La plate-forme Emmaüs, « un pied de nez à l’économie classique »

Maud Sarda et Thomas Marcotte ont cofondé la coopérative Label Emmaüs il y a 5 ans.

« Je ne sais pas ce que je ferais sans Emmaüs », lance Maud Sarda dans un éclat de rire partagé avec Thomas Marcotte. Les comparses ont cofondé la coopérative Label Emmaüs il y a 5 ans. Ces deux-là se connaissent bien et sont heureux de se retrouver « en vrai » après plusieurs mois au loin. Depuis début 2021, Thomas a quitté les locaux de Noisy-le-Sec pour suivre sa femme dans le Lot-et-Garonne et lancer une nouvelle plate-forme logistique Label Emmaüs sur la petite commune de Damazan. En arrivant au Village du réemploi de ValOrizon, la directrice du label raconte : « On avait en tête depuis quelques années de se déployer dans les territoires. C’est souvent comme ça avec nous, on a plein d’idées et c’est l’opportunité qui va tout débloquer ».

Depuis 2016, Maud Sarda déploie toute sa créativité au sein de la coopérative qu’elle a créée et qui compte désormais plus de 1 000 sociétaires. Au point de bousculer parfois un peu trop fort et trop vite les habitudes bien installées du Mouvement Emmaüs, qui a fêté ses 70 ans en 2019. Au départ de cette aventure, il y a la mise en ligne d’une plate-forme d’e-commerce éthique et solidaire réservée aux boutiques Emmaüs et aux acteurs du réemploi de l’Economie sociale et solidaire « pour tenir tête aux géants de l’e-commerce ». Puis l’équipe a créé Label Ecole, pour former des personnes éloignées de l’emploi aux métiers de l’e-commerce et plus récemment Trëmma.co, une sorte de Vinted solidaire, qui permet aux particuliers de vendre des objets et de financer des projets associatifs.

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Pour la prochaine étape de développement, l’infatigable Maud Sarda prévoit d’ouvrir des petites plates-formes logistiques, « au moins une par région », pour développer des filières de réemploi spécialisées. L’équipe a déjà l’expérience d’un premier site à Noisy-le-Sec, qui rachète en gros les livres invendus dans les boutiques Emmaüs, pour les mettre en ligne et leur donner une dernière chance d’être lus avant de partir au recyclage. Ici, dans les locaux de Damazan, l’équipe réunie autour de Thomas Marcotte est en place depuis le début de l’été et se spécialise sur la récupération de mobilier de bureau pour les entreprises et de meubles neufs invendus.

La loi AGEC interdisant désormais la destruction des invendus, tout le secteur du réemploi est en train de se restructurer. « Les acteurs locaux nous ont accueillis à bras ouverts, raconte Thomas Marcotte. Il y a à la fois un fort besoin de création d’emplois dans les territoires ruraux, avec du chômage de très longue durée plus ancré et des politiques territoriales qui s’orientent vers le soutien au développement de la filière. »

Redonner le pouvoir d’agir

Maud Sarda a eu le coup de foudre pour le Mouvement Emmaüs il y a plus de dix ans. Elle le rejoint d’abord en tant que responsable nationale des structures d’insertion. Dans sa vie d’avant, elle était consultante au sein du cabinet Accenture « pour rembourser son prêt étudiant ». Un grand écart qui en étonne toujours plus d’un mais qui lui permet d’affirmer ses choix et de s’investir dans du mécénat de compétences au sein de la Fondation Accenture. Son combat pour l’inclusion et la solidarité, lui, s’ancre dans l’enfance et des valeurs de tolérance transmises par ses parents. « J’ai grandi en Guadeloupe et mes parents ont toujours fait des choix de vie marginaux par rapport à la norme bien pensante. J’ai vu des parcours chaotiques, je sais ce que c’est. »

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Pendant ses études, elle est présidente de l’association humanitaire de son école de commerce, « s’interroge sur l’aide qui fait à la place des gens, adopte une posture descendante ». Et lors d’une mission dans un village en Inde où elle accompagne des porteurs de projets par la mise en place de microcrédits, elle comprend qu’aider les autres, c’est leur donner les moyens de leur autonomie, les remettre dans l’action et le pouvoir d’agir. « Donne-moi ton aide pour aider les autres », dit la célèbre maxime de l’abbé Pierre. « Mon moteur principal, ce sont les gens, confie l’entrepreneuse. Chez Emmaüs, nous sommes écoresponsables presque par défaut. Le cœur du projet reste la réinsertion de personnes qui ont connu des coups durs. »

