Situation de crise à « 60 millions de consommateurs »

Si la presse n’est pas avare, ces derniers mois, de plans de départs, il est plus rare de voir une publication éditée par un établissement public procéder à des licenciements économiques. C’est pourtant ce qui est en train de se passer à 60 millions de consommateurs, le magazine de l’Institut national de la consommation (INC), établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC).

« Notre directeur s’apprête à licencier sept personnes, alors qu’il est lui-même fonctionnaire », grince Lionel Maugain, délégué syndical SNJ-CGT. Les personnes concernées ont appris le sort qui leur était réservé lors d’une visioconférence, le 11 février, consacrée au plan de réorganisation de l’entreprise visant un retour à l’équilibre économique à partir de 2022. Basé sur une relance de l’activité commerciale de l’INC, il se propose dans le même temps de « redimensionner » celles qui relèvent du secteur public. Comment ? « En réduisant de façon importante les activités de soutien au monde consumériste », revendique le document présenté aux 69 salariés de l’INC. D’où les suppressions de postes.

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A la différence de nombre de rédactions, celle de 60 millions de consommateurs ne perdra pas de journalistes. Mais « l’intérêt du magazine réside justement dans le fait qu’il n’y ait pas que des journalistes parmi les auteurs : il y a aussi des juristes, des ingénieurs, des économistes, etc. », détaille Lionel Maugain. Or l’accomplissement de leur mission, assignée par le code de la consommation, devient de plus en plus compliqué. « La subvention dédiée a baissé de 40 % depuis 2016, et s’apprête à diminuer encore de 15 % en 2021 », rappelle le délégué syndical. Difficile, dans ces conditions, d’assurer les activités de formation et les actions d’éducation qui relèvent des missions de l’INC, mais aussi de produire ces essais et tests comparatifs qui font le bonheur des lecteurs et le succès des hors-séries notamment.

« Obligés de trouver un équilibre »

Il y a quelques années encore, les revenus liés aux ventes de 60 millions de consommateurs permettaient de compenser cette baisse de subvention. Celles-ci déclinant avec moins de 50 000 ventes mensuelles en kiosque, auxquelles il convient d’ajouter les 113 000 abonnements, « on ne va plus pouvoir financer ces activités », prédit le salarié. Doublement pénalisé par la crise sanitaire et celle de l’ancienne Presstalis, l’INC a vu ses fonds propres abondés de 1,6 million d’euros par l’Etat en 2020, afin de l’aider à traverser cette mauvaise passe.

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