La justice annule le plan social du voyagiste TUI

Des employés de TUI manifestent devant le siège du voyagiste en France contre les suppressions d’emplois et les fermetures de sites, à Levallois-Perret, le 7 juillet 2020.

C’était le plus conséquent des plans sociaux mis en œuvre dans le secteur touristique depuis le début de la pandémie de Covid-19. Mercredi 7 juillet, la justice administrative a annulé le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de la filiale française du groupe TUI, qui concernait 599 des 904 salariés du groupe.

Les conséquences seront limitées pour TUI France, 587 des 599 salariés concernés ayant déjà été licenciés. Mais c’est une nouvelle avanie pour cette filiale du numéro un mondial du tourisme, dont l’implantation sur le marché français du voyage est une longue succession d’échecs. Cette décision pourrait se traduire par le paiement d’indemnités supplémentaires aux prud’hommes. Le PSE concernait les salariés des 65 agences TUI fermées ainsi que le service comptabilité, délocalisé au Maroc, et la production de séjours, transférée en Belgique.

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La cour administrative d’appel de Versailles a suivi l’avis du rapporteur public, qui s’était prononcé contre l’homologation du PSE par la Direccte (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) des Hauts-de-Seine. Annoncé en juin 2020, validé en décembre, le PSE avait été conforté par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise en mars 2021.

Critères d’ordre de licenciements

L’arrêt dispose que l’article L. 1233-5 du code du travail n’a pas été respecté par le PSE. TUI s’est mépris dans l’élaboration des critères d’ordre de licenciements, qui doivent être appliqués pour chaque poste au sein d’une même zone d’emploi. Or, l’entreprise avait élaboré ces critères d’ordre au niveau de chacune de ses agences. « Cela a bouleversé la manière dont les salariés auraient dû être mis en comparaison les uns avec les autres », explique Maître Vincent Gury, avocat du Comité social et environnemental (CSE) de TUI.

« Ce point avait été mis en avant par le CSE et la direction, sûre d’elle, avait balayé cela d’un revers de la main. Nous avions aussi alerté la Direccte, complète Lazare Razkallah, secrétaire CGT (le syndicat majoritaire) du CSE. Ils payent cher leur mépris. »

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Le PSE étant annulé, chaque salarié licencié peut désormais saisir un conseil des prud’hommes afin d’obtenir les dommages et intérêts auquel il aurait eu droit en cas de licenciement sans cause sérieuse et réelle. Depuis les ordonnances sur le travail prises au début du quinquennat d’Emmanuel Macron, ces indemnités sont plafonnées, avec un minimum de trois mois de salaire à partir de deux ans d’ancienneté.

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Le gouvernement débloque 250 millions d’euros pour augmenter les fonctionnaires les moins bien payés

Des mesures ciblées plutôt qu’un saupoudrage général. Telle est la stratégie retenue, sans surprise, par le gouvernement à l’occasion du traditionnel point sur les salaires de la fonction publique qui s’est tenu, mardi 6 juillet, au ministère de la transformation et de la fonction publique. Les agents les moins bien payés – 1,2 million de personnes relevant de la catégorie C au sein de l’Etat, des collectivités locales et des hôpitaux – bénéficieront en 2022 d’une augmentation de 40 à 100 euros net par mois, selon l’ancienneté.

Lors d’une conférence de presse, tenue à l’issue de la réunion avec les syndicats, la ministre a justifié « une rupture assumée avec les augmentations générales du point d’indice pratiquées lors des précédents quinquennats, des mesures assez inéquitables et très coûteuses ». De fait, a expliqué Amélie de Montchalin, l’augmentation générale de 1 % du salaire de tous les fonctionnaires reviendrait à dépenser deux milliards d’euros (dont 900 millions d’euros pour ceux qui sont employés par l’Etat). Mais pour les agents de catégorie C, cela ne représenterait qu’une augmentation de quatorze euros net par mois. Le choix ciblé du gouvernement se traduira donc par une revalorisation bien supérieure pour eux, et une enveloppe moins importante pour l’Etat : 250 millions d’euros. Chacun pour ses agents, la fonction publique territoriale et les hôpitaux devront appliquer les mesures annoncées mardi.