« J’ai envie de croire que le besoin de cohérence va frapper les consommateurs et que c’est tout le système qui va progressivement se remettre en question »

Le Mouvement Emmaüs France est une grande famille, avec les bons et les mauvais côtés de la famille. En 2015, le conseil d’administration lui fait confiance et lui laisse un an pour élaborer un concept de plate-forme en ligne avec les acteurs du réseau. Label Emmaüs est mis en ligne en décembre 2016 et reçoit un accueil très mitigé des boutiques qui voient encore, pour certaines, d’un mauvais œil cette entrée sur Internet du mouvement ou se sentent menacées par la professionnalisation du secteur. « Les premiers mois, il y avait tellement peu de ventes, qu’on connaissait le nom de chacun de nos clients. Les jours où il n’y avait aucune activité, je sortais ma carte bleue pour acheter un produit et déjouer le mauvais sort », se rappelle Maud Sarda avec humour. Après 5 ans d’existence, la plate-forme n’a toujours pas trouvé son seuil de rentabilité mais devrait l’atteindre » d’ici un ou deux ans », espère la fondatrice.

Un rôle exemplaire

« Même si l’équilibre financier est plus long à trouver, nous sommes un pied de nez à l’économie classique, estime Maud Sarda. La preuve que l’on peut faire de l’économie avec des valeurs humanistes, d’inclusion et une prise en compte de notre impact. J’ai envie de croire que le besoin de cohérence va frapper les consommateurs et que c’est tout le système qui va progressivement se remettre en question. » Fidèles aux valeurs du mouvement, Maud Sarda et ses cofondateurs ont fait le choix du statut de société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), à mi-chemin entre l’association et l’entreprise. « Un moyen pour nous de dire que nous sommes une vraie entreprise mais de garantir la poursuite du bien commun. L’enrichissement personnel, c’est le ver dans le fruit » , tranche-t-elle.

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Afin d’assurer l’alignement du projet de Label Emmaüs, un comité éthique a vu le jour il y a deux ans pour sélectionner les structures qui peuvent vendre sur la plate-forme d’e-commerce. Avec le temps, Label Emmaüs évolue vers un rôle de plaidoyer auprès des entreprises traditionnelles et du grand public, que Maud Sarda prend plaisir à incarner. « Elle est notre influenceuse, la taquine Thomas Marcotte. L’Economie sociale et solidaire n’est pas une économie parallèle, nous sommes bien là pour faire bouger les lignes. Sur l’activité mobilier professionnel, nous commençons à travailler avec la célèbre marque Haworth de sièges de bureau. Nous allons innover ensemble, être sous-traitant pour leur activité de reconditionnement. »

Sur le site de Noisy-le-Sec, dans le 93, c’est le groupe United B – qui détient les enseignes Boulanger, Electro Dépôt… – qui se rapproche de Label Emmaüs pour renouer avec l’activité historique de réparation et reconditionnement des frères Boulanger dans les années 1950. Des évolutions positives qui cachent aussi une concurrence accrue sur le marché du réemploi et une baisse de la qualité des dons. Les grandes marques qui se lancent sur les offres de seconde main ? « Du greenwashing, juge Maud Sarda. Toutes proposent des bons d’achats aux consommateurs en échange de la récupération des articles usagés. Ce n’est pas ça l’économie circulaire. On continue de pousser à la consommation de produits neufs. »

Maud Sarda participera à la conférence organisée par le Monde « Quand la campagne réinvente la ville » sur le thème de l’Economie sociale et solidaire et ruralité, le 25 novembre à Guéret, dans la Creuse et en ligne.

Seront également présents à cette conférence : Marie-Laure Cuvelier, secrétaire générale de France Tiers Lieux, cofondatrice de la coopérative des Tiers-Lieux, Dominique Guerrée, président de Railcoop, Florence Delisle-Errard, fondatrice et directrice de Habitat des Possibles. Ainsi que Eva Sadoun, cofondatrice et présidente de LITA.co et coprésidente du Mouvement Impact France et la sociologue Isabelle Ferreras, maître de recherches du Fonds national de la recherche scientifique (FNRS), professeure à l’Université de Louvain (UCLouvain).

Pour s’inscrire : https://www.adi-na.fr/agenda/etape-de-linnovation-novaq-economie-sociale-et-solidaire-quand-la-campagne-reinvente-la-ville

Cet événement est organisé dans le cadre des Etapes de l’innovation NOVAQ, en partenariat avec ADI Nouvelle-Aquitaine et la région Nouvelle-Aquitaine.

