A Belfort, General Electric revoit à la baisse son plan social chez Steam Power

Devant l’entrée principale de General Electric à Belfort (Territoire de Belfort), le 10 octobre 2019.

Ce ne seront pas 238 emplois, mais 144 qui seront finalement supprimés dans l’entité Steam Power de General Electric, à Belfort (Territoire de Belfort). Vendredi 16 avril, la direction du géant américain a indiqué dans un communiqué que « GE Steam Power Systems [avait] échangé de manière détaillée et constructive avec les représentants du personnel sur le projet initial et ses hypothèses. Les discussions menées ont permis de conserver 94 postes. » C’est une première victoire symbolique pour l’intersyndicale formée par la CFE-CGC, la CFDT et la CGT.

Le 8 décembre 2020, GE avait annoncé un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) chez Steam Power afin de supprimer 238 postes (ingénieurs et cadres) sur un total de 1 788, alors que les carnets de commandes étaient encore bien remplis, « avec une visibilité sur trois ans minimum », relève Laurent Humbert, de la CFE-CGC.

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Le conglomérat américain de l’énergie justifiait alors ces réductions de personnel par son retrait du marché des centrales à charbon neuves et son recentrage sur l’activité nucléaire. Problème : « On n’a plus de projet lié au charbon depuis plus d’un an », observe M. Humbert. « Les effectifs affectés à ce business ont progressivement basculé vers le nucléaire, ce qui a permis d’absorber la grosse charge de travail. »

Situation « intenable dans plusieurs secteurs »

Celle-ci pourrait encore augmenter avec le projet EPR2 d’EDF qui, s’il venait à se concrétiser, prévoit la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires en France. GE et l’Allemand Siemens sont sur les rangs pour décrocher ce marché de plusieurs dizaines de milliards d’euros. « On voit mal l’Etat français commander des turbines et des alternateurs chez Siemens, alors qu’il est en train d’œuvrer à la sécurisation de la filière nucléaire française avec le rachat de l’activité de GE », analyse Christian Mougenot, de la CFDT. Dominique Thiriet (CGT) le confirme : « La réduction des effectifs et la perte de compétences-clés seraient extrêmement préjudiciables pour l’avenir. »

Le PSE chez Steam Power s’ajoute à une liste déjà longue de plans sociaux qui ébranlent le site belfortain depuis mai 2019

Les syndicats considèrent que cette nouvelle proposition est « significative, mais pas suffisante », jugeant la situation « intenable dans plusieurs secteurs ». Tous continuent de réclamer la suspension du PSE. Seulement, « on connaît GE », souligne Laurent Humbert. « Ça va être compliqué d’obtenir davantage. A présent, il faut mobiliser les politiques. » A l’instar de ses homologues syndicaux, il réclame la venue à Belfort du ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire.

Le PSE chez Steam Power s’ajoute à une liste déjà longue de plans sociaux – au sein des entités gaz, hydro (barrages) et grid (réseaux électriques) – qui ébranlent le site belfortain depuis mai 2019. « La vision des Américains est court-termiste et purement financière », soupire Christian Mougenot. « GE veut des profits immédiats, quitte, pour cela, à mettre des centaines de salariés à la porte. »