Le cumul emploi-retraite bientôt moins intéressant

Les retraités qui le souhaitent ont la possibilité de reprendre ou de poursuivre une activité professionnelle rémunérée, une fois leur retraite versée. Mais les conditions dans lesquelles ils peuvent cumuler les revenus procurés par cette activité professionnelle avec leur pension de retraite sont encadrées par la loi lorsque l’activité reprise ou poursuivie relève du même régime que celui qui leur verse leur pension : c’est ce qu’on appelle le cumul emploi-retraite.

Actuellement, les règles sont les suivantes. Pour bénéficier du « cumul intégral », c’est-à-dire continuer à percevoir la totalité de ses pensions de retraite tout en travaillant, il faut avoir au moins l’âge minimum de la retraite (62 ans et 9 mois) et obtenu sa retraite à taux plein.

Si une de ces conditions n’est pas remplie (soit parce qu’on a obtenu sa retraite avant l’âge légal en cas de départ anticipé, soit parce qu’on a fait liquider sa retraite à taux minoré), ce sont les règles du « cumul plafonné » qui s’appliquent. Dans cette hypothèse, il n’est possible de continuer à percevoir ses pensions de retraite que dans la limite d’un plafond qui varie d’un régime de retraite à l’autre.

Cumul limité

Pour les retraités relevant du régime des salariés, le cumul n’est autorisé que si la somme de leurs retraites et de leurs revenus professionnels ne dépasse pas leur dernier salaire ou 160 % du smic, si cette limite est plus favorable. A défaut, le montant de leur retraite de base est réduit à concurrence du dépassement, tandis que le versement de leur retraite complémentaire est suspendu. Dans le cadre du « cumul limité », il faut en outre respecter un délai de carence de six mois pour pouvoir retravailler chez son ancien employeur.

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 modifie ces règles en profondeur. Le cumul intégral ne sera désormais autorisé qu’à partir de 67 ans.

Avant cet âge, pour ceux qui partiront en retraite anticipée avant l’âge minimum de la retraite, chaque euro gagné viendra diminuer le montant de la pension versée. En clair, s’ils gagnent davantage que leur retraite, le versement de leur retraite sera suspendu.

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Les usines papetières de Fibre Excellence en danger, l’Etat appelé à la rescousse

Au sens propre comme au sens figuré, le ciel est tombé sur la tête des salariés de Fibre Excellence. C’est sous une pluie battante qu’ils ont manifesté, samedi 14 février, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), contre une possible fermeture imminente de leur établissement. Le fabricant de pâte à papier​ envisage, en effet, de cesser à la mi-mars l’activité de ses deux usines françaises – la haut-garonnaise et celle de Tarascon (Bouches-du-Rhône)​ – si l’Etat n’augmente pas le prix d’achat de l’électricité produite par les deux sites. Cet ultimatum, annoncé le 21 janvier lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire, pourrait entraîner la suppression de 600 emplois.

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« Je sentais bien que l’entreprise n’allait pas bien. Mais de là à annoncer une date de liquidation des usines et du groupe. On a pris un coup de massue », a ​admis Sébastien Oustric, le délégué syndical CGT, qui a appelé à la mobilisation dans les rues de la sous-préfecture. « On veut sauver nos emplois et montrer qu’on est toujours là », a expliqué ce salarié, entré il y a une trentaine d’années à « La Cellulose », comme il l’appelle encore.

Paul, un employé qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, est venu gonfler les rangs de cette deuxième manifestation​. La première, c’était le 31 janvier. « Etre là est une nécessité », a assuré cet homme de 50 ans pour qui la fermeture de l’usine, premier employeur privé de la ville située à moins d’une heure de route de Toulouse, est « inenvisageable ». « Car si c’est le cas, c’est mort pour moi. Je ne pourrai pas retrouver un emploi ici. Je devrai recommencer ma vie ailleurs et laisser mes deux enfants à mon ex-conjointe, elle aussi salariée de l’entreprise. »

Revente d’électricité

Pour Fibre Excellence, la production de pâte à papier blanchie (essuie-tout, feuille de papier…) et écrue (carton d’emballage) est quasi à l’équilibre en 2025. Ce qui plombe les comptes du groupe, en revanche, c’est la revente de l’électricité : cette activité complémentaire accuse une perte de 30 millions d’euros en 2025. Or, en 2024, l’entreprise avait dégagé un chiffre d’affaires de 357 millions d’euros, dont un peu plus de 11 % (soit environ 40 millions d’euros) liés à la vente d’électricité.

