Le plein-emploi sera difficile à atteindre en 2022

Dans une agence Pôle Emploi, à Bordeaux, le 8 février 2022.

Parmi les « sujets majeurs et urgents » pour le quotidien des Français cités par Emmanuel Macron dans son adresse aux Français, mercredi 22 juin, le président de la République réélu n’a pas omis de citer « les moyens d’atteindre le plein-emploi ». Signe qu’il n’a pas renoncé, malgré la dégradation de la situation économique, à ce qui était l’un de ses objectifs de campagne. En 2021, le taux de chômage est tombé à 7,4 % de la population active, un point bas historique. Dès lors, parvenir aux alentours d’un taux de 5 %, généralement considéré comme synonyme de plein-emploi, ce pari semblait en effet à portée de main il y a quelques mois encore. Mais la guerre en Ukraine, la dégradation du contexte international et l’inflation pourraient changer quelque peu la donne.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés La croissance française devrait atteindre 2,3 % en 2022

Avec une activité en progression modérée de 2,3 % pour 2022, on est loin de l’hypothèse de croissance de 4 % retenus par l’exécutif en début d’année – un chiffre qui doit être prochainement révisé – et du rêve du plein-emploi qui l’accompagnait. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il faille redouter une brusque remontée du nombre de chômeurs.

« Assez dynamique »

Le marché du travail réserve, depuis la crise du Covid-19, quelques surprises. Tout au plus peut-on attendre « un arrêt de la baisse du chômage », comme l’indique l’OFCE dans ses prévisions publiées le 9 juin. L’Insee est un peu plus optimiste : bien que faible, la croissance se traduirait en 2022 par la création de 200 000 emplois salariés, « et le taux de chômage continuerait à décroître légèrement » pour atteindre 7 % de la population active, selon Olivier Simon, chef de la division synthèse conjoncturelle à l’Insee.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés L’apprentissage est dans une « impasse financière », selon la Cour des comptes

Au premier trimestre, alors que le PIB a reculé de 0,2 %, « l’emploi salarié a été assez dynamique », fait-il valoir. L’économie française a alors créé 79 000 emplois salariés, en dépit d’un climat plus que morose et d’une baisse de la consommation de 1,5 %. « Il s’agit du cinquième trimestre consécutif de hausse de l’emploi salarié », poursuit M. Simon. Il est vrai que ce chiffre comprend les alternants, qui représentent un cinquième de la hausse des effectifs entre mars 2021 et mars 2022. La Banque de France estime pour sa part que le chômage va remonter légèrement, « vers un peu moins de 8 % », autour de 2023-2024, un niveau qui reste toutefois inférieur à celui qui prévalait avant la crise, mais elle n’entrevoit pas de retournement de la situation.

La productivité a baissé depuis la crise, pour des raisons que les experts ont du mal à expliquer : mesures sanitaires, télétravail, absentéisme plus élevé…

Il vous reste 39.76% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

SNCF : un appel à la grève le 6 juillet pour une augmentation urgente des salaires

A Bordeaux, le 25 novembre 2021.

Trois syndicats de la SNCF, la CGT Cheminots, SUD-Rail et la CFDT Cheminots ont lancé, vendredi 24 juin, un appel à la grève pour le mercredi 6 juillet, veille des vacances scolaires, et jour d’une table ronde prévue avec la direction de l’entreprise à capitaux publics. Comme de nombreux salariés français mobilisés en France ces dernières semaines, ils revendiquent une augmentation générale et urgente des salaires pour faire face à l’inflation, laquelle pourrait atteindre 5,9 % sur un an, en juin, selon les nouvelles prévisions de l’Insee.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés L’inflation est au plus haut en France, et les mobilisations pour des hausses de salaire se multiplient

« A la SNCF, il n’y a pas eu d’augmentation générale des salaires depuis 2014, et quand on demande des négociations annuelles obligatoires [NAO], on nous dit d’attendre la fin de l’année. Mais il y a urgence, les salariés ont besoin de mesures dès maintenant ! », estime Cédric Robert, secrétaire fédéral de la CGT Cheminots. L’UNSA décidera mardi 28 juin, à l’issue d’un conseil fédéral exceptionnel, si elle s’associe au mouvement.