Amélie de Montchalin défend « un acte politique »

« On change véritablement la vie quotidienne des agents de catégorie C. L’efficacité de chaque euro de ces 250 millions d’euros est maximale. [L’augmentation générale du] point d’indice, cela nous aurait coûté beaucoup plus cher et je ne suis pas sûre que cela aurait changé quoi que ce soit à la vie quotidienne des agents qui en ont le plus besoin », a précisé Mme de Montchalin, en défendant « un acte politique ». « Parce que, a poursuivi la ministre, l’égalitarisme en matière d’augmentation salariale, cela a conduit à ce qu’on a vu », c’est-à-dire « faire de l’indemnitaire », compenser la hausse limitée de la rémunération par des primes. Ce qui a pour conséquence « des écarts énormes entre les ministères » selon la manière dont chacun négocie son budget. « Je ne pense pas que cela serve la fonction publique », a-t-elle conclu.

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L’augmentation de 40 à 100 euros net par mois comprend la réforme de la complémentaire santé, annoncée en décembre. Jusqu’à présent, contrairement à ce qui existe dans le privé, les agents publics sont tenus de payer eux-mêmes leur protection sociale complémentaire, soit quelque 60 euros par mois. A partir de 2022, leur employeur prendra en charge un quart de cette somme, puis la moitié avant 2026. En 2022, cela représentera donc à peu près 15 euros par mois et par agent, soit 440 millions en plus pour l’Etat.

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Retraites : les partenaires sociaux contre une réforme « prématurée »

La mise en garde a été quasi unanime. A l’occasion d’un temps d’échange avec Emmanuel Macron, mardi 6 juillet à l’Elysée, la plupart des leaders syndicaux et patronaux ont, de nouveau, exprimé leur opposition à une réforme des retraites avant l’élection présidentielle de 2022. Plusieurs dossiers – comme la vaccination des soignants, le plan de relance ou la conjoncture économique – figuraient au menu de cette rencontre, à laquelle ont également participé le chef du gouvernement, Jean Castex, la ministre du travail, Elisabeth Borne, et son collègue de l’économie, Bruno Le Maire. Mais l’avenir des régimes de pensions a capté une bonne partie des discussions, ce thème ayant été replacé au cœur des débats par le président de la République lors d’un déplacement dans le Sud-Ouest, début juin.

La réunion de mardi, qui a duré trois heures, n’a pas permis d’y voir plus clair sur les intentions de M. Macron, alors même que l’hypothèse d’un relèvement de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans circule avec insistance depuis plusieurs semaines. En revanche, le message des syndicats a été net : non à un allongement de la durée des carrières professionnelles pour pouvoir percevoir sa pension.

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« Il n’y a pas de voie de passage pour une mesure purement paramétrique à l’automne », a martelé Laurent Berger dans la cour du palais de l’Elysée. Pour le secrétaire général de la CFDT, ce serait « une forme de folie » de lancer un tel chantier dans les mois à venir, en soulignant « un risque social et démocratique ». « Le vrai sujet [à l’heure actuelle] est de relancer, rassembler et d’accompagner les personnes les plus en difficulté », a-t-il ajouté. « Tout le monde a insisté sur les risques de tension sociale », a renchéri son homologue de la CGT, Philippe Martinez, en faisant valoir qu’à la rentrée, « on [aura] plutôt besoin de régler les questions d’emploi, de salaires ».

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez écoutant celui de la CFDT, Laurent Berger à leur sortie de l’Elysée, le 6 juillet.

« Il faudra faire une réforme »

« A l’applaudimètre, tout le monde lui dit (…) “pas maintenant” », a enchaîné Yves Veyrier, le numéro un de FO. Le président de la CFE-CGC, François Hommeril, a déploré, de son côté, que la retraite soit devenue « un sujet politique » : « Il est hors de question de se retrouver otages des différents éléments de campagne électorale », a-t-il tonné. Quant à Cyril Chabanier, le dirigeant de la CFTC, il a déclaré que « si demain, on va vers une réforme seulement financière mais qui oublie toute la partie justice [sociale], ça sera sans nous ».

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Le conflit chez Groupe ADP s’enlise

Grève à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, le 2 juillet 2021.

Le conflit chez Groupe ADP n’est pas près de toucher à sa fin, à l’heure où les salariés du gestionnaire d’aéroports vont entamer leur troisième week-end de grève. La dernière rencontre de négociations, lundi 5 juillet, n’a pas donné les résultats escomptés par les trois syndicats représentatifs, CGT, CFE-CGC et UNSA.

