Certaines sont porteuses d’avancées pour les travailleurs indépendants et de stabilité pour les plates-formes, indique-t-on chez Uber. Nous retenons tout particulièrement celles visant à mettre en place les conditions d’un dialogue social fructueux. » Pour la mission, la question de la rémunération doit entrer dans ce champ, comme l’a affirmé Elisabeth Borne, la ministre du travail, lors de son audition, le 21 septembre.

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Surtout, la mission s’inquiète « du rôle prépondérant joué par le management algorithmique », qu’il faut encadrer et rendre plus transparent. « Il ne s’agit pas d’un outil neutre, insiste M. Savoldelli. Il constitue un outil que nous considérons comme politique, avec tous les biais que cela comporte, notamment en termes de discrimination. » Faux, conteste Deliveroo : « L’algorithme permet d’affecter des courses sans biais ni caractère discriminatoire. Il ne sert pas à des fins managériales. » Et d’ajouter que « ces indépendants sont libres d’organiser leur travail comme ils le souhaitent et ne sont pas notés ni par un algorithme ni de quelque autre manière que ce soit ».

L’« objet de négociations »

Quels critères utilise le logiciel pour attribuer les courses ? Quel est le poids de la notation faite par le client ? L’impact du nombre de courses refusées ?  Le contenu de l’algorithme doit être l’« objet de négociations », préconise la mission. « [Mais, pour l’heure], comme on ne nous dit pas tout dessus, on ne pourra pas négocier sur ce sujet », déplore Jérôme Pimot, responsable du Collectif des livreurs autonomes des plafes-formes (CLAP), qui, depuis 2018, a demandé « plusieurs fois, en vain, l’accès à son fonctionnement ».

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« Les algorithmes de tarification, les mécanismes d’incitation et les systèmes de notation ont des effets directs sur le comportement » de ces travailleurs, lit-on dans le rapport. « Comme on ne sait pas comment cela fonctionne, on a tendance à nous mettre nous-mêmes la pression, on va rouler le plus vite possible et, finalement, prendre des risques » pour être sûrs d’être dans les bons critères d’attribution des courses, ajoute M. Pimot.

« Un rapport entre deux eaux »

« C’est un rapport entre deux eaux » qu’a rendu la mission, estime Bastien Charbouillot, membre de la CGT du ministère du travail. D’un côté, l’instauration d’un dialogue social, l’idée de négocier un revenu minimum à la tâche, d’améliorer les conditions de travail… de l’autre, le maintien du statut d’autoentrepreneur. « Il y a une sorte d’accord global sur l’émergence d’un tiers statut qui ne dit pas son nom et la volonté de l’encadrer. C’est la construction d’un droit parallèle au droit du travail qui participe à la deconstruction de ce dernier et donne l’impression de réduire à néant notre travail de lutte contre le travail illégal. »

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Alors que l’Espagne, l’Italie, le Royaume-Uni, la Californie et, plus récemment, les Pays-Bas ont opté pour le statut de salarié des travailleurs des plates-formes – chauffeurs VTC et livreurs –, avec quelques nuances selon les pays, et après la résolution du Parlement européen du 16 septembre qui préconise « une présomption de salariat » pour ces travailleurs, « la France fait du quasi sur-place », estime Olivier Jacquin, sénateur PS de Meurthe-et-Moselle.

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Gaz, smic, chômage, APL, crédits immobiliers : ce qui change le 1er octobre pour votre budget

Parmi les changements intervant au 1er octobre : la réforme du mode de calcul du « salaire journalier de référence », élément qui sert de base au calcul de l’allocation chômage.

Ce premier mois de l’automne débute sous le signe des augmentations, parfois timides, parfois brutales. Celle des prix réglementés du gaz d’abord, avec un niveau jamais vu depuis 2013. Mais aussi du smic, et de la rémunération de certains soignants et aides à domicile. A l’inverse, la baisse se poursuit du côté du taux d’usure, le taux maximal auquel les banques peuvent prêter de l’argent.

  • Gaz : quasiment 14 % de hausse pour les tarifs réglementés

Les tarifs réglementés du gaz commercialisé par Engie croissent à nouveau fortement ce 1er octobre, de 13,9 % (hors taxes), après avoir augmenté de 8,7 % en septembre. Dans le détail, « cette hausse est de 4,5 % pour les utilisateurs de gaz pour la cuisson, de 9,1 % pour ceux qui ont un double usage (cuisson et eau chaude), et de 14,3 % pour les foyers qui se chauffent au gaz », a précisé, dans un communiqué, la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

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Ces tarifs ont grimpé de 49 % depuis le début de l’année 2021. En cause, détaille la CRE : « La hausse, historique, des prix du gaz sur le marché mondial », qui « va de pair avec le fort rebond de l’économie mondiale ».

