Les salariés des entreprises en difficulté désabusés face aux visites des candidats à la présidentielle

L’image avait fait la une des « 20 heures ». Le 24 février 2012, le candidat à la présidentielle François Hollande, debout sur un camion, haranguait la foule des ouvriers l’acclamant sur le site de Florange, en Moselle, pour rappeler les « promesses qui n’avaient pas été honorées » de son adversaire Nicolas Sarkozy. Quelques mois plus tard, le candidat PS était élu président de la République. Et les hauts-fourneaux de Florange n’ont jamais redémarré. « Sarkozy nous avait promis monts et merveilles, dénonce Walter Broccoli, ex-syndicaliste FO de Florange. Hollande nous a aussi promis monts et merveilles et, quelques mois après, nous a laissé tomber. »

A chaque élection, des sites industriels menacés de fermeture voient défiler leur lot de postulants à l’Elysée. Alors que le chômage demeure une des principales craintes des Français, les visites d’usines sont devenues un passage obligé pour les candidats. Tous gardent en tête cette réalité : le vote ouvrier, qui représente encore 5,3 millions de bulletins en France, a porté les candidatures de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon lors de la dernière élection présidentielle.

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Il y a les « bons clients », les élus habitués à aller au contact de la population : « Ceux qui aiment bien se mettre en tête de cortège lors des manifs », ironise Walter Broccoli. Et il y a les politiques peu rompus à l’exercice, à leurs risques et périls. « Si, à chaque fois qu’il y a un plan social, on doit nationaliser… » Cette réplique d’un Lionel Jospin mal à l’aise face à un ouvrier qui l’interpellait sur le sort des salariés de Lu à Evry (Essonne), en mars 2002, reste encore en travers de la gorge de Philippe Aoune. « Il nous a pris pour des imbéciles », fulmine cet ex-cariste et délégué FO à l’usine Lu de Ris-Orangis. Filmée, l’altercation fut suivie de la chute de l’ex-premier ministre dans les sondages et par sa défaite lors du premier tour de l’élection présidentielle, un mois plus tard.

Séquence nostalgie

En 2017, c’est l’affrontement, par caméras interposées, des candidats Emmanuel Macron et Marine Le Pen sur le sort de l’usine Whirlpool, à Amiens, qui a marqué les esprits. « Seule la presse locale a été prévenue de la venue d’Emmanuel Macron, affirme Cécile Delpirou, députée LRM de la Somme et ancienne déléguée syndicale CFE-CGC de l’usine amiénoise. Mais comme “Envoyé spécial” consacrait une de ses enquêtes à Whirlpool, il y avait énormément de journalistes sur place. » Dans une « séquence nostalgie » très calculée, le chef de l’Etat est d’ailleurs retourné à la rencontre d’anciens salariés de Whirlpool, à Amiens, en novembre 2021.

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Rencontres RH : répondre à la détresse des manageurs après deux ans de Covid-19

Comment résoudre le malaise et l’épuisement chez les manageurs ? A l’occasion des Rencontres RH, le rendez-vous mensuel de l’actualité du management créé par Le Monde en partenariat avec ManpowerGroup, une douzaine d’acteurs des ressources humaines ont partagé en visioconférence, mardi 11 janvier, leurs inquiétudes et solutions vis-à-vis de la santé des manageurs, mise à rude épreuve depuis près de deux ans.

En effet, ces salariés ont fait l’expérience des nombreuses recompositions du travail : « Les cadres de proximité sont en première ligne, dans une position d’interface très conflictuelle, introduit Yves Clot, professeur émérite en psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). Ils sont chargés d’incarner des critères d’efficacité, mais en même temps sont confrontés avec leurs équipes à une forme d’attachement. » L’instabilité des organisations de travail a été coûteuse en énergie : « Les manageurs se sont beaucoup mobilisés pendant les confinements successifs, notamment sur le bien-être de leurs équipes, et ils se sont peut-être un peu oubliés », juge Juliette Couaillier, chief talent officer d’Havas.