En Aveyron, nouveau sursis pour la fonderie Sam

Les traits sont tirés, le visage fermé, les yeux rougis. « Je ne peux pas parler de soulagement », signale, d’emblée, au sortir de l’audience, Ghislaine Gistau, déléguée syndicale CGT de la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM), située à Viviez (Aveyron). Sur le perron du tribunal de commerce de Toulouse, qui devait se prononcer ce vendredi sur l’intention de reprise portée par l’ancien patron de la fonderie Patrick Bellity, cette salariée prend le micro pour se faire entendre des salariés attentifs. « On laisse trois jours à Renault, jusqu’à mercredi 24 novembre, pour qu’il se positionne », rapporte-t-elle, des trémolos dans la voix. « Soit il accepte de s’engager et le tribunal donne du temps pour concrétiser l’offre. Soit, il refuse et le tribunal fixera, vendredi prochain, une nouvelle audience pour annoncer la liquidation sèche ».

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Une décision inattendue qui laisse les salariés sous le choc. « Je ne sais pas quoi dire », témoigne du bout des lèvres Sandrine, les larmes aux yeux. « C’est terrible ». David Gistau, représentant CGT du personnel, lui, est gagné par la colère. « Ce n’est plus possible », s’emporte-t-il. « On veut du concret, sauver nos 340 salariés, leurs familles et notre territoire. On veut éviter des drames sociaux et on ne lâchera rien. »

Face à cette situation incertaine, les salariés de ce fabricant de pièces automobiles placé en redressement judiciaire en décembre 2019 puis en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité jusqu’au 10 décembre, votent à l’unanimité, à main levée, le blocage de l’usine dès lundi, 5 heures du matin.

« Il faut faire de la Sam un exemple de relocalisation »

Pourtant, la veille, l’espoir animait encore les employés. Car M. Bellity, l’ancien dirigeant de la Sam jusqu’en juin 2016, obtenait le soutien financier de l’Etat, à hauteur de 5,5 millions d’euros, dont 4,5 millions d’euros sous forme de prêts. La région Occitanie s’était aussi montrée favorable à cette ébauche de reprise. Carole Delga, sa présidente PS, avait fait savoir au Monde qu’elle apporterait un soutien financier global de 3,3 millions d’euros.

Mais ces engagements sont conditionnés à l’accord du constructeur automobile Renault, le client quasi unique de la fonderie, qui doit fixer la feuille de route en volume de commande. En mai, le constructeur garantissait un volume d’activité de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires jusqu’au printemps 2022 et le maintien de 250 emplois. « On veut que Renault respecte ses engagements », insiste Sébastien Lallier, délégué syndical CGT et secrétaire du comité social et économique. « On a été les premiers à produire des carters de qualité pour la Clio 5 hybride, livrés dans les délais. Et aujourd’hui, notre remerciement c’est ça ? Il faut faire de la Sam un exemple de relocalisation. »

Plan de relance France 2030 : où sont les emplois ?

C’est la promesse implicite des plans de relance et d’investissement annoncés dans le sillage du Covid : réindustrialiser, renforcer la souveraineté économique, recréer de l’emploi. « Si nous ne prenons pas ce virage de l’innovation et de l’industrialisation, nous continuerons de dégrader nos déficits extérieurs, parce qu’on continuera de dépendre et d’importer, et nous continuerons de créer trop peu d’emplois, trop peu d’opportunités pour nos jeunes et donc de les réparer par de la dépense publique », a défendu Emmanuel Macron lors de la présentation du plan France 2030 le 12 octobre.

L’industrie comme source de prospérité pour le pays, cela fait rêver tous les candidats à la présidentielle. Au cœur de cette mythologie : la France des « trente glorieuses », son plein-emploi, sa croissance et ses usines. Et surtout sa classe moyenne, bâtie sur l’industrie dont les salaires sont traditionnellement plus élevés que dans les services, et les emplois mieux protégés.

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La difficulté, c’est que l’industrie a changé. Non seulement une grande partie des emplois les moins qualifiés ont été délocalisés vers les pays à bas salaires, mais la robotisation se généralise avec les nouvelles technologies, et elle frappe large. « Les activités manufacturières sont moins riches en emplois qu’il y a vingt ou trente ans, note Vincent Vicard, directeur adjoint du Centre d’études prospectives et d’informations internationales, rattaché à Matignon. Les chaînes sont de plus en plus automatisées. »

