La « radioscopie » des DRH bouleversés par les changements

« 61 %  des responsables des ressources humaines ont choisi ce métier, car ils voulaient participer au développement des compétences des salariés ; mais au jour le jour, ils font d’abord de l’accompagnement au changement (41 %) »
« 61 %  des responsables des ressources humaines ont choisi ce métier, car ils voulaient participer au développement des compétences des salariés ; mais au jour le jour, ils font d’abord de l’accompagnement au changement (41 %) » Ingram / Photononstop

Après 2012 et 2016, 2019 voit la déclaration de la troisième édition de l’enquête de l’organisme de formation Cegos qui expose l’évolution de la fonction de responsable des ressources humaines vue par eux-mêmes et par les salariés.

Rempli de la conduite, le responsable des ressources humaines (RRH) voit son rôle troublé au fil des changements des entreprises et de l’écosystème économique. Ainsi, 88 % d’entre eux assurent que leur rôle s’est enrichi. La troisième édition du baromètre « Radioscopie des DRH », publié le 2 avril par le groupe de formation Cegos, confirme qu’il s’est complexifié, et révèle comment l’écart se creuse entre les ambitions des directeurs des ressources humaines (DRH), la commode de leur métier et ce qu’en espèrent les travailleurs.

Quelque 1 065 salariés et 201 responsables des RH (parmi lesquels deux tiers de DRH et un tiers de RRH) en poste dans des sociétés d’au moins 100 personnes ont été consultés en février pour cette enquête, qui montre aussi des DRH rapprochés à l’impossible déconnexion et à l’augmentation du rythme de travail.

Dans la grande majorité (61 %), les responsables des RH ont préféré ce métier, car ils voulaient participer au développement des capacités des salariés ; mais au jour le jour, ils font d’abord du complément à la transmutation (41 %). Leur enjeu prioritaire au quotidien est une réorganisation ou un réaménagement, pour un DRH sur deux.

Cet espacement entre leur vocation et leurs pratiques professionnelles ne s’est diminué ni avec le changement digital des entreprises, ni avec la réforme de la formation professionnelle, qui auraient pu toutes deux donner la priorité au développement des compétences. L’accompagnement au changement est étrangement devenu leur premier motif de satisfaction, même s’ils passent un quart de leur temps à faire de l’administratif. C’est devenu leur première charge de travail, alourdie par les changements législatifs : 76 % d’entre eux désignent comme première pénurie de leur fonction « passer beaucoup de temps à renforcer des accords qui font suite aux évolutions conformes ».

Deux causes de risques psychosociaux

Depuis l’antérieure radioscopie (2016) du métier RH, « l’impact des sujets d’actualité – similitude femmes-hommes, formation professionnelle, représentation des salariés – sur la charge de travail a été considérable », développe Isabelle Drouet de la Thibauderie, experte ressources humaines du groupe Cegos. La loi El Khomri de 2016 sur la modernisation du dialogue social a consolidé le rôle des accords d’entreprise et introduit le droit à la déconnexion. En 2017, les ordonnances Macron du 22 septembre ont, entre autres, établi la fusion des instances représentatives du personnel, changé les règles de tractation collective et instauré la rupture convenue collective.