Rentrée morose dans l’hôtellerie-restauration

A la brasserie Georges, au Centre Pompidou, à Paris, le 5 janvier 2022.

L’inquiétude est à nouveau palpable chez les hôteliers-restaurateurs. « A midi aujourd’hui, j’ai fait 36 couverts au lieu de 70 habituellement. Et samedi dernier, 28 au lieu de 100 », témoigne Alain Fontaine, à la tête du restaurant Le Mesturet, dans le centre de Paris, et président de l’Association française des maîtres restaurateurs. « La réalité, c’est que nous sommes ouverts et fermés en même temps », ajoute-t-il avant de raconter l’enchaînement des mauvaises nouvelles : « Tout a commencé vers le 8 décembre, avec la suppression des repas de fin d’année des entreprises, sources de fortes marges pour nous. Nous avons eu 400 annulations. Puis pour le 31 décembre, sur les 120 réservations, la moitié ne s’est pas présentée – j’ai eu tout de même une trentaine de clients de passage. Et maintenant, entre le télétravail, le manque de touristes et les gens malades du Covid, nous tournons au ralenti. »

Si la restauration a particulièrement souffert durant les fêtes, l’hôtellerie les a traversées avec un relatif soulagement, au regard des difficultés vécues depuis bientôt deux ans. La clientèle est revenue dans de hauts lieux du tourisme hivernal désertés à Noël 2020 : Paris et Disneyland, la montagne ou les marchés de Noël dans l’est de la France. Le chiffre d’affaires des hôtels du baromètre du cabinet d’études MKG – essentiellement de l’hôtellerie de chaîne – était même revenu à une valeur très proche de 2019 lors de la semaine entre Noël et la Saint-Sylvestre, surtout tiré par la province.

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C’est lors des premiers jours de rentrée, marqués par l’imposition du télétravail avec la menace de sanctions pécuniaires, qu’une baisse d’activité sensible s’est fait sentir. En province particulièrement, avec un recul du chiffre d’affaires de 26,4 % par rapport à la semaine de rentrée de 2019, tandis que la baisse oscillait entre 5 et 10 % depuis la mi-novembre, relève MKG.

« Des montagnes russes »

Le niveau de réservations relativement bas pour les prochaines semaines témoigne de la prudence des entreprises vis-à-vis des déplacements professionnels. A Paris, les réservations pour le mois à venir sont inférieures de moitié à celles observées en novembre-décembre. « On est sur des montagnes russes, commente Karim Soleilhavoup, directeur du réseau d’hôtellerie indépendante Logis Hôtels. En début d’année, on a normalement les séminaires de présentations de bilans, d’objectifs, de relance de l’activité. Nous n’avons pas bénéficié de ces réunions importantes pour la location d’espaces, la restauration voire l’hébergement. »

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