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Parmi les facteurs expliquant la hausse, poursuit la CRE : le remplissage des stockages européens de gaz à l’approche de l’hiver, partant de niveaux « très bas en raison d’un hiver 2020-2021 particulièrement froid et long en Europe ». Et « la demande asiatique en gaz naturel liquéfié [qui] demeure très élevée [et] limite les arrivées de méthaniers en Europe ». Dans un contexte où « la Norvège et la Russie, principaux fournisseurs de gaz naturel de la France et de l’Europe, ne sont pas en mesure d’augmenter leurs exportations pour répondre à la demande ».

  • Le smic à 10,48 euros

Après une hausse de 0,99 % au 1er janvier, le smic augmentera de 2 % le 1er octobre, a annoncé la ministre du travail Elisabeth Borne.

« Avec cette augmentation, le smic horaire brut passera de 10,25 euros à 10,48 euros quand le smic mensuel brut, pour une personne à temps plein, passera de 1 554,58 euros à 1 589,47 euros », indique le gouvernement, précisant qu’il « s’agit de la plus forte augmentation depuis 2012 ».

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Ce mouvement, mécanique, a été déclenché par l’inflation, plus précisément par le fait que les prix à la consommation hors tabac ont augmenté de 2,2 % pour les ménages aux revenus les plus modestes entre novembre 2020 et août 2021. Or, le code du travail prévoit que si cet indice augmente d’au moins 2 % par rapport à celui pris en compte pour la dernière revalorisation du smic, celui-ci « est relevé dans la même proportion à compter du premier jour du mois qui suit ».

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« Le permis de conduire est un passeport à l’insertion professionnelle »

Tribune. La crise sanitaire et les restrictions qu’elle a engendrées nous rappellent combien la liberté de se déplacer est fondamentale. Pourtant, les disparités en termes d’accès à la mobilité sur notre territoire persistent. Le permis de conduire est une partie de la réponse à cette injustice. En effet, il permet non seulement de mener une vie sociale et culturelle, mais aussi d’accéder à l’emploi. Le bien dénommé « précieux petit papier rose » a certes perdu sa couleur mais pas son caractère important, pour ne pas dire indispensable.

Plus que toute autre formation, le permis de conduire est un passeport transverse à l’insertion professionnelle, même si cela semble moins évident dans les grandes métropoles françaises parfaitement équipées en transports collectifs.

Des acteurs du lien social

Investies d’une mission de service public, les écoles de conduite sont des acteurs du lien social, au contact de tous les citoyens. En temps de crise, plus qu’en de tout autres périodes, cette proximité est indispensable et permet de continuer à faire société. Pour soutenir l’activité économique mais aussi la vie sociale dans nos territoires, leur présence est un élément indispensable à notre vie commune.

Forts de ces constats et parce qu’ils vivent au plus près des Français, l’Association des petites villes de France (APVF) et le Conseil national des professionnels de l’automobile (CNPA) militent pour un plus grand soutien et une meilleure organisation de l’aide au financement du permis de conduire.

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En 2021, le CNPA et l’APVF souhaitent mobiliser les pouvoirs publics et profiter de cette période de changements pour repenser l’accès à la mobilité. La crise a fragilisé les plus précaires, les plus jeunes et les plus isolés. Afin de soutenir l’activité économique mais également sociale, il est crucial d’aider ces publics dans l’obtention du permis de conduire et de les ramener vers le chemin de l’emploi.

En janvier, le CNPA a souhaité engager une vaste concertation pour consulter les associations d’aide à l’insertion professionnelle et associations d’élus sur l’accès au permis de conduire.

Portabilité du CPF

Ces échanges ont fait émaner deux propositions : la portabilité du compte personnel de formation (CPF) au sein d’un même foyer et la création d’une commission spéciale départementale pour centraliser les aides au financement du permis.

Depuis qu’il est éligible au CPF, le permis de conduire est la première formation choisie par les salariés désireux de se former. Sa portabilité au sein de la famille nucléaire est une réponse à la sous-utilisation du CPF et s’inscrit pleinement dans l’idée de soutenir les familles qui ont un emploi – donc un CPF – mais qui éprouvent des difficultés à financer le permis de conduire de leur(s) enfant(s).

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A Marseille, la grève des éboueurs s’installe

Un monticule d’ordures à Marseille, le 28 septembre 2021.

Le mistral s’est levé sur Marseille et fait virevolter le contenu des poubelles qui envahissent une grande partie de la ville. Six jours après le lancement d’une grève qui mobilise fortement les services de collecte des déchets et du nettoyage de la Métropole Aix-Marseille-Provence (AMP), collectivité et syndicats restent inconciliables sur la réforme du temps de travail des agents. Mercredi 29 septembre, après vingt-quatre heures de pause dans les négociations, l’ensemble des organisations syndicales a été reçu – toujours séparément – par le directeur général des services d’AMP, Domnin Rauscher. « Il y a eu un premier pas, mais il n’est pas encore suffisant », note Serge Tavano, secrétaire général du syndicat FSU-Territoriaux. « Le ton a changé. Nous sommes sur une étape qui va vers le mieux, mais encore très loin d’un accord », estime Patrick Rué, son homologue Force ouvrière, plus forte puissance syndicale de la métropole.

