Wells Fargo : « la banque retient son souffle »

Wells Fargo : « la banque retient son souffle »

Devant une agence Wells Fargo, à West Hollywood, en Californie, le 15 mai.

Pertes & profits. Combien de temps une pause peut-elle durer ? Aussi longtemps que l’on peut retenir son souffle. Pour Wells Fargo, cela aura tenu un trimestre. En mars 2020, la troisième banque américaine avait décrété une pause dans sa restructuration. A l’instar de ses collègues, elle avait reconnu que la situation sanitaire et économique justifiait de suspendre les plans de restructuration annoncés en 2019 et début 2020. Mais, aujourd’hui, la situation devient critique. Les pertes s’accumulent sur les crédits. Selon les analystes de Bloomberg, la banque pourrait annoncer un résultat net de 9 millions de dollars (8 millions d’euros) pour le deuxième trimestre, contre 6,2 milliards pour la même période en 2019. Alors le vernis craque. Selon Bloomberg, la banque se prépare à annoncer des milliers de suppressions d’emplois.

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Pris en étau entre la numérisation, qui fragilise la relation avec le client, et la baisse des taux, qui réduit la rentabilité de leurs opérations, les établissements bancaires changent de modèle économique et doivent réduire leurs coûts. D’où la cascade de restructurations annoncées ces dernières années. En 2019, une analyse de Wells Fargo projetait 200 000 disparitions de postes dans la banque américaine sur la décennie à venir.

L’érosion s’accélère

La situation est plus sévère en Europe, où les banques sont moins profitables et plus contraintes par la régulation. En 2019, plus de 50 000 suppressions de postes ont été annoncées sur le Vieux Continent, notamment de la part de Deutsche Bank et HSBC. Heureusement, la pyramide des âges aide à faire passer la pilule. En France, le nombre de départs dépasse désormais celui des embauches, qui tourne autour de 40 000 personnes par an. Mais l’érosion s’accélère.

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La crise ne va rien arranger à cette affaire. Les analystes s’attendent à une explosion des difficultés sur les prêts avec les faillites d’entreprises. Selon le Financial Times, les quatre principales banques américaines pourraient enregistrer pour 25 milliards de dollars de pertes sur crédit au deuxième trimestre. A cela s’ajoute l’accélération du comportement volage des clients. Selon une étude du cabinet Bain, les jeunes et les personnes aisées sont de plus en plus nombreux à changer d’établissement. Comme dans le cas du commerce en ligne, avec la crise sanitaire, le temps s’est accéléré brutalement. Selon l’étude, le taux d’attrition des plus jeunes a doublé en un an et pendant le confinement : « 50 % des clients ont réalisé des transactions à distance qu’ils effectuaient habituellement en agence et souhaitent conserver ce mode d’interaction. » Nous voilà désormais transportés en 2025, et les banques en ligne parviennent enfin à convaincre les utilisateurs.

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