Aéronautique : autour de Toulouse, le feu couve au sein des sous-traitants

Lors d’une manifestation de salariés d’Airbus, à Blagnac, près de Toulouse, le 8 juillet.

La filière aéronautique, frappée de plein fouet par les conséquences économiques de la crise due au Covid-19, fait désormais face à l’urgence sociale. Certains tentent de minorer l’incidence sur l’emploi du ralentissement hors normes que connaît le secteur à travers le monde. « Ce n’est pas le désastre annoncé », relativise ainsi le dirigeant d’une PME, qui préfère rester anonyme. « Il y aura une amorce de reprise en septembre ou en octobre », déclare-t-il, reconnaissant toutefois « qu’il y aura des gagnants et des perdants », à l’issue de la crise.

Mais Gaëtan Gracia, lui, est plus alarmiste. « On sait que la rentrée sociale va être forte », affirme ce militant ouvrier très remonté. Sur Twitter, il égrène les plans de restructuration de la filière qu’il complète d’analyses personnelles et de commentaires. « La bataille de l’aéronautique va commencer », « on est prêts à se battre », écrit le délégué syndical CGT aux Ateliers de la Haute-Garonne, spécialisés dans les rivets, en proie à une baisse d’activité. La direction, qui veut appliquer un accord de performance collective (APC), a cédé devant la pression exercée par les syndicats, repoussant les négociations à septembre. « On ne négocie pas sans chiffres. Alors, on a demandé une expertise économique, acceptée par la direction. On fait monter la sauce », prévient M. Gracia.

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La tempête que traverse l’aéronautique menace l’équilibre de l’aire métropolitaine toulousaine, qui rassemble près de 95 000 emplois dans le secteur. Airbus, le principal donneur d’ordre régional, a annoncé la couleur, fin juin, avec le plan social le plus lourd de son histoire : 3 600 postes supprimés à Toulouse, dont 2 398 à la production et 980 au siège, le reste étant réparti dans ses filiales Avions de transport régional et Stelia Aerospace.

« Un rouleau compresseur »

Assistance Aéronautique & Aérospatiale paye, lui, sa forte dépendance au secteur. Dans le sillage de l’avionneur européen, ce prestataire de services taille sévèrement dans ses effectifs. Annoncé début juillet, son plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévoit de diviser par deux le nombre de ses salariés, qui s’élève à près de 1 600 en France. Et, sans surprise, Toulouse acquitte un lourd tribut, avec 299 suppressions de postes. « Le sujet principal est l’argent et la recherche d’économies, pas le maintien des compétences, dénonce Julien Da’Rolt, délégué syndical CFDT. La direction veut aller vite. C’est un rouleau compresseur. Le PSE doit être bouclé en deux mois et demi. »

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