Culture, tourisme, hôtellerie : changement de plans pour les futurs diplômés

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Juste avant le confinement, Tobias, étudiant en master hôtellerie de luxe à l’université de Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne), était en stage depuis deux mois dans un palace parisien. Sanglé dans un uniforme de gouvernant, il apprenait, pour clore ses études, à encadrer une équipe. Il aurait pu être embauché par la suite. Mais avec le confinement, le palace a fermé ses portes. « Je vais devoir chercher un travail dans un secteur en crise avec seulement deux mois d’expérience », se désole-t-il. Il a aussi perdu son job au parc d’attractions de Disney, qui lui permettait d’arrondir ses fins de mois. Désormais, pour ce jeune Allemand qui a suivi toute sa scolarité en France, les plans sont totalement chamboulés. Si le palace ne rouvre pas cet été, Tobias envisage de suivre une année d’études supplémentaire, pour s’insérer l’année prochaine sur le marché du travail dans de meilleures conditions. Pourquoi pas « un MBA dans une école de gouvernants ».

Alors que l’hôtellerie-restauration, le tourisme et la culture sont particulièrement affectés par la crise liée au coronavirus, les futurs diplômés de ces secteurs anticipent de graves difficultés pour trouver un emploi. Hervé Becam, vice-président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), présage une année noire, avec « 20 % à 25 % des entreprises qui ne rouvriront pas » si les aides ne sont pas maintenues. « La priorité à court terme des entreprises est de se relever et de refaire travailler leurs équipes », estime George Rudas, président de l’Institut français du tourisme. Les embauches passent au second plan. « Les perspectives sur le marché du travail sont sombres, au moins équivalentes aux crises de 1993 et 2008. Les derniers arrivés, de n’importe quel secteur, sont les premiers touchés par la crise. Les jeunes se retrouvent dans une file d’attente, et vont être touchés de plein fouet par cette récession », explique Philippe Askenazy, économiste du travail et directeur de recherches au CNRS.

Stages amputés

Conscients de ces difficultés, les étudiants en fin de cycle tentent de s’adapter, pour éviter le chômage à la rentrée. Inès (son prénom a été changé) est en master tourisme monde chinois et digital marketing à Angers, et continue son stage dans une agence de voyage en télétravail. Bilingue en mandarin et passionnée par l’Asie, elle sait qu’elle devra revoir ses ambitions à la baisse : le tourisme international se trouve au point mort. Pour les prochains mois, cette Angevine, qui a l’habitude de se « débrouiller seule », compte « trouver un job alimentaire, et miser sur le marketing digital, plus porteur ». Florent, qui devait commencer un CDD dans une galerie d’art à Marseille, travaille maintenant dans les champs de son père, agriculteur. Optimiste, il pense qu’il sera rappelé plus tard mais qu’en attendant il « acceptera n’importe quel job, sans faire la fine bouche ».

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