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L’absentéisme est l’expression de ce mal-être : il a augmenté fin 2021 à la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) pour atteindre 4,9 %. « Des gens veulent s’échapper de la fonction pour retrouver du souffle », décrit Jérôme Friteau, DRH de la Caisse nationale d’assurance vieillesse. « On observe énormément de fatigue, d’épuisement. Selon un sondage OpinionWay pour Empreinte humaine, le taux de détresse psychologique est de 48 % chez les manageurs, et de 44 % pour les non-manageurs, relève Laurence Breton-Kueny, DRH de l’Association française de normalisation (Afnor) et vice-présidente de l’Association nationale des DRH (ANDRH). Pour les manageurs, les signaux faibles ne sont pas toujours remontés, c’est difficile pour eux de dire qu’ils ont mal. » « J’ai envie de garder une pointe d’optimisme, ajoute de son côté Amélie Watelet, DRH d’Axa France. Bien entendu la santé est au cœur, avec la prévention de risques psychosociaux en augmentation, mais on n’observe pas chez Axa une particulière augmentation du turnover. »

Un mode hybride complexe

Si les fonctions d’encadrement se sont plutôt bien adaptées face à l’urgence du premier confinement de mars 2020, c’est la répétition des déconfinements et reconfinements qui a épuisé les troupes. « Il y a eu plusieurs phases pour les manageurs, explique Jérôme Friteau. Une première phase de sidération et d’adaptation comme ils ont pu, un apprentissage tout au long de la crise, et maintenant une phase d’épuisement. Il y a un contraste entre septembre 2021, où l’on retrouvait du présentiel et du collectif, et octobre, où l’on a basculé dans l’épuisement. »

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Jean Castex annonce un soutien renforcé dans l’hôtellerie, la restauration et l’événementiel

Au Petit Riche, restaurant du 9e arrondissement de Paris, le 9 juin 2021.

Le climat est morose depuis la rentrée de janvier dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration, affectés par les restrictions liées à la crise sanitaire. Le premier ministre, Jean Castex, a annoncé, mardi 18 janvier, un soutien renforcé pendant deux mois pour les entreprises de moins de 250 salariés dans l’hôtellerie, la restauration, les traiteurs, l’événementiel et les agences de voyages.

« En décembre et janvier », les entreprises de moins de 250 salariés perdant au moins 30 % de leur chiffre d’affaires en raison des restrictions prises à la fin de 2021 pour contenir la cinquième vague de Covid-19 auront droit à une « aide exceptionnelle au paiement des cotisations salariales », d’un montant égal à 20 % de leur masse salariale, a déclaré M. Castex, lors d’un déplacement dans une brasserie parisienne.

Les entreprises concernées sont celles des secteurs de « l’hôtellerie, de la restauration, des traiteurs, de l’événementiel et des agences de voyages », a-t-il précisé, qui « continuent d’être très fortement impactés par la crise sanitaire », a souligné M. Castex, au côté de la ministre du travail, Elisabeth Borne, et du ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises (PME) et du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, au terme d’une rencontre avec les représentants des organisations patronales du secteur des hôtels, cafés et restaurants.

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Perte de plus de 65 % de leur chiffre d’affaires

Quant aux entreprises de moins de 250 salariés des mêmes secteurs qui perdront plus de 65 % de leur chiffre d’affaires, elles recevront, en décembre et en janvier, cette même aide au paiement des cotisations salariales de 20 %, mais elles « seront également exonérées de charges patronales », a annoncé le premier ministre.

A l’heure actuelle, toutes les entreprises perdant 65 % de leur chiffre d’affaires en raison des restrictions sanitaires ont accès au remboursement de l’activité partielle à 100 % sans reste à charge, a-t-il rappelé. Celles du tourisme qui perdent au moins 50 % de leur chiffre d’affaires voient l’intégralité de leurs coûts fixes pris en charge.

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Pour l’heure, le nombre d’entreprises concernées ou le coût de ces nouvelles mesures, qui « restera modéré au regard de celles engagées par le passé », ne sont pas encore évalués, ont expliqué les services de Matignon.

Le Monde avec AFP

Prix de l’électricité : appel à la grève à EDF pour protester contre les mesures imposées par le gouvernement

Les mesures du gouvernement pour limiter la hausse des prix de l’électricité en France ne passent pas chez EDF. Les quatre principaux syndicats du secteur énergétique ont lancé, mardi 18 janvier, un appel commun à la grève des salariés d’EDF.

« On a eu une réunion interfédérale hier soir, les quatre organisations, FO, CFE-CGC, CFDT et FNME-CGT, ont fait un appel commun [pour] le 26 janvier », a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la FNME-CGT chargé de la politique revendicative.

