Pour les salariés en chômage partiel, « le plus dur à supporter est l’incertitude »

A Bordeaux, le 5 septembre 2020.

Elle court. Elle pédale aussi, beaucoup. Pendant des heures, tous les jours ou presque, Alice Pinet sillonne la région parisienne à vélo. « Je me suis réfugiée dans le sport, c’est le meilleur remède contre l’anxiété », confie la jeune femme de 33 ans. Réceptionniste au Signature Saint-Germain-des-Prés, un petit hôtel indépendant du 7e arrondissement parisien, elle est au chômage partiel depuis le confinement.

Après trois mois de fermeture, l’établissement a rouvert. Mais, en raison de la désertion des touristes, une partie des salariés est restée à la maison, comme Alice. « Ce sont les montagnes russes. Je suis la seule de mon groupe d’amis à ne pas avoir repris le travail », ajoute-t-elle. Le contact avec les clients, les échanges avec l’équipe de l’hôtel à l’ambiance familiale lui manquent. « Le plus dur à supporter est l’incertitude : quand pourrai-je retrouver une vie normale ? »

L’incertitude. Ne pas savoir quand elle pourra reprendre le chemin du bureau, ni ce à quoi ressemblera son métier à l’avenir : Sylvie Bougard en souffre elle aussi. Animatrice culturelle au CSE de la direction générale industrielle d’Air France, à Orly, elle est au chômage partiel depuis six mois. Distanciation physique oblige, les expositions et activités diverses qu’elle organisait pour les salariés du groupe ont presque toutes été suspendues. « Si l’on ajoute à cela les difficultés du secteur aérien, je ne sais absolument pas quand je pourrai retravailler, explique-t-elle. Je m’accroche à l’espoir que les vols et les voyages reprennent un jour. »

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Des situations pas toujours comparables

Comme elle, 2,4 millions de salariés étaient encore en activité partielle en juillet, selon les derniers chiffres du ministère du travail. En avril, pendant le confinement, ils étaient 8,8 millions. Fin juillet, le gouvernement a également instauré l’activité partielle de longue durée (APLD) pour les entreprises confrontées à une réduction durable d’activité. Jusqu’à 2021, voire 2022, des centaines de milliers de Français seront encore sous ce dispositif.

Certains salariés sont rassurés par ces aides à l’activité partielle qui, dans bien des cas, évitent des licenciements

Selon le secteur, la région, le métier, la taille de l’entreprise ou encore l’âge, les situations ne sont guère comparables et sont vécues de façons très contrastées. Certains salariés sont rassurés par ces aides qui, dans bien des cas, évitent des licenciements. D’autres ne se font guère d’illusion, et redoutent de se trouver sans emploi à la sortie. D’autres, encore, parce qu’ils ont un profil demandé, ou parce que leur secteur a rebondi depuis le confinement, ont surtout profité du temps dégagé pour souffler.

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