Automobile : fermetures en cascade chez les sous-traitants

« C’était comme si on m’annonçait la mort de ma mère… J’ai pleuré, pleuré, pleuré… et je suis pas le seul. » Voilà vingt-six ans que Sami était opérateur chez Lisi Automotive. Une semaine après l’annonce de la fermeture de leur usine à Puiseux-Pontoise (Val-d’Oise), ses collègues et lui sont toujours sous le choc, mardi 27 janvier. « C’est comme si mes parents m’abandonnaient ! », renchérit, autour d’un feu de bois à l’arrière de l’usine, Khalid, régleur à l’injection plastique, 40 ans (les salariés ont demandé qu’on ne publie pas leur nom de famille).
« Tout un cheminement de notre vie s’est brisé d’un coup lorsqu’ils nous ont annoncé la nouvelle, raconte Hakim, père de quatre enfants. Le crédit de la maison, les activités des enfants, les vacances d’été que j’ai déjà réservées, tout a défilé dans ma tête… Comment on va faire ? » « A la télé, on ne voit que ça, les boîtes qui ferment, soupire Khalid. On a l’impression que c’est devenu normal. »
Un jour avant eux, les salariés de Bosch à Moulins-Yzeure (Allier) et à Vénissieux (Rhône) ont subi la même douche froide, avec l’annonce soudaine de la fermeture de leurs sites, 310 postes au total qui disparaissent. Ceux de Mahle à Hambach (Moselle) étaient en grève le 12 janvier pour obtenir de meilleures conditions de départ : ils fermeront en juin (186 salariés). Le 8 janvier, ce sont les 320 salariés de l’usine Dumarey Powerglide à Strasbourg qui apprenaient que c’était la fin – un plan social avait déjà supprimé 234 emplois en 2025. A la veille de Noël, à Douai, dans le Nord, Sogefi (130 emplois) annonçait une fermeture courant 2026, comme chez Allgaier à Faulquemont en Moselle (180 salariés). Cela fait plus de 1 200 postes supprimés.
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