La démographie industrielle a changé : l’époque des usines à 30 000 ouvriers, comme celle de Renault à Boulogne-Billancourt dans les années 1960, est révolue. « Aujourd’hui, une usine qui ouvre, c’est en moyenne 50 personnes, confirme François Bost, professeur de géographie économique et industrielle à l’université de Reims. Les élus locaux sont souvent déçus quand ils le découvrent, et peuvent avoir tendance à préférer accueillir un entrepôt Amazon qui emploie 2 000 personnes, cela éponge la pauvreté et le mal-emploi. »

La France n’est pas un cas à part. Dans une étude de 2019, les analystes d’Oxford Economics ont estimé que d’ici 2030, près de 20 millions d’emplois industriels pourraient disparaître à l’échelle mondiale du seul fait de la robotisation, dont 2 millions en Europe, cinq fois plus qu’au cours des vingt dernières années. Pour la plupart des experts, l’objectif des pouvoirs publics avec France 2030 n’est donc pas la création d’emplois, mais une contribution plus élevée de l’industrie dans la richesse du pays – à 11 % du produit intérieur brut en France, elle est deux fois moins élevée qu’en Allemagne. L’Elysée s’est d’ailleurs abstenu d’accoler un objectif de création d’emplois à l’annonce du plan.

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Avec la reprise, le nouvel horizon du plein-emploi

Retransmission du discours d’Emmanuel Macron dans un bar, à Lille, le 9 novembre 2021.

En une phrase, Emmanuel Macron a transporté son auditoire vers un âge d’or que la France a quitté depuis des décennies : il faut « viser (…) le plein-emploi », a déclaré le président de la République durant son allocution du 9 novembre. La formule ne peut que frapper les esprits dans un pays où le chômage de masse est profondément enkysté. Elle suggère aussi que des ambitions nouvelles se font jour au plus haut sommet de l’Etat.

Durant la course à la magistrature suprême en 2017, M. Macron avait tracé un cap : ramener de 9,5 % à 7 % la part des chômeurs dans la population active, d’ici à la fin de la mandature. Cet engagement, qui semblait tenir de la gageure avec la récession déclenchée par l’épidémie de Covid-19, est redevenu crédible, grâce à la vigueur de la reprise. « Le programme prévoyait 1,3 million d’emplois supplémentaires en cinq ans », rappelle l’économiste Jean Pisani-Ferry, qui joua un rôle-clé dans l’équipe de campagne du candidat d’En marche ! Or, « à l’été 2021, on n’est pas loin d’1 million d’emplois [en plus] depuis le début du quinquennat », ajoute-t-il, en additionnant les progressions enregistrées pour les travailleurs salariés et non salariés : « Cela laisserait augurer à l’arrivée un résultat assez en ligne avec le chiffrage initial », avance M. Pisani-Ferry, tout en précisant que des « aléas » demeurent.

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Quant au taux de chômage, il se situe aujourd’hui à 8,1 % pour l’ensemble du territoire (outre-mer compris, sauf Mayotte) et pourrait refluer jusqu’à 7,6 % sur les trois derniers mois de l’année, selon les prévisions de l’Insee. Un ratio qui est proche du but que s’était fixé M. Macron. Mais le locataire de l’Elysée entend faire mieux : « Nous ne devons pas viser seulement 7 % de chômage », a-t-il dit, le 9 novembre. Son horizon, c’est donc le plein-emploi, désormais.

« Chômage incompressible »

Jusqu’à quel pourcentage faut-il descendre pour se retrouver dans une telle configuration ? La réponse, que le chef de l’Etat s’est abstenu de livrer, est tout sauf évidente. « Il est très difficile d’identifier le niveau où se situe le plein-emploi », confie Jean-Luc Tavernier, le directeur général de l’Insee. Bien que cette notion ait des connotations idylliques, elle « ne signifie pas que tous les actifs ont du travail », enchaîne Yannick L’Horty, professeur à l’université Gustave-Eiffel (Paris-Est). « Subsiste, en effet, un chômage “frictionnel” imputable au fait qu’un minimum de temps est nécessaire pour se faire embaucher, après avoir quitté un poste ou au moment de démarrer une carrière professionnelle », explique-t-il.