Les quatre syndicats de branche appellent, selon lui, « à protester contre cette décision scandaleuse d’augmentation du plafond de l’Arenh [accès régulé à l’électricité nucléaire historique], qui vient spolier le rôle d’EDF, voire organiser la destruction d’EDF ». « La situation est grave, l’attaque est lourde de sens, et la riposte doit être collective », a estimé, de son côté, FO Energie et Mines.

Alors que les prix de l’énergie flambent, le gouvernement a demandé jeudi à EDF, dont l’Etat possède 84 %, d’augmenter de 20 % le volume d’électricité nucléaire vendu à prix réduit à ses concurrents cette année afin de contenir la hausse des factures pour les consommateurs.

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Au lieu de vendre aux prix forts du marché, le groupe va donc vendre à un prix réduit jusqu’à 40 % de sa production électrique en 2022 et perdre des milliards d’euros – environ 8 milliards sur son excédent brut d’exploitation 2022, selon EDF.

La décision du gouvernement est un « choc », selon le PDG

La décision a ému jusque dans les plus hautes sphères de l’énergéticien. Dans un message interne aux « manageurs » d’EDF, le PDG, Jean-Bernard Lévy, a qualifié la décision du gouvernement de « véritable choc ». « Ce n’est pas ce que nous avions proposé au gouvernement », cette décision « va peser lourdement sur nos résultats », a-t-il souligné dans ce texte, consulté par l’AFP. « Beaucoup d’entre vous m’ont fait part de leur soutien, voire de leur indignation, et je partage votre émotion », a aussi écrit le PDG.

Cette décision du gouvernement, la semaine dernière, s’est ajoutée à de nouveaux retards pour l’EPR de Flamanville (Manche) et au problème de corrosion sur des systèmes de sécurité de nouveaux réacteurs. Le cours d’EDF avait plongé à l’issue de cette semaine noire.

« Nous serons aux côtés d’EDF pour les aider à passer cette difficulté », avait déclaré, la semaine dernière, Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, relançant des spéculations à propos d’une possible recapitalisation.

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L’appel du 26 est indépendant d’un autre mouvement social destiné à défendre une revalorisation des salaires dans l’ensemble du secteur de l’énergie, à l’appel de la seule FNME-CGT. Quelques sites ont devancé cet appel du 25 – des centrales thermiques à flamme (centrales électriques fonctionnant au gaz, au fioul ou à ce qui reste du charbon).

C’est notamment le cas de la Cetac (centrale d’exploitation des turbines à combustion), qui pilote six petits sites de production en Ile-de-France et en Bretagne, et de la centrale de Martigues, ce qui représente une indisponibilité d’environ 2 300 MW au total, selon la CGT.

Le Monde avec AFP

Les salariés du médico-social revendiquent des hausses de salaire et appellent à la grève

Ils sont psychologues, éducateurs spécialisés ou assistantes sociales, et réclament les mêmes revalorisations salariales que celles octroyées à leurs collègues soignants : les salariés du social et du médico-social, au service de personnes handicapées ou d’enfants en difficulté, sont appelés à la grève, mardi 18 janvier, pour dénoncer une « rupture d’égalité ».

De 450 000 à un million de professionnels, employés des fonctions publiques hospitalière et territoriale ou du secteur privé, sont concernés par cette situation, ont expliqué, lundi, lors d’une conférence de presse les représentants d’une intersyndicale CFDT-FO-UNSA.

Il s’agit de personnels non soignants – dont les administratifs et les techniciens – employés dans les établissements ou services qui prennent en charge des personnes âgées ou handicapées, mais aussi des enfants ou adolescents vulnérables, ou encore des sans-abri.

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« Les différences de traitement selon la catégorie socioprofessionnelle dans un même établissement ou un même service ne sont pas acceptables », a résumé lors de la conférence de presse Nathalie Pain, de la CFDT-Santé-Sociaux.

« Un problème d’équité »

Des hausses de rémunération de 183 euros net par mois ont été octroyées à l’été 2020 lors du Ségur de la santé aux personnels des hôpitaux et des maisons de retraite. Mais elles n’ont été étendues que progressivement et partiellement à d’autres secteurs, entraînant une fuite des compétences pour les secteurs mieux rémunérés et d’importantes difficultés de recrutement, dénoncent les syndicats.

« C’est un problème d’équité. Certains professionnels démissionnent, ils sont dégoûtés par l’absence de reconnaissance de leur métier », a souligné Didier Birig, de FO.

