Après une chute historique, l’emploi salarié a limité la casse au deuxième trimestre

Compte tenu du contexte, le chiffre résonne presque comme une bonne surprise. D’avril à fin juin, sur un trimestre où le produit intérieur brut (PIB) de l’économie française a plongé de 13,8 %, le nombre d’emplois détruits n’est « que » de 119 400 emplois, soit 0,6 % des effectifs salariés. Le trimestre précédent, marqué par le début du confinement le 17 mars et la fermeture de très nombreux commerces et services, près d’un demi-million d’emplois avaient disparu, soit 2,5 % des emplois. Sur le premier semestre 2020, l’emploi salarié dans le secteur marchand a chuté de 3,4 %, soit la plus forte chute sur un semestre depuis que cette statistique existe. A titre de comparaison, au cœur de la crise économique de 2008-2009, cet indicateur avait baissé de 1,7 % entre septembre 2008 et mars 2009.

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Le signal positif du deuxième trimestre provient du retour des intérimaires. Le nombre de missions a rebondi de manière significative avec 108 500 emplois (équivalent temps plein) créés, en hausse de 23,1 % après une chute historique de 40,4 % durant le trimestre précédent. Dans de nombreux secteurs, en effet, l’ajustement à la baisse des emplois s’était fait au détriment, en premier lieu, des travailleurs intérimaires.

Réouverture des bars et restaurants

« La baisse de l’emploi est très limitée par rapport à la baisse de l’activité et au recul du PIB, souligne Sylvain Larrieu, économiste à l’Insee. Cela montre que l’essentiel de cette diminution d’activité s’est traduit par des mesures de chômage partiel ou par des congés classiques. Les personnes ont travaillé moins d’heures, mais ont conservé leur emploi. » Cette analyse est étayée par les chiffres de Pôle emploi : en juin, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A – n’exerçant aucune activité – avait baissé de 4,6 % par rapport au mois précédent. Une baisse due au retour de demandeurs d’emploi vers une activité réduite, selon les chiffres du service public de l’emploi publiés le 27 juillet. Il n’en reste pas moins que l’étiage reste particulièrement bas : les effectifs salariés dans le secteur privé sont revenus à leur niveau de juin 2017, effaçant ainsi toutes les créations d’emplois constatées en deux ans et demi.

« Les mesures de déconfinement et les plans de soutien ont permis à la majorité des TPE-PME de reprendre leur activité et ainsi de remobiliser leurs salariés », confirme Jean-Philippe Romero, membre du Cercle Perspectives, qui regroupe environ 15 000 experts-comptables qui travaillent auprès de 80 000 entreprises. Selon les données sociales – bulletins de salaires, déclarations d’embauche, etc. – examinées par ces professionnels, « le taux d’inactivité s’établit à une moyenne nationale de 14 %, soit une baisse de 13 points entre mai et juin ».

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