Stéphane Guy : Canal+ condamné aux prud’hommes pour le licenciement du commentateur sportif

Stéphane Guy : Canal+ condamné aux prud’hommes pour le licenciement du commentateur sportif

Une manifestation d’employés de Canal+ portant des masques en soutien au commentateur sportif Stéphane Guy, devant les locaux de la chaîne à Boulogne-Billancourt, le 5 janvier 2021.

Les prud’hommmes ont condamné Canal+ pour le « licenciement sans cause réelle et sérieuse » de son ancien commentateur vedette Stéphane Guy, qui va toutefois faire appel pour obtenir l’annulation de son limogeage, a annoncé son avocat, mardi 13 septembre, à l’Agence France-Presse (AFP), confirmant une information de L’Equipe.

Selon une copie du jugement du conseil des prud’hommes de Paris, prononcé le 29 août et consulté mardi par l’AFP, la chaîne cryptée a été condamnée à lui verser un peu plus de 260 000 euros de dommages et intérêts, qui ne seront pas versés avant la décision en appel.

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Voix-phare du football français, Stéphane Guy avait appris son licenciement la veille de Noël 2020, au terme de vingt-trois ans chez Canal+, pour avoir apporté son soutien à l’humoriste Sébastien Thoen, lui-même renvoyé pour une parodie visant CNews, la chaîne d’information en continu du groupe.

Stéphane Guy avait rendu hommage à l’antenne à son « ami » qui, selon lui, n’avait pas eu « la sortie qu’il aurait méritée ». Des propos « fautifs » car visant à « dénigrer publiquement » son employeur, selon Canal+, cité dans le jugement.

« Honneur professionnel »

Le conseil des prud’hommes a tranché : pour lui, « les motifs invoqués au titre du licenciement n’apparaissent pas comme suffisamment sérieux », mais « l’atteinte à la liberté d’expression » invoquée par Stéphane Guy, censée entraîner la nullité de son licenciement, n’est pas démontrée.

Le journaliste, qui réclame sa réintégration à Canal+, n’est « pas déçu mais partiellement satisfait », a déclaré à l’AFP son avocat, Olivier Khatchikian, qui estime que « le conseil n’a pas complètement tiré les conclusions de ce qu’il a lui-même relevé ». « Dès lors que le conseil a reconnu que les propos [de Stéphane Guy] n’étaient pas diffamatoires et de nature à justifier son licenciement, la conséquence logique était qu’il y a une violation de la liberté d’expression, laquelle entraîne la nullité du licenciement », selon l’avocat.

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Officiant désormais sur RMC Sport, Stéphane Guy avait déclaré dans L’Equipe, en 2021, vouloir rétablir son « honneur professionnel » aux prud’hommes. Sollicitée par l’AFP, Canal+ n’a pas souhaité commenter.

Le Monde avec AFP

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LJD

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