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En novembre 2021, le premier ministre, Jean Castex, avait annoncé qu’une « conférence des métiers de l’accompagnement social et médico-social » serait organisée avant le 15 janvier. Cette conférence avait toutefois ensuite été reportée dans le courant du premier trimestre, à une date non précisée, alimentant encore la colère des syndicats. Cette concertation aura finalement lieu le 18 février, a fait savoir, lundi, une source gouvernementale.

Le Monde avec AFP

« Dans les provinces chinoises, les fonctionnaires sont à la diète car les caisses sont vides »

Chronique. Dans ce pays où le « peuple » a la chance d’être au pouvoir, mais pas celle d’avoir des représentants syndicaux dignes de ce nom, c’est semble-t-il d’un simple message posté en décembre sur les réseaux sociaux que tout est parti. Une fonctionnaire de la ville de Hangzhou, dans l’est du pays, se plaignait ouvertement en ces termes : « Ecoutez ça. Mon salaire annuel est amputé d’environ 25 %. Ça fait 50 000 yuans en moins [6 900 euros]. Comment est-ce que je peux m’en sortir ? »

Même s’il a rapidement été censuré, le post a provoqué de multiples réactions. Certains Chinois en ont d’abord déduit que cette femme gagnait la coquette somme de 200 000 yuans par an, soit plus que de nombreux salariés du privé. Mais surtout, les langues se sont déliées. Hangzhou, qui a le privilège d’abriter le siège social du le numéro un du commerce en ligne Alibaba, n’est pas un cas unique. Un policier du Zhejiang aurait vu lui aussi son salaire amputé de 25 %. Dans cette province, dans le Guangdong et dans le Jiangsu, diverses primes auraient sauté. A chaque fois, on évoque des baisses de revenus de 25 % à 30 %. Dans le Shandong, c’est le treizième mois qui est passé à la trappe. Interrogée par un journal provincial, la municipalité de Suzhou, la « Venise chinoise », a reconnu procéder à un « ajustement » du salaire des fonctionnaires. Dans le Jiangxi, la ville de Dexing aurait ordonné aux enseignants de rembourser les primes perçues, soit 50 % de leur salaire.

50 millions de personnes

Le traitement des fonctionnaires chinois est d’une grande opacité. « Les départements chargés du personnel au sein du gouvernement sont, à l’image des départements chargés de l’organisation au sein du Parti [communiste], parmi les départements les plus mystérieux », notait Alfred Wu, un universitaire de Singapour, dans son ouvrage Governing Civil Service Pay in China, (Nias Press, non traduit), paru en 2014, mais qui continue de faire référence. On ignore jusqu’au nombre de fonctionnaires. On sait juste qu’ils étaient 7,1 millions (sans les enseignants) à la fin de 2015. Un chiffre qui ne tient pas compte des contractuels : environ 50 millions de personnes. Si une partie du traitement des fonctionnaires est fixe et définie par Pékin, une partie – qui peut être aussi importante – est variable. Primes, logement ou voiture de fonction, accès à des hôpitaux ou des écoles spécifiques… Tout existe.

Les collectivités disposaient d’une seule vache à lait : la vente de terrains aux promoteurs immobiliers. La faillite du leader du secteur, Evergrande a sifflé la fin de la partie

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Elus et salariés se mobilisent pour tenter de sauver 1 900 emplois chez Scopelec

L’inquiétude grandit chez les 3 800 salariés de la plus grande SCOP (société coopérative de production) de France, Scopelec, basée dans le Tarn et spécialiste des infrastructures et technologies de télécommunications. En juillet 2021, l’entreprise a perdu des contrats avec Orange pour un « marché d’exploitation et de maintenance des réseaux télécoms à hauteur de 150 millions d’euros annuels ». Soit près d’un tiers du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise (463,9 millions d’euros).

Selon la direction de Scopelec, qui se refuse à communiquer davantage, et les syndicats, près de 1 900 emplois sont menacés, dont 580 en Nouvelle-Aquitaine, 500 en Occitanie et 300 en Bourgogne-Franche-Comté. « Nous n’avons aucune information depuis un mois et la situation devient critique chez les salariés, qui s’interrogent de plus en plus », relate Frédéric Mazars, délégué syndical Force ouvrière (FO) et chef de chantier dans le Tarn.