Les syndicats ont interpellé la direction sur les salaires, à plusieurs reprises, ces derniers mois, alors que le smic, indexé sur l’inflation, augmentait, lui, automatiquement. Au 1er mai, il a pris 5,9 % sur un an. « Et ça n’a pas du tout été transposé sur la grille de salaire de la SNCF ! Aujourd’hui, les premiers échelons sont rattrapés par le smic ! », déplore Eric Meyer, secrétaire fédéral de SUD-Rail, qui prend l’exemple d’un aiguilleur débutant : « Quand il est recruté, il a quatre mois de formation, et des responsabilités juridiques et opérationnelles très importantes, car la moindre erreur peut coûter des vies. Et il commence à 1 350 euros, 50 euros par mois de plus que le smic ! Qu’on ne s’étonne pas d’avoir des difficultés de recrutement ! »

« 7 % au-dessous du smic »

Le 16 juin, la CGT, l’UNSA, SUD-Rail et la CFDT s’étaient unis pour adresser une « demande de concertation immédiate » à la direction, sorte de procédure « d’alarme sociale » pour éviter un conflit. « Au lieu de nous recevoir, tous ensemble, dans les trois jours, comme le veut le règlement, la direction nous a reçus en bilatéral, puis nous a renvoyés à cette table ronde du 6 juillet, dont on ignore ce qu’ils mettront sur la table ! », explique Cédric Robert.

Lire aussi : La SNCF va ajouter 500 000 places dans les trains cet été face à une demande « record »

Du côté de la direction, si on rappelle que des mesures catégorielles (bas salaires, certains métiers) de hausse des rémunérations ont déjà été prises, on reconnaît qu’il y a un « sujet pouvoir d’achat », en particulier chez les cheminots au statut (110 000 sur 140 000 personnes). « Les salaires d’entrée sont très bas, désormais certains sont 7 % au-dessous du smic, pour des boulots à contraintes, 3 × 8, travail de nuit, travail du week-end », explique un bon connaisseur du dossier. « Avec une inflation à plus de 5 %, on ne pourra pas se contenter d’attendre la NAO de fin d’année et une revalorisation en janvier 2023 », estime un proche de la direction.

Il vous reste 12.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Hors effet Covid, l’absentéisme continue de progresser

Une étude du cabinet de conseil Willis Towers Watson (WTW), parue jeudi 23 juin, indique que l’absentéisme dans les entreprises du secteur privé et dans la fonction publique territoriale a augmenté ces dernières années au-delà de l’effet Covid.

Dans le secteur privé, sur un panel de plus de 340 000 salariés issus de près de 650 entreprises de toutes tailles et de tous secteurs observés pour cette enquête, la part des arrêts de travail, toutes causes confondues, est ainsi passée de 3,4 % à 4,6 % entre 2017 et 2021. Soit une hausse de 37 % en cinq ans que l’effet Covid ne suffit pas à expliquer. La moitié avait eu lieu entre 2017 et 2019, essentiellement alimentée par les arrêts maladie (hors accidents du travail et maladies professionnelles) : le taux d’absentéisme pour maladie était déjà de 3,2 % en 2019, contre 2,8 % en 2017, avant d’atteindre 4,1 % en pleine crise sanitaire en 2020 puis 3,8 % en 2021.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Télétravail et absentéisme: un effet de ciseau

Cette tendance observée sur toutes les tranches d’âge, avec une particularité pour les moins de 30 ans qui sont les seuls à ne pas avoir vu leur taux d’absentéisme baisser en 2021. « L’usure professionnelle » et les « risques psychosociaux » y jouent probablement un rôle, commente Noémie Marciano. Pour la directrice de offre de conseil Health & Benefits de WTW en France, l’augmentation des arrêts maladie, notamment chez les jeunes, s’explique par « des causes multiples » difficiles à démêler, au vu des bouleversements qu’a connus le monde du travail ces derniers mois.

