Covid-19 : comment la pandémie va durablement peser sur l’économie

A l’heure où l’Europe se reconfine pour lutter contre la pandémie de Covid-19, cela ne fait plus guère de doute : l’embellie enregistrée partout au troisième trimestre appartient déjà au passé. Las, les perspectives sont bien sombres. Car, si les mesures de confinement adoptées en France, en Belgique, au Royaume-Uni, en Allemagne sont pour le moment moins sévères que celles du printemps, nul ne sait jusqu’à quand il sera nécessaire de les prolonger pour réduire les contaminations.

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« Les incertitudes sont si nombreuses qu’il est très difficile d’établir des scénarios », résume Nadia Gharbi, économiste chez Pictet Wealth Management. Une chose est néanmoins certaine : cette crise est la plus grave depuis la seconde guerre mondiale. Plus elle sera longue, plus la réponse des Etats devra être conséquente. Et plus les cicatrices sur le tissu économique risquent d’être profondes.

  • Après le plongeon de 2020, une activité en dents de scie

« Dans le cas où le reconfinement ne durerait qu’un mois, le PIB tricolore chuterait de 9 % en 2020 et rebondirait de 7 % l’an prochain. S’il dure deux mois, il plongerait de 11 % en 2020 et remonterait de 6 % en 2021 », estime Charles-Henri Colombier, chez Rexecode, en soulignant que les incertitudes sont plus grandes qu’au printemps.

De fait, l’activité de 2021 sera probablement en dents de scie, en fonction des vagues de contaminations et des mesures sanitaires plus ou moins strictes prises pour les contenir. « Au risque que cela tourne au désastre pour l’investissement », redoute M. Plane. Si les incertitudes se prolongent, les entreprises cesseront de renouveler leurs équipements : une partie pourrait devenir obsolète, ce qui compliquerait d’autant la reprise lorsque l’éclaircie viendra. En outre, elles retarderont un peu plus encore les embauches, tandis qu’une partie des chômeurs verront leurs compétences devenir dépassées.

S’ajoutent à cela les effets de « second tour » : aujourd’hui, les secteurs les plus affectés (tourisme, restauration, aérien…) pèsent 15,4 % du PIB, estime Rexecode. Plus leurs difficultés dureront, plus leurs fournisseurs directs ou indirects seront nombreux à être pénalisés eux aussi.

  • Le spectre d’une reprise en K, accélérant l’accroissement des inégalités

Ces derniers mois, les économistes ont beaucoup débattu sur la forme que pourrait prendre la reprise : en V, en U, en racine carrée ou en aile d’oiseau ? « Avec la chute du PIB attendue au quatrième trimestre en France comme en zone euro, ce sera plutôt un W », estime Bert Colijn, économiste chez ING. « Sauf que cette fois, le rebond que l’on peut espérer début 2021 sera plus modéré », ajoute Nadia Gharbi. Même si les confinements européens sont levés avant la fin de l’année, il est probable que certaines restrictions soient encore en place jusqu’à la fin de l’hiver.

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« Les fleurs et les plantes, comme les livres, ont été rangés au rayon des biens non essentiels »

Chronique. La fête des morts sonne-t-elle le tocsin pour les fleuristes ? Le 2 novembre, tous les vendeurs de fleurs et de plantes ont, en tout cas, dû fermer boutique en France. Alors qu’un deuxième confinement national a été décrété jeudi 29 octobre à minuit, ils ont bénéficié d’un sursis. Vente des chrysanthèmes oblige. D’ordinaire, les Français déboursent près de 170 millions d’euros afin d’allumer le feu d’artifice floral dans les cimetières à la Toussaint. Un temps fort pour la filière horticole française, soucieuse de reprendre des couleurs.

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Le couperet est donc tombé le 2. Les fleurs et les plantes, comme les livres, ont été rangés au rayon des biens non essentiels. Les fleuristes ont été priés de tirer le rideau. Sauf que le petit commerce n’avait, cette fois, aucune envie de faire une fleur aux grandes surfaces prêtes à continuer la vente de l’essentiel tout autant que de l’accessoire. Le gouvernement a tranché. Roses, tulipes et camélias doivent quitter les linéaires des supermarchés.