Vendredi 14 janvier, ceux-ci se sont mis en grève sur des sites d’Occitanie, dans le Tarn, le Lot ou en Aveyron. La veille, une réunion était organisée dans les locaux du conseil régional. Le vice-président au développement économique, Jalil Benabdillah, se dit « extrêmement préoccupé » et parle également d’une menace sur 1 800 à 1 900 emplois. « Nous demandons qu’Orange suive formellement ce qu’ils nous ont promis, c’est-à-dire aucune perte d’emplois dans nos territoires », affirme l’élu.

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L’opérateur historique, détenu par l’Etat à 23 %, a confirmé au Monde que deux des trois lots attribués, suite à un appel d’offres lancé en janvier 2021, ont été perdus par Scopelec. Marc Blanchet, directeur technique et système d’information d’Orange de l’entreprise, explique : « Dans un secteur en forte concurrence, nous avons modifié un cahier des charges pour répondre aux demandes de nos clients. Scopelec, qui était notre premier sous-traitant, n’a pas donné de garanties et, surtout, de nombreux indicateurs qualité faisaient défaut depuis quelques années. » Le syndicat majoritaire chez l’opérateur, la CFE-CGC, a demandé un audit sur ces indicateurs, « par respect pour une relation longue de cinquante ans ».

« Pas un sous-traitant lambda »

Lors de cet appel d’offres national, la France était divisée en trente-cinq zones, dont trois pour l’Occitanie. Les entreprises Solutions 30, Sogetrel et SADE Télécom ont été retenues. Le 3 mars, Orange attribuera le dernier lot, dit d’intervention client travaux réseau, qui ne concerne que 200 à 300 emplois en France. Du côté de la région Occitanie et chez les salariés, l’espoir se porte vers les entreprises qui ont remporté les marchés et seraient susceptibles de reprendre des salariés de Scopelec.

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La pandémie de Covid-19 continue de menacer la reprise économique mondiale

L’économie mondiale est loin d’en avoir fini avec la pandémie de Covid-19, qui frappe la planète depuis deux ans. Alors que l’Organisation internationale du travail (OIT) évoquait, en janvier 2021, les « signes d’une timide reprise économique », bénéfique pour le monde du travail, la voici contrainte de revoir à la baisse ses perspectives. Dans un nouveau rapport, présenté lundi 17 janvier, l’agence tripartite des Nations unies (regroupant les représentants des gouvernements, des employeurs et des salariés de 187 Etats membres) annonce que ces perspectives « se sont dégradées (…), et un retour aux performances d’avant la pandémie risque de rester hors de portée pour une grande partie du monde au cours des prochaines années ».

En chiffres, cela donne quelque 52 millions d’emplois à plein temps (sur la base d’une semaine de travail de quarante-huit heures) perdus, soit un déficit de près de 2 % par rapport à la période d’avant la pandémie – il était espéré à moins de 1 %. En cause, le maintien à un niveau élevé de la circulation du virus à l’échelle internationale et l’apparition du variant Omicron, qui en a renforcé la propagation. « Chaque nouvelle flambée épidémique entraîne des reculs. Elle a ainsi eu de fortes répercussions sur de nombreux progrès en matière de travail décent réalisés avant la pandémie, et les déficits qui préexistaient pèsent sur les perspectives de reprise durable dans de nombreuses régions », écrivent les auteurs du rapport.

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Et le rétablissement de la demande devrait prendre du temps, craint l’OIT. Un cercle vicieux se met en place avec des revenus du travail maintenus à un niveau modéré, la perte de salaires pour un grand nombre de travailleurs sans mise en place de revenus de remplacement, entraînant une baisse significative de la demande globale. « L’effet est particulièrement marqué dans les pays en développement, où la part des populations économiquement vulnérables est plus importante et où l’ampleur des plans de relance a été moindre. »

Inégalités

Par ailleurs, de nombreux salariés qui avaient quitté la population active durant les deux dernières années ne l’ont pas réintégrée, contribuant à la sous-estimation du nombre de chômeurs. « Le taux de chômage mondial devrait rester supérieur à son niveau de 2019 jusqu’en 2023 au moins. » Comparé à 2019, le chômage mondial dépasserait de 21 millions son niveau de 2019, atteignant le total de 207 millions en 2022.

Les statistiques mondiales, comme souvent, cachent une réalité inégale. Le relèvement du marché du travail se fait plus rapidement dans les pays à revenu élevé, comme aux Etats-Unis ou en Europe. Les pays « à revenu intermédiaire inférieur », en Asie du Sud-Est, en Amérique latine ou dans les Caraïbes sont ceux qui connaissent la reprise la plus lente.