La santé et les transports en tête de l’absentéisme

Travailleurs de la première ligne, les non-cadres connaissent un taux d’absentéisme près de trois fois supérieur à celui des cadres (6,4 % vs 2,3 % en 2021). Comme les années précédentes, parmi les plus touchés par l’absentéisme en 2021 se trouvent les établissements de santé (9,02 %), suivis par le secteur des transports et de la logistique (7,07 %).

Pour prendre le pouls de la fonction publique territoriale, qui est le second employeur en termes de volumes d’agents du côté du secteur public, le panel du baromètre WTW a couvert 10 382 collectivités employant 290 000 agents (personnel de cantine, voirie, entretien des espaces verts, nettoyage des locaux…) affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL).

Lire aussi En 2021, les cadres du privé ont fait grimper le taux d’absentéisme

L’absentéisme pour maladie ordinaire y augmente également. Le taux d’absentéisme pour maladie hors accidents du travail y passe ainsi de 3,53 % à 3,86 % entre 2016 et 2019, et culmine à 4,05 % en 2021. Mais l’absentéisme pour accident du travail (1,3 % en 2021) diminue pour la deuxième année consécutive. Un « effet de la crise sanitaire », estime le cabinet de conseil, qui rappelle que les périodes de confinement et d’activité réduite pour les agents exposés au public ont limité les risques.

Il vous reste 20.86% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

L’inquiétude gagne de nouveau les 2 600 salariés de Camaïeu

Au siège de Camaïeu, à Roubaix (Nord), le 29  mars  2021.

L’affaire fait désordre. Vingt mois après sa reprise par la Financière immobilière bordelaise (FIB), à la barre du tribunal de commerce de la métropole de Lille, Camaïeu a été condamné en référé pour plus de 178 000 euros de loyers impayés à Poitiers, mercredi 8 juin. Le tribunal a assorti sa condamnation d’une décision d’expulsion du local que l’enseigne occupe dans la galerie marchande de l’hypermarché Leclerc, a révélé le quotidien La Nouvelle République.

« Camaïeu a interjeté appel », précise au Monde son avocat, Baptiste de Fresse de Monval. Cet appel est suspensif de la décision d’expulsion. Mais ce jugement a grandement ébranlé la confiance des salariés à l’égard de l’entreprise et de sa maison mère, la FIB, société créée par l’homme d’affaires bordelais Michel Ohayon.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés La Halle, Camaïeu, Naf Naf, André… Plus de 14 000 emplois menacés dans l’habillement

Car, depuis peu, les contentieux entre l’enseigne d’habillement féminin et ses bailleurs se multiplient. Unibail-Rodamco-Westfield lui reproche de ne pas honorer ses baux dans les centres commerciaux Carré Sénart et Toison d’Or, que la puissante foncière gère à Melun et à Dijon. Cora, qui exploite des galeries marchandes, a lancé une quinzaine de procédures de recouvrement pour des boutiques situées à Nancy, Strasbourg, Colmar, Cambrai (Nord), Creil (Oise) et Rennes, d’après nos informations.

L’ardoise de Camaïeu auprès de Cora s’élèverait à plus de 2 millions d’euros d’impayés. Celle auprès de Klépierre serait aussi de plusieurs millions d’euros, selon nos informations. Le gros propriétaire foncier a entamé une procédure au tribunal de commerce de la métropole de Lille pour impayés. Interrogée, la direction de Klépierre dit ne pas avoir « vocation à commenter les informations de cette nature ».