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Le Medef et le département du Nord font cause commune en faveur de l’emploi

C’est inédit en France. Le conseil départemental du Nord et le Medef ont signé, le 18 octobre, un partenariat pour permettre à des allocataires du revenu de solidarité active (RSA) de trouver un emploi. « On ne veut pas faire le travail de Pôle emploi, souligne Yann Orpin, le président du Medef Lille Métropole, mais on parle le langage des entreprises, donc on les comprend. » Pas de quoi froisser la directrice territoriale de Pôle emploi Nord, Séverine Delong, qui précise : « On n’est pas l’un contre l’autre. Si des acteurs-relais portent le même message que nous, on gagne en force de frappe. »

Le dispositif vise 17 000 jeunes sur les 35 000 allocataires de moins de 35 ans de la métropole lilloise. Tous vont être appelés individuellement. « D’ici la fin décembre, 6 000 allocataires auront déjà été contactés par notre partenaire, l’association Tous tes possibles », explique Sonia Tita, chargée de mission inclusion au Medef. Mais tous n’auront pas forcément une offre d’emploi, en raison de leurs problèmes de mobilité, de garde d’enfant ou de santé. « Il faut lever ces freins car le RSA ne peut pas être une solution à vie », juge le nouveau président du département, Christian Poiret, qui présentait, lundi 15 novembre, la troisième édition de « Réussir sans attendre », autre dispositif destiné à ces allocataires.

Une vingtaine de sociétés, dans les domaines de la restauration, de la grande distribution, de l’aide à domicile ou encore des transports, proposent déjà 140 postes

Ce sont donc les personnes étant « prêtes et motivées pour aller à l’emploi » que Sonia Tita va orienter vers des entreprises dont elle connaît les besoins et « qui acceptent de casser les codes du recrutement classique CV et entretien ». Une vingtaine d’entre elles, dans les domaines de la restauration, de la grande distribution, de l’aide à domicile ou encore des transports, proposent déjà 140 postes.

Ainsi, Cleaning Bio, groupement d’entreprises spécialisées dans le nettoyage, recherche une dizaine d’agents d’entretien. « On a trois salariés à l’essai par ce dispositif », note la DRH, Charlotte Dollé. Les entreprises s’engagent à prendre les allocataires pendant deux semaines. « La découverte se fait en binôme, et on a mis en place un parrainage avec des anciens salariés », ajoute-t-elle.

« Tous les secteurs recrutent, dans tous les métiers »

Les besoins sont importants. Dès septembre, le président de la chambre de commerce et d’industrie des Hauts-de-France, Philippe Hourdain, indiquait que 33 % des sociétés interrogées rencontraient des difficultés de recrutement. Selon Frédéric Danel, directeur régional de Pôle emploi à Lille, 60 000 offres sont proposées dans les Hauts-de-France, dont plus de la moitié en CDI. « Nous sommes en train de battre tous nos records. Tous les secteurs recrutent, dans tous les métiers. On n’a pas vu cela depuis vingt ans », constate-t-il. Toutefois, malgré une baisse de 4 % dans la région en trois ans, le taux de chômage reste le plus important de France, à 9 %, soit 572 000 personnes, contre 7,6 % au niveau national.

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Le taux de chômage reste stable en France, à 8,1 % au 3e trimestre, selon l’Insee

Le taux de chômage est resté quasi stable au troisième trimestre 2021 (+ 0,1 point par rapport au trimestre précédent), pour s’établir à 8,1 % de la population active en France (hors Mayotte), selon les chiffres publiés, vendredi 19 novembre, par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). C’est moins bien que ce qu’avait prévu ce dernier dans sa dernière note de conjoncture, au début d’octobre, anticipant un taux de chômage à 7,6 % au troisième trimestre.

Au troisième trimestre, le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) en France (hors Mayotte) atteint 2,4 millions de personnes, soit 52 000 de plus sur le trimestre.

Le taux de chômage « oscille entre 8 % et 8,1 % depuis le quatrième trimestre 2020, au même niveau qu’au quatrième trimestre 2019, avant la crise sanitaire », précise l’Insee. Et de poursuivre : « Cette quasi-stabilité du taux de chômage au troisième trimestre 2021 résulte tout à la fois du fort dynamisme de l’emploi et de celui de la population active, comme au trimestre précédent ».

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Paradoxe

« C’est d’abord une bonne nouvelle, puisque le nombre de Français qui ont un travail n’a jamais été aussi élevé depuis 1975 », a commenté dès la publication des chiffres la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion, Elisabeth Borne. « Le paradoxe, c’est que le taux de chômage ne baisse pas. Pourquoi ? C’est parce que, avec la reprise économique et le nombre important d’offres d’emploi, certaines personnes qui ne cherchaient plus de travail se sont remises à chercher » et apparaissent de nouveau dans les statistiques du chômage, a avancé Mme Borne.

Sur le trimestre, le taux de chômage augmente de 0,3 point pour les 15-24 ans et se stabilise pour les 25-49 ans et les 50 ans et plus, détaille l’Insee. Par rapport aux niveaux respectifs d’avant la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19, soit à la fin de 2019, il est nettement au-dessous pour les jeunes (– 1,2 point) et quasi identique pour les personnes d’âge intermédiaire (– 0,1 point) et les seniors (+ 0,1 point).