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Il est vrai que depuis le confinement décrété le 17 mars, le parcours des fleuristes n’a pas été un chemin tapissé de roses. « Début juillet, 15 % des fleuristes avaient définitivement fermé boutique », affirme Mikaël Mercier, président de Val’hor, organisation interprofessionelle de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage. C’est le maillon de la filière qui paie le plus lourd tribut.

Y aura-t-il des sapins à Noël ?

Pour les fleuristes, ni fleurs ni couronnes. Même si, à l’heure du déconfinement, les Français ont débordé d’envie de nature et de végétal et, après être devenus des as de la fabrication du pain, se sont rués pour créer des potagers. Ils ont aussi plébiscité la Fête des mères, n’hésitant pas à débourser 25 % à 30 % de plus que le montant habituel estimé à 60 millions d’euros. Mais la fermeture des hôtels, la mise sur pause des congrès et des événements, sans compter le report des mariages, leur ont donné un sacré coup de bambou.

Ce nouveau confinement met également à rude épreuve les nerfs des producteurs. « Nous jetons 150 000 tulipes par jour, depuis lundi. Nous avons l’impression de revivre le cauchemar en boucle, après avoir perdu plus de 13 millions de fleurs en mars et avril », témoigne Nicolas Bigot, dont l’entreprise Bigot Fleurs est installée à Allonnes (Sarthe) mais aussi au Kenya pour les roses. Arguant de l’aspect périssable des fleurs coupées, il milite pour leur retour au milieu des fruits et des légumes dans les grandes surfaces.

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Dans l’entreprise, les femmes se heurtent toujours à un plafond de verre

Aujourd’hui, les jeunes femmes sont plus diplômées que les jeunes hommes, mais elles ont plus de mal à faire carrière

« Une femme. » Depuis quelques mois, cette formule prête à sourire sur Internet – elle a même sa propre page Wikipédia sous forme de pastiche –, mais elle en dit long sur le chemin qu’il reste à parcourir. Chaque fois qu’une candidature féminine est retenue pour un poste prestigieux, c’est en général le sexe de l’élue que les commentaires retiennent d’abord, plus que son nom : « Une femme nommée à la tête de… » Ces derniers mois, on a ainsi pu lire qu’« une femme » était nommée la tête du New York Times, du Crédit mutuel Arkea ou encore de Virgin Australia…

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Oui, en 2020, on s’en étonne encore. Et pour cause : « Le plafond de verre est toujours une réalité très forte pour les femmes en entreprise », résume Catherine Bonneville-Morawski, fondatrice du cabinet de conseil en mixité Eragina. Certes, il y a du progrès du côté des conseils d’administration, depuis que la loi Copé-Zimmermann (2011) y impose un quota de 40 % de femmes. Mais elles ne sont guère plus de 20 % au sein des comités exécutifs. 37 % des entreprises comptent toujours moins de deux femmes parmi leurs dix plus hautes rémunérations, et un seul groupe du CAC 40, Engie, est dirigé par « une femme », Catherine MacGregor.

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Inutile, cependant, de monter aussi haut dans la hiérarchie pour constater la réalité du plafond de verre. Aujourd’hui, les jeunes femmes sont plus diplômées que les jeunes hommes, mais elles ont plus de mal à faire carrière, établissent des travaux du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), publiés en janvier 2020. Les diplômés de 2010 des deux sexes ont ainsi décroché autant de postes de cadres trois ans après la fin de leurs études. En revanche, les femmes ne sont plus que 40 % des manageurs à responsabilité hiérarchique sept ans après le diplôme, et elles mettent plus de temps que les hommes à y parvenir : 17,9 mois contre 15,3 mois, explique l’étude.

