L’échec de Michel Ohayon chez Camaïeu envoie 2 600 salariés au chômage

L’homme d’affaires bordelais Michel Ohayon, fondateur de la Foncière immobilière bordelaise, actionnaire de Camaïeu depuis sa reprise à la barre du tribunal en 2020, à Tourcoing (Nord), mercredi 28 septembre 2022.

Camaïeu tire le rideau. Le tribunal de commerce de Lille a prononcé la liquidation de l’enseigne d’habillement féminin, mercredi 28 septembre, deux mois après sa mise en redressement judiciaire. Les 511 magasins de la chaîne fondée en 1984 fermeront leurs portes samedi 1er octobre à 23 heures. Les 2 600 salariés, y compris ceux du siège social et de l’entrepôt situés à Roubaix (Nord), seront licenciés d’ici à la fin octobre.

Il a fallu trois heures d’audience et de délibéré aux juges pour se prononcer sur ce dossier compliqué qui, peu avant son examen, a pris une tournure politique. En dernier recours, l’homme d’affaires bordelais Michel Ohayon, fondateur de la Foncière immobilière bordelaise (FIB), actionnaire de Camaïeu depuis sa reprise à la barre du tribunal en 2020, et Wilhelm Hubner, PDG de Hermione People Brands, filiale de la FIB chargée de ses activités dans la distribution, avaient sollicité l’aide du ministère de l’industrie.

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Tous deux espéraient en obtenir un prêt de 48 millions d’euros pour boucler un plan de continuation censé sauver 1 900 emplois et 300 magasins. En vain. « Pas réaliste », a tranché Bercy, en refusant de verser cette avance remboursable. Au grand dam de Xavier Bertrand, président (LR) de la région Hauts-de-France, qui, mercredi 27 septembre, s’en était ouvert à la première ministre, Elisabeth Borne, pour que l’Etat « fasse un pas ». Le maire (divers droite) de Roubaix, Guillaume Delbar, avait également plaidé pour cette solution, en évoquant le « destin de 2 600 familles ».

« Heureusement que Bercy a refusé »

Bercy a tenu bon, en refusant de financer le plan de continuation de M. Ohayon, qui, au total, exigeait 79,2 millions d’euros pour les huit prochains mois. L’entreprise avait déjà bénéficié de « 40 millions d’euros d’aides publiques, dont 20 millions d’euros de subventions directes », a rappelé Roland Lescure, ministre délégué à l’industrie, mercredi 27 septembre, pour expliquer ce veto.

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« Mais, heureusement que Bercy a refusé ! Cela aurait été un pur scandale », s’exclame une avocate d’un créancier présente à l’audience (les personnes citées dont le nom n’apparaît pas ont souhaité garder l’anonymat). Car, devant les juges, M. Ohayon promettait d’injecter des liquidités en faisant racheter le siège social et l’entrepôt de l’enseigne pour un montant de 14 millions d’euros par sa holding, tout en précisant que ces actifs pourraient être ultérieurement valorisés et revendus pour un montant de « 55 millions à 60 millions d’euros ».

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