Dix semaines de réserves de masques demandées aux entreprises : Véran veut décentraliser les stocks

Le ministre de la santé, Olivier Véran, au siège de l’OMS à Genève, en Suisse, le 25 juin.

Le gouvernement a demandé mercredi aux entreprises de prévoir dix semaines de stocks de masques afin notamment de permettre de décentraliser les stocks d’équipements de protection sanitaire face à un éventuel rebond de l’épidémie de Covid-19, a fait savoir, jeudi 2 juillet, le ministre de la santé, Olivier Véran.

« Nous préparons la rentrée et il y a un risque de recirculation du virus (…), et nous demanderons aux entreprises de prévoir dix semaines de stocks de masques, avec un petit rappel du fait que nous avons, désormais, des producteurs français », avait déclaré la secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher lors d’une audition par la délégation aux entreprises du Sénat mercredi. Elle a expliqué avoir signé « une note » en ce sens, qui doit également être paraphée prochainement par la ministre du travail, Muriel Pénicaud, et le ministre de la santé.

« C’est une consigne qu’il est fondamental de respecter. Nous l’avons vu, notre pays n’était pas suffisamment doté de masques, il y avait eu des consignes qui n’étaient pas suffisamment appliquées, sans doute pas suffisamment claires, les entreprises doivent pouvoir protéger leurs salariés », a ajouté jeudi M. Véran, interrogé sur cette nouvelle directive sur RTL. Cette nouvelle consigne s’intègre dans le « plan en cas de rebond de l’épidémie, afin d’éviter à tout prix de revenir à une solution de confinement généralisé », a-t-il encore assuré.

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« Ça n’arrivera plus »

« On a vu que, quand on a un seul stock centralisé dans un grand entrepôt, on peut en perdre le fil – ça n’arrivera plus –, ça n’est pas les meilleures conditions de stockage possibles et la logistique pour les répartir sur le territoire prend trop de temps. Donc être capable de décentraliser, de déconcentrer les stockages de matériel de protection au sein des territoires, au sein des entreprises, des hôpitaux, des cabinets médicaux, c’est important, » a ajouté le ministre.

Interrogé sur le financement de ces mesures, il n’a pas explicitement répondu, tout en assurant que « personne n’a dit qu’elles [les entreprises] le feraient seules, nous les accompagnons ».

Le ministre s’est, par ailleurs, refusé à commenter les déclarations devant une commission d’enquête parlementaire des ex-ministres de la santé Marisol Touraine, Roselyne Bachelot et Agnès Buzyn sur la gestion gouvernementale en matière de masques, dont la pénurie au début de l’épidémie de Covid-19 fait toujours polémique, relevant qu’il était lui-même convoqué le 28 juillet devant cette commission et lui « réservait [ses] commentaires ».

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