Lors des soirées poker

« Les lignes bougent peu, alors que nombre d’études montrent pourtant que les entreprises affichant plus de parité et de diversité à tous les étages enregistrent une meilleure profitabilité », souligne Cécile Bernheim, membre de l’advisory board du réseau Professional Women’s Network Paris. Pourtant, les entreprises y travaillent : depuis dix ans, la plupart des grands groupes – Accenture, Axa, EDF… – montent des programmes pour encourager les carrières féminines. Seulement voilà : les sources du plafond de verre, complexes et multifactorielles, sont difficiles à démonter. « Il y a bien sûr les clichés à la vie dure, tels que celui sur la moindre compétence des femmes, mais pas seulement », explique Catherine Bonneville-Morawski.

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En temps de crise, les femmes sont plus facilement désignées pour diriger les entreprises

Ilham Kadri, la directrice générale du chimiste belge Solvay. Ici, à Paris le 15 novembre 2018.

Et si la crise due au Covid-19 incitait les entreprises à promouvoir davantage de femmes à leur tête ? La recherche en psychologie sociale va dans ce sens. Ces dernières années, des expériences ont ainsi été menées auprès d’étudiants ou encore de cadres supérieurs, leur demandant de choisir pour diriger une entreprise entre deux candidats hypothétiques, dont un homme et une femme au profil similaire. Résultat : si l’entreprise est censée bien se porter, la majorité du groupe testé sélectionne le candidat ; si elle est réputée traverser une passe difficile, c’est la femme qui est désignée par le plus grand nombre.

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Les chercheurs Michelle Ryan et Alexander Haslam, qui ont mis en avant ce phénomène, parlent d’une « falaise de verre », en référence au fameux « plafond de verre » qui empêche les femmes de parvenir en haut de la pyramide : autrement dit, une fois parvenues péniblement au sommet, elles en tombent plus vite…

Marie-Ange Debon, intronisée le 24 août à la présidence du directoire du Groupe Keolis, avoue découvrir ce concept, avant de se souvenir : « C’est vrai que j’avais été nommée patronne de Suez France après un avertissement sur les résultats. » Quant à Catherine MacGregor, qui deviendra directrice générale de l’énergéticien Engie au 1er janvier 2021, seule à ce poste dans le CAC 40, elle est prévenue : Isabelle Kocher, à qui elle succède, n’a eu droit qu’à un seul mandat.

« C’est vrai que j’avais été nommée patronne de Suez France après un avertissement sur les résultats », Marie-Ange Debon, présidence du directoire du Groupe Keolis

La « falaise de verre » s’expliquerait par les préjugés répandus sur les genres. « Quand une entreprise va bien, les gens préfèrent des leaders avec des qualités stéréotypées masculines, mais, quand l’entreprise va mal, ils pensent que des compétences stéréotypées féminines s’avèrent nécessaires pour redresser la situation », avancent Susanne Bruckmüller et Nyla Branscombe, deux psychologues, dans un article publié dans la Harvard Business Review.

« On attend des femmes qu’elles soient bienveillantes, à l’écoute, avec un esprit de conciliation. L’homme est perçu comme dominant, aimant le pouvoir. Ce sont des stéréotypes intériorisés depuis le plus jeune âge qui poussent à agir inconsciemment dans ce sens », développe Sarah Saint-Michel, maîtresse de conférences à la Sorbonne. Autrement dit, même si cela ne correspond pas à leur pente naturelle, les femmes adoptent certains comportements.

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« Le grand cafouillage » des tests Covid en entreprise

« Ce protocole sanitaire prévoit que les employeurs puissent proposer à leurs salariés de passer des tests de dépistage rapide, qui permettent d’obtenir des résultats en 10 à 30 minutes. »

Le gouvernement a fait volte-face, en autorisant finalement les entreprises à mettre en place des tests de dépistage rapide du Covid-19. « Si on peut permettre aux entreprises de faire ces tests, c’est parce qu’on a les nouveaux tests, les fameux tests antigéniques, qui ne nécessitent pas de passer par un laboratoire de biologie », a précisé la ministre du travail, Elisabeth Borne, à l’occasion de la parution du nouveau protocole national pour les entreprises.