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Deux repreneurs pour le verrier Arc, les syndicats sont inquiets pour l’emploi

Une chaîne de production de l’usine Arc France (anciennement Arc International), à Arques, en septembre 2022.

Il a pour lui le nom et, à Arques (Pas-de-Calais), ça pèse. Candidat à la reprise d’Arc France, Timothée Durand est le fils de Philippe Durand, PDG du verrier de 1997 à sa mort brutale en 2015 et le petit-fils de Jacques Durand, l’emblématique patron de 1950 à 1984. C’était le temps de la grandeur, l’époque qui a vu la verrerie créée en 1825 devenir le leader mondial des arts de la table. Agé de 49 ans, Timothée Durand connaît bien l’entreprise placée en redressement judiciaire le 7 janvier. Il y a fait le gros de sa carrière jusqu’à son départ en mai 2024 quand l’actionnaire américain Dick Cashin a fait entrer deux nouveaux investisseurs au capital.

Son offre de reprise ne va pas sans casse sociale. Il prévoit de supprimer près de 800 postes sur les quelque 3 500 que compte encore le site d’Arques – dont 500 départs volontaires et non-remplacements de départs à la retraite et 300 licenciements, selon les syndicats. Dans un territoire qui a encaissé récemment la perte de 320 emplois avec la fermeture de la cartonnerie RDM et du papetier Wizpaper, une telle saignée inquiète d’autant plus que les plans de refinancement à répétition que l’Etat a soutenus à coups de prêts (autour de 200 millions d’euros en dix ans) n’ont fait que « boucher les trous et gagner du temps », déplore un observateur du milieu économique régional. Il est de ceux, nombreux, qui déplorent que « les questions stratégiques n’aient pas été prises à bras-le-corps. On voit le résultat ».

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Les syndicats électrisés par la publication d’un livre « brûlot » sur la démocratie sociale cosigné par l’économiste Gilbert Cette

Les représentants de l’UNSA, Laurent Escure, de la CFTC, Cyril Chabanier, de la CFDT, Yann Ricordeau et Marylise Léon, de Solidaires, Murielle Guilbert, et de la CGT, Sophie Binet, à Paris, en septembre 2025.

Les relations entre le président du Conseil d’orientation des retraites (COR), Gilbert Cette, et les syndicats étaient déjà loin d’être idylliques. Elles tournent à l’aigre depuis la parution, le 21 janvier, d’un essai dont l’économiste est l’un des cosignataires avec Guy Groux, sociologue, et Richard Robert, directeur de la rédaction de la revue en ligne Telos. Intitulé Sauver la démocratie sociale (Calmann-Lévy, 220 pages, 19,50 euros), le livre en question sermonne copieusement les organisations de salariés, en leur reprochant entre autres de céder aux « facilités de la contestation et des discours hors sol ». Ce que les intéressées n’apprécient guère.

Les syndicats voient rouge à la lecture de certaines préconisations défendues par les trois auteurs, l’une d’elles visant à restreindre l’exercice du droit de grève. Une telle effervescence est source d’embarras pour l’exécutif car elle rejaillit sur le COR, une instance au sein de laquelle siègent les représentants des travailleurs.

L’ouvrage à l’origine de la controverse dresse un constat sans concession : la démocratie sociale a fait « naufrage », les équipages à bord du navire ayant de plus en plus de mal à sceller des pactes ambitieux. Au niveau des entreprises, le bilan quantitatif aurait pu sembler flatteur, avec un nombre d’accords en nette hausse sous l’effet des ordonnances Macron de septembre 2017 qui ont cherché à stimuler la négociation collective au plus près des lieux de production. Mais très peu de compromis trouvés recèlent des « innovations sociales », à en croire MM. Cette, Groux et Robert.

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En France, le renouvellement des générations agricoles ne suit plus

Sophie Hilaire, arboricultrice, sur le tracteur qui appartenait à son père, à Beaucaire (Gard), le 11 février 2026.

