pollution au bureau !

« Dans les espaces de travail, les composés organiques volatils (COV) et autres molécules nocives se diffusent en toute liberté. Or, les Français passent 85 % de leur temps en moyenne dans des environnements clos. »
« Dans les espaces de travail, les composés organiques volatils (COV) et autres molécules nocives se diffusent en toute liberté. Or, les Français passent 85 % de leur temps en moyenne dans des environnements clos. » Katarina Sundelin/PhotoAlto / Photononstop

Produits ménagers, moquettes, imprimantes… Les lieux d’ouvrage dissimulent un bon nombre d’équipages qui distribuent des particules aux effets nuisibles sur la santé.

Il y a une obligation à nettoyer nos entourages de travail ! C’est l’information déclenché par la docteure en génétique et biologie moléculaire, cofondatrice d’Habitat Santé Environnement (HSEN) Bordeaux, Isabelle Farbos.

Collaborée le 17 avril lors d’une conférence structurée par l’Association des directeurs de l’entourage de travail (Arseg) sur le salon Workspace Expo, cette chercheuse s’est inclinée sur les substances nocives côtoyées chaque jour par les salariés sur leurs lieux de travail. Et ses conclusions sont sans appel : produits ménagers, moquettes, imprimantes… « Faute de réglementation, des molécules dangereuses sont utilisées dans plein de produits », menace Isabelle Farbos.

Et la chercheuse d’égrener une grande liste: du formaldéhyde, utilisé dans les produits d’entretien et classé cancérigène avéré par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), aux phtalates dans les sols en PVC – perturbateurs endocriniens notoires – en passant par les particules fines émises par les ordinateurs et les photocopieurs et qui participent à irriter les voies respiratoires…

Le diable se cache jusque dans le petit café du matin, pris dans des gobelets en plastique, ou dans la fontaine à eau, purifiée à l’acide sulfurique. Certaines de ces substances sont d’ailleurs publiquement reconnues comme pouvant être à l’origine de maladies professionnelles.

Action sur les gènes

C’est l’entassement et « l’effet cocktail » – le contact avec plusieurs de ces substances – qui rend imprudente l’exposition à ces polluants. « Le salarié va respirer ces molécules pendant dix ans », souligne la chercheuse. Leurs effets délétères sur la santé étaient assez peu connus jusqu’à une période récente, ce qui développe la relative inaction des pouvoirs publics – surtout l’action de ces principes sur les gènes.

« Durant longtemps, on a seulement étudié ces substances sous l’angle de la toxicologie et pas de la génétique », déclare la chercheuse. Cela fait moins d’une dizaine d’années que les chercheurs ont débuté à s’intéresser à l’action des molécules présentes dans l’environnement sur nos gènes. « En vérité, il n’y a que très peu de fatalité ADN, affirme Isabelle Farbos. Si un patient commence à avoir du diabète, par exemple, c’est que son gène insuline est passé en mode “off” du fait de son environnement ». Même chose pour les tumeurs cancéreuses.