Le « French Fab Tour », treize étapes pour redorer le blason de l’industrie

Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’industrie,  à Hayange (Moselle), le 13 septembre 2021.

Ce lundi 13 septembre, les collégiens de 3e de l’établissement Pierre-Adt de Forbach (Moselle) ont fait l’école buissonnière. Par un temps radieux, accompagnés de deux professeures, ils se sont rendus à Metz. Non pas pour visiter la cathédrale Saint-Etienne aux pierres dorées, mais pour participer à la première étape du tour de France de la French Fab − après une première édition en 2019 − qui se tenait sur la place d’Armes, au pied de l’édifice religieux. La French Fab ? Derrière l’anglicisme, qui signifie « usine française », c’est la fine fleur de l’industrie française, emmenée par l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) et Bpifrance, qui tente de redorer son blason meurtri par des années de désindustrialisation, de plans sociaux et autres délocalisations.

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Depuis le début des années 2000, 2 millions d’emplois ont été détruits pour tomber à quelque 3,2 millions, selon l’UIMM. La tendance ne s’est inversée qu’en 2017. En trois ans, l’industrie a créé 38 000 emplois. Même si la crise sanitaire a interrompu cette dynamique, le secteur est aujourd’hui à la recherche de sang neuf. C’est la mission assignée à la « tournée French Fab » : séduire les jeunes et les inciter à rejoindre ses rangs.

Les représentants de la profession ou les élus qui se pressent sur le plateau du « village » installé à Metz, au milieu des stands promouvant la chimie, la plasturgie et autres technologies, n’y vont pas par quatre chemins. « Ici, nous avons un taux de chômage de plus de 30 % dans certains quartiers, alors que l’industrie peine à trouver de la main-d’œuvre : on est dans un paradoxe total », lance François Grosdidier, maire de Metz et président de Metz Métropole.

Brillant passé

Hervé Bauduin, président de l’UIMM Lorraine, enchaîne, appelant la jeunesse à venir « irriguer » l’industrie. Jean Rottner, président de la région Grand-Est, rappelle le brillant passé industriel de l’Alsace et de la Lorraine. Il appelle à redevenir la deuxième région industrielle du pays et à « repartir à la conquête nationale et européenne ».

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La ministre déléguée à l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, venue directement d’Hayange, en Moselle, où elle s’est rendue sur l’usine de rail reprise par le groupe industriel allemand Saarstahl, le 2 août 2021, enchaîne pour plaider la cause de ce secteur prioritaire pour le gouvernement. Pas moins de 35 milliards d’euros, soit le tiers du plan de relance, sont consacrés à la réindustrialisation, rappelle-t-elle, soulignant que « c’est du jamais-vu ». Surtout, « plus de 70 000 postes sont à pourvoir dans l’industrie. Aujourd’hui, on n’arrive pas à recruter, car l’industrie souffre d’une mauvaise image », assure la ministre.

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