Il n’a jamais autant plu que pendant les mois de janvier et février dans le Gard. Un épisode inhabituel sur ces terres du sud-est de la France. Dans ses vergers près de Beaucaire, Sophie Hilaire regarde ses cerises fendillées par l’excès d’eau. « [Elles] ont éclaté, on fera des confitures », glisse-t-elle, en cachant sa déception. A 26 ans, l’arboricultrice incarne une génération rare : celle qui choisit encore de s’installer.

Fille d’un producteur de prunes et d’abricots, elle a grandi dans les champs, et se souvient, enfant, de journées « à goûter les fruits sur les arbres ». Elle connaît les semaines à plus de cinquante heures, les fins de mois incertaines, les aléas climatiques devenus plus fréquents. Elle sait aussi qu’il lui faudra peut-être, comme son père, diversifier ses revenus – il a ouvert un gîte et une table d’hôte. « Je suis consciente de ces difficultés, et d’un quotidien avec des hauts et des bas. Mais ce qui m’anime, c’est d’être au milieu des vergers », décrit-elle.

Ce modèle n’est plus vraiment d’actualité. En France, le renouvellement des générations agricoles ne suit plus et la balance entre le nombre de départs à la retraite et le nombre d’installations est déséquilibrée. Chaque année depuis 2015, en moyenne 20 000 chefs d’exploitation cessent leur activité tandis que 14 000 s’installent dans le pays, selon le dernier recensement de 2020. Une tendance qui risque de durer : près de la moitié des fermes françaises sont dirigées par des exploitants de plus de 55 ans. Déjà entre 2010 et 2020, le nombre d’exploitations a diminué de 20 % dans l’Hexagone. On en compte 390 000.

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Cristel, spécialiste des ustensiles de cuisine haut de gamme, va ouvrir un deuxième site de production

Dans l’usine Cristel, à Fesches-le-Chatel (Doubs), le 23 mai 2024.

Sur la route bordée de forêts qui mène au village de Fesches-le-Châtel (Doubs), deux bâtiments de brique et de pierre à l’abandon vont bientôt reprendre vie. Typique de l’architecture des usines du XIXᵉ siècle, cette friche industrielle doit être reprise par l’entreprise Cristel, installée à quelques centaines de mètres de là. La vente doit être finalisée jeudi 26 février. Cristel compte installer, sur les 3 700 mètres carrés au total, une deuxième ligne de production, rendue nécessaire par l’accélération de la demande de casseroles, poêles ou encore de marmites en inox haut de gamme. Un clin d’œil historique, puisque ce terrain accueillait jadis l’un des sites de l’empire Japy, la deuxième entreprise française sous le Second Empire et ancêtre de Cristel. C’est ici, en 1826, il y a deux siècles, que furent produites les premières casseroles embouties de façon industrielle.

Lire aussi (2021) | Article réservé à nos abonnés Le fabricant d’ustensiles de cuisine Cristel soutient ses revendeurs

Le rachat de cette friche sonne comme une sacrée revanche pour Cristel et ses 133 collaborateurs. L’entreprise revient de loin : fermé en 1979, Japy a été relancé trois ans plus tard par ses anciens salariés, sous forme de coopérative ouvrière. Mais la SCOP, confrontée à quelques avanies comme la vente de la marque et la disparition du fichier clients, s’est retrouvée en difficulté et a été placée en redressement judiciaire en 1987. Décidés à ne pas laisser péricliter l’outil de travail, une comptable, Bernadette Dodane, et son mari, Paul – l’inventeur de la poignée amovible des poêles et casseroles –, ont repris l’entreprise cette même année, en gageant leurs deux maisons pour boucler le financement. Aujourd’hui, Cristel demeure aux mains de la famille : trois générations y travaillent. Quelques associés, toutes personnes physiques, complètent l’actionnariat.

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La nationalisation d’ArcelorMittal de retour devant le Sénat

Sur le site ArcelorMittal de Mardyck, près de Dunkerque (Nord), le 10 février 2026.

Le Sénat doit examiner, mercredi 25 février, la proposition de loi visant à nationaliser les actifs du groupe sidérurgiste français ArcelorMittal. Combattu par le gouvernement, le texte, déposé à l’Assemblée nationale par La France insoumise (LFI), avait pris tout le monde au dépourvu. Il avait finalement été adopté le 27 novembre 2025 par les députés, grâce à la majorité des voix des partis de gauche (Parti socialiste, Parti communiste français et Les Ecologistes) et à l’abstention des députés du Rassemblement national.

