Directeur de la décarbonation, du métavers ou de l’éthique… Nouveaux métiers ou titres éphémères ?

Elles et ils sont directrices ou directeurs de la performance extrafinancière, du Web3 (l’une des dernières générations d’Internet) ou du numérique responsable, voire de la souveraineté, des algorithmes ou de l’accélération. Leurs titres s’affichent plutôt en anglais, tels le chief revenue officer ou le chief impact officer. Directement liés aux transformations numériques, écologiques et énergétiques ou encore aux modes de travail que la pandémie de Covid-19 a popularisés, ces nouveaux intitulés de poste se multiplient.

« Plus que de nouveaux métiers, il s’agit souvent de nouvelles appellations qui correspondent soit à des évolutions technologiques ou sociologiques, soit au besoin de renommer une fonction qui combine des compétences jusque-là distinctes, pour lesquelles il n’existe pas forcément de double diplôme, comme le numérique et le juridique pour la fonction de DPO [data protection officer], le délégué à la protection des données, précise Patrick Vanoli, directeur du pôle intelligence marché du groupe Randstad France. Quand ce n’est pas tout simplement lié à la créativité des recruteurs… »

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés L’anglais en entreprise, entre nécessité et effet de mode

Plusieurs tendances se conjuguent pour expliquer cette créativité. Les start-up et les licornes (valorisées à plus de 1 milliard de dollars) ont grandi en s’inspirant des modes d’organisation et des fonctions d’outre-Atlantique, appellations pas toujours faciles à traduire. De plus, face à la pénurie de talents dans les domaines du développement durable ou du numérique, par exemple, un nouvel intitulé peut rendre une offre plus attractive, ou donner accès à un vivier plus large de candidats.

Les nouveaux intitulés se multiplient notamment dans les domaines liés à l’environnement. « Après les termes “carbone” et “décarbonation” sur notre site, on voit maintenant apparaître des offres précisant “compensation bas carbone” ou “bilan carbone”, etc. Et depuis moins d’un an, l’augmentation du nombre d’offres qui intègrent le “développement durable” est particulièrement forte. Cela répond à la fois à l’urgence pour les entreprises d’agir et aux attentes des candidats qui sont très demandeurs de diversité, d’inclusion, d’attention au climat… », constate Camille Fauran, directrice générale de la plate-forme Welcome to the Jungle. Cette tendance contribue à la multiplication des intitulés mentionnant les acronymes ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance), RSE (responsabilité sociétale des entreprises) ou ISR (investissement socialement responsable).

Modernisation ou nécessité

Il vous reste 59.78% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.