Renault prêt à ouvrir son activité moteurs thermiques au chinois Geely et au saoudien Aramco

Renault prêt à ouvrir son activité moteurs thermiques au chinois Geely et au saoudien Aramco

L’usine Renault de moteurs de Cléon (Seine-Maritime), en juin 2017.

Renault se réorganise à grands pas pour trouver les moyens d’affronter la révolution de l’électrique, tout en assurant un avenir à ses usines de moteurs à essence ou diesel. Le groupe est en discussion pour faire entrer deux nouveaux partenaires au capital d’une société chapeautant ses activités de développement et de production de moteurs thermiques et hybrides.

Cette entité, dont le nom de code est « Horse » (« cheval », en anglais), pourrait avoir comme actionnaire le constructeur automobile chinois Geely mais aussi un groupe pétrolier, comme l’a révélé, mardi 30 août, l’agence Reuters. Selon nos informations, il s’agit de la compagnie saoudienne Aramco, avec qui Renault pourrait travailler sur l’après-pétrole et les carburants de synthèse.

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C’est le bras armé de l’Arabie saoudite qui deviendrait partenaire de Renault. La compagnie nationale pétrolière, introduite en Bourse en décembre 2019, affiche une capitalisation boursière de 2 200 milliards d’euros. Cela en fait l’entreprise la plus valorisée au monde, au coude-à-coude avec Apple.

Quant au groupe Geely (marques Lotus, Proton ou Lynk & Co), il a déjà acheté, en mai, 34 % de la filiale sud-coréenne de Renault. Le premier constructeur indépendant chinois est surtout propriétaire, depuis 2010, du suédois Volvo, avec qui il a regroupé ses activités de motorisation thermique, tout en lui donnant les moyens de créer Polestar, une nouvelle marque 100 % électrique.

Partager les coûts

Si l’opération arrive à son terme, Renault ne serait plus qu’actionnaire minoritaire de son métier historique, qu’il exercerait hors de France. Le constructeur a toujours dit qu’il resterait toutefois « actionnaire de référence ». Renault et Geely pourraient détenir chacun 40 % du capital de la société pour les moteurs thermiques, selon les informations de Reuters, et Aramco 20 %, mais la répartition « n’est absolument pas encore actée, et des discussions sont encore en cours avec d’autres partenaires », précise un acteur, qui souhaite garder l’anonymat.

Selon un communiqué de Renault, en mai, Horse doit réunir les usines de Valladolid et Séville en Espagne, de Cacia au Portugal, de Pitesti en Roumanie, de Curitiba au Brésil, de Los Andes au Chili et de Cordoba en Argentine, mais aussi les centres d’ingénierie et de recherche et développement espagnol, roumain, turc et brésilien. L’intégration de l’usine turque de Bursa dans cet ensemble est encore en suspens. Au total, 10 000 personnes (sur 110 000 employés de Renault dans le monde) seraient transférées en 2023 dans Horse, mais pas de salariés français.

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LJD

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