En Occitanie, les sous-traitants de la filière aéronautique retiennent leur souffle

Un employé de Cauquil, sous-traitant d’Airbus, sur le site de la société, à Mondouzil (Haute-Garonne), le 5 juin.

Un silence assourdissant. « On entend l’air qui s’échappe des machines », se lamente en soupirant Florian Ruscassie. Avant la crise, les allées du site de production de Cauquil étaient bruyantes, arpentées en pleine journée par soixante-quinze salariés. Ce mercredi 24 juin, ils sont moins d’une quinzaine à se croiser. Les étagères, qui supportaient matières premières et pièces finies, sont désespérément vides et vingt-cinq machines, sur trente, sont à l’arrêt.

Cette PME installée à Mondouzil (Haute-Garonne), à une vingtaine de kilomètres de Toulouse, devait enregistrer un résultat record en 2020, affirme le commercial de cette entreprise vieille de soixante-treize ans. Mais la pandémie a douché toutes les prévisions de ce sous-traitant de l’aéronautique. Le résultat annuel sera divisé par deux fin décembre. L’entreprise adapte pour l’instant sa production aux besoins de certains clients de l’aviation d’affaires, mais une restructuration, à la fin de l’année, semble inéluctable. « Nous n’éviterons pas un PSE [plan de sauvegarde de l’emploi] », déplore le patron, Didier Cauquil, qui reste vague quant au nombre de suppression de postes.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Face à la crise, Airbus choisit la manière forte et envisage de supprimer 15 000 postes

Alors que, en 2019, l’aéronautique connaissait une année record, avec un carnet de commandes de 7 500 avions à fournir, soit huit années de production pour les quelque 450 entreprises de la région et leurs 94 500 salariés, l’arrêt du transport aérien provoqué par la crise sanitaire a tout remis en cause.

« De la chair à canon »

Avant même l’annonce par Airbus de la baisse de cadence de production, les trois quarts des entreprises locales anticipaient déjà un chiffre d’affaires en recul de plus de 50 %, selon la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) Occitanie. A court terme, jusqu’à 40 000 emplois seraient même menacés, avance Alain Di Crescenzo, le président de la chambre de commerce et d’industrie d’Occitanie. « Il s’agit d’un risque maximum déterminé à partir d’un postulat : en associant l’aide de l’Etat, la sous-traitance perdra un tiers d’activité en 2021 et un quart en 2022 », prévient-il.

Face à l’urgence, la CGT se mobilise. « Les sous-traitants sont considérés comme de la chair à canon, s’indigne Frédéric Birobent, secrétaire régional de la CGT Occitanie. Ils seront mis sous pression par les donneurs d’ordres. Il n’est pas acceptable qu’une filière ne supporte par les coups durs. » La première organisation syndicale de la filière plaide pour la tenue d’états généraux associant les salariés et appelle à une journée de mobilisation le 9 juillet pour défendre l’emploi. « La survie du secteur doit passer par un changement de rapport entre donneurs d’ordres et sous-traitants. Les règles du jeu doivent changer pour conserver cette industrie », insiste Xavier Pétrachi, délégué CGT chez Airbus.

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En Occitanie, les sous-traitants de la filière aéronautique retiennent leur souffle

Un employé de Cauquil, sous-traitant d’Airbus, sur le site de la société, à Mondouzil (Haute-Garonne), le 5 juin.

Un silence assourdissant. « On entend l’air qui s’échappe des machines », se lamente en soupirant Florian Ruscassie. Avant la crise, les allées du site de production de Cauquil étaient bruyantes, arpentées en pleine journée par soixante-quinze salariés. Ce mercredi 24 juin, ils sont moins d’une quinzaine à se croiser. Les étagères, qui supportaient matières premières et pièces finies, sont désespérément vides et vingt-cinq machines, sur trente, sont à l’arrêt.

Cette PME installée à Mondouzil (Haute-Garonne), à une vingtaine de kilomètres de Toulouse, devait enregistrer un résultat record en 2020, affirme le commercial de cette entreprise vieille de soixante-treize ans. Mais la pandémie a douché toutes les prévisions de ce sous-traitant de l’aéronautique. Le résultat annuel sera divisé par deux fin décembre. L’entreprise adapte pour l’instant sa production aux besoins de certains clients de l’aviation d’affaires, mais une restructuration, à la fin de l’année, semble inéluctable. « Nous n’éviterons pas un PSE [plan de sauvegarde de l’emploi] », déplore le patron, Didier Cauquil, qui reste vague quant au nombre de suppression de postes.

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Alors que, en 2019, l’aéronautique connaissait une année record, avec un carnet de commandes de 7 500 avions à fournir, soit huit années de production pour les quelque 450 entreprises de la région et leurs 94 500 salariés, l’arrêt du transport aérien provoqué par la crise sanitaire a tout remis en cause.

« De la chair à canon »

Avant même l’annonce par Airbus de la baisse de cadence de production, les trois quarts des entreprises locales anticipaient déjà un chiffre d’affaires en recul de plus de 50 %, selon la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) Occitanie. A court terme, jusqu’à 40 000 emplois seraient même menacés, avance Alain Di Crescenzo, le président de la chambre de commerce et d’industrie d’Occitanie. « Il s’agit d’un risque maximum déterminé à partir d’un postulat : en associant l’aide de l’Etat, la sous-traitance perdra un tiers d’activité en 2021 et un quart en 2022 », prévient-il.

Face à l’urgence, la CGT se mobilise. « Les sous-traitants sont considérés comme de la chair à canon, s’indigne Frédéric Birobent, secrétaire régional de la CGT Occitanie. Ils seront mis sous pression par les donneurs d’ordres. Il n’est pas acceptable qu’une filière ne supporte par les coups durs. » La première organisation syndicale de la filière plaide pour la tenue d’états généraux associant les salariés et appelle à une journée de mobilisation le 9 juillet pour défendre l’emploi. « La survie du secteur doit passer par un changement de rapport entre donneurs d’ordres et sous-traitants. Les règles du jeu doivent changer pour conserver cette industrie », insiste Xavier Pétrachi, délégué CGT chez Airbus.

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