S’agissant du « halo autour du chômage », soit les personnes sans emploi qui en souhaitent un mais qui ne satisfont pas les autres critères du BIT pour être considérées comme chômeurs, il « diminue nettement », note l’Insee, avec 1,9 million de personnes dans cette catégorie, en recul de 175 000 sur le trimestre.

Le taux de chômage de longue durée est stable. Parmi les chômeurs, 700 000 déclarent être sans emploi et en rechercher depuis au moins un an. Le taux de chômage de longue durée s’établit à 2,4 % de la population active au troisième trimestre 2021, au même niveau qu’au trimestre précédent et supérieur de 0,2 point à son niveau de la fin de 2019.

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Le Monde avec AFP

Le « conseil en transition » attire les jeunes diplômés des grandes écoles

Devenir consultante n’était pas forcément sa vocation au départ. En sortant de Grenoble Ecole de management, Jeanne Sié, 28 ans, se voyait faire carrière comme responsable RSE (responsabilité sociétale des entreprises). « Mais ce type de poste est difficilement accessible pour un jeune diplômé », regrette-t-elle. C’est ce qui l’a poussée à postuler au département « climate change and sustainability » d’EY & Associés (ex-Ernst & Young). « Le conseil en transition est un métier intéressant qui me permet d’acquérir un vernis en développement durable en me frottant à une multitude d’entreprises et de projets », souligne-t-elle.

Longtemps marginal, le secteur est aujourd’hui en plein développement. « Auparavant, la plupart des entreprises se moquaient des enjeux environnementaux et sociaux », analyse Yves Rannou, professeur de finance à l’ESC Clermont Business School. « Mais l’opinion publique y étant de plus en plus sensible et les législations françaises et européennes de plus en plus dures en la matière, elles n’ont plus le choix désormais que de s’en préoccuper. »

Depuis 2017, toutes les organisations de plus de 500 salariés ont ainsi l’obligation de publier une déclaration extra-financière, ce qui les oblige à adapter leur organisation et à sensibiliser leurs équipes. Une aubaine pour les cabinets de conseil. Décarbonation par-ci, transition sociétale par-là… Tous les poids lourds du secteur investissent le champ du développement durable.

« Contribuer à changer le modèle »

Certains ont senti le vent venir depuis longtemps. Ernst & Young a ainsi créé un département spécifique, il y a vingt-cinq ans. « Quand j’ai rejoint le cabinet en 2002, nous étions à peine 10 dans l’équipe », sourit Alexis Gazzo, associé et responsable du département. L’activité était alors non seulement petite mais aussi considérée comme secondaire pour le groupe. Aujourd’hui, elle mobilise un effectif de 130 personnes en France et 1 400 dans le monde.

« Le développement durable est devenu un sujet stratégique non seulement en termes de business mais aussi en termes de recrutement », souligne Laurent De Cock, DRH d’Accenture France et Benelux. « Les jeunes d’aujourd’hui cherchent certes à se développer mais pas n’importe comment ni à n’importe quel prix. Ils veulent avoir un impact sur la planète et sur la société », assure le DRH.

C’est le cas de Baptiste Pécresse, diplômé de l’école de commerce londonienne CASS et titulaire d’un master de management à l’ESCP Business School de Paris. « J’ai toujours voulu travailler dans les affaires », témoigne le jeune homme de 25 ans. Il s’est rendu compte assez vite que faire du business ne lui suffirait pas. « J’avais besoin de contribuer à changer le modèle tel qu’il était conçu et de participer à la société de demain. »

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Dans les entreprises, l’art de séduire une jeune génération « impatiente » et « exigeante »

« Nous savons que nous, diplômés de grandes écoles de commerce, avons la chance de pouvoir choisir nos employeurs… et donc avons également l’opportunité de mettre la pression sur eux », estime Alice Pégorier. Cette étudiante en master à l’université Paris-Dauphine PSL est membre du collectif « Pour un réveil écologique », qui exerce depuis trois ans une forme de lobbying des jeunes diplômés engagés pour le climat auprès des entreprises. Inscrite dans un pacours spécialisée dans l’énergie et la finance, la jeune femme fait partie – à l’image de nombreux de ses condisciples – de ceux qui veulent « avoir comme mission, dans leur métier, de participer à la transition écologique ». « Ça ne sert à rien d’aller travailler à vélo pour aller travailler chez Total », affirmait déjà, en 2018, le Manifeste étudiant pour un réveil écologique, signé par près de 30 000 jeunes.