« Ce mode de gestion semble systématique »

De sources syndicales, Camaïeu ne verserait plus les loyers de près de la moitié de ses 517 magasins exploités en France. « Ce mode de gestion semble systématique », observe un avocat d’affaires (les personnes citées dont le nom n’apparaît pas ont souhaité garder l’anonymat). Bien que les impayés relèvent de périodes d’exploitation en 2022 ou fin 2021 durant lesquelles le gouvernement n’avait pas pris de mesures de fermeture administrative de magasins pour lutter contre la propagation du Covid-19, l’enseigne les « fait valoir » et en « fait état » pour justifier ce défaut de paiement, rapporte cet avocat.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés L’homme d’affaires bordelais Michel Ohayon reprend Camaïeu

De Roubaix (Nord), au siège social de Camaïeu, Wilhelm Hubner, président d’Hermione People & Brands, pôle des 1 098 magasins du groupe de Michel Ohayon exploités sous les enseignes Galeries Lafayette, Camaïeu, Gap, La Grande Récré et Go Sport, tient « d’abord » à rappeler « la situation de l’entreprise » depuis août 2020.

Il vous reste 55.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

L’apprentissage est dans une « impasse financière », selon la Cour des comptes

En quelques années, l’apprentissage s’est développé dans des proportions inégalées, au point d’augmenter la part des jeunes en emploi. Ce succès, « indéniable » sur le plan quantitatif, pose toutefois problème du fait de son coût, difficilement soutenable pour les finances publiques. En outre, les personnes les plus en difficulté ne profitent pas assez du dispositif, alors que celui-ci a précisément pour vocation de s’adresser à elles, en priorité. C’est ce que montre un rapport très fouillé de la Cour des comptes, rendu public jeudi 23 juin.

Les magistrats de la Rue Cambon, à Paris, ont mené une longue enquête sur la formation dite « en alternance ». Cette notion désigne les actions destinées à acquérir des qualifications grâce à des allers-retours entre une entreprise et un établissement dispensant des enseignements théoriques. Pour entrer dans ce type de cursus, il existe principalement deux voies : le contrat d’apprentissage (réservé aux moins de 30 ans) et le contrat de professionnalisation (proposé à un public plus large). Ces mesures constituent un « axe fort » des politiques de lutte contre le chômage, comme le rappelle la Cour : ainsi, la part des apprentis en emploi, « six ou sept mois après leur sortie de formation », est plus élevée que celle « des diplômés sous statut scolaire », l’écart étant « de plus de 20 points en moyenne ».

Lire aussi Article réservé à nos abonnés L’apprentissage bat de nouveau des records en France

Entre 2016 et 2021, le nombre de jeunes qui ont commencé un parcours en alternance est passé de 438 000 à 799 000, soit une hausse spectaculaire de 82 %. Une telle évolution est liée à l’engouement qui s’exprime pour l’apprentissage, avec près de 732 000 contrats signés en 2021 contre 290 000 en 2016.

Cette « croissance sans précédent » provient, en partie, de la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » promulguée en septembre 2018, qui a libéralisé l’offre de formation et modifié en profondeur le financement. Celui-ci est désormais directement indexé sur l’activité des centres de formation d’apprentis (CFA) : chaque contrat donne lieu à l’attribution de subsides par un « opérateur de compétences », en vertu d’une logique de « guichet ouvert » qui n’existait pas avant la réforme de 2018.

« Dégradation » d’une « ampleur inédite »

Autre facteur concourant à l’envolée de l’apprentissage : les aides exceptionnelles accordées depuis l’été 2020 aux patrons qui embauchent des alternants (de 5 000 ou 8 000 euros, suivant les cas). Leur impact a été puissant, tout en s’accompagnant d’« effets d’aubaine significatifs » : autrement dit, de l’argent a été versé à des sociétés qui auraient recruté des apprentis, même en l’absence du soutien des pouvoirs publics.

Il vous reste 48.6% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Le plan d’Hidalgo pour stopper le travail précaire à la Mairie de Paris

La maire de la capitale, Anne Hidalgo, lors du conseil de Paris, le 31 mai 2022.

