Altice Médias met en place des mesures de chômage partiel

Alors que la crise liée à la pandémie de Covid-19 fait rage, Patrick Drahi a décidé de traverser cette mauvaise passe en recourant, sans attendre, aux deniers publics. Le propriétaire d’Altice a massivement mis en place des mesures de chômage partiel au sein de son groupe : chez SFR, entre 40 % et 60 % des 9 000 salariés sont concernés depuis lundi 23 mars par ces mesures. Les salariés d’Altice Médias, la branche médias du groupe, qui coiffe BFM, RMC, RMC Sport et 01Net, vont connaître le même sort, comme le leur a confirmé, lundi, la direction. Il faut dire que la publicité, principale source de revenus de ces médias, est en chute libre.

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« Cela concerne essentiellement les régies publicitaires, des fonctions supports comme les relations publiques et quelques journalistes », précise Arthur Dreyfuss, directeur général d’Altice Médias France. En fonction des métiers, les salariés seront soit complètement arrêtés, soit continueront à travailler à temps partiel, « 20 % ou 50 %. Nous avons déjà organisé des roulements pour les journalistes pour préserver les équipes », explique M. Dreyfuss.

Baisses de salaire

Au détail près que cette organisation se traduira, désormais, par des baisses de salaire. Dans un document officiel, l’entreprise précise que « l’indemnité » versée au salarié qui connaît une mesure de chômage partiel total, va correspondre à « 84 % » de sa rémunération nette. En volume, toute forme de chômage confondue, « 20 % des 1 400 salariés du groupe devrait être concerné ».

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Ni les rédactions de BFM-TV, dont les audiences sont au firmament, ou de Libération ne sont concernées, affirme M. Dreyfuss. En revanche, « deux ou trois journalistes de BFM-Business », la chaîne dédiée aux entreprises, devraient ralentir, et, avec 200 personnes, la rédaction de RMC Sport, qui regroupe à la fois la chaîne de télévision payante et l’agence d’informations qui fournit les différentes antennes, devrait également être touchée, pénalisée par l’arrêt des compétitions sportives.

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« Toute la production d’événement sportif a été mise au chômage partiel total », précise M. Dreyfuss. En parallèle, des journalistes de RMC Sport sont partis donner un coup de main à la rédaction de BFM, tandis que d’autres couvrent désormais l’actualité généraliste pour l’antenne de RMC par exemple. « Sans compter les pigistes permanents, qui, eux, n’ont plus une seule pige », déplore un journaliste rédacteur de RMC.

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