Relocalisations : A Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, « nous avons le savoir-faire, les outils, les équipes »

L’usine de fibre de carbone du groupe japonais Toray,  implantée à Lacq en septembre 2014.
L’usine de fibre de carbone du groupe japonais Toray,  implantée à Lacq en septembre 2014. GAIZKA IROZ / AFP

Lacq fume toujours : le complexe industriel, à mi-chemin entre Pau et Bayonne, est bien actif, même si depuis presque sept ans on n’y extrait plus du gaz à usage commercial, mais seulement comme matière première pour les usines sur place. Et la fourmillante plate-forme chimique et pharmaceutique se propose maintenant pour relocaliser des activités industrielles.

Le 26 mai, chefs d’entreprise et élus locaux ont exploré avec le groupement d’intérêt public Chemparc les pistes de diversification, alors que le Covid-19 a donné une nouvelle actualité aux relocalisations. « Nous avons le savoir-faire, les outils, les équipes, résume Patrice Bernos, directeur général de Chemparc. Ils ont servi avant les délocalisations, ils peuvent être réutilisés. Déjà, nos industriels s’inquiétaient de la stabilité et de la qualité des importations. Or les coûts de transport vont croissant et le bilan carbone pèse de plus en plus dans la balance économique. »

Depuis 1957

Monté en 2003 afin de développer les implantations sur Lacq, Chemparc rassemble entreprises, collectivités, l’Etat, les syndicats et la région Nouvelle-Aquitaine. En avril, Alain Rousset, président (PS) du conseil régional, et Pierre Nerguararian, président de Chemparc, avaient fixé un objectif : définir « les secteurs industriels stratégiques sur lesquels nous devons nous remobiliser avec nos partenaires ».

Sur Lacq, « le terrain est plus que favorable pour y relocaliser les composants de base et les ingrédients actifs pour la chimie, la pharmacie et la cosmétique », détaille M. Nerguararian (un « ancien » de Total). Les entreprises ont déjà l’habitude de travailler ensemble. « En à peine vingt-quatre heures, nous avons su nous coordonner pour fabriquer une lotion hydroalcoolique », raconte Bruno Cabourg, directeur de Novéal qui élabore des ingrédients pour sa maison mère, L’Oréal.

Depuis le début de l’extraction du gaz en 1957, Lacq a vu arriver nombre d’acteurs économiques. Elf puis Total, EDF, Péchiney, Air liquide, Rhône-Poulenc et Arkema dans la chimie, Sanofi pour les médicaments, mais aussi le lorrain Novasep, en 2012, avec ses principes actifs pour la pharmacie, le japonais Toray et sa fibre de carbone, en 2014, ainsi que, l’année suivante, le landais Dérivés résiniques et terpéniques (DRT) avec ses cosmétiques. Sans oublier Abengoa devenu Bioénergie France (Vertex) qui confectionne, depuis 2006, du bioéthanol à partir de maïs du Sud-Ouest.

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