Les ingénieurs, victimes collatérales de l’aéronautique en crise

Les premières turbulences de la tornade qui s’est abattue à l’échelle mondiale sur l’aéronautique commencent à se faire durement ressentir sur les sociétés d’ingénierie du territoire toulousain. A l’image d’Airbus, leur principal donneur d’ordres. Si le constructeur européen taille dans ses effectifs, il réduit aussi ses dépenses de recherche et développement (R&D) et d’ingénierie. Ce qui fragilise ces deux secteurs, qui emploient un tiers des salariés de la filière dans la région.

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« A Toulouse, 8 à 10 000 ingénieurs, qui travaillent pour Airbus et d’autres clients de l’aéronautique, se retrouvent en inter-contrats, sans mission, et sont menacés par un PSE [plan de sauvegarde de l’emploi] dans les prochains mois », avance, inquiet, Benoît Maistre, président du collège ICT (ingénierie et de conseil en technologies) du syndicat Syntec-Numérique.

Sogeclair Aerospace, sous-traitant de premier plan d’Airbus, de Bombarbier
ou encore de Dassault Aviation, a perdu plus de 50 % de son activité

A Blagnac (Haute-Garonne), la société Sogeclair Aerospace est l’une des premières PME à travailler à la mise en place d’un plan social. Ce sous-traitant de premier plan d’Airbus, de Bombarbier ou encore de Dassault Aviation, qui a perdu plus de 50 % de son activité depuis le début de la pandémie, a présenté un projet de PSE qui concernerait jusqu’à 245 personnes en France. Le site toulousain, fort de 400 ingénieurs, devrait être alors sévèrement touché, avec à la clé des licenciements secs et des départs volontaires en retraite non renouvelés.

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Dans les sociétés d’ingénierie, il y a urgence

Si le secteur du transport aérien ne redécolle pas, avertit un porte-parole de la direction, des « mesures d’adaptation des effectifs à la nouvelle réalité du marché » seraient appliquées pour ses filiales allemande, britannique et espagnole. En clair, il pourrait y avoir une saignée plus importante dans cette entreprise familiale fondée en 1962, et propriété de Philippe Robardey, par ailleurs président de la chambre de commerce de Toulouse.

Dans les sociétés d’ingénierie, il y a urgence. Car, si ce sous-traitant subit des pertes, il n’est pas le seul. CMT+, filiale du groupe Scalian, fait aussi les frais de cette crise inédite et violente. Dépendante de l’aéronautique à plus de 70 %, cette PME de 200 salariés installée à Colomiers (Haute-Garonne) vacille. Compte tenu de l’effondrement du plan de charge, le sureffectif est chiffré à 140 collaborateurs. Un PSE est en discussion avec les représentants du personnel.

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