La loi sur la transformation de la fonction publique de 2019 oblige tous les fonctionnaires à effectuer 1 607 heures annuelles à partir du 1er janvier 2022, sauf dérogation due à la pénibilité des métiers. Après avoir longtemps mis le dossier de la collecte entre parenthèses, la métropole présidée par Martine Vassal (Les Républicains) a proposé, le 16 septembre, de réorganiser le travail de ses 3 658 agents à hauteur de 1 530 heures annuelles. Soit 5 % de moins que le temps légal, pour prendre en compte l’âpreté du quotidien des chauffeurs de benne et des ripeurs. Dans les dépôts, où perdurent le système du fini-parti – cet aménagement qui permet toujours aux fonctionnaires d’arrêter leur journée une fois leur tournée achevée – et les statuts hérités des six intercommunalités précédentes, cette proposition a fait l’effet d’une bombe. Syndicats et agents calculent que la nouvelle organisation augmenterait le temps de travail quotidien de plus de deux heures et ferait perdre entre sept et vingt-huit jours de congés compensatoires.

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Si elle ne lâche pas son objectif de 1 530 heures, la métropole l’agrémente depuis mercredi de plusieurs aménagements. « Neuf jours de repos compensatoire par an, l’ouverture d’un compte épargne-temps, un volet d’accompagnement à la reconversion des agents… », égrène Roland Mouren, vice-président d’AMP en charge des déchets, par ailleurs maire de la petite ville de Châteauneuf-les-Martigues (Bouches-du-Rhône). « On nous donne 9 jours de repos en échange de dix-sept minutes de travail en plus par jour, ce n’est pas une avancée », compte le secrétaire général FSU-Territoriaux, qui, comme Force ouvrière, propose un accord à 1 460 heures annuelles et le maintien des repos actuels.

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« La course effrénée à la baisse des prix précarise le travail et encourage la concurrence par les salaires »

Tribune. Les ménages ont, aujourd’hui, avec la même quantité d’argent qu’hier, le sentiment de ne plus pouvoir acheter la même quantité de biens et services, en raison de la hausse des prix de certains produits alimentaires, de celui du pétrole renchéri par les taxes sur le carburant, de ceux du gaz, de l’électricité, des loyers et des coûts des matières premières en 2021.

Ces différentes hausses font craindre un retour de l’inflation. Cette crainte de la vie chère s’est amplifiée dans un contexte où de nouveaux modes de consommation couplés à des besoins toujours plus nombreux, font face à des salaires qui ne progressent que très faiblement ou stagnent le plus souvent.

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Si l’inflation qui se situe actuellement à 1,9 % ne baisse pas et si les salaires n’augmentent pas, les fins de mois pourraient être de plus en plus difficiles pour les ménages aux revenus moyens. La modération salariale des employés du secteur privé imposée par la compétitivité et par la crise sanitaire renforce ce sentiment. Celle du secteur public et plus particulièrement celle des enseignants, justifiée par la réduction des dépenses publiques, le confirme.

L’affaire des entreprises

Le pouvoir d’achat est d’abord l’affaire des entreprises puisqu’elles fixent directement le niveau du salaire. Hormis le smic et le traitement des fonctionnaires, l’Etat n’intervient qu’indirectement sur le pouvoir d’achat en fixant le montant des impôts, des cotisations sociales et des prestations sociales.

Le pouvoir d’achat dépend à la fois du prix et du revenu. Dès lors, pour en distribuer davantage, deux types de mesures sont possibles.

L’Etat pourrait conditionner allègements fiscaux et cotisations sociales patronales à l’augmentation des rémunérations, afin d’inciter les entreprises à modifier le partage de la valeur ajoutée en faveur des revenus du travail

Le premier type consiste à réduire les prix en comprimant les salaires considérés comme un coût, afin de favoriser la compétitivité des entreprises et d’en faire bénéficier les consommateurs grâce à la baisse des prix qui en résulte. Cette recherche accrue de la baisse des prix à travers la réduction du coût du travail tend à opposer les intérêts de ceux qui achètent aux intérêts de ceux qui produisent, oubliant au passage que ceux qui produisent et ceux qui achètent sont les mêmes agents économiques dénommés autrement.

Cette course effrénée à la baisse des prix précarise le travail et encourage la concurrence par les salaires. Elle contraint les ménages à consommer moins cher, obligeant ainsi les entreprises à leur tour, à produire encore moins cher en comprimant davantage leurs coûts salariaux pour maintenir leur marge et trouver des débouchés. Elle enclenche ce cercle vicieux où la baisse des prix entraîne moins de débouchés pour les entreprises résidentes sur le territoire, faute de salaire suffisant.

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