Chez Camaieu, « environ 700 emplois » menacés

Dans un centre commercial à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 18 août 2020.

Camaieu multiplie les appels au secours. Depuis début août, l’enseigne d’habillement féminin détenue par Hermione People & Brands (HPB), filiale de la FIB, société fondée par l’homme d’affaires bordelais Michel Ohayon, cherche des investisseurs ou des repreneurs. Il ne lui reste que quelques jours pour boucler son plan de continuation. Mercredi 28 septembre, ses dirigeants doivent, en effet, présenter la version définitive de leur stratégie pour relancer l’entreprise placée en redressement judiciaire début août.

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Un « préprojet » a été présenté, le 13 septembre, aux juges commissaires du tribunal de commerce de Lille, puis, le lendemain, aux représentants du personnel, précise un porte-parole de la firme, sans vouloir confirmer l’ampleur du plan social qui menace l’entreprise fondée, en 1984, à Roubaix (Nord).

Vente du siège

Car, deux ans après avoir repris Camaieu, à la barre du tribunal de commerce de Lille, s’être engagé à conserver 2 600 des 3 100 salariés et avoir promis de redresser la chaîne grâce à 511 de ses 634 magasins, HPB prévoit une nouvelle saignée. « Environ 700 postes » seraient menacés, calcule Thierry Siwik, délégué syndical CGT.

Lors d’une réunion avec le comité social et économique de Camaieu, HPB a assuré être en mesure de reclasser une partie du personnel concerné, rapporte ce dernier. En dépit de la crise que traverse le secteur d’habillement, le groupe dit pouvoir leur assurer un emploi au sein de Go Sport ou de Gap, enseignes qu’il exploite aussi en France.

Le montant des dettes de Camaieu, que la mise en redressement judiciaire a gelées, atteindrait 250 millions d’euros, selon la CGT

Ce plan entraînerait la fermeture de 40 % des magasins Camaieu, soit 208 des 508 points de vente, selon une lettre adressée par les administrateurs judiciaires aux élus du personnel. La cession de certains actifs y serait aussi envisagée. A commencer par la vente du siège social de Roubaix et de son entrepôt, pour un montant évalué à 14 millions d’euros, selon M. Siwik. Une somme censée financer en partie le plan de relance qui, au total, exigerait 60 millions d’euros, d’après ce représentant syndical. Mais ce projet aurait été écarté par les autorités judiciaires.

En toute urgence, d’ici au 28 septembre, HPB doit donc revoir le financement de ce plan. Le groupe bordelais dit « sans les nommer, avoir le soutien de trois partenaires financiers », rapporte M. Siwik. « Mais qui peut accorder des fonds aujourd’hui à M. Ohayon ? », s’interroge un avocat qui représente l’un des créanciers de l’entreprise. Car les professionnels du financement savent combien l’entreprise a laissé des ardoises auprès de bailleurs, de fournisseurs ou de prestataires de services : le montant des dettes de Camaieu, que la mise en redressement judiciaire a gelées, atteindrait 250 millions d’euros, selon la CGT.

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