Mis en ligne le 29 octobre, ce protocole sanitaire prévoit que les employeurs puissent proposer à leurs salariés de passer des tests de dépistage rapide, qui permettent d’obtenir des résultats en 10 à 30 minutes. Pas question, toutefois, de les y contraindre : les salariés doivent obligatoirement se montrer volontaires. Ces tests doivent, par ailleurs, être intégralement pris en charge financièrement par l’entreprise, « dans des conditions garantissant la (…) stricte préservation du secret médical », précise le texte. Aucun résultat ne peut donc être communiqué à l’employeur.

Simple sur le papier, moins dans la pratique. Plusieurs zones d’ombre subsistent : qui est habilité à réaliser ces tests ? Dans quelles conditions ? Face à cette nouvelle possibilité offerte aux entreprises, les professionnels de santé au travail s’avouent perplexes. « On a des employeurs plutôt demandeurs, très inquiets d’avoir un cluster, constate Pascal Le Deist, directeur général de l’OPSAT Franche-Comté, une association qui fédère des services de santé interentreprises. Mais pour le moment, on est encore bloqués. Il nous faut un texte qui vienne encadrer et autoriser nos infirmiers et nos médecins à réaliser des tests de dépistage. »

Dans l’attente de ce texte, les professionnels de santé au travail ont les mains liées. « C’est le grand cafouillage, s’emporte Nadine Rauch, présidente du Groupement des infirmiers de santé au travail (GIT). Nous ne savons pas comment encadrer nos infirmiers pour qu’ils puissent faire passer ces tests ». Si leur mise en œuvre doit obligatoirement être le fait d’un professionnel de santé – pharmacien, infirmier, médecin –, « tous ne sont pas encore formés », avertit le directeur de l’OPSAT. Sachant que les tests nasopharyngés nécessitent le passage d’un écouvillon dans la narine, une opération demandant un certain doigté.

Pas de blanc-seing

« On n’a pas encore le protocole décisionnel, afin de savoir dans quel cas on accède ou pas à la demande de l’entreprise », ajoute Pascal Le Deist. Car le protocole du 29 octobre n’est pas un blanc-seing donné à l’employeur. « Face à une demande de tests de dépistage, il n’y a pas de validation automatique », avertit le professionnel. Bien que le protocole évoque uniquement la mise en place des tests rapides (antigéniques), « c’est le médecin du travail qui détermine quels types de tests doivent être passés et dans quelles conditions, en fonction des préconisations de la Haute Autorité de santé ». Le directeur de l’OPSAT rappelle que la sensibilité du test de dépistage antigénique ne permet pas toujours de détecter les cas asymptomatiques.

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Deliveroo, Uber Eats… : avec le chômage lié au Covid-19, la concurrence s’exacerbe entre livreurs

Encore quelques semaines à pédaler pour Deliveroo et Uber Eats en tant que micro-entrepreneuse, puis elle sera « salariée de [sa] propre entreprise », explique Marine Stieber, livreuse depuis deux ans à Strasbourg. Jeudi 5 novembre, elle a lancé, avec quelques collègues, Kooglof !, une plate-forme sous forme associative qui deviendra, à terme, une coopérative, avec « cinq ou six livreurs », qui ne livreront pas uniquement pour la restauration. « Nous serons salariés dès que nous aurons un emploi du temps régulier, ce que nous prévoyons pour début 2021. »

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Kooglof ! adhère à la fédération Coopcycle, qui a déjà essaimé plusieurs coopératives de livraison à Paris, Nantes, etc., auxquelles elle fournit un logiciel ad hoc. Des projets mûrissent dans d’autres villes comme Rennes, où, selon Hugo, livreur, « des restaurants, des commerces cherchent des alternatives aux plates-formes classiques » qui leur prélèvent des commissions autour de 30 %. En parallèle, « on continue le combat pour les droits des travailleurs », précise Arthur Hay, coopérateur des Livreurs bordelais et secrétaire général des livreurs CGT de Bordeaux. Le 30 octobre, son syndicat a lancé une mobilisation pour une hausse des rémunérations, un droit à la sécurité sociale, etc. Selon Ludovic Rioux, secrétaire général de la CGT des livreurs à Lyon, « environ 300 livreurs » ont participé à ce mouvement. « Quelques dizaines », selon Deliveroo.