Anne Hidalgo verse un peu d’huile dans les rouages sociaux de la Mairie de Paris qui grinçaient. Revenue à temps plein à l’Hôtel de ville après le fiasco de sa campagne présidentielle, la maire socialiste s’apprête à satisfaire en partie une des grandes revendications des syndicats, en sortant de la précarité quelque 1 600 agents municipaux en trois ans. La première étape du plan élaboré en ce sens va être soumise au vote des élus lors du prochain Conseil de Paris, à partir du 5 juillet.

« Ce plan est l’illustration de notre volonté de lutter contre la précarité, déclare Antoine Guillou, l’adjoint d’Anne Hidalgo chargé des ressources humaines. Il repose sur un diagnostic partagé avec les organisations syndicales. » Celles-ci ont rendu un avis favorable quasi unanime, le 7 juin. Seule la FSU s’est abstenue, jugeant le projet insuffisant. Les syndicats se montrent d’autant plus heureux de cette avancée qu’ils ont dû accepter une hausse du temps de travail dans le cadre de l’application à la Mairie de Paris de la loi de transformation de la fonction publique. « Ce plan contre la précarité, c’est un peu une contrepartie », glisse un syndicaliste.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés La rentrée chahutée d’Anne Hidalgo au Conseil de Paris

L’enjeu est de taille. La Mairie de Paris constitue une énorme machinerie, qui emploie environ 52 250 personnes de façon permanente. Essentiellement des fonctionnaires, mais aussi plus de 5 000 « contractuels », qu’ils disposent d’un contrat à durée déterminée (CDD) ou indéterminée (CDI). A cela s’ajoutent de très nombreux vacataires. Environ 20 000 sont rémunérés chaque année, dont une majorité de femmes. Certains pour une seule prestation, d’autres pour des mois de travail : des animateurs de centres de loisirs, des surveillants de cantine, des professeurs donnant des cours pour adultes, du personnel de ménage, des gardiens d’école, etc.

Depuis des années, les syndicats critiquent le recours massif à des vacataires et des CDD. « Toujours plus de précarité à la Ville de Paris ! », dénonçait encore en janvier un tract du syndicat FSU. « La Ville emploie des milliers de vacataires et de contractuels comme une “facilité de gestion”, de manière abusive et illégale », affirme Nicolas Léger, l’un des responsables de l’organisation. « Oui, la Ville est dans une totale irrégularité, souligne Bertrand Vincent, de Force ouvrière. Elle tord les règles, et recourt parfois à des vacations pour remplacer une titulaire partie en congé de maternité, par exemple. »

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Anne Hidalgo perd son combat sur le temps de travail à Paris

Antoine Guillou porte un autre regard. « Compte tenu de la taille du service public parisien, avec notamment 650 écoles, il n’est pas anormal d’employer des vacataires, tempère le “M. Ressources humaines” de la Mairie. Il s’agit souvent de répondre à des pics d’activité dans la journée, la semaine ou l’année. Par exemple, nous avons besoin d’agents pour aider les enfants à traverser les passages piétons juste avant et juste après l’école. »

Il vous reste 44.61% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Le Covid-19 a fait perdre 19 milliards d’euros aux cinémas en Europe

Une salle de cinéma, à Belle-Ile-en-Mer (Morbihan), le 19 mai 2021.

Lors de sa réunion annuelle, qui s’est tenue à Barcelone, mardi 21 juin, l’Union internationale des cinémas (UNIC), qui regroupe les exploitants de 39 pays du continent européen (en y intégrant la Russie et la Turquie), a dressé un constat mi-figue, mi-raisin. Ecartelé entre une solide foi dans la résilience du secteur, grâce à l’appétit du public à retourner en salle, et l’obligation de reconnaître que la pandémie avait gravement ébranlé la profession.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Pourquoi les spectateurs vont moins au cinéma en France : prix du billet et manque d’intérêt pour les films

