Dans les Hauts-de-France, un dispositif pour aider les « décrocheurs » du Covid-19

Manifestation pour demander la réouverture des universités, à Lille, le 20 janvier 2021.

Dénicher des ordinateurs pour permettre à des lycéens ou à des étudiants de suivre leurs cours en ligne, une tondeuse pour entretenir l’espace vert d’un centre social, trouver du temps, afin d’accompagner les personnes en rupture d’emploi… Dans les Hauts-de-France, où le taux de pauvreté atteint 18 %, sept fondations ont mis en place une solution expérimentale pour venir en aide de manière simple et rapide à tous les « décrocheurs » du Covid-19, ces personnes que la crise a poussées encore un peu davantage sur le bord du chemin, qu’elles soient à l’école, à l’université ou dans le monde du travail.

La Fondation AnBer, la Fondation territoriale des lumières, la Fondation du Nord, la Fondation de France, la Fondation des possibles, la Fondation de l’université de Lille, et Entreprises et Cités ont lancé, le 8 février, une plate-forme, accessible par un numéro d’appel unique, qui permet de faire correspondre, en dehors de tout circuit administratif ou institutionnel, les besoins de ces « décrocheurs » et les propositions d’aide, qu’il s’agisse de donner son temps, des biens (matériel, véhicules…) ou de l’argent.

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« Plutôt que de travailler en tuyaux d’orgue, chacun dans son coin, on a décidé de regrouper tous les moyens au sein de la plateforme », explique Dominique Soyer, directeur général de Maisons & Cités, un bailleur social partie prenante du dispositif au travers de la Fondation des lumières. « C’est une manière de sonner la mobilisation générale contre toutes les formes de précarité. »

Un premier bilan à la fin du mois de juin

La force du dispositif, baptisé « Call & Care », est non seulement de rassembler tous les « demandeurs » – collectivités, associations, fondations… – et tous les « offreurs » de services autour d’une même plate-forme, mais elle réside aussi dans sa rapidité. « Nous avons la capacité de mettre les uns et les autres en relation directe, de manière quasi instantanée, souligne Thierry Cardinael, de l’association Croisons le faire, en court-circuitant toute la paperasse et tous les intermédiaires. »

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Expérimentale, la démarche donnera lieu à un premier bilan à la fin du mois de juin, avant un déploiement à plus grande échelle en fonction des résultats. « Les périodes de crise sont toujours une bonne fenêtre de tir pour apporter des changements de comportements », espère Jean-Pierre Letartre, président d’Entreprises et Cités et président du Comité Grand Lille, qui a réuni tous ces acteurs autour de la table. « Quoi qu’il en soit, dans la période actuelle, il ne faut pas avoir peur d’essayer. »