« Nous maintenons le préavis de grève du vendredi 9 au dimanche 11 juillet », dit Véronique Pigueron, présidente de la CFE-CGC de Groupe ADP. Selon elle, les quelques avancées proposées lundi 5 juillet par la direction sont « insuffisantes et pas satisfaisantes ». Contrairement aux demandes des trois organisations, la direction a refusé de retirer son plan d’adaptation des contrats de travail, qui prévoit une baisse des rémunérations des salariés. Tout juste a-t-elle proposé d’en réduire la durée.

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Selon nos informations, cette diminution des rémunérations n’ira pas au-delà du 1er janvier 2024. La réduction des salaires pourra même être encore plus courte « si le trafic aérien atteint en 2019 est de retour avant cette date », indique un syndicaliste. C’est peu vraisemblable, s’inquiètent les syndicats, car 2019 était une année record pour Groupe ADP avec 108 millions de passagers. En pratique, selon les dernières propositions de la direction, la baisse des revenus sera de « 5 % en 2022 puis de 4 % en 2023 », souligne le syndicaliste.

Inflexibilité

Mais, en réalité, le manque à gagner est plus important, car, à en croire Mme Pigueron, « il n’y aura pas d’intéressement en 2021 et il n’y a pas eu de participation en 2020 ». Pour les syndicats, la direction est encore très loin du compte avec ces avancées. Au démarrage du conflit, les salariés redoutaient de perdre jusqu’à 20 % de leurs rémunérations. « C’est inexact », avait tenté de rassurer Augustin de Romanet, PDG du groupe, car, « au-delà de 7 %, nous compensons toutes les pertes et 88 % de nos collaborateurs ne perdront pas plus de 4 % », avait-t-il alors précisé. Faux, rétorque Mme Pigueron. Pour elle, « les 15 mesures proposées par la direction aboutiront à une perte de plus d’un mois de salaire ». Notamment par la baisse de 90 % de l’indemnité kilométrique.

Les salariés ne sont pas satisfaits non plus du simple report d’un an de la clause de mobilité dont ils demandaient la suppression. Cette dernière ne devrait entrer en vigueur qu’en septembre 2022. Contactée, la direction de Groupe ADP n’a pas souhaité faire de commentaires.

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Dans l’industrie, la collaboration hommes-robots n’est pas sans danger

Certains ont la capacité de réaliser avec précision la pose de rivets. D’autres intègrent des ateliers où l’on peint des carrosseries automobiles. On les trouve aussi chez des spécialistes de l’agroalimentaire, par exemple sur des chaînes d’emballage. Les robots collaboratifs font, depuis quelques années, leurs premiers pas dans l’industrie.

Des premiers pas discrets, « leur présence dans les entreprises restant encore marginale, parfois le fait d’une curiosité des organisations ou d’une volonté d’avoir une vitrine technologique », relève Jean-Christophe Blaise, responsable du laboratoire Sécurité des équipements de travail et des automatismes à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Pour autant, « leur essor semble inéluctable », estime l’INRS. En confiant aux machines les tâches à risque pour les salariés, « cela nous permettra d’améliorer leur bien-être mais aussi d’avoir des équipes plus efficaces et de réduire ainsi absentéisme et turnover », remarque un industriel.

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L’arrivée annoncée de ces « cobots » (contraction de « coopération » et « robotique »), qui ont souvent la forme d’un bras articulé, constitue une petite révolution dans le secteur de la robotique industrielle. Car, contrairement aux machines jusqu’alors déployées, les cobots peuvent opérer dans le même espace de travail que les salariés. « C’est un véritable changement de paradigme : on ne concevait jusqu’alors le robot que dans une cage, sans contact possible », note M. Blaise.

Vitesse d’exécution réduite

Cette sortie hors des cages protectrices s’accompagne aujourd’hui de nombreuses réflexions sur la sécurité des collaborateurs amenés à évoluer à proximité immédiate des cobots. Elle implique, en effet, de nouveaux risques. Afin de prévenir, par exemple, les chocs et la menace d’écrasement, certains cobots disposent de fonctions de sécurité : ils peuvent se mettre automatiquement à l’arrêt en cas de contact avec un opérateur. « Un radar laser permet de ralentir ou de stopper le robot. Il reprendra son activité lorsque la personne s’éloignera », explique Maxime Hardouin, directeur général d’AeroSpline, société qui développe des cobots. Lequel précise, par ailleurs, que « dans beaucoup de cas les mouvements du robot sont lents ».

