Dans les entreprises, la campagne de vaccination contre le Covid-19 avance à pas de fourmi

« On avance comme on peut, au jour le jour, sans réelles certitudes. » Dans ce service de santé au travail d’Auvergne, la campagne de vaccination contre le Covid-19 s’est imposée dans l’agenda des médecins et s’accompagne d’une multitude de problématiques à résoudre. Que faire, par exemple, si seuls trois salariés se présentent lors d’une session de vaccination alors qu’un flacon de vaccin contient… dix doses ? Comment garantir, par ailleurs, au nom du secret médical, que deux collaborateurs d’une même entreprise ne se croisent pas dans les locaux ? « Cela peut sembler anecdotique, mais ces réflexions et la mise en place de solutions nous prennent un temps considérable », explique un médecin.

De fait, avec l’ouverture de la vaccination aux services de santé au travail fin février, les médecins du travail se sont engagés, en Auvergne comme ailleurs, dans une campagne riche en inconnues et demandant un important travail préparatoire. « Cela fait un mois et demi que des groupes de travail ont été montés pour l’organiser », explique Muriel Legent, médecin dans l’Oise au service de santé au travail Médisis. Le centre a pu réaliser dans la seconde quinzaine de mars ses premières injections, rejoignant ainsi d’autres centres et des services autonomes présents au sein de grandes entreprises.

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Chez Axa, par exemple, la vaccination a débuté le 9 mars. Elle a été lancée le 15 chez Safran. Au total, 1 691 médecins du travail avaient passé commande de doses lors de la semaine du 29 mars, sur les 5 000 que compte la France, indique-t-on au secrétariat d’Etat en charge de la santé au travail, qui y voit « une première étape avant une montée en puissance progressive ».

Débuts modestes

Sur le terrain, les professionnels de santé le reconnaissent : les débuts de cette campagne de vaccination sont modestes. Tout d’abord en raison du public ciblé. Pour l’heure, seuls sont concernés les salariés âgés de 55 à 64 ans présentant une comorbidité (pathologies cardiovasculaires, diabète de type 1 et 2…).

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Mais ce tempo lent a une autre explication : la difficulté à obtenir des doses du vaccin AstraZeneca. « Nous nous sommes préparés puis avons dû rester longtemps sur les starting-blocks à attendre le vaccin, explique ainsi une médecin du travail du Loiret. Le début des injections a donc été repoussé de trois semaines, pour débuter le 1er avril ». De son côté, Sibylle Quéré-Becker, directrice du développement social d’Axa France indique : « Nous adaptons le rythme de vaccination aux flacons que les médecins reçoivent ».

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