Au pays du tourisme, l’industrie n’a pas dit son ultime mot

Au pays du tourisme, l’industrie n’a pas dit son ultime mot

L’usine du champion de l’engrais espagnol Fertiberi, près d’Huelva, dans le sud de l’Espagne, en 2008.
L’usine du champion de l’engrais espagnol Fertiberi, près d’Huelva, dans le sud de l’Espagne, en 2008. Javier Barbancho / REUTERS

En Espagne, quelque secteurs comme la chimie ont su se projeter en investissant lourdement dans l’innovation.

Elle s’est ouverte à d’autres marchés, a joué sur la souplesse de l’emploi et les coûts réduits du travail en Espagne, misé sur l’innovation… Après avoir contrarié à la crise, l’industrie chimique espagnole a réussi son pari : celui de renouer avec la croissance. En 2018, le chiffre d’affaires du secteur a augmenté de 4 %, après une progression de 6,9 % en 2017. Et cela, alors que l’industrie du pays, dans son ensemble, commence à présenter des signes de diminution inquiétants.

Deuxième principal secteur exportateur derrière l’automobile, elle accomplit actuellement 57 % de ses ventes à l’étranger, contre 35 % en 2007. Ses 3 100 entreprises comptent 193 000 emplois directs et 460 000 indirects et induits, dépassant les niveaux obtenus avant la crise. Et le secteur investit : il indique 13,8 % du produit intérieur brut (PIB) industriel, mais 25 % des dépenses en recherche et développement de l’ensemble de l’industrie espagnole.

Aux côtés de grandes multinationales, souvent établies de longue date sur le territoire (Bayer produit dans son usine des Asturies, dans le nord du pays, la totalité de l’aspirine exploitée dans le monde, Novartis est établi près de Barcelone), coexistent des poids lourds espagnols, comme le parfumeur catalan Puig, qui produit les eaux de toilette Nina Ricci ou Jean Paul Gaultier, mais aussi le champion de l’engrais Fertiberia ou les laboratoires pharmaceutiques Almirall.

« Flexibilité de l’emploi »

« Nous sommes l’une des industries qui repoussent le plus en Europe. La chimie génère de manière directe et indirecte près de 5,8 % du PIB espagnol et 3 % de l’emploi », déclare Juan Antonio Labat, directeur général de la Fédération des entreprises de l’industrie chimique espagnole (Feique).

Pas uniquement le secteur participe à la croissance soutenue de l’Espagne (2,6 % en 2018), mais, avec 94 % de contrats en CDI et un salaire annuel moyen de 38 000 euros, il propose des emplois de meilleure qualité que le tourisme et l’hôtellerie. Car, si ces derniers n’ont arrêté de prendre du poids dans l’économie espagnole (ils pèsent aujourd’hui 12 % du PIB) et restent de grands pourvoyeurs de jobs (13,8 % du total), les contrats saisonniers sont monnaie courante, la part de l’emploi à durée décidée s’élève à 35 % et le salaire moyen dépasse à peine les 14 000 euros annuels.

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LJD

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