C’est une spécificité commune à de nombreux cobots travaillant en interaction avec des opérateurs : la vitesse d’exécution est volontairement réduite pour limiter les risques d’impact physique. D’autres adaptations peuvent être déployées, en fonction des situations de terrain : réduction de la masse du robot, absence de bords saillants, etc.

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« Ces salariés qui ne décolèrent pas à l’idée de renoncer au 100 % télétravail  »

Carnet de bureau. ADP, PSA, Indeed : le 100 % télétravail a eu ses pionniers durant l’année Covid 2020. Des salariés en ont été ravis, qui déchantent en 2021, depuis que les manageurs ont commencé l’organisation du retour sur site. Chez Indeed, qui a déjà élaboré son organisation post-Covid, certaines professions n’auront pas le choix : les salariés des ressources humaines, ceux de l’informatique et de l’accueil.

« A part pour ceux qui n’ont pas le choix, le “full remote” [100 % télétravail] est toujours possible. Le retour des salariés est organisé sur la base du volontariat avec trois options : 100 % au bureau, deux jours sur site-trois jours de télétravail, ou tout à distance », expose Matthieu Eloy, le directeur général France d’Indeed. « Chaque salarié doit se prononcer sur son profil, afin qu’on restructure les bureaux. Les “inoffice” auront un bureau attitré, les “flex” seront attachés à un service mais sans bureau nominatif et les “full remote” n’auront pas de bureau. » C’est l’heure du choix : soit le télétravail, soit le bureau.

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Selon une enquête de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) publiée le 1er juillet, pour 82 % des salariés d’Ile-de-France, la motivation première du télétravail est de réduire les temps de trajet du domicile au lieu de travail, pour 64 % il s’agit de travailler au calme, 55 % veulent réduire le niveau de fatigue, et pour 8 % ce sont des raisons de santé. « Au bureau, on entend le tram de la rue, il y a les collègues qui parlent, les photocopieuses qui tournent, j’avais oublié. A mon retour, jeudi 1er juillet, à 9 h 30, j’étais déjà stressée », reconnaît Marie, qui ne décolère pas à l’idée de renoncer au 100 % télétravail : « Comme on dit toujours, “toutes les bonnes choses ont une fin”, mais j’avoue que je me demande ce que je fais au bureau », interpelle cette gestionnaire comptable en université.

« Plus du tout adapté »

Le retour progressif prévu pour la fonction publique n’autorise plus que deux jours de télétravail par semaine et cinq jours flottants dans l’année. « Ce n’est plus du tout adapté. Je ne comprends pas pourquoi on nous demande de revenir pour rien. Je suis quasiment restée à 100 % télétravail depuis un an. Toutes mes tâches ont été dématérialisées. La seule chose que je ne peux pas faire à distance c’est le traitement des chèques. Un jour par semaine me suffirait largement. Sur soixante salariés, la moitié seulement de l’équipe comptable veut revenir. Pourquoi est-ce qu’on ne laisse pas aux manageurs la liberté d’organiser leur équipe », interroge-t-elle.

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Tiago Rodrigues : « Quand un artiste dirige le festival d’Avignon, il doit repenser sa façon de travailler »

Tiago Rodrigues, le 5 juillet à Avignon.

Le nouveau directeur du Festival d’Avignon revient sur sa nomination et explique qu’il veut « créer des liens inattendus ».

Comment s’est décidée votre nomination ?

Au début de l’année, j’ai été contacté par l’Elysée et le ministère de la culture, qui m’ont demandé si je serais prêt à postuler. J’ai répondu positivement parce que j’ai une passion pour le festival. Par ailleurs, il est bon que le Teatro Nacional de Lisbonne, que je dirige depuis 2015, change de mains : il ne faut pas monopoliser les postes, surtout quand on a atteint quelques résultats. J’ai donc écrit un projet pour Avignon, en sachant que je faisais partie d’une longue liste de postulants. Au fil des mois, la liste a raccourci. J’ai rencontré la ministre de la culture, la maire d’Avignon et les membres du conseil d’administration du festival. Et j’ai été retenu parmi les finalistes.