Pour la première fois, l’UNIC a calculé que le Covid-19, et son cortège de fermetures puis de réouvertures des salles obscures, s’est soldé par une perte de résultats au box-office de 6,2 milliards d’euros en 2020 et de 5,1 milliards d’euros supplémentaires en 2021. A cela s’ajoutent les autres sources de revenus, comme la publicité, les événements privés que les données de l’Observatoire européen de l’audiovisuel extrapolent à plus de 7,5 milliards d’euros pour l’Europe en 2020 et 2021. Soit, au total, une perte de près de 19 milliards d’euros en deux ans. « Sans inclure le loyer, les factures d’énergie ni les indemnités de congés temporaires, s’élevant à des centaines de millions d’euros par semaine », précise le rapport annuel de l’UNIC.

« Impact social grave »

Toujours au chapitre des mauvaises nouvelles, « l’impact social de la pandémie sur l’industrie a été tout aussi grave, menaçant les moyens de subsistance des centaines de milliers d’employés » des salles, précise ce même rapport. Là aussi, sans prendre en compte l’incidence de ces fermetures sur d’autres activités, comme les commerces de détail ou les services situés à proximité ou à l’intérieur des complexes cinématographiques.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés L’année 2021 signe la reprise de la production cinématographique en France

Apportant une note d’optimisme dans ce marasme, Phil Clapp, le président de l’UNIC, a annoncé 590 millions d’entrées dans les cinémas des 39 pays européens étudiés (43 000 écrans) en 2021, soit une hausse de 36,4 % par rapport à 2020. Les recettes ont repris des couleurs, avec 3,7 milliards d’euros (+ 40,8 % par rapport à 2020).

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Cannes 2022 : au Festival, les banquiers du cinéma se montrent peu inquiets

Au niveau de l’Union européenne – avec le Royaume-Uni –, près de 400 millions de billets ont été vendus, pour une valeur estimée à 3 milliards d’euros. La comparaison avec 2019, un millésime exceptionnel, n’en est que plus douloureuse, puisque les recettes ont fondu de 70,4 % par rapport à cet âge d’or. Quand 1,347 milliard de tickets avaient été vendus dans ces 39 pays.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Le cinéma d’auteur a de plus en plus de mal à retrouver son public

Pourtant, Phil Clapp y croit dur comme fer. « L’industrie du cinéma étant désormais fermement engagée sur la voie de la reprise, nous sommes convaincus qu’elle va revenir sur les résultats records de 2019 », a-t-il promis, à Barcelone. En faisant bien attention à ne donner aucune indication sur le calendrier.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Les salles de cinéma passées au crible du diagnostic énergétique, dans le cadre de la transition écologique du secteur

Contrats de travail et clauses discriminatoires, Miss France devant le conseil des prud’hommes

Cérémonie de l’élection de Miss France 2022, à Caen, le 11 décembre 2021.

La sobriété de la salle d’audience tranche franchement avec le faste et les paillettes afférant au concours de Miss France. C’est dans ce cadre que le conseil de prud’hommes (CPH) de Bobigny a entendu, mardi 21 juin, une affaire opposant l’association Osez le féminisme ! aux sociétés Endemol productions et Miss France.

L’organisation militante avait déposé, à la mi-octobre, un recours devant le CPH, dénonçant une « parfaite violation du droit du travail » à l’encontre de femmes « exploitées, qui répètent et interprètent un spectacle sexiste, discriminant et lucratif », selon les mots du communiqué de presse de l’association. Osez le féminisme ! réclamait ainsi l’établissement de contrats de travail dès les premières étapes de la sélection, au niveau local, ainsi que la suppression de tous les critères discriminants du formulaire d’inscription au concours centenaire.