La coopérative se veut une réponse à des conditions de travail de plus en plus dégradées. « Je dois travailler dix heures par jour pour gagner 100 euros, alors qu’auparavant, cinq ou six heures suffisaient, indique Marine. Il y a trop de livreurs. »

« En sureffectif »

« Trop de livreurs » : une expression qui s’entend un peu partout en France. Avec les confinements, les plates-formes ont agrandi leur équipe et le nombre de « restaurants partenaires ». « Nous avons 15 000 restaurants partenaires, dont 3 000 nous ont rejoints lors du premier confinement », explique-t-on chez Deliveroo, qui assure développer « la taille de [sa] flotte de manière proportionnée à [ses] besoins opérationnels ». Ils sont 11 000 livreurs actuellement. De son côté, Uber Eats indique avoir « 20 000 restaurants partenaires, contre 10 000 un an plus tôt. Et notre activité a doublé entre le deuxième trimestre 2019 et celui de 2020 ». Quant au nombre de livreurs, Uber Eats en comptait 30 000 début 2020 − soit deux fois plus qu’un an plus tôt −, auxquels sont venus s’ajouter 5 000 nouveaux entre mars et juin.

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En neuf mois, la crise a effacé près d’un an et demi d’intenses créations d’emplois

L’embellie estivale réelle est insuffisante. Selon les données publiées ce vendredi 6 novembre par l’Insee, l’économie française a créé 344 400 emplois au 3e trimestre 2020. Un rebond important qui ne parvient toutefois pas à effacer des tablettes un premier semestre désastreux au cours duquel 650 000 emplois salariés avaient été détruits dans le secteur privé.

Au final, il manque encore 305 600 emplois salariés dans le secteur privé pour atteindre à nouveau le niveau d’emploi qui était le sien en décembre 2019 (19,75 millions de postes, contre 19,44 fin septembre 2020).

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Retour fin 2018

L’économie française a donc fait un important saut dans le passé. Les 19,44 millions d’emplois salariés privés enregistrés fin septembre dépassent en effet à peine le niveau constaté à la fin du 3e trimestre 2018 (19,41 millions). En neuf mois, la crise économique liée au Covid-19 a effacé près d’un an et demi d’intenses créations d’emplois. Sans le rebond enregistré au 3e trimestre, c’est à début 2017 qu’il aurait fallu remonter (19,05 millions d’emplois salariés privés à l’époque, contre 19,09 fin juin 2020).

Malgré le soutien du chômage partiel, la chute du niveau de l’emploi salarié est vertigineuse. La crise liée au Covid-19 est pour le moment un peu moins dévastatrice que celle de 2008-2009, mais elle l’est beaucoup plus que le ralentissement de 2012-2013.

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Rapportée au stock d’emplois salariés privés de l’époque, la chute avait été de 2,5 % en 2008-2009 et de 0,8 % en 2012-2013, contre une baisse de 1,5 % entre janvier et septembre 2020. Mais les dégâts du second confinement vont bientôt s’ajouter à ceux du premier, et le bilan 2008-2009 pourrait être dépassé.

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L’équivalent de secteurs entiers

A titre de comparaison, ces 305 600 postes supprimés équivalent presque à la totalité des emplois salariés (hors intérim) répertoriés avant la crise dans les industries chimiques, pharmaceutiques et textiles réunies (330 500 postes fin 2019).

Ils représentent également plus du total des postes salariés du secteur des arts, spectacles et activités récréatives (302 400) ou de celui de l’hébergement (269 700 fin 2019).

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Dans les départements, cette chute équivaut presque à la disparition de tous les postes de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane réunies (301 500), et presque à la disparition de ceux de la Charente et de la Charente-Maritime (330 500 à eux deux). Les 305 600 emplois perdus entre janvier et septembre représentent également plus de 16 % des 1,8 million d’emplois salariés parisiens.