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Au-delà de la situation préoccupante du marché du travail, l’avenir s’annonce difficile pour les jeunes. En effet, souligne l’OIT, « la fermeture d’écoles, d’universités et d’établissements de formation professionnelle pendant de longues périodes dans de nombreux pays a affaibli les résultats d’apprentissage, ce qui aura des répercussions en cascade, à long terme, sur l’emploi et la formation continue des jeunes ».

Les évolutions économiques constatées durant les deux années de la pandémie pourraient aussi perdurer et « devenir structurelles ». « Nous constatons déjà des dégâts potentiellement durables sur le marché du travail, et nous assistons à une augmentation préoccupante de la pauvreté et des inégalités. De nombreux travailleurs se voient contraints de passer à de nouveaux types d’emplois, par exemple, en raison de la baisse d’activité prolongée dans le secteur des voyages internationaux et du tourisme », s’inquiète Guy Ryder, le directeur général de l’OIT. Pour l’organisation internationale, la reprise, pour être durable, devra se fonder sur les principes du travail décent, en matière de santé, de sécurité, d’égalité, de protection sociale et de dialogue social.

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Licenciements massifs dans les entreprises de la tech chinoise

Au siège de ByteDance, à Pékin (Chine), le 7 juillet 2020.

Quand des collègues des activités liées aux services financiers et à l’éducation en ligne chez ByteDance, le groupe détenteur de l’application TikTok, ont été licenciés, Mme Yang, 30 ans, ne s’est pas inquiétée. Ces deux business ont souffert en 2021 de plusieurs campagnes de régulation menées par Pékin. Mais, lorsque après six ans au marketing de la start-up chinoise la plus valorisée au monde, elle a été licenciée à son tour, Mme Yang est tombée des nues. « C’est arrivé tellement vite que je n’aurais jamais imaginé en être moi-même victime », témoigne la jeune Pékinoise.

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« Apparemment, on ne parvenait pas à vendre nos produits assez bien. Le chef de notre section et son adjoint ont été remerciés. On nous a proposé un transfert ou un licenciement, mais on nous mettait la pression pour partir. » Aujourd’hui, la jeune femme a décidé d’attaquer en justice l’entreprise, pour tenter d’obtenir de meilleures compensations.

Sous la pression d’une série de mesures de régulation, les géants chinois du numérique ont massivement supprimé des postes à la fin de l’année 2021. Le 8 janvier, le patron de New Oriental, l’un des leaders de l’éducation en ligne, a annoncé avoir licencié 60 000 employés au cours des six derniers mois. En août, le secteur du tutorat a été dévasté par une mesure imposant aux entreprises de devenir des « entités à but non lucratif ». New Oriental, l’un des pionniers, a perdu 90 % de sa valeur en Bourse, et son chiffre d’affaires a fondu de 80 %.

Abus de position dominante

Plus tôt dans l’année 2021, les fintech avaient subi les foudres du régulateur, de même que les propriétaires de plates-formes de ventes et de livraisons de repas, Alibaba et Meituan en tête, punis pour abus de position dominante. En juillet, le leader chinois des VTC, Didi, a fait l’objet d’une enquête, et a été contraint d’obtempérer en quittant la Bourse de New York, cinq mois après son introduction. Il a interdiction de recruter de nouveaux clients depuis cet été.

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Le ralentissement de l’économie chinoise n’arrange rien : après un rebond en 2020 grâce à un plan de relance post-Covid et des exportations dynamiques, l’économie chinoise a montré des signes de fatigue en 2021. La politique de tolérance zéro face au Covid permet au pays de protéger sa population, mais elle est de plus en plus coûteuse, à mesure qu’émergent des variants plus contagieux.

Les secteurs du tourisme et de la restauration sont les premiers touchés, mais la consommation générale ralentit, avec une augmentation de 3,9 % en novembre 2021, contre 4,9 % en octobre. Surtout, l’immobilier chinois, qui assure indirectement près de 30 % de l’activité, est à la peine, avec des prix en baisse depuis septembre et plusieurs promoteurs en difficulté, comme Evergrande. Là encore, ce sont les mesures prises par Pékin pour tenter de réguler un secteur surendetté qui ont fragilisé les entreprises.

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