Trois personnes physiques – trois jeunes femmes qui n’étaient pas présentes à l’audience et requièrent l’anonymat après des menaces sur les réseaux sociaux – se sont jointes à l’action, estimant avoir subi un préjudice lorsqu’elles n’ont pas pu s’inscrire au concours, au printemps 2021, car elles ne remplissaient pas l’ensemble des critères, jugés illégaux.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Osez le féminisme ! saisit les Prud’hommes contre Miss France

« Cas d’école » du non-respect du code du travail

« Mesurer au moins 1,70 m sans talons, ne pas être – ni avoir été – mariée ou pacsée, ne pas avoir d’enfant, ne pas fumer ou boire de l’alcool en public, ne pas présenter un comportement contraire aux bonnes mœurs », énumère l’avocate de l’association militante, Violaine de Filippis-Abate, face à un public rendu nerveux par les trois heures d’audiences précédentes et un jury impassible. Le formulaire d’inscription au concours est « un cas d’école » du non-respect du code du travail français, tempête l’avocate, pour qui ces papiers d’inscription s’apparentent à une offre d’emploi dans le but d’occuper in fine le poste de Miss France – encadré par un contrat d’un an, rémunéré.

Les demanderesses ont souhaité concourir à Miss France, en 2021, séduites par les promesses d’un concours féministe et progressiste, consacré à la cause des femmes, expliquait avant l’audience la porte-parole d’Osez le féminisme !, Alyssa Ahrabare. Mais « elles ont été confrontées à un rôle de femme qui n’existerait pas au-delà de son apparence, qui n’a pas d’opinion ». A la barre, MFilippis-Abate explique la démarche de l’une d’entre elles qui « voulait représenter toutes les femmes » et qui a estimé, à la lecture du formulaire, que « la grandeur d’une Miss sembl[ait] se mesurer à ses centimètres, et non à sa personnalité ». Et d’ajouter :

Il vous reste 64.87% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

« On ne peut pas se permettre de tomber dans l’immobilisme » : syndicats et responsables patronaux craignent une paralysie politique

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, lors de l’ouverture du 50e congrès du syndicat, à Lyon, le 13 juin 2022.

Ni les travailleurs ni les entreprises n’ont envie de faire les frais d’un gouvernement qui serait réduit à l’impuissance. Après le second tour des élections législatives, plusieurs responsables syndicaux et patronaux expriment ouvertement leur préoccupation face à un exécutif privé de majorité absolue à l’Assemblée nationale. Si les organisations d’employeurs et de salariés ont – évidemment – des vues divergentes sur les priorités à traiter, elles sont unanimes à considérer qu’il faut conjurer la menace d’une paralysie de l’action publique.

Dès le lendemain du scrutin, la CFDT a lancé cette mise en garde, lundi 20 juin, par le biais d’un communiqué : « Les urgences des travailleurs ne doivent pas souffrir de la situation politique. » « Nous craignons d’assister à une forme de blocage, qui empêche d’apporter des réponses aux vrais problèmes de court terme – tels que le pouvoir d’achat – et de plus long terme – par exemple la transition écologique », confie au Monde Laurent Berger. Pour le secrétaire général de la centrale cédétiste, il est hors de question « que les sujets sociaux sortent des écrans radars ».

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Un second mandat les mains liées pour Emmanuel Macron à cause de la conjoncture

Le président de la CFTC, Cyril Chabanier, partage également cette « inquiétude » face à l’état d’esprit des protagonistes, peu tourné vers la co-construction – à ce stade. « On ne peut pas se permettre de tomber dans l’immobilisme », poursuit-il.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Retraites : la CFDT durcit sa doctrine

Les milieux patronaux avouent, eux aussi, se faire du mauvais sang. « Notre grande crainte est que plus rien ne bouge », dit François Asselin, le numéro un de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). La promesse d’Emmanuel Macron de repousser à 65 ans l’âge d’ouverture des droits à une pension semble désormais plus difficile à concrétiser, avec la présence au Palais-Bourbon de deux blocs d’élus hostiles à une telle mesure – à gauche et à l’extrême droite. Une incertitude que M. Asselin regrette, car « pour s’en sortir, il faut créer plus de richesses, donc travailler plus collectivement ». Mais les interrogations vont « au-delà de la réforme des retraites », selon le dirigeant de la CPME. En d’autres termes, c’est toute la capacité d’agir de l’exécutif qui est mise à l’épreuve sur de nombreux thèmes : amélioration de la « compétitivité » de notre économie, réduction du « coût du travail », refonte du « système de santé » et de « l’éducation nationale », etc.

