« Il faut construire une société égalitaire, bien au-delà d’une législation exemplaire »

« Il faut construire une société égalitaire, bien au-delà d’une législation exemplaire »

Tribune. En 1972, la loi pour l’égalité professionnelle dispose que tout employeur est tenu d’assurer « pour un travail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes ». Presque cinquante ans plus tard – deux générations ! – l’égalité salariale demeure encore un horizon lointain. Car oui, chaque matin en 2021, les femmes françaises se lèvent pour gagner environ 5,3 % de moins, à poste égal, que leurs collègues masculins de leur entreprise (source : Insee).

Les estimations les plus sévères font même état d’un écart de 9 %. Pourtant, depuis le 1er janvier 2019, les organisations publiques et privées qui ne respectent pas cette égalité sont sujettes à des sanctions financières qui équivalent à 1 % de leur chiffre d’affaires. Pas de doute, sur le plan du droit, nous sommes sur la bonne voie. Et pourtant…

Effroi

1994 : la loi française définit par l’article 222-13-6 du code pénal un délit spécifique pour les actes de violences commis par un conjoint ou un concubin. S’ensuivent de nombreuses lois jusqu’à celle du 30 juillet 2020, qui vise à renforcer la protection des victimes de violences conjugales. Sur le plan législatif, pas de doute : nous sommes armés.

Lire aussi la tribune : Inégalités salariales entre les femmes et les hommes : « Le diable se cache dans les détails »

Pourtant, en ce début d’année 2021, la permanence des féminicides suscite toujours l’effroi et le relevé de situation en période pandémique est encore plus amer. Durant les confinements, les violences intrafamiliales envers les femmes ont pris des proportions ahurissantes : + 20 % selon les estimations les moins sévères ( « Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles », ONU Femmes), voire + 40 % pour les études les plus alarmantes (« Informer sur les violences à l’égard des filles et des femmes », 2019, ONU Femmes).

2012 : la loi du 6 août fournit une définition précise du harcèlement sexuel, renforce sa prévention dans le monde professionnel et aggrave les peines maximales encourues par les agresseurs. Pourtant, en 2018, plus de 60 % des Européennes affirmaient avoir subi une forme de violence sexuelle ou sexiste au cours de leur carrière (selon l’Observatoire européen du sexisme et du harcèlement sexuel au travail). Et, pourtant, l’arsenal législatif est là. Mais aucun texte de loi ne remportera définitivement ce grand combat culturel.

Dans le quotidien

2021 : nous attendons la prochaine loi sur l’autonomisation économique des femmes, qui pourrait imposer dans les comités de direction la parité, que la loi Copé-Zimmermann a commencé à instaurer à hauteur de 40 % dans les conseils d’administration des grandes entreprises.

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LJD

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