Une enquête du cabinet de conseil en stratégie BCG à laquelle 2 242 étudiants et alumni de 138 établissements ont répondu, confirme cette tendance. « Deux tiers des jeunes interrogés préfèrent un emploi plus précaire mais porteur de sens », souligne Vinciane Beauchene, directrice associée du cabinet.

« Ces jeunes ont envie de missions qui les fassent grandir. » Elodie Gentina, chercheuse en sciences de gestion à l’Iéseg School of Management

Quand on leur demande dans quel secteur ils souhaiteraient travailler, 71 % des étudiants citent l’environnement. « Non seulement c’est une aspiration, mais c’est aussi un critère de choix, car ils sont prêts à des renoncements, notamment sur leur rémunération, jusqu’à 12 % du salaire », ajoute l’experte.

Cette tendance se ressent dès leur période de formation. « Ces jeunes ont envie de missions qui les fassent grandir, note Elodie Gentina, chercheuse en sciences de gestion à l’Iéseg School of Management et autrice de plusieurs livres sur la génération Z. Ils ont envie d’être utiles à la société. Des éléments qu’on trouvait moins, par le passé, en école de commerce, mais qui apparaissent maintenant, dans le cadre d’années de césure, pour des missions humanitaires ou d’engagement associatif. »

Une entreprise qui « nourrit »

Avec un engouement pour ces sujets qui se poursuit dans les choix professionnels, où les débouchés dans l’entrepreneuriat social, l’économie sociale et solidaire, et les projets à impact social ou environnemental ont désormais leur place. Les étudiants d’aujourd’hui veulent une entreprise qui leur ressemble, en résonance avec leurs valeurs. « L’entreprise doit les nourrir. Ils sont très méfiants à l’égard des discours qu’ils considèrent vite comme du greenwashing. Ils attendent des preuves de la part de leurs employeurs », poursuit Elodie Gentina.

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A Grigny, l’usine Bergams liquidée sur fond de tensions entre salariés

Deux manifestantes devant l'usine Bergams de Grigny (Essonne), le 22 septembre 2021.

C’est dans un contexte de tensions et de déchirements rarement vus au sein d’un collectif de salariés que le tribunal de commerce d’Evry-Courcouronnes a décidé, mercredi 17 novembre, la mise en liquidation de l’entreprise Bergams, en cessation de paiements depuis quinze jours. C’était le premier employeur de Grigny (Essonne), l’une des villes les plus pauvres de France.

Des 283 salariés de la société spécialisée dans le « snacking ultra-frais », qui préparaient des salades et des sandwichs triangle pour la SNCF, Monoprix, Servair, Starbucks et pour de nombreux restaurants d’entreprises en région parisienne, une centaine (35 %) étaient en grève depuis deux mois pour dénoncer un accord de performance collective (APC) appliqué depuis janvier.

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Celui-ci a accru le temps de travail et baissé les rémunérations d’une partie des salariés, en particulier sur les chaînes de production. Le seul moyen, selon la direction, de sauver cette société frappée par la crise sanitaire, ses clients ayant sensiblement réduit leurs commandes. Tout juste rentable avant la pandémie de Covid-19, après des années de perte, elle a vu son chiffre d’affaires chuter de 55 % en 2020, et a fini sur un déficit de 8,6 millions d’euros. Ses fonds propres sont négatifs.

L’activité de l’entreprise était quasiment à l’arrêt depuis le premier jour de la contestation, le 14 septembre. Car bien que minoritaires, la plupart des grévistes travaillaient sur les chaînes de production (à 90 % en grève) et à la préparation de commandes. La direction les accuse en outre d’avoir totalement bloqué les livraisons et les expéditions dès le début du mouvement, ce qu’ils contestent. Le titre du communiqué publié par Bergams jeudi est sans détour : pour l’entreprise, la liquidation judiciaire est « la conséquence directe » du blocage de son site de production à Grigny.

Impact sur la feuille de paie

Cinq jours plus tôt, pancarte « blocage = chômage » autour du cou, un front de salariés non-grévistes était venu donner de la voix face aux grévistes réunis devant le tribunal de commerce d’Evry, alors que s’y déroulait l’audience. « C’est à cause des grévistes que la boîte a coulé, pas à cause des patrons », assénait une salariée. « L’APC, ils l’ont signé ! Oui, certains ont perdu du salaire, mais il y a eu un référendum, on a fait un choix. On a décidé ce sacrifice pour garder nos emplois. L’activité était bien repartie, ils ont tout fait capoter ! », lançait une autre. « Vous êtes manipulés par la direction ! Vous croyez qu’on a perdu deux mois de salaire pour voir fermer la boîte ? », rétorquait une gréviste.