Qu’est-ce qui vous passionne dans le Festival d’Avignon ?

Le mariage entre la mémoire et l’avenir. Avant d’y venir pour la première fois, en 2015, en tant qu’artiste et spectateur, je le connaissais bien sûr par mes études et mes lectures. En le vivant, j’ai été bouleversé : on est au centre de l’histoire du théâtre européen et mondial, qui a fait le mythe d’Avignon depuis sa fondation en 1947, et, en même temps, dans un laboratoire de l’inattendu, de l’innovation, des découvertes. Le public d’Avignon est unique au monde. C’est rare de sortir d’un théâtre et de voir ce que vivent les gens. Aux terrasses, dans les rues et les transports, partout, c’est encore le théâtre, et le débat sur le théâtre, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Cela a conforté la confiance en mon métier.

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Allez-vous vous installer dans la ville ?

Ce n’est pas une obligation, mais je pense que c’est vraiment important que le directeur vive à Avignon toute l’année, qu’il appartienne à la ville, et qu’il consacre toute son énergie au service de l’utopie nécessaire que représente le festival. Je vais quitter la direction du Teatro Nacional – je suis en train d’en discuter avec le conseil d’administration et le gouvernement portugais. Dans quelques mois, je pourrai tout à fait me consacrer à ma prochaine fonction. Je vais travailler à la passation avec l’actuelle direction et faire mon apprentissage d’émigré, ce qui est tout nouveau pour moi. J’ai beaucoup voyagé dans ma vie, mais je n’ai jamais émigré. Je disais toujours que j’avais choisi de rester au Portugal, en en partant souvent, mais en y revenant. M’installer à Avignon, c’est émigrer, sans l’être vraiment : c’est aller habiter au pays du théâtre. Donc chez moi.

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L’exécutif va augmenter de 40 à 100 euros net par mois les fonctionnaires de catégorie C

La ministre de la transformation et de la fonction publique, Amélie de Montchalin, le 5 mai 2021 à sa sortie de l’Elysée.

Gelé depuis plus de dix ans à la seule exception de 2016, le point d’indice des fonctionnaires ne bougera pas. Invitée sur BFM-TV mardi 6 juillet, la ministre de la transformation et de la fonction publique, Amélie de Montchalin, a annoncé que seul le salaire des fonctionnaires de catégorie C allait augmenter.

« Je propose une enveloppe plus petite et plus ciblée pour proposer 40 à 100 euros net de plus par mois selon l’ancienneté pour la catégorie C, la plus basse », a déclaré la ministre. Cette augmentation concerne 1,2 million de fonctionnaires de cette catégorie la moins bien payée dans les trois fonctions publiques : l’Etat, les collectivités locales et les hôpitaux publics. Selon la ministre, l’augmentation représente un budget de deux milliards d’euros.

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Cette annonce intervient alors que les organisations syndicales de la fonction publique sont reçues par la ministre, mardi matin, à l’occasion d’un « rendez-vous salarial ». Les syndicats réclament, en vain, depuis des années une revalorisation du pouvoir d’achat pour les 5,5 millions d’agents de la fonction publique. Mais Amélie de Montchalin a justifié son refus d’augmenter le point d’indice :

« Le point d’indice n’augmentera pas. L’augmenter de 1 %, ça coûte deux milliards d’euros aux finances publiques (…) L’augmenter, ça voudrait dire augmenter tout le monde du même pourcentage. Avec une augmentation de 1 %, ceux qui sont en bas de l’échelle aur[aient] entre 10 et 14 euros de plus par mois quand ce sera des centaines d’euros pour les directeurs dans les ministères. »

Exception faite de l’année 2016 où il a été revalorisé de 1,2 %, le point d’indice, qui sert à calculer la rémunération des agents publics, est gelé depuis 2010. Les syndicats dénoncent unanimement une perte de pouvoir d’achat qui pénalise les plus bas salaires et l’attractivité des métiers du service public.

« Baromètre de l’égalité »

Mardi, la ministre s’est également engagée à « relever les salaires des contractuels et s’assurer qu’ils sont tous au-dessus du smic ». « On va s’assurer qu’il y a beaucoup de promotions, on va lancer un baromètre de l’égalité comme dans le privé. Depuis 2017, on a une politique salariale cohérente », a assuré Mme de Montchalin.

