Transport aérien : « Supprimer les vols intérieurs revient à exposer les territoires à des risques de délocalisation, à des suppressions d’emplois »

Tribune. Comment réduire les effets néfastes du transport aérien ? Telle était la question posée aux membres de la convention citoyenne pour le climat. Les réponses ne se sont pas fait attendre : interdire et taxer. Les représentants du secteur aérien sont en droit de se demander ce que l’on a bien pu raconter aux membres de cette convention pour voir traité de la sorte un secteur fort de plus de 320 000 salariés, aussi vital pour l’économie des territoires, la vie des entreprises et la mobilité des citoyens.

Le projet de loi Climat et résilience en cours d’examen au Parlement s’inscrit dans la même logique : le seul moyen de réduire les émissions du transport aérien, c’est d’arrêter de prendre l’avion. Cette logique de décroissance appliquée uniquement à la France est mortifère et déconnectée des réalités d’un transport aérien mondialisé. Tout concourt à ce que l’usage de l’avion se développe d’abord et surtout en Asie, en Afrique et en Amérique latine. En Europe, le trafic est plus mature, mais l’avion reste incontournable.

En France, la suppression des vols intérieurs repose sur l’idée que le train peut devenir un substitut à l’avion. Ceci est illusoire, car le report modal a déjà eu lieu à la mise en service des lignes à grande vitesse (LGV) principalement depuis et vers Paris, entraînant dès lors la fermeture des lignes aériennes sans besoin de légiférer.

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La croissance du trafic des vols domestiques s’est majoritairement effectuée sur les liaisons région-région, là où le train est incapable de proposer une réponse aux besoins de mobilité rapide et efficace des Français (+ 70,8 % entre 2009 et 2019). Cette situation ne changera pas, à moins de quadriller le territoire français de nouvelles LGV, aussi inconcevables d’un point de vue écologique qu’intenables pour les finances publiques.

Régression de la mobilité

Supprimer les vols intérieurs revient à exposer les territoires à une régression de la mobilité des Français, à des risques de délocalisation d’entreprises, à des suppressions d’emplois. Et tout cela pour quoi ? Les lignes visées par le législateur représentent 0,04 % des émissions de C02 générées par les transports.

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De plus, dès 2022, les émissions des vols intérieurs seront entièrement compensées et, dans quelques années, les futurs avions, hybrides ou électriques, seront utilisés en premier lieu sur les lignes régionales. Alors, que faire pour concilier l’utilisation de l’avion avec la nécessité de réduire l’empreinte carbone du secteur ? Avant de parvenir à l’objectif ultime de l’avion zéro carbone, il faut rapidement prendre des dispositions pour réduire à plus court terme les émissions.

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