Chômage : la région Pays de la Loire, bonne élève, n’est pas épargnée par la crise

Une agence Pôle Emploi d’Antibes (Alpes-Maritimes) le 29 juin.

Les chiffres sont éloquents. De mars 2019 à mars 2020, les cinq départements des Pays de la Loire n’avaient enregistré que 1 250 demandeurs d’emplois sans aucune activité (catégorie A) supplémentaires. En trois mois, cette comptabilité s’est emballée, avec 54 310 personnes de plus fin juin.

Certes, il faut relativiser, comme le remarque Sophie Aubin, directrice territoriale déléguée de Pôle Emploi en Maine-et-Loire : « Ce ne sont pas forcément de nouveaux demandeurs d’emplois mais des gens qui étaient auparavant classés en catégories B et C, car ils exerçaient une activité partielle et n’en ont plus du tout aujourd’hui. »

Toutes catégories confondues (A, B et C), il apparaît effectivement qu’avec 377 000 demandeurs d’emplois, le solde n’est en augmentation « que » de 23 010 personnes depuis fin mars. « Il y a un effet d’ampleur qui concerne majoritairement les salariés en contrat à durée déterminée et les intérimaires, décrypte Antoine Lelarge, secrétaire départemental de la CFDT en Maine-et-Loire. Mais les derniers comités sociaux et économiques (CSE) qui ont eu lieu avant l’été dans les grandes entreprises ont fait remonter des sortes de préannonces. On a donné rendez-vous en septembre aux délégués du personnel pour reparler de l’emploi… »

La région, qui se flattait jusqu’ici de figurer parmi les meilleurs élèves de l’Hexagone en matière de chômage (6,7 % au premier trimestre 2020 contre 7,6 % au niveau national), voit la crise sanitaire agir de manière très brutale sur ses statistiques. En Vendée, le nombre de demandeurs d’emploi a bondi de 39,1 % en trois mois (+ 10 600 personnes). En Loire-Atlantique, le pourcentage est moins élevé (+ 33,81 %) mais, en valeur absolue, l’augmentation est deux fois plus forte que chez le voisin de la côte atlantique (+ 21 520).

Dans les terres, on voit que les taux sont moindres, + 28,7 % en Maine-et-Loire, + 27,8 % en Sarthe, sauf en Mayenne (+ 34,2 %) mais l’augmentation en valeur réelle y est la plus faible des cinq départements (+ 3 580 demandeurs d’emplois).

Dans les cafés et restaurants de la région, qui emploient une bonne partie des 20 000 saisonniers habituels, la situation est contrastée. « Pour l’instant les locaux ne bougent pas et remplissent les terrasses et les bistrots. C’est beaucoup plus difficile pour ceux qui assurent le menu du jour, le midi à proximité des centres d’affaires », relève François Taillandier, président régional de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH).

Il vous reste 41.04% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.