Reconfinement : « Certaines victimes ont d’ores et déjà tombe ouverte dans le cimetière de la pandémie : les entrepreneurs »

Tribune. La séquence politique et médiatique autour du reconfinement annoncée mercredi 28 octobre par le président de la République promet de balayer tous les sujets de préoccupation et de sidérer les opinions publiques plus encore qu’au mois de mars. Si la maladie frappe les Français au hasard, certaines victimes ont d’ores et déjà tombe ouverte dans le grand cimetière de la pandémie : les entrepreneurs.

La France dit les porter en bandoulière. Pourtant, le problème de leur protection sociale reste totalement sous-estimé encore à ce jour. Les conséquences s’annoncent lourdes, à la suite de la fermeture des boîtes de nuit, des salles de sport, du restaurant près du bureau pourtant apprécié mais lui aussi emporté par la vague des comorbidités engendrées par le couvre-feu et un deuxième confinement.

Derrière ces entreprises, ils sont des centaines de milliers, femmes et hommes, entrepreneurs engagés pour leur territoire, inclusifs socialement et économiquement, facteurs de concorde sociale. En Espagne, en Italie, ils ont perdu patience. La France saura-t-elle démontrer la différence de son modèle social ?

Des victimes collatérales

Chaque année en France, jusqu’en 2019, 50 000 femmes et hommes dirigeants mettent la clé sous la porte, soit 140 par jour, dans une indifférence quasi générale. De ce qui relève de la catastrophe, le Covid-19 va l’élever au rang de cataclysme puisque ce chiffre sera multiplié par trois à la suite de la crise que nous affrontons encore ! Au bas mot, de 100 000 à 150 000 chefs d’entreprise, au premier rang desquels les dirigeants de très petites entreprises (TPE), vont disparaître.

S’ils font vivre une famille de quatre personnes, plus d’un demi-million de personnes seraient des victimes collatérales. Seul 1 % d’entre eux a anticipé une éventuelle situation de catastrophe et dispose d’un filet de sécurité. Le drame économique, social, humain est devant nous. Rappelons que sans chef d’entreprise, pas d’entreprise, et donc pas de salariés, pas de création de richesses pour notre pays.

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Et 99 % de ceux qui ne se relèveront pas perdront toutes leurs ressources pour payer les factures familiales et remplir leur réfrigérateur. Sans désir de comparer, encore moins d’opposer, mais seulement d’expliquer, comprenons qu’un salarié perdant son emploi peut, par ses cotisations obligatoires mensuelles, et c’est une excellente chose, s’appuyer sur un système d’assurance-chômage, structuré, automatique et fléché. Il n’en est rien pour les entrepreneurs qui, contrairement aux idées reçues, n’ont pas droit au chômage, quel que soit leur statut.

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« Je ne veux pas que mon établissement tombe aux mains des charognards » : face au confinement, la colère monte chez les restaurateurs

Devant le restaurant

Au restaurant Le Mesturet, dans le quartier de l’Opéra Garnier à Paris, pas question de renoncer à la tradition du beaujolais nouveau cette année. Les amateurs pourront le déguster le 19 novembre. « Je vais le proposer en vente à emporter. Il faut se donner du baume au cœur, ne pas lâcher », affirme Alain Fontaine, patron de cet établissement et président de l’Association française des maîtres restaurateurs.

Et pourtant, le moral n’est pas au beau fixe. « Je ressens une profonde colère et une amertume », dit-il. Le deuxième confinement, instauré depuis jeudi 29 octobre à minuit, a vidé une nouvelle fois Le Mesturet de ses clients. Dans la salle de restaurant, les chaises sont empilées sur les tables. Près de la porte, sur un tonneau, les multiples flacons de gel hydroalcoolique ont été regroupés. Témoins de mesures sanitaires renforcées prises récemment par la profession pour tenter de maintenir l’activité des bars et restaurants. Las. La recrudescence des cas de Covid-19 en France a contraint le gouvernement à instaurer une salve de restrictions, entraînant leur arrêt.

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Un nouveau choc, après celui brutal de la fermeture administrative décrétée, le 17 mars, lors du premier confinement national. « Nous avions dû donner et jeter une partie de la marchandise. Cela a représenté une perte de 7 000 euros », se souvient M. Fontaine. Rien de tel cette fois, car l’établissement continue de tourner au ralenti grâce à la vente à emporter. Une option choisie le 12 mai, après près de deux mois de fermeture, pour relancer la machine, avant la réouverture autorisée des terrasses puis des salles de restauration en juin.

