Renault refuse de soutenir la reprise de la fonderie automobile SAM

Des employés en grève de la Société aveyronnaise de métallurgie  manifestent devant le tribunal de commerce de Toulouse, le 19 novembre 2021.

La décision était attendue depuis quatre jours par les salariés. Renault a annoncé, mardi 23 novembre, qu’il refusait de soutenir le projet de reprise de son sous-traitant aveyronnais SAM et de ses 350 salariés par l’un de ses ex-patrons, estimant qu’il « ne présente pas les conditions de pérennité et de sécurité nécessaires ».

Le groupe automobile, auquel le tribunal de commerce de Toulouse avait donné jusqu’à mercredi 24 novembre pour se prononcer, « regrette cette situation, mesure les conséquences de sa décision et poursuivra le dialogue avec les salariés de SAM afin de leur proposer des solutions alternatives d’emploi au sein du Renault Group ».

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Reprise en 2017 par le groupe chinois Jinjiang, la Société aveyronnaise de métallurgie, installée à Viviez sur les hauteurs de Decazeville, avait été placée en redressement judiciaire le 10 décembre 2019, puis, le 16 septembre 2021, en liquidation judiciaire avec prolongation d’activité jusqu’au 10 décembre.

« Liquidation sèche »

Après avoir déposé une première offre en juillet, le chef d’entreprise Patrick Bellity avait adressé jeudi une lettre d’intention en vue de la reprise de cette fonderie, un courrier accompagné de lettres de soutien de l’Etat et de la région Occitanie.

Mais il fallait également que Renault, dernier client, s’engage sur « un plan de charge défini » avant mercredi, selon la région, faute de quoi le tribunal pourrait déclarer dès vendredi une « liquidation sèche » de l’entreprise, avait prévenu la CGT.

Or, « Renault Group ne peut s’engager sur le projet de reprise d’Alty-Sifa », la société de M. Bellity. « Une analyse approfondie du dossier ne confirme pas les hypothèses de chiffre d’affaires présentées dans cette offre. Une nouvelle fois, comme cela avait été constaté en juillet 2021, cette offre ne présente pas les conditions de pérennité et de sécurité nécessaires pour l’entreprise et ses salariés », a jugé le groupe au losange.

En outre, « il existe de forts doutes sur la solidité financière, malgré les supports financiers externes envisagés, et les réelles capacités d’investissement et de redressement de Jinjiang SAM par Alty-Sifa », selon la même source.

« Absence structurelle de compétitivité »

Renault a remarqué qu’il avait été « le seul acteur industriel à apporter depuis de nombreuses années un soutien financier direct important à l’entreprise avec 42 millions d’euros (…) pour pallier une situation rendue difficile par l’absence structurelle de compétitivité ».

Dans un dossier séparé d’un autre sous-traitant en difficulté, Renault a en revanche dit mardi soutenir le plan de reprise de la société : Alvance Aluminium Wheels, basée à Diors (Indre), qui a quelque 280 employés, serait repris par le groupe Saint-Jean Industries.

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« Cet accompagnement se traduira par l’intégration de la nouvelle société dans son panel fournisseurs de roues aluminium destinées aux usines d’assemblage européennes de Renault Group », selon l’entreprise.

Prévenant que « ce projet de reprise est, certainement, la dernière chance de redressement de la société », Renault a dit s’engager « à consulter la nouvelle société pour le développement et la production de roues aluminium relevant de son savoir-faire technique, lui permettant ainsi d’accéder à un volume de production pouvant atteindre 500 000 roues annuelles au bénéfice de Renault ».

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Le Monde avec AFP