Air France-KLM recherche 6 milliards d’euros supplémentaires pour assurer son avenir

Air France-KLM recherche 6 milliards d’euros supplémentaires pour assurer son avenir

A l’aéroport international Paris-Charles-de-Gaulle, en avril.

C’est la douche écossaise pour Air France. Ces dernières semaines, les mesures de reconfinement, adoptées un peu partout en Europe, ont renvoyé aux calendes grecques les espoirs d’une reprise, au moins ponctuelle, de l’activité pour les vacances de Noël. Un mauvais coup pour l’entreprise, qui avait anticipé, « malgré la crise, un potentiel de croissance de 21 % entre novembre 2020 et février 2021 » vers les Antilles et La Réunion.

Dans le même temps, les annonces de la mise au point toute proche de plusieurs vaccins contre le Covid-19, ont fait flamber le cours de Bourse d’Air France-KLM. En une semaine, le titre de la compagnie franco-néerlandaise a gagné 27 %, pour s’établir un peu au-dessus de 4 euros.

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Il n’empêche, même un peu revigorée sur les marchés, Air France-KLM sait déjà que les prochains mois vont être très difficiles. Son activité est au plus bas, et les perspectives de redémarrage s’éloignent. « Les scénarios de reprise doivent être révisés à la baisse, et les perspectives à court et moyen terme ne sont pas encourageantes », avoue la direction. Alors qu’elle prévoyait une activité en baisse, en décembre, de seulement 20 % par rapport à 2019, Air France s’attend désormais à un repli de 60 %.

Selon nos informations, la compagnie perdrait 15 millions d’euros par jour. « Nous nous rapprochons du montant des pertes que nous avons connues lors de la première phase de l’épidémie », s’inquiète un syndicaliste. Il faut dire que les vols d’Air France sonnent creux, avec « un taux de remplissage moyen de 30 % », signale un autre dirigeant syndical de la compagnie. Seule consolation, la très bonne tenue du fret, qui rapporte désormais 48 % des revenus des vols long-courriers.

La compagnie n’échappera pas à une recapitalisation

Au rythme de ses pertes quotidiennes, les 7 milliards d’euros déjà apportés par l’Etat (et les 3,4 milliards apportés par les Pays-Bas) « fondent comme neige au soleil », rappelle Christelle Auster, présidente du Syndicat national des personnels navigants commerciaux. D’ici au printemps 2021, les caisses seront vides.

La compagnie n’échappera donc pas à une recapitalisation. Or, pour séduire les marchés, Air France doit aussi, comme l’indique un dirigeant syndical, « ramener du cash pour présenter un bilan plus flatteur ». Depuis le début de la crise, la dette de la compagnie aérienne a explosé et dépasse désormais 12 milliards d’euros.

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LJD

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