Devant le Sénat, majoritairement dirigé par la droite, la proposition de loi, déposée cette fois par le groupe communiste, a peu de chance d’être votée. « On ne se fait pas d’illusion mais on veut maintenir la pression sur le gouvernement avant le retour du texte à l’Assemblée nationale », explique Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire et présidente du groupe communiste. Une fois examiné, le texte poursuivra son parcours parlementaire standard, avec un retour devant les députés prévu en juin.

Pour la gauche et la CGT, la nationalisation des activités françaises du numéro deux mondial de l’acier, soit une quarantaine de sites, dont les principaux de Dunkerque (Nord) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), pour un coût de 3 milliards d’euros, selon LFI, est la seule solution pour sauver la filière de l’acier en France et relancer la décarbonation des hauts fourneaux. Tous accusent ArcelorMittal de vouloir se désengager de l’Europe et de la France pour concentrer sa production à l’étranger, notamment en Inde, au Brésil et aux Etats-Unis.

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Le groupe Seb envisage de supprimer « jusqu’à 2 100 postes » dans le monde, dont « potentiellement 500 en France »

Sur le site européen de reconditionnement du groupe Seb, à Is-sur-Tille (Côte-d’Or), le 25 avril 2025.

Jusqu’à 2 100 suppressions de postes dans le monde, dont 500 en France : le groupe d’électroménager Seb (Moulinex, Tefal, Rowenta) lance un plan d’économies draconien, afin de renouer avec la croissance et de s’adapter à un marché de plus en plus concurrentiel.

En marge de la présentation de ses résultats pour 2025, Seb a commencé, mercredi 25 février, à présenter aux organisations syndicales un plan qui vise à « retrouver » une « trajectoire de croissance rentable » et à s’adapter à une concurrence, notamment asiatique, « plus rapide et plus intense », a précisé à l’Agence France-Presse (AFP) son directeur général, Stanislas de Gramont. En ce qui concerne la France, la production « n’est pas concernée » par ces suppressions et « il n’y aura pas de départs contraints », a assuré le directeur général.

Pour l’Europe, jusqu’à 1 400 postes seraient concernés, dont potentiellement 500 en France sur la base ⁠du ‌volontariat, selon un communiqué du groupe.

En France, au niveau de l’emploi, les « activités support », comme « la finance et les ressources humaines », seront principalement touchées, ainsi que la logistique, le marketing, ou le développement produit, selon M. Gramont, qui précise que « l’intelligence artificielle jouera un rôle dans ces rationalisations ». Dans le pays, sept entités juridiques sont potentiellement concernées par ce plan, dont les sites de Pont-Evêque (Isère), Mayenne (Mayenne) ou Rumilly (Haute-Savoie), mais également le siège social à Ecully (Rhône), en périphérie lyonnaise.

Dans le reste de l’Europe, où jusqu’à 900 postes pourraient être concernés, Seb devait également démarrer mercredi matin une discussion avec les partenaires sociaux, notamment en Allemagne, « concernant l’avenir de la production [dans] trois usines », mais également des points de vente.

Les 700 postes susceptibles d’être supprimés hors d’Europe « seront répartis de manière égale », avec quelques pays comme l’Egypte, la Turquie ou le Brésil « qui seront un peu plus impactés », selon le dirigeant.

« Redresser la rentabilité »

« La totalité des plans d’action », qui comprennent également des économies sur les achats, l’amélioration de l’efficacité industrielle et « l’optimisation des frais de structure », « seront réalisés au plus tard en 2027, et 2028 sera la première année où le groupe bénéficiera pleinement de ces 200 millions d’euros » d’économies attendues, a indiqué M. Gramont.

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« Notre première priorité, c’est de redresser la rentabilité (…), parce que nous avons connu un accident en 2025 » dans ce domaine, a-t-il expliqué. Le groupe français a vu son chiffre d’affaires reculer en 2025 de 1,2 % à 8,17 milliards d’euros. Le bénéfice net part du groupe augmente de 5,6 % à 245 millions d’euros. Il s’agit d’une progression en trompe-l’œil, Seb ayant écopé en 2024 d’une amende de l’autorité de la concurrence de près de 190 millions d’euros pour entente avec d’autres fabricants d’électroménager, sans laquelle l’évolution en 2025 aurait été moins flatteuse.

