Emploi des jeunes : « La palette d’outils du plan permet de toucher des catégories très différentes »

Le premier ministre, Jean Castex, s’adresse aux apprentis lors d’une visite sur le thème de l’emploi des jeunes, le 23 juillet. Ici, au sein de l’entreprise Cryla, à Besançon.

Comment faire en sorte que de nombreux jeunes, arrivant sur le marché du travail, n’en soient pas exclus, en raison de la crise économique ? Pour relever ce défi, Jean Castex a annoncé, le 23 juillet, un vaste programme en faveur de cette catégorie d’actifs, financé à hauteur de 6,5 milliards d’euros sur deux ans.

« Du jamais-vu », selon le premier ministre. Plusieurs dispositifs vont être mis en œuvre : prime à l’embauche, extension des actions de formation, soutien à l’apprentissage, relance des contrats aidés – que le gouvernement d’Edouard Philippe avait considérablement réduits, les jugeant trop peu efficaces.

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« Ces mesures paraissent très bonnes, d’abord pour une raison de principe, réagit Gilbert Cette, professeur à l’université d’Aix-Marseille. Les jeunes ont subi, dès le printemps, les effets de la récession, avec la violente contraction du nombre de CDD et de missions d’intérim – deux formes d’emploi qui les concernent au premier chef. »

Une deuxième vague va frapper ceux qui, une fois sortis du système scolaire et universitaire, vont se présenter sur un marché du travail sinistré. « Il faut éviter que leur entrée dans la vie active soit synonyme d’inscription durable à Pôle emploi, faute de quoi ils risquent d’en pâtir pendant de longues années », plaide M. Cette. C’est d’autant plus nécessaire, selon lui, que les moins de 25 ans sont déjà, « “en temps ordinaire”, surreprésentés parmi les chômeurs – avec un taux de demandeurs d’emploi dans cette tranche d’âge très supérieur à la moyenne ».

Le fait de panacher les solutions est commenté positivement. « La palette d’outils utilisés dans ce plan permet de toucher des catégories très différentes de jeunes, sans se focaliser uniquement sur ceux qui sont les plus en difficulté », affirme Christine Erhel, directrice du Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET).

« Le gouvernement a mobilisé à peu près tout ce qu’il pouvait dans un contexte où il n’y a plus vraiment de contraintes sur les finances publiques », poursuit Bertrand Martinot, de l’Institut Montaigne. Face à une hausse du chômage « inévitable », il faut être « audacieux, ambitieux et ne pas hésiter à mettre en place beaucoup d’actions », complète Eric Heyer, de l’Observatoire français des conjonctures économiques, qui juge l’arsenal proposé « intéressant, même s’il était possible d’aller au-delà ».

Risques

Ce sont les « bons leviers » qui ont été mis en mouvement, enchaîne M. Martinot, en citant notamment la prime à tout recrutement, entre août et fin janvier 2021, d’un jeune de moins de 25 ans pour un contrat de trois mois, au minimum. Un tel coup de pouce, dit-il, se traduira, in fine, par des « créations nettes » de postes – donc par une augmentation des effectifs salariés.

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