« On était en retard sur des métiers comme les enseignants, les forces de l’ordre, les soignants, a-t-elle reconnu. Il y a aussi des inégalités au sein de la fonction publique sur les bas salaires, entre Paris et la province, les hommes et les femmes. » A compétences et ancienneté égales, l’écart salarial entre les hommes et les femmes est en moyenne de 13 % dans la fonction publique.

La ministre a également rappelé une mesure déjà annoncée : la prise en charge forfaitaire par les employeurs publics des complémentaires de santé que les agents publics finançaient seuls jusqu’à présent.

Cette prise en charge d’au moins 50 % du coût des complémentaires de santé de tous les agents publics quel que soit leur statut était une mesure très attendue, dont l’application sera progressive : à partir de 2022 pour la fonction publique de l’Etat (FPE) et à hauteur de 15 euros mensuels jusqu’en 2026 pour la territoriale (FPT) et l’hospitalière (FPH).

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Le Monde avec AFP

Covid-19 : le variant Delta hypothèque la reprise économique attendue par l’exécutif

Ne pas se réjouir trop vite. Alors que Bercy planche depuis quelques semaines sur la préparation du budget 2022, qui doit être présenté en septembre, les incertitudes s’accumulent sur la relance, censée permettre à l’économie de repartir et ouvrir la voie aux réformes de la dernière année du quinquennat, souhaitées par Emmanuel Macron.

La diffusion rapide du variant Delta sur le territoire, combinée au ralentissement de la campagne de vaccination, fait en effet craindre la possibilité d’une quatrième vague de Covid-19 à la rentrée, susceptible de bouleverser de nouveau les plans de l’exécutif. « Depuis un peu moins d’une semaine, l’épidémie regagne du terrain, le variant Delta qui est particulièrement contagieux, particulièrement inquiétant, gagne du terrain très rapidement », s’est ainsi inquiété le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, sur France Inter, lundi 5 juillet, évoquant la possibilité d’une quatrième vague dès la fin du mois. Fin juin, l’Institut Pasteur avait, lui aussi, émis cette hypothèse, mais à l’automne, si le rythme actuel de vaccination perdurait.

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Un tel scénario, s’il s’accompagnait de nouvelles restrictions pesant sur l’économie, comme c’est le cas actuellement dans de nombreux pays d’Asie qui ont dû revoir à la baisse leurs prévisions de croissance, pourrait mettre en péril la reprise. Voire imposer une prolongation des dispositifs de soutien aux secteurs affectés au-delà de la fin août, date à laquelle le gouvernement espère avoir débranché l’essentiel des aides.

Faut-il dès lors revoir les chiffres sur lesquels le chef de l’Etat bâtit le scénario de sa dernière année ? « Il y aura une quatrième vague à l’automne, mais est-ce que cela fera du mal au produit intérieur brut [PIB] ?, s’interroge l’économiste de Natixis, Patrick Artus. Beaucoup de gens sont vaccinés, et on pourrait sans doute se contenter de fermer les restaurants et les salles de sport. Cela n’est pas de nature à compromettre la reprise. » Le risque sanitaire n’a pas disparu « mais le scénario le plus probable reste celui d’une reprise forte, autour de 6 % », confirme Philippe Martin, le président du conseil d’analyse économique, organisme rattaché à Matignon.

« La priorité, c’est la reprise »

Début avril, dans le sillage du troisième reconfinement, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, avait dû se résoudre à ramener ses prévisions de croissance pour 2021 de 6 % à 5 %. Une estimation jugée à l’époque « sincère et prudente » par le locataire de Bercy, mais qui, depuis, a été dépassée par la plupart des organismes de prévision français et internationaux (l’Insee a indiqué la semaine dernière tabler sur 6 % en 2021). L’exécutif ne semble toutefois guère pressé de la relever, tant les nuages s’accumulent sur l’économie tricolore. « Nous maintenons notre prévision de croissance à 5 % par souci de prudence et pour tenir compte des risques d’une nouvelle vague épidémique à la rentrée », a ainsi admis Bruno Le Maire, dans un entretien au Parisien le 2 juillet.

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