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L’usine Ascoval ne délocalisera pas une partie de son activité en Allemagne

L’entrée du site de l’usine Ascoval, à Saint-Saulve (Nord), en janvier 2018.

Au terme de deux jours intenses, la mobilisation semble avoir payé autour de l’emblématique usine d’aciérie électrique Ascoval de Sainte-Saulve (Nord), menacée de voir une partie de son activité transférée en Allemagne par son propriétaire, Saarstahl.

Après plusieurs rencontres et à l’issue d’une nouvelle réunion dans la soirée au ministère de l’économie avec le groupe sidérurgique allemand, le cabinet de la ministre déléguée chargée de l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, a fait savoir à l’Agence France-Presse (AFP), jeudi 18 novembre, que « Saarstahl a[vait] indiqué son accord pour renoncer à son projet de transfert d’activité d’Ascoval vers son site allemand ».

Mercredi, les représentants des syndicats CGT et CFDT du site racheté il y a quatre mois par Saarstahl avaient affirmé que l’aciérie pourrait voir 40 % de sa production temporairement transférée en Allemagne. En cause : la hausse des prix de l’électricité qui alimente le site, à la pointe en matière environnementale.

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Le charbon moins cher, mais plus polluant

Saarstahl n’avait pas confirmé, affirmant n’avoir pris « aucune décision », mais le groupe avait reconnu qu’il étudiait des « options temporaires » pour « limiter les effets négatifs » de cette hausse, quand ses hauts fourneaux en Allemagne tournent au charbon, bien moins cher.

Le gouvernement avait rapidement réagi, après plusieurs années de mobilisation pour sauver le site et encore un récent prêt de 20 millions d’euros en début d’année pour payer les salaires. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, avait affirmé, jeudi matin, qu’il n’était « pas question » que l’aciérie voie son activité délocalisée « définitivement » en Allemagne.

Rappelant qu’il s’était « battu avec beaucoup d’énergie » pour sauver cette usine employant 270 salariés et produisant des barres d’acier destinées à la fabrication de rails, notamment pour la SNCF, et lui trouver un repreneur, il avait assuré que le gouvernement n’avait pas l’intention de « la laisser tomber ».

A en croire Bercy, le branle-bas de combat a même débuté il y a « plusieurs semaines » pour alléger les coûts des entreprises touchées par la hausse des prix de l’énergie, avec notamment l’annonce, au début de novembre, d’une aide aux entreprises les plus consommatrices d’électricité, dont Ascoval.

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Une délocalisation « scandaleuse »

Les réactions politiques n’avaient pas tardé, en pleine précampagne électorale, alors que le gouvernement a fait de la réindustrialisation et de la décarbonation de l’industrie un de ses objectifs prioritaires. Dès mercredi, le député du Nord et candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel avait écrit à Bruno Le Maire pour lui demander d’« intervenir sans délai ».

Les candidats à l’investiture du parti Les Républicains Valérie Pécresse et Xavier Bertrand étaient eux aussi montés au créneau, la première fustigeant une délocalisation « scandaleuse et ubuesque, surtout quelques jours après la COP26 de Glasgow ».

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Cette menace tombait en effet mal pour l’exécutif, qui affiche l’ambition de faire de la France une terre de production industrielle et décarbonée, grâce à une électricité nucléaire faiblement émettrice en CO2.

« Il faut que le gouvernement accède à la demande d’Ascoval sur le tarif de l’électricité », avait réclamé jeudi Xavier Bertrand, l’actuel président de la région Hauts-de-France, en marge d’une séance du conseil régional. « Quand on veut, on peut. Le président de la République vient demain dans la région ? Eh bien, il faut que lui-même apporte la réponse très clairement », avait ajouté Xavier Bertrand, alors qu’Emmanuel Macron se rend dans le Nord et l’Aisne, vendredi, pour un déplacement sur le thème du développement des territoires.

Le sujet est sensible, tant le sort d’Ascoval a mobilisé ces dernières années le gouvernement et Emmanuel Macron, à la fois comme ministre de l’économie sous François Hollande, puis depuis son arrivée à l’Elysée. Lors du rachat par le groupe sidérurgique allemand, validé en août, Bruno Le Maire avait salué « une très bonne nouvelle pour l’avenir de la filière sidérurgique française et pour les salariés ».

Le Monde avec AFP