Le résultat opérationnel, qui ne prend pas en compte cette sanction, a chuté de 25 % : si une large part de cette chute est due à des difficultés aux Etats-Unis, et à un environnement perturbé par les droits de douane, « au-delà de ça, on voit une transformation forte de la relation entre les marques et les consommateurs. On voit une accélération des cycles d’innovation, le marché accélère », a affirmé le dirigeant, qui souhaite « réduire de 30 % le temps de mise en marché » des innovations du groupe.

Pour cela, Seb souhaite, selon son patron, « rapprocher » ses équipes de recherche et développement des zones de production, alors qu’aujourd’hui, par exemple « 50 % de ce qui est produit en Asie » est développé en France. Le groupe veut également « intensifier » sa relation avec les consommateurs, notamment en « triplant » sa présence sur les réseaux sociaux, un objectif qui passe notamment par « l’intégration progressive de l’intelligence artificielle » dans les métiers du marketing.

Le groupe, qui « anticipe une croissance » de son résultat opérationnel en 2026, espère à moyen terme, avec ce plan, « renouer avec sa trajectoire historique en visant une croissance organique annuelle des ventes de 5 % et une marge opérationnelle de 10 %, pour ensuite tendre vers 11 % », contre 7,4 % en 2025.

Le Monde avec AFP

Après l’annonce de suppressions de postes chez Heineken, le marché de la bière en plein chamboulement

Sur une chaîne de production de la brasserie Heineken, à Jacarei (Etat de Sao Paulo, Brésil), le 12 juin 2018.

De 5 000 à 6 000 suppressions de postes sur les 87 000 que compte l’entreprise : l’annonce faite le 11 février par le groupe néerlandais Heineken, deuxième producteur mondial, pour réaliser des « économies importantes » en raison de « conditions de marché difficiles », secoue tous les acteurs du marché. Le secteur pèse pourtant plus de 880 milliards de dollars (750 milliards d’euros) de chiffre d’affaires au niveau mondial, dont 33 % sont réalisés en Europe, où quelque 11 000 brasseries emploient 2,6 millions de personnes. En France, la filière brassicole enregistrait, en 2024, un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros et employait 130 500 personnes.

Pour justifier les coupes dans les effectifs, les dirigeants de Heineken ont invoqué la réduction de la demande pour leurs produits (− 4,1 % en Europe et − 3,5 % aux Etats-Unis en 2025, en chute continue depuis 2019). La consommation baisse, les coûts et les contraintes augmentent, explique l’entreprise. Si la demande diminue effectivement en Europe, comme le démontre l’érosion ininterrompue de la production (38,7 milliards de litres produits en 2024, contre 41,3 milliards en 2019), elle devrait toutefois continuer à croître au niveau mondial compte tenu de la demande, notamment en Chine, en Inde, au Brésil et en Australie. Selon les prévisions du site américain Fortune Business Insights, le chiffre d’affaires du marché mondial atteindrait même 1 276 milliards de dollars, d’ici à 2034.

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Régime de garantie des salaires : la piste d’une réduction des droits

Dans un bureau de l’antenne AGS de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), le 25 novembre 2025.

Faut-il revoir à la baisse les protections accordées aux travailleurs employés dans des sociétés en difficulté ? C’est la question épineuse soulevée par la Cour des comptes dans un rapport confidentiel, révélé par Le Canard enchaîné du mercredi 18 février et auquel Le Monde a eu accès. Les magistrats de la Rue Cambon ont passé au crible l’association chargée de gérer le régime de garantie des salaires – l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés, AGS. Verdict : pour assurer la « pérennité financière » du dispositif, des mesures s’imposent qui pourraient impliquer – entre autres – l’instauration de règles moins favorables pour les bénéficiaires.

Créée en 1973 à l’initiative des organisations d’employeurs, l’AGS joue un rôle d’« amortisseur social », selon la formule de la Cour des comptes. Elle avance les rémunérations à des salariés dont l’entreprise n’a plus un sou en caisse et fait l’objet d’une procédure devant les tribunaux de commerce. Les ressources du système proviennent, principalement, d’une cotisation patronale. La gouvernance, elle, est exercée par le conseil d’administration de l’AGS dans lequel siègent plusieurs mouvements représentants les entreprises, dont le Medef, qui a voix prépondérante.

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