Le recentrage du câblier Nexans sur l’électricité inquiète les salariés

Photo de bobines prise le 11 juin 2002, à Bourg-en-Bresse, dans l'entreprise Nexans.

Pertes financières, plans sociaux à répétition, menaces d’OPA, crise de gouvernance : depuis une dizaine d’années, le câblier Nexans a connu de multiples difficultés et n’est pas passé loin de la disparition. Redevenu bénéficiaire en 2020, l’entreprise entre désormais dans une nouvelle ère : un recentrage stratégique de ses activités sur les câbles et les solutions pour le transport et la distribution d’électricité, un secteur porté par la transition énergétique. Ce virage se traduira par un désengagement de l’automobile, des télécoms et de l’industrie (automatismes, ferroviaire, maritime…) qui inquiète les salariés.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le renouveau du câblier Nexans passe par un plan social en Europe

La nouvelle politique de Nexans avait été annoncée, mi-février, lors de la présentation de résultats 2020 marqués par un bénéfice net de 80 millions d’euros (– 118 millions d’euros en 2019). Son directeur général, Christopher Guérin, a précisé ses « intensions stratégiques » et tenté de lever les fortes inquiétudes des salariés, jeudi 15 avril, lors d’un comité de groupe européen. « Il n’y a pas d’agenda caché, il n’y aura ni restructurations ni fermetures d’usines », indique-t-il au Monde, en rappelant que l’entreprise, qui emploie 26 000 personnes (2 300 en France) et réalise 6 milliards de chiffre d’affaires, a bien traversé la crise économique et sanitaire.

« Il n’y a pas d’agenda caché, il n’y aura ni restructurations ni fermetures d’usines », Christopher Guérin, directeur général de Nexans

« Avec le conseil d’administration, nous n’avons pas fait des choix financiers mais stratégiques. C’est la pérennité de l’entreprise qui est en jeu à un horizon de dix ans », insiste M. Guérin. A moins d’avoir une taille critique qui permet d’être généraliste, comme l’italien Prysmian, numéro un mondial du secteur, l’avenir est désormais à des « méga-spécialistes » capables d’investir dans la recherche et développement, les usines et la force de frappe marketing et commerciale sur un marché de plus en plus concurrentiel.

Un pure player de l’électricité

Nexans ne possède cette taille critique que dans l’électricité, qui représente déjà 60 % de son activité. Il ne l’a pas dans d’autres secteurs, pourtant très rentables, ce qui lui fait perdre de nombreux appels d’offres. Pour l’heure, ses parts de marché s’érodent face à Prysmian, deux fois plus gros, ou à d’autres concurrents, dont deux sociétés chinoises qui l’ont déjà dépassé par la taille sur un portefeuille d’activités pourtant plus ciblées.

Il vous reste 48.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.