« Culture du compromis »

« Le statu quo n’est pas une option », martèle Geoffroy Roux de Bézieux, le leader du Medef, en réaffirmant la nécessité de poursuivre les transformations du pays « devant les défis géopolitique et climatique ». Son homologue de l’Union des entreprises de proximité, Dominique Métayer, tient un discours analogue en appelant les forces politiques à « ne pas mettre sous le tapis » les problèmes qui se posent aujourd’hui (flambée des prix, soutien aux sociétés de petite taille, préservation de notre modèle de protection sociale…).

Il vous reste 23.12% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Fibre optique : la filière réfléchit à l’avenir de ses emplois

Le chantier de la fibre optique tourne à plein régime. Et pourtant, la filière pense déjà à demain. Avec une question : que vont devenir les milliers de techniciens mobilisés partout dans l’Hexagone, une fois que les Français seront raccordés au très haut débit fixe ? Fin 2021, 29,7 millions d’habitations disposaient d’un branchement au pied de l’immeuble ou de la maison. En 2025, 98 % des foyers seront raccordables. D’ici là, le nombre de prises installées chaque année baissera progressivement, pour tomber à 1 million en 2025, quasiment six fois moins que le pic de 6 millions de 2020.

Pour Philippe Le Grand, le président d’InfraNum, l’association qui regroupe plus de 200 entreprises du très haut débit, il n’est pas trop tôt pour se poser cette question, afin que « la décroissance attendue des effectifs ne soit pas aussi violente que la croissance de ces dernières années ». En cinq ans, la population de techniciens employés sur le chantier de la fibre optique a triplé, pour monter à 40 000 équivalents temps plein. Si rien n’est fait, ce sont 7 000 emplois qui sont potentiellement menacés par la baisse de charge attendue. D’autant que, pour répondre à la forte demande ces trois dernières années, et en prévision de la décrue à venir, les professionnels de la fibre ont eu recours à davantage de recrutements précaires. Une simulation effectuée en 2020 par le cabinet Ambroise Bouteille et l’Idate voyait la proportion de l’intérim passer de 25 % en 2023 à 35 % en 2024.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Comment l’arrivée de la fibre optique vire au cauchemar dans de nombreuses communes de France

« Pas de panique, le monde des télécoms ne s’écroule pas », tempère Philippe Lamazou, le président de Circet, numéro un français et européen du déploiement d’infrastructures télécoms. Car si ce n’est plus dans le déploiement des lignes le long des routes, les techniciens auront beaucoup à faire pour raccorder les foyers à la fibre optique, réparer les pannes, encore très nombreuses, tout en continuant à entretenir le vieux réseau cuivre d’Orange, dont la fermeture définitive est programmée pour 2030. Il faudra ensuite le démonter. Ce qui promet, là aussi, un chantier de plusieurs années. Et M. Lamazou n’évoque même pas les plans dans les réseaux de téléphonie 5G. « La baisse de charge ne sera pas pour demain, et la plupart des entreprises du secteur ont anticipé », assure ce dirigeant.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Orange : après la perte de ses contrats, Scopelec fait monter la pression judiciaire contre l’opérateur

« Les télécoms sont passées du cuivre au câble, puis aux réseaux mobiles et à la fibre », confirme Jérôme Guchet, directeur technique et commercial de Scopelec, l’un des principaux installateurs de fibre optique en France. Le groupe a commencé à préparer la reconversion d’une partie de ses techniciens, indépendamment de la perte, fin 2021, d’un contrat avec Orange, qui menace environ 40 % de son chiffre d’affaires. « Nous avons commencé à basculer des personnes vers les chantiers d’installation des bornes de recharge pour voitures électriques », illustre M. Guchet.

Il vous reste 51.79% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.