Livraison réfrigérée

« Je propose toute la carte sauf les grillades », précise M. Fontaine. Mais l’activité reste limitée. « J’ai facturé l’équivalent de 1 000 euros vendredi 30 octobre, à comparer à un chiffre d’affaires moyen habituel quotidien de 7 000 à 8 000 euros », précise M. Fontaine. Il se refuse à céder aux sirènes des plates-formes de livraison à domicile. « Je ne veux pas travailler avec Deliveroo qui paie ses impôts en Hollande ou avec Uber Eats qui n’en paie pas », dit-il soulignant que ces entreprises prennent une commission de 25 % à 30 % qui oblige à augmenter les prix.

Il n’est pas le seul à s’interroger sur les alternatives alors que nombre de restaurants se sont organisés pour élaborer un menu à déguster chez soi. A l’exemple de la chef étoilée Stéphanie Le Quellec, qui propose une livraison réfrigérée dans toute la France avec l’appui du service Chronofresh. Quant à Jean-François Piège, qui a créé une offre baptisée « Jean-François Piège à la maison », il a choisi de travailler avec Olvo, une coopérative de coursiers à vélo couvrant la ville de Paris.

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Le monde associatif frappé de plein fouet par la crise liée au Covid-19

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Publié aujourd’hui à 03h18, mis à jour à 09h07

Alors que la France retrouvait le confinement le 30 octobre, une période de grande incertitude s’est ouverte pour les associations. L’année 2020 aura été, pour beaucoup d’entre elles, un calvaire. Selon le Mouvement associatif, 66 % des associations ont été appelées à suspendre leurs activités ou à revoir leur mode de fonctionnement au printemps. Nombre d’entre elles ne sont pas sûres de pouvoir s’adapter à un nouveau coup d’arrêt : à la rentrée, on comptait 4 000 associations employeuses menacées de disparaître et près de 30 000 associations en risque de dépôt de bilan.

La crise due au Covid-19 a frappé de plein fouet les associations sur le plan financier. A la sortie du premier confinement, le Mouvement associatif annonçait 1,4 milliard d’euros de pertes sur mars et avril. « Des pertes qui devraient encore augmenter d’ici à la fin de l’année », prédit Philippe Jahshan, président du Mouvement associatif.

Lors du premier confinement, 86 % d’entre elles ont été contraintes d’annuler des événements majeurs générant des revenus. C’est le cas du CCFD-Terre solidaire (Comité catholique contre la faim et pour le développement), qui n’a pas pu faire sa collecte de carême. A cela s’ajoute la baisse importante des dons et du mécénat.

Baisse des effectifs salariés et bénévoles

La crise sanitaire a également touché les associations au niveau de l’emploi. A la rentrée, 55 000 associations ont déclaré qu’elles ne pourraient pas maintenir leurs effectifs salariés en l’état. Parmi celles-ci, 30 000 en comptent moins de cinq. « Dans le secteur associatif employeur, on note, au premier semestre, une diminution de 3,5 % des effectifs, soit 60 000 emplois. Aujourd’hui, seuls 8 % des associations prévoient de recruter », précise Philippe Jahshan.

L’impact de la crise se fait également sentir au niveau de l’engagement associatif. Alors que depuis vingt ans, 70 000 associations étaient créées en moyenne chaque année, le réseau d’experts Recherches & Solidarités annonce une baisse de 40 % des créations associatives sur 2020. Les adhésions sont également en nette diminution : les secteurs du sport, du loisir et de la culture font état d’un recul allant de 25 % à 40 %.

Un coup dur pour ces associations où les cotisations représentent entre 20 % et 35 % du budget annuel. « Ce sont autant d’impacts sur le lien social qui maille le territoire », s’inquiète le président du Mouvement associatif. La crise a également privé les associations du bénévolat senior, particulièrement vulnérables au SARS-CoV-2, le virus responsable
du Covid-19.

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